| La République démocratique du Congo (appelée Zaïre
entre 1971 et 1997) est le plus vaste pays d'Afrique, délimité par des frontières
fixées lors du partage colonial (entre 1885 et 1894). D'abord propriété personnelle du
roi Léopold II de Belgique, il devient en 1908, une colonie belge. En 1960,
l'indépendance est accordée au pays dans la précipitation. Après cinq ans de guerre
civile, Mobutu, alors colonel, s'empare du pouvoir lors d'un coup d'Etat (1965) et met en
place un régime présidentiel autoritaire soutenu, par intérêts stratégiques ou
économiques, par plusieurs pays occidentaux (Belgique, Etats-Unis et France). Les années
1970 et 1980 sont celles du Zaïre dirigé sans partage par Mobutu et son parti unique, le
MPR (Mouvement Populaire de la Révolution). Après un bref redressement économique
acquis grâce aux ressources minières (le Zaïre est le pays africain le plus riche en
réserves d'or, de diamants, de cuivre, d'uranium, de cobalt, etc...), la corruption et le
clientélisme envahissent petit à petit le pays. Le niveau de vie de la population se
dégrade progressivement jusqu'au début des années 1990 (miné par l'évasion fiscale
organisée, le budget de l'Etat est divisé par cinq en quelques années). Le budget
actuel du Zaïre est estimé à quelques dix milliards de francs belges, somme dérisoire
pour un pays de 44 millions d'habitants. En 1990,
poussé par les événements (contexte international bouleversé par la dissolution du
bloc communiste, opposition interne grandissante), Mobutu annonce le multipartisme et
accepte la convocation d'une Conférence nationale (1991) chargée d'adapter la
Constitution. Jouant habilement de multiples événements (émeutes, mutineries, crises
politiques), Mobutu empêche toutefois le processus de réformes d'aboutir. Ce n'est qu'en
1996 qu'un projet de Constitution est adopté par le Haut conseil de la République -
Parlement de transition (HCR - PT). Ce projet (qui prévoit un Etat fédéral doté d'un
régime parlementaire) devait ensuite être soumis à référendum.
En novembre 1996, la tension dans l'est du Zaïre (où se
sont réfugiés plus d'un million de Rwandais qui ont fui lors dugénocide dans leur pays
en 1994) tourne au conflit armé. Des rebelles tutsis zaïrois soutenus matériellement et
militairement par les pouvoirs rwandais et ougandais, s'attaquent à l'armée zaïroise.
Ils occupent rapidement plusieurs villes du Kivu. Laurent-Désiré Kabila, qui a déjà
participé aux rébellions des années 1964-65 et a ensuite vécu dans les pays voisins
sans jamais se départir de son opposition à Mobutu, s'impose comme chef des insurgés.
En quatre mois, ceux-ci s'emparent d'un tiers
du territoire national et des régions minières (or, diamants, cuivre, etc...) les plus
riches du pays. Début avril 1997, Kabila somme Mobutu de quitter le pouvoir et prévoit
de rejoindre la capitale, Kinshasa, avec ses troupes avant le mois de juin. L'opposition
politique à Mobutu, toujours symbolisée par Etienne Tshisekedi et son parti, l'UDPS, est
appelée à se rallier à Kabila, renforcé par ses succès militaires et sa popularité
grandissante. Une part de cette opposition politique craint toutefois un nouveau pouvoir
fort que voudrait imposer Kabila. |