REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Rassemblement Congolais Pour La Démocratie
RCD/Kisangani, Quartier Général/ Bunia
BUREAU DU PRESIDENT
Déclaration sur la Déclaration de Lusaka du 04
Mai 2001.
Nous sommes allés à la réunion de Lusaka pour être
témoins et participants dans le processus de relancer la dynamique du Dialogue National
et des négociations politiques intercongolaises. Nous ny sommes pas allés pour
nous engager dans la lutte pour le pouvoir, pour les honneurs ou pour
lauto-positionnement. Nous voulions être présents là où tous ceux qui ont pris
les armes pour résoudre les problèmes politiques fondamentaux du Congo jurent, par une
déclaration publique, quils renoncent à lusage de la violence et
sengagent enfin dans la voie des discussions, du dialogue de la réconciliation et
des négociations politiques pacifiques et inclusives. Cest un pas décisif, si et
seulement si, les gens qui sy engagent prêtent ce serment avec bonne foi.
Cest au nom de près de 3 millions de Congolais qui
sont morts, de tous ceux qui sont aujourdhui dans une situation de mort lente, de
toute la population Congolaise qui revendique, depuis longtemps, de vivre en paix et bien.
Ne pas être sensibles à cette revendication et refuser de sengager à sa
réalisation est pire que le silence face à la dictature.
Nous sommes contents, malgré tout, du fait que cet
événement pour la venue duquel nous avons toujours milité soit, enfin, advenu. Nous
avions conclu, depuis un bout de temps, que les problèmes politiques fondamentaux, à la
base des conflits, ne peuvent être résolus que politiquement. Nous avions renoncé à
continuer de nous armer pour résoudre ces problèmes. Nous avons donné priorité à la
lutte des idées, lélément crucial des négociations politiques.
Nous nous sommes efforcés de systématiser, le plus
honnêtement possible, les revendications de paix et les expressions des sentiments
profonds de la majorité de la population Congolaise et celle de toute la région. Cette
population tenue en otage par les militaristes, est fatiguée des guerres insensées et
exige leur arrêt inconditionnel pour une paix durable.
Nous croyons que ce qui sest passé à Lusaka le
04/05/2001, est un témoignage et une reconnaissance publique de cette volonté
inébranlable.
Que nous soyons exclus de la réunion, comme exigence de
certains dirigeants et de la facilitation, ne doit pas signifier que ce que nous
représentons et ce qui nous a toujours motivés, y soit rejeté. Car, alors, la dynamique
du dialogue, nécessairement inclusif, se réduirait en une simple poursuite
dauto-positionement et de la recherche du pouvoir pour le pouvoir. La facilitation
qui encouragerait une telle réduction oublierait sa mission profonde de ne pas céder,
quelles que soient les raisons, et surtout pas celles fallacieuses des faiseurs de coups
à un groupe exigeant lexclusion dun autre comme condition de dialogue.
Nous avons accepté de nous absenter de la réunion, si,
ce faisant, cela aiderait à ceux qui hésitent encore de sengager complètement à
servir la cause des revendications de la paix durable de notre peuple en souffrances et
misères atroces. Nous sommes étonnés de voir quils battent tambour non pour la
victoire du peuple et ses revendications mais pour notre absence à la réunion, hélas !
Devrons-nous donc nous étonner des insuffisances de leur
déclaration signée? Celle-ci ne fait état ni de la volonté de renoncer à lusage
de la violence pour arriver au pouvoir ni de la nécessité de rétablir lautorité
étatique sur tout le territoire Congolais. Et la facilitation, patronnée par lOUA,
semblait avoir cédé aux fallacieuses exigences des faiseurs des coups.
Il faut voir, dans lévénement du 04 Mai 2001, à
Lusaka, un pas, peut-être chancelant mais décisif, par des rebelles et gouvernants en
guerre insensée, vers la nécessité de renoncer à celle-ci et à lusage de la
violence pour arriver au pouvoir ou conserver le pouvoir et sengager dans la voie de
la résolution, par dialogue, négociations pacifiques et libres discussions, des
problèmes politiques fondamentaux et cela au nom de la volonté politique de sauver,
ensemble de façon inclusive, notre pays sinistré et sa population dans un état de
misère indicible. Nous devons oser sortir de lapproche qui subordonne la
démocratie à la sécurité dEtat et la réconciliation nationale à la justice
pénale.
Lévénement de Lusaka doit faire naître, partout
dans notre pays, des événements semblables de prestation de serment pour renoncer à la
guerre, injuste du reste, comme moyen de résoudre les problèmes du pouvoir - de la faire
partout et publiquement, au nom de tous ceux qui ont perdu leur vie, génocidés,
massacrés ou morts de négligence institutionnelle avec leurs revendications de vie et de
paix, et au nom de toute la population qui souffre. Nous devons chercher la paix, non
contre une personne ou un groupe de personnes; la paix doit être indivisible et inclusive
et sa recherche doit être un point ultime de rassemblement et de réconciliation. Nous
voulons que toutes les Congolaises et tous les Congolais se tiennent la main dans la main
et marcher sereinement dans la voie vers la paix durable. La paix ne peut être obtenue
dans lisolement et secrètement. Une fois encore et grâce à ces événements, nous
sommes fermement convaincus que le peuple Congolais vaincra cette fois-ci.
Dar es Salaam, le 07/05/2001.
Prof. Ernest Wamba dia Wamba
PRESIDENT
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