| L'armée Rwandaise : Pillage accéléré du
Coltan info recueillies sur place - 21 février 2001 Depuis deux semaines, dans la localité NUMBI, en territoire de
KALEHE, à sept heures de marche du centre de NYABIBWE, au Sud-Kivu, les militaires
rwandai (Embedded image moved to file: pic05436.gif)s
de l'APR ont amené 1.500 prisonniers rwandais, à partir du Rwanda, qu'ils ont installés
dans les carrés miniers pour creuser le coltan. Cette fois, les officiers rwandais ne se
gênent plus et ne cachent plus leur véritable activité au Kivu : ils ont amené les
prisonniers dans leur uniforme rose (culotte et blouse), typique des prisonniers rwandais.
Ils travaillent ainsi habillés, comme s'ils étaient au Rwanda.
Ces prisonniers ont l'ordre de travailler d'arrache-pied
pour stocker, le plus rapidement possible, la plus grande quantité de coltan. Ils sont
surveillés, jour et nuit, par des soldats de l'APR, et reçoivent, en guise
d'encouragement, une prime journalière de 5 dollars chacun. Cette pratique de la part du
pouvoir de Kigali est devenue : des prisonniers rwandais sont acheminés sur le sol
congolais pour y creuser les minerais, notamment le Coltan, dans les localités de Punia,
Walikale, Saramabila, Shabunda,
Le pillage des ressources congolaises par le régime de
Kigali devient ainsi à trois niveaux : a) Par l'exportation illicite des matières
premières du Congo : les soldats rwandais sont nombreux autour des carrés miniers,
allant de Walungu à Shabunda, en passant par Mwenga, et dans le Maniema. b) Le non
versement des recettes fiscales à l'administration en place : les exploitants rwandais ne
payent aucune taxe et ne sont soumis à aucune reglémentation. Les quantités qu'ils
exploitent ne sont comptabilisées nulle part, et prennent la route du Rwanda par
hélicoptères ou par camions. c) L'empêchement des congolais de toute exploitation
artisanale ou organisée des minerais, seuls les rwandais étant autorisés à le faire
désormais.
Ainsi les congolais qui obtenaient quelque revenu en
faisant le creusage des minerais, se voient privés de leur gagne-pain .mais le RCD/Goma,
inféodé au Rwanda, fait la sourde oreille. On comprend également pourquoi Kigali
s'emploie, depuis le second semestre 2000, " à produire " des Interahamwe et à
généraliser l'insécurité dans les villages et autour de Bukavu. Il a besoin de
conforter son alibi et de disposer de ces milices formées pour tuer, violer, inquiéter
et piller, pour exploiter le Congo à son aise. La connexion entre les bandes de ces
" faux ou vrais Interahamwe " avec les officiers de l'APR est désormais tres
solide.
Les biens pillés (vaches, ordinateurs, machines, panneaux
solaires, équipements médicaux, ....) par ces Interahamwe sont aménes, par les
officiers rwandais, au Rwanda, par Kamembe et le lac Kivu.
Leonard Uwiringiyimana |