GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Déclaration sur la Déclaration de Lusaka

politi3.jpg (679 octets)
politi3.jpg (679 octets)
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Rassemblement Congolais Pour La Démocratie
RCD/Kisangani, Quartier Général/ Bunia
BUREAU DU PRESIDENT


Déclaration sur la Déclaration de Lusaka du 04 Mai 2001.

Nous sommes allés à la réunion de Lusaka pour être témoins et participants dans le processus de relancer la dynamique du Dialogue National et des négociations politiques intercongolaises. Nous n’y sommes pas allés pour nous engager dans la lutte pour le pouvoir, pour les honneurs ou pour l’auto-positionnement. Nous voulions être présents là où tous ceux qui ont pris les armes pour résoudre les problèmes politiques fondamentaux du Congo jurent, par une déclaration publique, qu’ils renoncent à l’usage de la violence et s’engagent enfin dans la voie des discussions, du dialogue de la réconciliation et des négociations politiques pacifiques et inclusives. C’est un pas décisif, si et seulement si, les gens qui s’y engagent prêtent ce serment avec bonne foi.

C’est au nom de près de 3 millions de Congolais qui sont morts, de tous ceux qui sont aujourd’hui dans une situation de mort lente, de toute la population Congolaise qui revendique, depuis longtemps, de vivre en paix et bien. Ne pas être sensibles à cette revendication et refuser de s’engager à sa réalisation est pire que le silence face à la dictature.

Nous sommes contents, malgré tout, du fait que cet événement pour la venue duquel nous avons toujours milité soit, enfin, advenu. Nous avions conclu, depuis un bout de temps, que les problèmes politiques fondamentaux, à la base des conflits, ne peuvent être résolus que politiquement. Nous avions renoncé à continuer de nous armer pour résoudre ces problèmes. Nous avons donné priorité à la lutte des idées, l’élément crucial des négociations politiques.

Nous nous sommes efforcés de systématiser, le plus honnêtement possible, les revendications de paix et les expressions des sentiments profonds de la majorité de la population Congolaise et celle de toute la région. Cette population tenue en otage par les militaristes, est fatiguée des guerres insensées et exige leur arrêt inconditionnel pour une paix durable.

Nous croyons que ce qui s’est passé à Lusaka le 04/05/2001, est un témoignage et une reconnaissance publique de cette volonté inébranlable.

Que nous soyons exclus de la réunion, comme exigence de certains dirigeants et de la facilitation, ne doit pas signifier que ce que nous représentons et ce qui nous a toujours motivés, y soit rejeté. Car, alors, la dynamique du dialogue, nécessairement inclusif, se réduirait en une simple poursuite d’auto-positionement et de la recherche du pouvoir pour le pouvoir. La facilitation qui encouragerait une telle réduction oublierait sa mission profonde de ne pas céder, quelles que soient les raisons, et surtout pas celles fallacieuses des faiseurs de coups à un groupe exigeant l’exclusion d’un autre comme condition de dialogue.

Nous avons accepté de nous absenter de la réunion, si, ce faisant, cela aiderait à ceux qui hésitent encore de s’engager complètement à servir la cause des revendications de la paix durable de notre peuple en souffrances et misères atroces. Nous sommes étonnés de voir qu’ils battent tambour non pour la victoire du peuple et ses revendications mais pour notre absence à la réunion, hélas !

Devrons-nous donc nous étonner des insuffisances de leur déclaration signée? Celle-ci ne fait état ni de la volonté de renoncer à l’usage de la violence pour arriver au pouvoir ni de la nécessité de rétablir l’autorité étatique sur tout le territoire Congolais. Et la facilitation, patronnée par l’OUA, semblait avoir cédé aux fallacieuses exigences des faiseurs des coups.

Il faut voir, dans l’événement du 04 Mai 2001, à Lusaka, un pas, peut-être chancelant mais décisif, par des rebelles et gouvernants en guerre insensée, vers la nécessité de renoncer à celle-ci et à l’usage de la violence pour arriver au pouvoir ou conserver le pouvoir et s’engager dans la voie de la résolution, par dialogue, négociations pacifiques et libres discussions, des problèmes politiques fondamentaux et cela au nom de la volonté politique de sauver, ensemble de façon inclusive, notre pays sinistré et sa population dans un état de misère indicible. Nous devons oser sortir de l’approche qui subordonne la démocratie à la sécurité d’Etat et la réconciliation nationale à la justice pénale.

L’événement de Lusaka doit faire naître, partout dans notre pays, des événements semblables de prestation de serment pour renoncer à la guerre, injuste du reste, comme moyen de résoudre les problèmes du pouvoir - de la faire partout et publiquement, au nom de tous ceux qui ont perdu leur vie, génocidés, massacrés ou morts de négligence institutionnelle avec leurs revendications de vie et de paix, et au nom de toute la population qui souffre. Nous devons chercher la paix, non contre une personne ou un groupe de personnes; la paix doit être indivisible et inclusive et sa recherche doit être un point ultime de rassemblement et de réconciliation. Nous voulons que toutes les Congolaises et tous les Congolais se tiennent la main dans la main et marcher sereinement dans la voie vers la paix durable. La paix ne peut être obtenue dans l’isolement et secrètement. Une fois encore et grâce à ces événements, nous sommes fermement convaincus que le peuple Congolais vaincra cette fois-ci.

Dar es Salaam, le 07/05/2001.

Prof. Ernest Wamba dia Wamba
PRESIDENT

 

Copyright Afriqu'Info asbl.