Monsieur Kabila,Vous nous avez demandé de participer à l'effort de guerre pour
défendre notre Pays contre les agresseurs etrangers. J'ai finalement accepté que deux de
mes fils se fassent enrôler dans les FAC. Voici dix huit mois, je n'ai plus aucune
nouvelle d'eux. Lorsque j'essaie de m'enquérir auprès des états majors, l'accueil qui
est fait aux parents n'a d'égal que le mépris. Pire, il n'existe aucun recencement,
aucun registre matricule des enrtôlés. Personne ne sait nous dire à quelles troupes ils
appartiennent, dans quel secteur. Personne ne nous dit même s'ils sont toujours en vie ou
s'ils sont morts et où, et s'ils ont eu une sépulture digne. Il semble qu'ils ne mangent
pas convenablement. Pourquoi nous priver de la possibilité de les aider?
Monsieur Kabila, arrêtez de nous mépriser nous qui avons
mis au monde ces jeunes gens. Croyez-vous donc libérer le pays en maltraitant les
familles? Arrêtez d'empêcher à nos enfants de nous écrire et de partager avec nous
leurs joies et leurs peines. Arrêtez de les envoyer au front comme des brebis anonymes à
une boucherie, sans recensementt et sans que leurs dépouilles ne puissent être
identifiées, sans qu'on ne leur réserve des sépultures dignes.
S'il y a d'autres paarents dans ce cas, nous devrions nous
organiser et réclamer des comptes à Kabila. Nous devons nous regrouper pour partager
notre émoi et notre douleur.
Nous ne méritons pas ce mépris, Mr Kabila. Vous venez du
maquis, mais vous avez trouvé dans nos villes des hommes dignes et civilisés qui ont
droit au même traitement humain que dans toutes les armées du monde.
Où sont mes enfants?