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Rapport Algérie:
Le Droit de connaître la vérité
Une liberté
surveillée - Cinq
journalistes toujours "disparus"
Juillet 2000
Aujourd'hui, la presse
algérienne jouit d¹une plus grande liberté de ton, qui s¹est accompagnée
de la création de nouveaux titres. On compte, actuellement, plus de trente
quotidiens. Mais les pouvoirs publics tentent de contrôler économiquement et
de surveiller légalement cette ouverture. Et certaines sensibilités de la
société algérienne ne se retrouvent pas ou peu dans les grands médias
d¹information.
Les journalistes
algériens ont payé un très lourd tribut à la violence terroriste des
groupes armés islamistes. Pour continuer à exercer leur métier, ils ont
souvent dû faire preuve d¹un grand courage. C'est toute une génération qui
s¹est formée dans cette lutte pour maintenir un journalisme indépendant.
Elle mérite autre chose que les propos méprisants du chef de l¹Etat,
Abdelaziz Bouteflika.
La majorité des
affaires concernant les assassinats de journalistes (57 entre 1993 et 1996) et
les cinq cas de " disparus " restent impunies. Si la quasi-totalité
des journalistes tués l¹ont été par des groupes armés islamistes, pour
certains de ces assassinats, on peut s¹interroger sur l¹identité des
meurtriers. Dans le cas de trois journalistes " disparus ", les
témoignages recueillis mettent en cause les forces de sécurité.
Le contrôle des
médias est surtout visible dans l'audiovisuel. L'Etat garde une mainmise
totale sur la télévision et la radio publique, dont les rédactions ne
disposent, selon de nombreux journalistes, " d¹aucune marge de manoeuvre
". Dans la presse écrite, les autorités restent omniprésentes tant au
niveau de l¹impression que de l¹achat de papier. Elles distribuent la
publicité publique en fonction de critères qui n'ont souvent rien à voir
avec les tirages des différents titres.
Si depuis l¹élection
d¹Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République, en avril 1999,
aucun journaliste n¹a été emprisonné, la loi sur la presse est contraire
aux recommandations du rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté
d¹expression et d¹opinion. En effet, la loi algérienne prévoit de lourdes
peines de prison pour des délits de presse. Et les poursuites judiciaires à
l¹encontre des journalistes sont bien plus nombreuses que ne l¹affirment les
autorités. Quant à l¹accès à l¹information officielle, il est toujours
aussi difficile.
La délégation de
Reporters sans frontières composée de cinq membres - le président de
l¹organisation, son secrétaire général, deux chercheurs du secrétariat
international et le président de " Journaliste en danger ", une
association de République démocratique du Congo - a séjourné en Algérie
du 24 au 30 juin 2000. Elle a pu rencontrer, en toute liberté, ses
différents interlocuteurs. Malgré ses demandes, la délégation n¹a été
reçue ni par des conseillers du chef de l¹Etat, ni par les ministres de la
Communication, de la Justice et de l¹Intérieur, mais par des hauts
fonctionnaires des deux premiers de ces ministères. Les représentants de
l¹organisation se sont entretenus avec des journalistes appartenant à des
médias francophones et arabophones, publics et privés, à Alger et à Oran.
Cela faisait près de cinq ans que Reporters sans frontières ne s¹était pas
rendue sur le territoire algérien, faute de visa.
A la veille de
l¹arrivée de la délégation à Alger, le Syndicat national des journalistes
(SNJ) a appelé au " boycott " de Reporters sans frontières. Cette
décision, prise dans des conditions contestées par plusieurs membres du
conseil national de ce syndicat, a entraîné les protestations de plus d¹une
cinquantaine de ses adhérents.
1 - Des assassinats et
des " disparitions " trop souvent impunis
1.1. Les enquêtes sur
les assassinats de journalistes
Selon Reporters sans
frontières, 57 journalistes ont été assassinés entre 1993 et 1996. Une
quarantaine d¹autres employés des médias ont également trouvé la mort au
cours de ces années noires. Depuis octobre 1996, aucun journaliste n¹a été
tué en Algérie. Des représentants du ministère de la Justice, rencontrés
par la délégation de l¹organisation, affirment que pour vingt des
journalistes ou des professionnels de la presse assassinés, les auteurs ou
leurs complices ont été identifiés et parfois condamnés. Dans tous les
autres cas, ces mêmes officiels affirment qu¹il y a eu ouverture d¹une
enquête préliminaire. Reporters sans frontières n'a pas pu obtenir la
confirmation de ces informations. Dans plusieurs affaires que les autorités
présentent comme " élucidées ", la délégation a recueilli des
témoignages infirmant ces dires, comme dans le cas de l¹assassinat de Tahar
Djaout.
Au moins quinze
condamnations par contumace à la peine capitale auraient été prononcées
depuis 1993, dans des affaires d¹assassinats de journalistes. De leur côté,
des avocats entendus par Reporters sans frontières affirment que, dans
certaines affaires, les forces de l¹ordre ont " collé " des
assassinats de journalistes à des gens arrêtés dans le cadre de la lutte
contre les groupes armés islamistes. Ils citent, par exemple, le cas d¹un
individu condamné à trois ans de prison pour avoir participé à
l¹assassinat d¹un journaliste, sans que le procès verbal de la police -
pièce maîtresse de l¹accusation - ne donne ni le nom du journaliste, ni la
date du meurtre. Un avocat ajoute que des personnes condamnées auraient été
torturées.
S¹il ne fait aucun
doute que la quasi-totalité de ces 57 journalistes ont été tués par des
groupes armés islamistes, quelques cas, notamment de journalistes proches du
Front islamique du salut (FIS), posent un certain nombre de questions.
Plusieurs personnes pensent qu¹ils ont pu être assassinés par des services
proches du pouvoir, de façon à " éliminer les gêneurs, diaboliser les
terroristes et intimider la presse ". De son côté, l¹Association des
familles de journalistes victimes du terrorisme se plaint de la lenteur des
enquêtes, redoutant que " la justice ne soit pas rendue ".
1.2. Cinq journalistes
" disparus "
Cinq journalistes ont
" disparu " entre 1994 et 1997. La mission de Reporters sans
frontières a recueilli de nouveaux témoignages qui permettent d¹affirmer
que ces journalistes ont bien été enlevés. Deux d¹entre eux l¹ont été
par des groupes armés islamistes. Pour les trois autres, différents
éléments permettent de penser, dans l¹attente d¹enquêtes approfondies,
qu¹ils ont été enlevés par des individus appartenant aux forces de
sécurité.
- Mohamed Hassaïne
Correspondant local du
quotidien Alger Républicain, Mohamed Hassaïne est enlevé le 28
février 1994, aux environs de 7h30, à la sortie de son domicile à
Larbatache (wilaya de Boumerdès), alors qu¹il se rendait à son travail.
Selon les témoignages de ses proches et de sa famille, les quatre hommes qui
ont enlevé Mohamed Hassaïne appartiendraient à des groupes armés
islamistes. Des " repentis " affirment qu¹il a été assassiné, le
jour même de son enlèvement.
- Kaddour Bousselham
Le 29 octobre 1994,
Kaddour Bousselham, correspondant du quotidien public Horizons à
Hacine, dans la région de Mascara (ouest du pays), est enlevé. Il habitait
avec sa famille sous une tente depuis que son domicile avait été détruit
par un tremblement de terre. Il aurait été torturé puis égorgé par un
groupe armé islamiste, dirigé par l¹émir Slimane Lahbib. Selon les
services du ministère de la Justice, une information judiciaire a été
ouverte le 27 novembre 1994. Elle a débouché sur un non-lieu prononcé le 18
février 1995.
- Djamil Fahassi
Le 6 mai 1995, dans
l¹après-midi, Djamil Fahassi, journaliste à la Chaîne 3 de la radio
nationale, est enlevé par quatre individus alors qu¹il sortait du restaurant
d¹un ami. Ces hommes, en civil, étaient équipés de talkies-walkies. Ils
ont conduit de force le journaliste dans une Peugeot 205 beige. D¹après
plusieurs témoins, cette voiture, avec cinq hommes à bord, a pu franchir,
sans aucun problème, un barrage de police, situé tout près de la prison de
El Harrach. Fin juillet 1999, un ancien prisonnier a affirmé à une amie de
la famille : " En 1997, j¹étais avec le journaliste Djamil Fahassi de
la Chaîne 3 en prison. "
Selon le ministère de
la Justice, cette affaire a fait l¹objet d¹une enquête préliminaire et
serait en cours d¹instruction devant le tribunal d¹Alger. Pour
l¹Observatoire national des droits de l¹homme (ONDH - gouvernemental),
Djamil Fahassi n¹a fait l¹objet, citant la gendarmerie nationale, " ni
d¹une interpellation, ni d¹une arrestation ". Le journaliste est marié
et a une fille de 5 ans.
- Aziz Bouabdallah
Le 12 avril 1997, à
23h30, on sonne au domicile d¹Aziz Bouabdallah, journaliste du quotidien
arabophone El-Alam Es-Siyassi, dans le quartier de Bouzareah, à Alger.
Une voix ordonne : " Police, ouvrez ! " Quatre hommes " très
bien habillés en civil, comme des membres de la sécurité militaire ",
selon la famille, demandent : " Vous êtes bien Aziz Bouabdallah ? "
L¹un d¹eux est muni d¹un pistolet à double canon. Il conduit le
journaliste de force dans une voiture blanche. Le 19 avril, la s¦ur d¹un ami
d¹Aziz Bouabdallah, qui avait été, lui aussi, enlevé puis libéré deux
jours plus tôt, dit à la mère du journaliste : " Ne vous inquiétez
pas, votre fils se trouve à la prison de Ben Aknoun et va être bientôt
relâché. " Sept mois plus tard, cet ami lui confirmera qu¹il était
détenu avec Aziz Bouabdallah dans cette prison.
Quelques jours après
l¹enlèvement, des proches de la famille rendent visite aux parents du
journaliste en compagnie d¹un ami, capitaine de la Direction de
renseignements et de sécurité (DRS). Celui-ci affirme être responsable de
" l¹opération " et explique qu¹Aziz Bouabdallah " n¹a rien
fait, il a simplement écrit un article diffamatoire ". Il ajoute :
" Il a passé de très mauvais moments, mais je vais le remonter, il sera
bien traité. " Deux semaines plus tard, ce capitaine revient pour
demander à la famille de lui " donner du linge " pour son fils.
Depuis, la famille n¹a plus revu cet officier. Et n¹a plus de nouvelles de
son fils. Selon l¹ONDH, la gendarmerie nationale a expliqué que le
journaliste a été " enlevé par un Groupe armé non-identifié (GANI)
de quatre hommes, le 11 avril 1997 ".
Les multiples
démarches des parents d¹Aziz Bouabdallah ont abouti, le 20 mai 2000, à un
non-lieu prononcé par le tribunal d¹Alger. Cette décision a fait l¹objet
d¹un appel de la part de la famille d¹Aziz Bouabdallah devant la chambre
d¹accusation d¹Alger. Les services du ministère des Affaires étrangères
ont informé la délégation de Reporters sans frontières que, le 27 juin, la
chambre d¹accusation a annulé le non-lieu.
- Salah Kitouni
Le 1er juillet 1996, la
police se présente au domicile de Salah Kitouni, directeur de l¹hebdomadaire
régional El Nour, suspendu en octobre 1992. Celui-ci est absent.
Informé, il se rend, deux jours plus tard, au commissariat de police. Il sera
relâché le 6 juillet, mais doit y retourner dans les trois jours. Le 9
juillet, il se présente à nouveau au commissariat de police. Depuis, sa
famille est sans nouvelles. Le 10 août 1996, un de ses parents écrit au
procureur de la République. La réponse parviendra le 29 mars 1997. Dans ce
courrier, le procureur explique que la police a remis Salah Kitouni, le 11
juillet 1996, au Centre de recherches et d¹investigations de la cinquième
région militaire. La famille de Salah Kitouni n¹a reçu aucune réponse aux
multiples lettres, adressées aussi bien à l¹ONDH, au médiateur de la
République qu¹au chef de l¹Etat lui-même.
2 - Les pressions de
l¹Etat
Aujourd¹hui, plus
d¹une trentaine de quotidiens sont en vente dans les kiosques algériens. Le
quotidien arabophone El Khabar a le plus gros tirage avec près de 400
000 exemplaires. Trois autres titres – Liberté, Le Quotidien
d¹Oran et Le Matin – tirent à plus de 100 000 exemplaires. Ces
journaux sont vendus 10 dinars (0,15 euro). L¹Etat possède six quotidiens,
en arabe comme en français. Il existe trois stations de radio et deux
chaînes de télévision nationales, toutes propriété de l¹Etat. Les
internautes (entre 200 000 et 300 000 selon les services officiels) ont le
choix entre cinq fournisseurs d¹accès, dont quatre privés. Une douzaine de
licences auraient été délivrées à des providers privés.
2.1. Les poursuites
judiciaires
Selon le ministère de
la Justice, depuis 1996, 141 journalistes auraient été poursuivis dans le
cadre de 156 affaires de presse. Vingt-quatre de ces dossiers auraient été
initiés directement par le parquet, 92 autres sur plainte avec constitution
de partie civile et 40 sur plainte avec citation directe. La très grande
majorité de ces plaintes seraient déposées par des particuliers.
Quelques-unes à l¹initiative de corps constitués. Les journalistes sont le
plus souvent poursuivis pour " diffamation ", " injure "
ou " outrage ". Des représentants du ministère de la Justice ont
affirmé à Reporters sans frontières que, si aucun journaliste n¹a été
emprisonné à la suite d¹une condamnation au cours de ces quatre dernières
années, plusieurs journalistes auraient été placés en détention
préventive. Ils ajoutent que, depuis 1996, aucun journaliste n¹a été
poursuivi dans le cadre de la publication d¹" informations sécuritaires
".
Ces chiffres sont
contestés par de nombreux responsables de médias. Par exemple, la direction
du quotidien arabophone d¹Oran, Al Rai, se plaint d¹un véritable
" harcèlement judiciaire ". Depuis la création du journal, en
1998, son directeur de publication, Ahmed Benaoum, aurait fait l¹objet de
plus de 70 poursuites judiciaires pour " diffamation ", dont
plusieurs à l¹initiative de responsables politiques proches du pouvoir ou de
walis (préfets). Ainsi, un article mettant en cause un sénateur dans une
affaire de corruption a valu au directeur d¹Al Rai une condamnation à
deux mois de prison. L¹affaire est aujourd¹hui devant la Cour suprême. Pour
un autre article, qui dénonçait " les liens entre des terroristes et
des trafiquants de drogue ", un wali a poursuivi le journal pour "
avoir porté atteinte à l¹honorabilité et à la crédibilité de la
population ". Le directeur de publication a été condamné, en première
instance, à trois mois de prison. Il a été acquitté en appel. De son
côté, la direction du quotidien Le Matin avance le chiffre de trente
affaires actuellement en justice. Certaines de ces poursuites seraient le fait
de responsables d¹entreprises publiques ou de militaires.
2.2. Plusieurs journaux
toujours suspendus
Au lendemain de
l¹arrêt du processus électoral, en 1992, plusieurs journaux - El
Djazaïr El Youm, Essah-Afa, El Nour, Nah-Laa, El
Hiwar, etc. - ont été suspendus par les autorités. L¹état d¹urgence,
instauré le 10 décembre 1992, donne la possibilité aux autorités de
suspendre un titre pour six mois, sans décision de justice. Les responsables
de ces titres n¹ont jamais pu, jusqu¹à aujourd¹hui, relancer leurs
publications. En effet, les imprimeries publiques exigent, pour les mettre
sous presse, un document des autorités attestant que ces titres peuvent
reparaître. Le ministère de la Communication, comme le ministère de
l¹Intérieur, n¹auraient jamais donné ce certificat, réclamé à maintes
reprises par les responsables de ces journaux, empêchant de fait leur
reparution.
Alors que la loi sur la
presse de 1990 précise que " l¹édition de toute publication
périodique est libre " et n¹est soumise qu¹à " une déclaration
préalable, trente jours avant la parution du premier numéro ", les
personnes qui souhaitent faire paraître un titre doivent faire face à un
véritable parcours du combattant, qui dure des mois et se solde parfois par
un échec. Ainsi, le directeur de publication de Campus, le journal de
l¹étudiant, a présenté, en novembre 1994, une demande pour faire
paraître, à Oran, cette publication à vocation nationale. Il a reçu une
réponse près de deux ans plus tard, le 18 mai 1996, du procureur,
l¹informant du refus du ministère de la Justice, à la suite " d¹un
rapport négatif sur le directeur de publication ". La loi sur la presse
n¹exige pourtant du directeur de publication qu¹un casier judiciaire vierge,
ce qui est le cas dans cette affaire. Dans bien d¹autres cas, affirment les
journalistes rencontrés par Reporters sans frontières, l¹ " agrément
" n¹est pas refusé` mais jamais accordé.
2.3. Des correspondants
pris entre deux feux
La majorité des
interlocuteurs de la délégation ont mis l¹accent sur les difficultés
rencontrées par les correspondants de presse hors des grandes
agglomérations. Ces derniers feraient régulièrement l¹objet de "
menaces ", de " chantages au logement " et de "
harcèlement de la part des walis ". Des pressions ne sont pas le seul
fait des responsables politiques, mais peuvent être également une arme entre
les mains de " mafieux locaux ". Par ailleurs, ils se plaignent
aussi d¹avoir été et d¹être encore sous la menace terroriste des groupes
armés islamistes, ne disposant pas, par exemple, à la différence de
certains de leurs confrères d¹Alger, de logements sécuritaires. Une
correspondante de la région d¹Oran ajoute : " Dans ces conditions on ne
peut pas nous reprocher de faire de l¹autocensure. "
2.4. Une loi
liberticide sur la presse
En janvier 2000, le
rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d¹expression et
d¹opinion, a demandé " instamment à tous les gouvernements de veiller
à ce que les délits de presse ne soient plus passibles de peines
d¹emprisonnement, sauf pour des délits tels que commentaires racistes ou
discriminatoires ou appel à la violence ". Et d¹ajouter : " Pour
des délits tels que " écrits diffamatoires ", " insultes
" ou " outrage " envers le chef de l¹Etat ou la publication ou
télédiffusion d¹informations " fausses " ou " alarmistes
", les peines de prison sont à la fois répréhensibles et hors de
proportion avec le dommage subi par la victime ".
Or, pas moins de quinze
articles de la loi n°90 - 07 du 3 avril 1990 relative à l¹information,
sanctionnent de peines d¹emprisonnement des délits de presse. Ainsi
l¹article 86 prévoit une peine de cinq à dix ans de prison pour "
quiconque publie ou diffuse délibérément des informations erronées ou
tendancieuses, de nature à porter atteinte à la sûreté de l¹Etat et à
l¹unité nationale ". D¹autres articles renvoient au Code pénal.
Ainsi, l¹article 88 stipule : " Quiconque publie ou diffuse toute
information (`) comportant un secret de défense nationale est passible des
peines prévues par les articles 67 et 69 du Code pénal ", qui
prévoient respectivement cinq à dix ans et un à cinq ans d¹emprisonnement.
Selon les responsables
du ministère de la Communication rencontrés par Reporters sans frontières,
un projet de loi organique serait actuellement à l¹étude dans les services
de ce ministère. Ce dernier, qui a déjà été inscrit à l¹ordre du jour
de la session de l¹Assemblée à deux reprises, devrait être présenté
devant les députés à l¹automne prochain. Cette loi organique consacrerait,
selon les hauts fonctionnaires du ministère " la liberté de
l¹information conformément à la Constitution ". Ce projet ne
comporterait pas de peine de prison pour des délits de presse sauf "
dans les cas prévus par le Code pénal ". Un nouveau Conseil supérieur
de l¹information serait mis en place, dont les attributions et le rôle exact
n¹ont pas été précisés par les interlocuteurs de Reporters sans
frontières. En ce qui concerne les journaux, la loi organique permettrait
" l¹ouverture de leur capital aux privés étrangers ". Selon les
responsables du ministère, " il n¹y aurait pas de disposition se
référant à l¹information sécuritaire ".
Au sein du Conseil
supérieur de l¹information, prévu dans la loi organique, siégeraient des
représentants du Conseil de l¹éthique et de la déontologie qui a été
élu en mai dernier, dans des conditions très controversées. Celui-ci serait
chargé du respect de la déontologie professionnelle et de la délivrance de
la carte professionnelle. L¹élection de ce Conseil fait l¹objet de
nombreuses contestations.
2.5. L¹information
sécuritaire
Le 7 juin 1994, un
arrêté interministériel, signé par les ministres de l¹Intérieur et de la
Communication, consignait les dispositions relatives au " traitement de
l¹information à caractère sécuritaire ". Cet arrêté instituait
notamment une " cellule de communication chargée des relations avec les
médias en matière d¹information, d¹élaboration et de diffusion des
communiqués officiels relatifs à la situation sécuritaire ".
L¹article 2 de cet arrêté stipulait que les communiqués visés par cette
cellule seraient " diffusés exclusivement par le canal de l¹agence Algérie
Presse Service. " L¹article 3 ajoutait qu¹" en matière
d¹information liée aux actions de terrorisme et subversion, les médias sont
tenus de ne diffuser que les communiqués officiels ". Le texte
précisait que cet arrêté ne serait pas publié et devait garder un
caractère confidentiel. Il était destiné aux " éditeurs et aux
responsables de la presse nationale ". Si les responsables du ministère
de la Communication comme de la Justice ont expliqué à la délégation de
Reporters sans frontières que cet arrêté avait été abrogé, ils ont été
incapables de préciser la date à laquelle cette mesure aurait été prise.
De son côté, le ministère de l¹Intérieur n¹a tout simplement pas
accordé d¹audience à l¹organisation.
Les Comités de
lecture, mis en place en 1994 dans les différentes imprimeries d¹Etat et
chargés de l¹ " information sécuritaire " auraient disparu quatre
années plus tard. Ce qui n¹empêche pas des cas de censure au niveau des
imprimeries d¹Etat. Ainsi, le 13 mars 2000, une interview du secrétaire
général de Reporters sans frontières, qui devait paraître dans les pages 4
et 5 du Nouveau Chroniqueur, a été supprimée par l¹imprimeur, sous
prétexte de " difficultés techniques ".
3 - L¹emprise de l¹Etat
3.1. La mainmise du
pouvoir sur l¹audiovisuel
S¹il est un domaine
qui n¹a pas connu la " libéralisation " vantée par le pouvoir,
c¹est incontestablement, le secteur audiovisuel qui compte deux chaînes de
télévision et trois stations de radio nationales, ainsi que plusieurs radios
régionales. Du coup, les Algériens ont largement abandonné la télévision
publique au profit des chaînes étrangères captées par les innombrables
paraboles.
L¹information sur les
chaînes étatiques est " caricaturale " pour reprendre le mot de la
plupart des journalistes rencontrés. Et de citer l¹exemple de journaux
télévisés qui consacrent plus d¹une demi-heure de leur temps aux
activités du chef de l¹Etat.
Les représentants du
ministère de la Communication ont expliqué à Reporters sans frontières que
dans le cadre de la loi organique, qui devrait être présentée au Parlement
à l¹automne prochain, un Conseil de l¹audiovisuel serait également créé.
L¹" ouverture des radios et télévisions au secteur privé "
serait aussi envisagée, mais, ont précisé les fonctionnaires de ce
ministère, " sans bulletins d¹informations dans un premier temps
".
3.2. Des imprimeries
sous contrôle
Aujourd¹hui, cinq
imprimeries de presse appartiennent à l¹Etat : l¹imprimerie du quotidien
gouvernemental El Moudjahid (SIMPRAL), l¹Entreprise algérienne de
presse (ENAP), la Société d¹impression d¹Alger (SIA), la Société
d¹impression de l¹Est (SIE), la Société d¹impression de l¹Ouest (SIO).
Elles disposent d¹un quasi-monopole sur l¹impression des journaux.
L¹importation du papier est contrôlée par l¹Algérienne de papier (ALPAP),
une autre entreprise d¹Etat.
Plusieurs groupes
privés ont tenté, ces dernières années, de mettre en place leurs propres
rotatives. Ainsi, l¹entrepreneur Saad Lounès et deux associés ont créé,
en mars 1997, une imprimerie privée, Sodipresse. Celle-ci, affirment-ils,
n¹a fonctionné, dans un premier temps, que durant trois semaines avant
d¹être mise sous scellés, le 9 avril 1997. Officiellement, on reproche à
Saad Lounès d¹avoir émis un chèque sans provisions et de ne pas avoir
réglé les dettes de son journal (El Ouma - suspendu en décembre
1995) auprès de la SIA. Pour les responsables du ministère de la
Communication, cette décision est donc une affaire de droit commun. En
novembre 1998, les scellés sont levés et Sodipresse peut à nouveau
fonctionner. Le quotidien Le Matin, qui connaît au même moment, comme
d¹autres titres de la presse nationale, un conflit avec les imprimeries
publiques - officiellement pour des arriérés de paiement - sera imprimé, un
temps, par Sodipresse. En septembre 1999, l¹imprimerie est mise, une nouvelle
fois, sous scellés. Saad Lounès estime que son journal, El Ouma, est
interdit de fait de publication.
D¹autres tentatives de
création d¹imprimeries privées sont en cours. Le groupe de presse du
général Betchine a commencé des travaux d¹infrastructures destinés à
accueillir sa propre rotative. " Alors que la Banque africaine de
développement nous avait donné son accord, affirme un cadre du groupe, elle
est finalement revenue sur ses promesses, après que les travaux ont
commencé. " Pour cette dernière, il s¹agit purement et simplement
d¹une affaire politique. Quatre autres titres de la presse nationale - El
Watan, El Khabar, Liberté et Le Quotidien d¹Oran -
tentent actuellement de se doter de leur propre imprimerie.
Parmi les journalistes,
les avis sont partagés sur la nécessité de préserver un secteur public de
l¹impression. Si tous dénoncent la situation de quasi-monopole de l¹Etat,
certains craignent de le voir remplacé par un monopole privé, qui pourrait
entraîner la disparition de certains titres incapables de faire face à des
coûts d¹impression plus élevés. D¹autres redoutent que certains grands
médias, qui possèderaient leur propre imprimerie, soient tentés de refuser
de mettre sous presse des titres concurrents.
Selon les services du
ministère de la Communication, les titres mis sous presse par les cinq
imprimeries d¹Etat devaient à celles-ci 481 millions de dinars (7 millions
d¹euros), au 31 octobre 1999. Ces dettes ont, à plusieurs reprises, été
utilisées pour faire taire des titres jugés " dérangeants ".
Ainsi, en décembre 1996, l¹hebdomadaire La Nation, dirigée par
Salima Ghezali, a dû cesser de paraître, faute de pouvoir régler ses
arriérés auprès de la SIA. Malgré la présentation d¹un échéancier pour
apurer cette dette, aucun accord n¹a pu être trouvé entre le propriétaire
du titre et la direction de cette imprimerie d¹Etat. Pour Salima Ghezali, il
ne fait aucun doute qu¹il s¹agissait " d¹une interdiction politique
".
L¹hebdomadaire en
arabe Ech-Chorouk a connu des difficultés similaires, même s¹il est
à nouveau dans les kiosques. En février 1997, la SIA augmente le prix de
l¹impression d¹un exemplaire de 2 à 7 dinars (0,03 à 0,10 euro). La
direction de l¹hebdomadaire refuse de payer et, le 3 mars 1997, les
imprimeries publiques reçoivent l¹ordre de ne plus imprimer Ech-Chorouk.
En avril, les tribunaux d¹Alger, de Constantine et d¹Oran ordonnent aux
imprimeurs de mettre, à nouveau, sous presse Ech-Chorouk, une
décision confirmée par la Cour d¹appel en juin 1997 et par la Cour suprême
au début de l¹année 1998. Et pourtant, les imprimeries ont attendu février
1999 pour reprendre l¹impression d¹Ech-Chorouk.
L¹hebdomadaire
arabophone El Borhane a rencontré des difficultés avec son imprimeur
dès son lancement. Le 12 juillet 1998, soit à peine plus d¹un mois après
la parution de son premier numéro, la SIA suspend l¹impression du titre,
sous prétexte que l¹ " agrément " donné au journal précisait
que ce dernier devait être mis sous presse par une autre imprimerie d¹Etat,
la SIMPRAL. Or, cette dernière, affirme la direction d¹El Borhane, a
toujours refusé de l¹imprimer. Après sept mois de procédure, le journal
finit par reparaître, le 23 février 1999. Deux mois plus tard, El Borhane
doit à nouveau s¹arrêter, ne pouvant plus payer " cash " comme
l¹exige la SIA. Début octobre, le journal est à nouveau dans les kiosques.
Il n¹y restera que jusqu¹au 2 janvier 2000, date à laquelle la SIA exige le
remboursement de la totalité de la dette qui s¹élève à 440 000 dinars (6
465 euros). A ce jour, Nadir Lardjoune, le directeur de publication, n¹a
toujours pas reçu de réponse de la SIA à sa proposition de
rééchelonnement de sa dette. El Borhane n¹est plus dans les
kiosques.
Plus récemment,
l¹hebdomadaire La Semaine a dû faire appel à des imprimeurs privés
- la Sodipresse puis une imprimerie de labeur -, les imprimeries d¹Etat
refusant de le mettre sous presse tant que les dettes du quotidien Demain
l¹Algérie ne seraient pas apurées. Si ce titre, aujourd¹hui disparu,
était dirigé comme La Semaine par Ammar Belhimmer, il dépend d¹une
autre société.
Enfin, la direction de L¹Authentique
affirme que l¹édition du 25 juin de ce quotidien n¹a pas été mise sous
presse par la SIE, officiellement en raison d¹une panne d¹électricité. Or,
L¹Authentique fait remarquer que d¹autres titres ont été imprimés
ce jour-là par cette même imprimerie.
3.3. La publicité d¹Etat
Selon l¹agence
nationale d¹édition et de publicité (ANEP), le marché de la publicité
pour la presse écrite représentait, en 1999, 1,275 milliard de dinars (18,7
millions d¹euros), dont 65% proviennent d¹annonceurs publics. Pour le
premier semestre 2000, ce chiffre devrait être de l¹ordre de 56%. Si l¹ANEP
gère moins de 30% du marché global (annonceurs privés et publics), le poids
du secteur public (Etat, collectivités locales, entreprises nationales, etc.)
reste déterminant dans les recettes de nombreux titres. Or, une grande
majorité de ces derniers contestent la manière dont l¹ANEP, et plus
généralement l¹Etat, distribue sa manne publicitaire. Beaucoup affirment
que la publicité publique est répartie en dehors de toute logique
économique : des journaux à faible tirage bénéficient de rentrées
publicitaires presque équivalentes à celles de titres aux tirages nettement
plus importants. D¹autres vont même plus loin, expliquant que les pouvoirs
publics, via l¹ANEP, n¹ont pas hésité à " étrangler "
financièrement certains titres " mal pensants ". Ainsi, le
quotidien L¹Authentique affirme ne plus recevoir une seule publicité
de l¹ANEP depuis janvier dernier. Quant à Ech-Chorouk et El Amel,
ils affirment qu¹ils sont quasiment " boycottés ", alors qu¹ils
ont signé une convention avec l¹ANEP.
4 - Des journalistes
étrangers sous surveillance
Officiellement, la
délivrance des visas pour les journalistes étrangers ne relève que des
services du ministère de la Communication. Questionné sur le refus opposé
depuis des années à certains journalistes, un responsable du ministère de
la Communication a répondu à Reporters sans frontières ne pas savoir "
à quel niveau se situe cette décision ". Tout en précisant que l¹Etat
algérien a " le droit de refuser des visas à des pseudo-journalistes
qui militent contre la dignité nationale algérienne sans aucun respect de la
déontologie ". Ce même responsable a précisé qu¹il ne " voyait
pas pourquoi des journalistes viendraient en Algérie quand il n¹y a pas
d¹événements particuliers à couvrir ". Et de conclure : "
l¹Algérie est souveraine et peut refuser de donner des visas à quiconque
est partie prenante contre ses intérêts nationaux. "
Si, selon les
autorités, trois cents journalistes étrangers ont été autorisés à se
rendre en Algérie depuis le début de l¹année 2000, d¹autres sont
systématiquement interdits de séjour. Ainsi, José Garçon, journaliste du
quotidien français Libération, et Mouna Al-Banna, journaliste de Radio
France Internationale, n¹ont pas obtenu de visa alors qu¹elles
souhaitaient effectuer un reportage avant la visite d¹Abdelaziz Bouteflika en
France, en juin 2000.
Alors qu¹il disposait
d¹un visa, le journaliste espagnol Antonio Banquero, correspondant du
quotidien El Periodico en poste à Rabat, a été refoulé à la
frontière algérienne, le 13 septembre 1999. Il venait couvrir le
référendum sur la concorde civile.
Pendant des années,
les autorités algériennes ont imposé des escortes policières aux
journalistes venus faire des reportages en raison, affirmaient-elles, des
problèmes de sécurité. Depuis maintenant deux mois, ces escortes semblent
avoir disparu.
Si les journalistes
étrangers qui désirent se rendre en Algérie rencontrent parfois des
problèmes du seul fait de leur critique à l¹égard du pouvoir, des
journalistes algériens, correspondants de la presse étrangère, peuvent
aussi rencontrer des difficultés. Ainsi, le correspondant du quotidien belge La
Libre Belgique et du quotidien français Le Figaro n¹a jamais
obtenu son accréditation, l¹empêchant ainsi d¹accéder aux manifestations
officielles. Directement visé, en novembre 1998, par le ministre de la
Communication de l¹époque qui mettait en cause " des journalistes
utilisés contre leur pays ", il a porté plainte pour " diffamation
". Par ailleurs, l¹ancien correspondant de l¹hebdomadaire français Jeune
Afrique, Mohamed Sifaoui, aurait subi un véritable harcèlement et reçu
des menaces de la part des militaires. Ce dernier avait tenté d¹enquêter
sur certains assassinats et sur la question des " disparus ".
Craignant pour sa vie, il a dû s¹exiler, fin 1999. Enfin, le 28 mars 2000,
Walid Zeroug, photographe pigiste pour l¹agence française IMA Presse,
est arrêté à son domicile par six hommes appartenant à la DRS. Il sera
libéré le 2 avril.
5 - Conclusions et
recommandations
La vérité n¹est
toujours pas faite sur les assassinats et les " disparitions " de
journalistes. Or, les familles sont en droit de savoir et les coupables
doivent être punis. Si la censure a changé de visage, elle n¹en existe pas
moins. Elle a tout simplement d¹autres noms : monopole de l¹Etat sur
l¹audiovisuel, contrôle des imprimeries, harcèlement judiciaire, chantage
à la publicité, etc. Toute une génération de journalistes algériens a
fait ses classes sous la menace de la violence. Ils ont appris dans le sang le
prix des mots. Ils en ont assez du mépris des autorités.
Si la plupart des
journalistes interrogés par Reporters sans frontières, y compris ceux
proches de l¹opposition, estiment qu¹ils ne font l¹objet d¹aucune pression
ou menace, d¹autres nuancent, précisant que cette liberté reste "
extrêmement fragile ". Les propos du président Abdelaziz Bouteflika,
traitant notamment les journalistes de " tayabat el-hammam "
(commères de hammam) sont inquiétants. Quant au journalisme
d¹investigation, il est toujours très difficile à pratiquer : l¹accès aux
sources officielles d¹information est très compliqué, certaines parties du
pays restent très dangereuses.
De nombreux
journalistes rencontrés par la délégation de Reporters sans frontières se
sont plaints de leurs conditions de travail - salaires dérisoires,
précarité de leur statut, absence fréquente de véritable contrat de
travail - alors même que les propriétaires de certains titres se sont
considérablement enrichis. Cette situation fragilise les médias face au
pouvoir et devrait inciter les éditeurs de la presse privée et les
responsables des médias publics à garantir des conditions de travail
permettant aux journalistes d¹exercer pleinement leur métier.
Suite à sa mission,
Reporters sans frontières recommande aux autorités algériennes :
- l¹ouverture
d¹enquêtes sérieuses sur les assassinats de journalistes afin que
l¹impunité ne soit pas la règle ;
- l¹ouverture
d¹enquêtes sérieuses sur les " disparitions " de journalistes
pour mettre un terme à l¹incertitude dans laquelle vivent leurs familles ;
- la fin des poursuites
judiciaires abusives, de la part, notamment, de certains corps constitués et
de responsables locaux de l¹administration ;
- la possibilité pour
les titres suspendus dans le cadre de l¹état d¹urgence, qui reste en
vigueur, de pouvoir reparaître, en étant imprimés sur les presses publiques
;
- la modification de la
loi sur la presse en supprimant, notamment, les peines de prison pour les
délits de presse, comme le demande le rapporteur spécial des Nations unies
sur la liberté d¹opinion et d¹expression ;
- la suppression du
monopole de l¹Etat sur l¹audiovisuel, et le respect, dans les médias
publics, d¹un véritable pluralisme ;
- la libre circulation
des journalistes étrangers afin que l¹octroi de visas ne soit plus utilisé
comme un moyen de censure.
Reporters sans
frontières recommande à la communauté internationale et tout
particulièrement à l¹Union européenne :
- le financement de
stages et de sessions de formation à destination des jeunes journalistes de
la presse privée comme publique.
Reporters sans
frontières
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris - France
Tel : 33 1 44 83 84 84
Fax : 33 1 45 23 11 51
e-mail : afrique@rsf.fr
web : www.rsf.fr
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