| Son successeur ne put obtenir
la majorité au parlement et, à la fin du mois de novembre 1965, Mobutu, qui avait été
promu au grade de commandant en chef de larmée nationale congolaise, mena un second
putsch. Il renversa Kasavubu, se proclama Président de la République et interdit toute
activité politique pour une durée de 5 ans, le seul parti reconnu étant le Mouvement
Populaire de la Révolution (MPR). A la fin de 1966, il sappropria également le
poste de Premier ministre. Bien vite, le nouveau maître du Congo se fit remarquer par son
autoritarisme. Il musela lopposition, fit exécuter ses adversaires politiques au
terme de simulacres de procès et réprima impitoyablement tout mouvement
dinsurrection. Après son
élection à la présidence en 1970, il sefforça, par le biais dune politique
dite dauthenticité, de nettoyer son pays des scories du colonialisme. Il procéda
notamment à lafricanisation des noms de villes et de fleuves. Ainsi, en 1971, le
Congo devint officiellement le Zaïre, Elisabethville Lubumbashi, Port Francqui Ilébo et
Léopoldville Kinshasa. Le chef de lEtat lui-même changea de nom et prit celui de
Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga. Les leviers de léconomie nationale
passèrent aux mains de Zaïrois, à limage de nombreuses firmes étrangères. Mais
la politique de Mobutu fut à cet égard un échec complet et le Zaïre connut une crise
sans précédent. En 1974, le Président sattribua la bagatelle de 17 % du budget
national, cependant que le secteur des soins de santé nen recevait que 2 %.
En 1977, soutenu par lex-Union
Soviétique et le Président Agostinho Neto, le Front National de Libération du Congo
(FNLC) envahit le Shaba. Avec lappui de lOccident, Mobutu parvint à repousser
les rebelles. Ceux-ci pénétrèrent une seconde fois au Shaba lannée suivante,
mais sans plus de succès. A la suite de ces incidents très graves, le gouvernement
zaïrois rompit ses relations diplomatiques avec lex-U.R.S.S. et décida de baser au
Shaba une force interafricaine. Malgré la corruption du clan Mobutu, le FMI continua de
consentir des prêts au Zaïre, mais, sous la pression de lOccident, Kinshasa
conclut des accords avec lAngola, le Ghâna, le Sénégal et la Zambie. En 1979, la
dette du Zaïre atteignit de tels sommets que le FMI se vit obligé de lier loctroi
de nouveaux subsides à un ensemble dexigences strictes. Nommé Premier ministre en
1980, Nguza Karl I Bond apparut aux yeux des bailleurs de fonds occidentaux comme un
successeur acceptable de Mobutu. Mais il démissionna de son propre chef dés avril 1981
et se réfugia en Belgique où il sempressa de formuler de vives critiques à
lendroit du régime de Kinshasa. A noter quen 1980, plusieurs groupes
dopposants réunis à Bruxelles avaient fondé ensemble le Conseil pour la
Libération du Congo-Kinshasa.
En 1982, 1984, 1985 et 1986, Mobutu procéda
à divers remaniements ministériels qui se traduisirent par la nomination de Kengo Wa
Dondo à la tête du gouvernement ; ce dernier fut remplacé en1986 par Mabi Mulumba.
Simultanément, Mobutu réorganisa lappareil de commandement de larmée. |