Mwamba wa ba Mulamba, Secrétaire général

D. M’Baya Tshimanga, Président

73, avenue Maringa, Kinshasa / Kasa-Vubu

République démocratique du Congo (RDC)  

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DOSSIER
L'AFFAIRE RTKM
Un espace de liberté plurielle confisqué

Dossier remis à M. Roberto Garreton, rapporteur spécial des Nations Unies
pour les questions de droits de l'homme en
République démocratique du Congo
Kinshasa, le 12 mars 2001


Journaliste en danger (JED)
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République démocratique du Congo (RDC)
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Kinshasa, mars 2001

INTRODUCTION

Le 22 septembre 2000, M. Bagalama Ka Yange, Secrétaire général du Ministère de la communication, signe la lettre N° 041/MC/SG/T.W/0155/2000 adressée à "Monsieur le responsable de la station de radiodiffusion RTKM et de la Chaîne de télévision TKM". Par cette lettre portant objet "Mise sous tutelle du ministère de la communication de vos stations et chaînes (RTKM-TKM)", le secrétaire général du ministère de la communication dit que "sur décision du gouvernement du Salut Public, je me fais le devoir de porter à votre connaissance que la station de radiodiffusion RTKM et la Chaîne de télévision TKM sont mises sous tutelle du ministère de la communication pour la simple raison que les fonds ayant servi à l'acquisition de leurs équipements proviennent du Trésor public".

 

Dans une autre lettre portant N° 041/MC/SG/TW/0265/2000 et datée 30 octobre 2000, le Secrétaire général Bagalama dit à M. Kasonga Mbunga (ancien Pdg de l'ex-OZRT-Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision, Chaîne publique devenue RTNC),nommé, entretemps, chargé de mission à TKM, que "sur instruction du Chef de l'Etat, Son excellence monsieur le ministre de la communication vous informe, par l'entremise de son secrétaire général, que la chaîne de télévision TKM mise sous tutelle du ministère s'appellera désormais RTNC 4 ".

 

Depuis cette date, RTKM, propriété de M. Aubin Ngongo Luwowo, ancien ministre de l'information de Mobutu, est devenue une "propriété" de l'Etat congolais. Avec elle, les chaînes Canal Kin 1 et 2, rebaptisées RTNC 3, propriété, selon le gouvernement, du chef rebelle Jean-Pierre Bemba dont le père, Jeannot Bemba Saolona a été ministre de l'économie du gouvernement Kabila. Une nouvelle grille de programme, copie quasi parfaite de la chaîne publique RTNC, confectionnée au cabinet du ministre de la communication a été imposée. Cette nouvelle grille consacre quotidiennement près de trois heures à la propagande du régime sous forme d'émissions, de spot et des chansons dites pudiquement patriotiques.

 

Avec ces actes, l'Etat congolais contrôle directement, à ce jour, les principaux médias audiovisuels du pays : 4 chaînes de télévision et 3 radios. A l'exception de RAGA FM et RAGA Tv - qui n'ont plus la même liberté de ton comme il y a quelques années -, toutes les autres chaînes de radiotélévision sont confessionnelles et consacrent, dans leur majorité, leurs programmes à l'évangélisation. Cette concentration des espaces de liberté, dans des conditions qui violent les principes de la propriété privée et de la liberté d'expression, constitue non seulement un danger pour le droit du peuple à une information plurielle mais aussi un recul par rapport aux dernières années du régime déchu du maréchal Mobutu.

 

En tant qu'organisation indépendante et non partisane de défense et de promotion de la liberté de la presse, Journaliste en danger (JED), a pris le décision de rédiger le présent dossier pour dénoncer :

  • la violation flagrante de la liberté de la presse;
  • la violation dangereuse du droit à la propriété privée;
  • la concentration de principaux médias entre les mains de l'Etat -qui n'a pas la réputation de donner la parole à tous -
  • le retour, à pas de géant, du culte de la personnalité qui a caractérisé le régime honni de Mobutu et dont on contemple encore les dégâts.

En outre, à l'occasion de la première mission du rapporteur spécial des Nations-Unies pour les questions des droits de l'homme en RD Congo, M. Roberto Garreton, depuis l'assassinat du Président Laurent-Désiré Kabila, , JED a estimé utile d'éclairé sa lanterne et d'obtenir son soutien pour que le gouvernement annule les décisions liberticides prises par le ministre de la communication dans ce dossier qui risque de faire, à la longue, jurisprudence.

JED

 

RTKM : de la création à la mesure d'interdiction de diffusion

De la mesure d'interdiction à la mise sous tutelle et à la débaptisation

CONCLUSION

 

 

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