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ar2-r.gif (1769 octets) LA TRANSITION
Le 24 avril 1990 aura été une des dates significatives dans l'histoire de ce pays qui à peine sorti de la colonisation belge se voit entrer dans un tourbillon de sécessions, de rébellions, mutineries et toutes sortes d'incertitudes politiques. Jusqu'au moment où, le 24 novembre 1965, le Haut commandement militaire prend le pouvoir, via la personne du Lieutenant Colonel Joseph Désiré Mobutu qui le conservera jalousement, sans partage aucun jusqu'à ce que la fin de la guerre froide oblige des changements dans le monde entier.

C'est ainsi que le président Mobutu, devenu entre temps Maréchal, réagira en faveur d'une ouverture politique. En réalité, la démocratisation du pays agonisait dans un long processus émaillé de négociations avec l'opposition, de trahisons au sein des familles politiques, de pillages, de disparitions et de toutes sortes de coups de forces et de manipulations politiciennes. On retiendra les figures-clés de cette transition qui durera sept ans, au lieu de deux ans initialement prévus : Maréchal Mobutu, Président de la République et maître du jeu, "arbitre de la démocratisation"; Etienne Tshisekedi, chef charismatique de l'opposition radicale, plusieurs fois Premier ministre, au cours de cette période, souvent quand l'explosion était imminente; Ngunz a Karl i Bond, artisan de l'Union Sacrée de l'Opposition , jusqu'en 1992 date à laquelle il rejoindra la mouvance présidentielle avant de s'effacer complètement de la scène politique; Monseigneur Monsengwo Pasinya Laurent, Président de la Conférence Nationale Souveraine, puis du Haut Conseil de la République, enfin du HCR-PT (Haut Conseil de la République-Parlement de Transition); Général Mahele, chef d'Etat major de l'armée nationale et plus tard ministre de la défense, assassiné, le 16 mai 1997, la veille de l'entrée de l'AFDL dans Kinshasa; Général Likulia, dernier Premier ministre de Mobutu; Honoré Ngbanda, conseiller chargé de la sécurité à la présidence, il sera souvent perçu comme le symbole de la répression; Léon Kengo wa Dondo, Premier ministre issu du HCR-PT, c'est au cours de son gouvernement qu'éclata la rébellion qui mit fin au régime de Mobutu et porta l'Alliance des Forces Démocratique pour la Libération du Congo (AFDL) de Laurent Désiré Kabila à la tête de la nouvelle République démocratique du Congo.

1) RAPPEL HISTORIQUE

C'est en 1967 que le MPR, Mouvement Populaire de la Révolution , parti-Etat vit le jour, progressivement il s'est structuré en huit organes (voir la structure politique de la République du Zaïre avant 1990).

2) LA PERESTROIKA (en ex-URSS, 1986).

Le 20 mai 1987, lors du 20ème anniversaire du MPR, le Président de la République tente une reconciliation avec la "dissidence" du MPR, consacrée dans une lettre dite "des 13 parlementaires" en 1981, date attribuée à la création de l'UDPS, Union pour la Démocratie et le Progrès Social d'Etienne Tshisekedi.

Le 17 janvier 1988, sur le pont Kasavubu à Kinshasa, l'UDPS tient un meeting pour relever le défi de sa popularité. Evidemment, malgré des milliers de sympathisants, le meeting n'a pu se tenir. Car, il y a eu une répression sanglante de l'armée.

En mai 1988, le Congrès du Parti annonce ses premières consultations populaires, au cours desquelles le peuple est convié à exposer son point de vue sur la manière de définir l'avenir du pays.

Janvier 1989, les étudiants, lors de manifestations, réclament ouvertement le départ de Mobutu !

Fin 1989, les fonctionnaires menacent d'une grève générale.

3) 1990, GESTATION D'UNE TROISIEME REPUBLIQUE

De février à avril, le pays connaît des consultations populaires, au cours desquelles plusieurs services publics présentent leurs mémorandums. Deux expressions étaient en vogue : "décentralisation" et "panier de la ménagère".

Pendant ce temps, partout en Afrique les conférences nationales sont réclamées (Niger, Bénin, Côte d'Ivoire, Gabon et surtout au Congo-Brazzaville voisin, dont la conférence coûtera au président Sassou Ngwessou son fauteuil).

Des rumeurs et tracts circulent à travers les rues du pays, notamment dans la capitale. La population s'attendait à la démission du "Guide" (Mobutu).

Le 24 avril 1990, annonce de l'ouverture politique (Voir l'intégralité du discours du Président Mobutu à cette occasion).

Le 3 mai 1990. Les trois partis autorisés par Mobutu devront obtenir leur légalisation au près de la cour suprême de justice (instance pro-mobutu). Par ailleurs, le Président conserve le contrôle de la défense, la sécurité et la diplomatie. Il désigne le Premier ministre, mais celui-ci doit obtenir l'aval du parlement. LUNDA BULULU est néanmoins nommé malgré le veto d'un parlement qui lui reproche sa double origine zaïro-zambienne. Mobutu évoque l'article 94 de la constitution déchéante pour investir le premier gouvernement de transition qui compte 40 membres dont 24 repris du gouvernement précédent.

Parallèlement à ce gouvernement, un collège de conseillers présidentiels avec rang de ministre pour les fonctions de Finances, Diplomatie, Sécurité, Armée et Politique intérieure !

D'ors et déjà les intellectuels, notamment le professeur LIHAU, un proche de Tshisekedi revendique une conférence nationale représentative des grandes aspirations populaires, pour préparer une vraie transition vers la troisième République.

11-12 mai 1990 LE MASSACRE DE LUBUMBASHI

Le 10 mai, tous les étudiants du pays ont programmé une manifestation contre la répression dont ont été victimes leurs collègues de Kinshasa.

Or, à partir du 9 mai les militaires ont bouclé le campus de Lubumbashi suite à une humiliation infligée sur la personne d'une étudiante arrogante et fille du Général Baramoto, commandant de la garde civile. A cette occasion les étudiants ont réalisé que des agents de sécurité mobutienne avaient été infiltrés dans le campus parmi les étudiants. Le même jour, le Gouverneur de la Région (province) du Shaba (Katanga), M. KOYAGIALO venait d'annuler sa visite aux étudiants prévue pour le 10 mai.

" Le soir du 11 mai, une brigade de commando venue de Kinshasa s'introduit sur le campus dont l'électricité a été coupée depuis Lubumbashi. Elle va massacrer des dizaines d'étudiants à l'arme blanche ou au silencieux. Pour reconnaître les leaders étudiants, elle se sert d'étudiants ngbandi masqués afin de ne pas être reconnus par leurs collègues. Depuis leurs résidences éloignées du campus, les professeurs entendront pendant des heures les hurlements d'agonie de leurs étudiants sans povoir intervenir. Le cri de reconnaissance des ngbandi est "lititi", auquel on doit répondre "mboka" pour être épargné". Lititi mboka = herbe de mon village. La mauvaise herbe ne sera pas épargnée. Le régime du président Mobutu ne reconnaîtra qu'un seul mort et quelques blessés.

OPINION INTERNATIONALE

Dès juin 1990, la Belgique exige quel soit tenu une enquête internationale à Lubumbashi. Elle sera suivie par le Canada et les Etats-Unis; la France reste plutôt réservée. Pendant ce temps Ngunz a Karl i Bond menace de révéler le charnier.

Une commission parlementaire dénoncera le massacre malgré l'effacement de toute trace de désolation.

Le 30 juin 1990, les trente ans d'indépendance seront officiellent célébrés à Lubumbashi-même, où Mobutu s'octroiera, dans son discours, un rôle d'arbitre du changement.

En fin d'année 90, le quotien kinois Umoja révèle l'existence d'une loge secrète regroupant les hauts responsables du Parti-Etat, la "Prima Couria", un pacte de sang pour sauvegarder le système Mobutu et ses bénéficiaires ... à tout prix.

Le 5 décembre 1990, le mandat septennal de Mobutu expire; le pays est plongé dans une confusion constitutionnelle.

La loi du 18 décembre 1990 consacre le multipartime intégral, relative à l'organisation et au financement des partis politiques.

4) NEGOCIATIONS ENTRE MOBUTU ET L'OPPOSITION

Le 6 janvier 1991à Nsele (près de Kinshasa, domaine présidentiel), Mobutu propose la constitution d'urgence d'un gouvernement de transition élargi (gouvernement d'union nationale).

Le 18 janvier1991, reconnaissance des partis qui remplissent les critères définis par la cour suprême de la République. Ils ne doivent pas afficher un caractère tribal ni religieux, ils sont au nombre de 19 à être agréés.

Le 14 février1991, Mobutu consulte les partis politiques pour choisir lui-même le formateur du gouvernement d'union nationale.

Le 6 mars 1991, par l'ordonnance 91-010, Mobutu institue la conférence constitutionnelle dont la mission est de déterminer les options fondamentales sur l'organisation politique de la IIIème République ainsi que l'élaboration d'un projet de constitution à soumettre au référendum. Le rapport de cette conférence constitutionnelle d'une durée d'un mois aurait permis au président, de convoquer une conférence nationale... L'opposition insistait sur le caractère souverain de cette conférence nationale.

le 14 mars 91, Lunda Bululu démissionne en demandant pardon au peuple pour n'avoir pas rempli sa mission. Le lendemain, un Haut fonctionnaire international (BIRD, PNUD), M. MULUMBA LUKOJI est désigné à la primature. Son gouvernement qui bénéficie en principe du soutien des bailleurs des fonds, est composé de 51 membres. Il a pour mission primordiale d'élaborer une nouvelle constitution.

Pendant ce temps, les campus universitaires et les instituts supérieurs de la capitale, sont envahis par les jeux d'argent : Bindo, Nguma, Madova etc. Les mises rapportaient un intérêt d'environ 800% en moins d'un mois ! En même temps se déroule le procès Koyagialo sur les massacres de Lubumbashi.

Le 11 avril 1991, Mobutu acceptele principe d'une conférence nationale, par deux ordonnances, 91-093 et 91-097, en lui confiant trois missions :

- définition des options fondamentales de la IIIème République,

- élaboration d'un projet de constitution,

- élaboration d'une loi électorale.

13 mai 1991, le krach des organismes de jeux d'argent débouche sur la colère explosive de la population, colère qui tourne en émeutes dans les camps militaires et campus universitaires.

Le 19 mai 1991, tous les partis conviennent que la conférence nationale sera souveraine et ses décisions exécutoires.

Le 22 juillet 1991, par un flash télévisé, la présidence nomme E. Tshisekedi au poste de Premier ministre. Mulumba Lukoji étant démissionné de fait, les alliés de l'UDPS (PDSC et UFERI) protestent. Sous la pression des combattant de l'UDPS, Tshisekedi refuse la nomination présidentielle.

Le 24 juillet 1991, l'ex-Premier, Mulumba Lukoji, est reconduit à son poste de Premier ministre par le Président.

Le 30 juillet 1991, la Conférence Nationale Souveraine (CNS) est reportée au 7 août, "les participants sont invités à s'iscrire à la commission préparatoire".

23/26 septembre 1991 Pillages à Kinshasa par les soldats d'abord et puis par la population. Une grande partie de l'infrastructure de la ville est détruite. Il y en aura aussi dans d'autres grandes villes. La France et la Belgique envoient des troupes pour évacuer leurs ressortissants. Environ 9.000 résidents étrangers d'une trentaine de pays sont évacués. Selon la radio nationale, les émeutes ont fait 117 morts dans tout le pays.

Le 1er octobre 1991, E. Tshisekedi est nommé Premier ministre, il supprime la mention "Mobutu, garant de la constitution" lors de la prestation de serment. Il affirme ne pas être le Premier ministre du Maréchal Mobutu. Après quelques jours de tractations, Mobutu révoque Tshisekedi. C'est à cette occasion qu'une critique violente lui sera adressée notamment par Ngunz a Karl i Bond. (21/10/91).

Le 23 octobre 1991, Bernadin MUNGUL DIAKA est nommé Premier ministre, immédiatement contesté par l'opposition.

Le 22 novembre 1991, en présence des représentants de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine), MM. ABDOU DIOUF et ABDOULAYE WADE, respectivement Président et ministre d'Etat sénégalais, arbitrent une entente entre le camp de Mobutu et celui de l'opposition; en marge de la conférence nationale. Ce sont les "accords du Palais de Marbre" dont le principe de base est que le Premier ministre sera issu de l'opposition (Union Sacrée).

Le 25 décembre 1991, NGUNZ A KARL I BOND est nommé Premier ministre, en lieu et place de Tshisekedi.

Le 12 décembre 1991, la CNS se dote d'un bureau provisoire dont le Président est l'archevèque de Kisangani, Mgr Laurent MONSENGWO.

L'année 91 est marquée aussi par une répression à l'encontre de la presse écrite; les imprimeries volent en éclat, l'insécurité règne sur l'ensemble du territoire.

Le 16 janvier 1992, le gouvernement suspend les travaux de la Conférence Nationale. L'opposition se mobilise contre cette décision.

Le 16 février et le 1er mars 1992, des "mercenaires" répriment violemment une marche pacifique des chrétiens.

Le 6 avril 1992, réouverture de la CNS, suite aux pressions interieures et extérieures.

Le 14 août 1992, la CNS élit Etienne Tshisekedi comme Premier ministre de la transition, avec 70,8% des voix devant son adversaire, Thomas Kanza.

Le 15 août 1992, manifestations de joie partout au pays. A Lubumbashi, le gouverneur Kyungu orchestre une répression. A cette occasion, les milices des jeunes katangais exécutent une chasse aux Kasaïens (même origine que Tshisekedi). des centaines de milliers de Kasaïens fuient et s'entassent dans les gares en abandonnant leurs propriétés.

Le 1er décembre 1992, le Premier ministre Tshisekedi démonétise les billets de 5.000.000 de zaïres que la Banque Nationale a émis contre la volonté du gouvernement.

Le 6 décembre 1992, clôture de la CNS, qui n'a pas discuté en plénière de deux dossiers dits "matières sensibles". Il s'agit des assassinats et des biens mal acquis.

La CNS a mis en place un Acte constitutionnel de transition, un gouvernement de transition, le Haut Conseil de la République et le Conseil électoral. Elle a élaboré un projet de constitution et un calendrier électoral. Mais, Mobutu continue de se référer à l'ancienne constitution et de s'opposer au gouvernement de transition. Le taux d'inflation atteint 7.000%

Janvier 1993 : Les soldats du camp Kokolo et ceux du centre d'entraînement des troupes aéroportées (CETA) se répandent dans la ville de Kinshasa et pillent les quartiers résidentiels du centre ville. L'Ambassadeur français, Philippe BERNARD est tué le 29 janvier.

Mars 1993 : Mobutu organise un conclave où ne sont présents que les membres de son camp, à l'issue duquel Faustin BIRINDWA est nommé Premier ministre, en plus de la réhabilitation de l'ancienne Assemblée Nationale. On assiste donc, à un dédoublement des institutions : celles de la CNS et celles du Conclave qui a le soutien de l'armée.

Avril 1993 : Massacres interethniques au Nord-Kivu, dans le Masisi, entre populations Hunde et Banyarwanda; les pertes en vies humaines se comptent par milliers.

Le 22 octobre 1993 : Mobutu signe un décret de réforme monétaire : les billets de 1 nouveau zaïre (1 NZ) sont échangés contre ceux de 3.000.000 Z. Le Kasaï continue à utiliser les anciens zaïres.

14 janvier 1994, signature d'accords entre le camp de Mobutu et l'opposition représentée par l'Union sacrée de l'opposition radicale et alliés (USORAL); ces accords visent à mettre fin au dédoublement des institutions. Le parlement de transition intégre l'ancienne assemblée nationale et devient le Haut Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT).

Le 8 avril 1994, adoption par le HCR-PT d'un nouvel Acte de transition. L'Acte issu de la CNS a été amendé de façon à satisfaire les exigences de la Mouvance présidentielle.

Le 14 juin 1994, Léon KENGO WA DONDO est élu premier ministre, malgré l'opposition de l'USORAL; cette nomination allait à l'encontre des décisions de la CNS et des accords du 14 janvier. L'opposition considère comme illégal le gouvernement Kengo et réclame le retour de Tshisekedi à la primature.

Juillet 94, des centaines de milliers (1,2 million) de Rwandais fuient leur pays et se réfugient à l'est du Zaïre dans des camps près de Goma et de Bukavu. Ils ont d'abord été bien accueillis, mais leur présence crée d'énormes problèmes économiques, sociaux et écologiques.

L' "opération turquoise" au Rwanda, montée par la France, remet Mobutu retour sur la scène internationale.

10 août 1994, la France annonce la reprise de sa coopération avec le Zaïre. Les autres partenaires tâtent le terrain, la Belgique et les Etats-Unis notamment.

Octobre 1994 : Le Premier ministre Kengo Wa Dondo prononce un discours à l'ONU. Il visite les USA, la France, la Belgique en quête d'aide. On lui en promet à condition qu'il fasse la preuve de sa capacité à contrôler l'armée et la Banque du Zaïre.

Novembre 1994 : Mobutu participe à Biarritz (France) au sommet franco-africain. Les Français déclarent que les intérêts économiques doivent prendre le pas sur les considérations relatives aux droits de l'homme.

5) LA PRESENCE DES REFUGIES RWANDAIS

16 février 1995 : A la grandeur du pays, on commémore, dans le calme et le recueillement, le troisième anniversaire de la "marche d'espoir" qui en 1992 avait été réprimée dans le sang.

Fin février

La Commission des droits de l'homme des Nations Unies, réunie à Genève, recommande l'envoi à Kinshasa de deux experts en matière des droits de l'homme pour y suivre la situation.

8 mai 1995 : Le HCR-PT approuve la loi établissant la Commission Nationale des Elections (CNE), qui sera chargée d'organiser les élections et de faire aboutir la transition vers des institutions démocratiques. Loi qui est dénoncée par de nombreux groupes, parce que la neutralité de la Commission Nationale des Elections n'est pas assurée; elle dépend trop de la bonne volonté du gouvernement.

27 juin 1995 : On annonce la destitution de Mgr Monsengwo de la présidence du HCR-PT; une liste de 510 signatures (sur 738 possibles) de personnes la réclame. On lui reproche d'être celui qui permis à Kengo de devenir Premier ministre à la place de Tshisekedi. Destitution entachée de graves irrégularités qui ternissent l'image de l'opposition : il y a eu de fausses signatures; il n'y a pas eu vote au HCR-PT comme cela aurait dû se faire. Malgré cette irrégularité, presque personne ne désire le retour de Monsengwe, qui tombe peu à peu dans l'oubli.

22 juillet 1995 : Le Président Mobutu émet une ordonnance portant réaménagement de l'équipe du gouvernement Kengo. L'opposition attendait le retour de Tshisekedi comme Premier ministre élu par la CNS. De nouveau, elle a été flouée au cours de ses contacts avec les FPC (Forces Politiques du Conclave - camp de Mobutu). Kengo reste Premier ministre. Le nouveau gouvernement marque le retour en force de personnalités de la 2ème République (Pay Pay, Katanga, Singa Udju, etc.)

19-24 août 1995 : Le gouvernement zaïrois procède à l'expulsion de quelqu 13.000 réfugiés rwandais et burundais à l'est du Zaïre. Une entente avec le représentant des Nations Unies permet de faire cesser ce rapatriement forcé et inhumain, mais à condition que le rapatriement volontaire des 1.200.000 réfugiés soit finalisé pour le 31 décembre 1995.

19 octobre 1995 : Mobutu se rend au siège de l'ONU à New-York (50ème anniversaire) mais,malgré les efforts de lobbyistes américains pour le sortir de son isolement diplomatique, ne peut avoir de contacts officiels.

18 novembre 1995 : Les 44 membres de la commission électorale sont nommés, 22 représentants les FPC et 22 l'USORAL. De nombreux groupes protestent : il n'y a aucune représentation de la société civile.

28/29 novembre 1995 :  Mobutu participe au sommet du Caire qui visait à trouver une solution à la question des milliers des réfugiés rwandais et burundais au Zaïre et en Tanzanie. L'entente signée est un voeu pieux. Pour Mobutu, c'est une occasion de favoriser son retour sur la scène internationale.

1er janvier 1996 :  Les membres de la commisssion des élections prêtent serment et se mettent au travail.

On s'attend à ce qu'un nouveau gouvernement soit formé bientôt, comme le Premier ministre l'a annoncé le 6 décemre 1995. Mais il ne pourra pas être un gouvernement de large union nationale. Car, l'USORAL réclame toujours "le retour à la légalité" et ne semble pas prête à faire partie d'un gouvernement Kengo.