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Joseph Kabila et Mgr Monsengo: deux Jokers?

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Blaise SARY 

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Mes frères et soeurs

Après les 30 jours de deuil, Kinshasa nettoie. Plusieurs arrestations ont eu lieu. Plusieurs condamnations à mort ont été aussi prononcées. Ceci ne suffit pas. Kabila a fait une promesse lors de son discours à la Nation. Il entend rectifier les erreurs du passé ( de son père ?). Il a promis des mesures économiques. Il a promis une ouverture(vers quoi et vers qui ?). Sur le plan de la crise, il n’entend plus renégocier la révision de Lusaka, ni la question du choix du facilitateur. Ses troupes vont se désengager au même titre que les autres belligérants. Et aussitôt que le processus du dialogue intercongolais est amorcé, Kinshasa se mettra en rang pour rencontrer les autres parties.

Cette accélération des choses ne peut surprendre. Kabila avait, au départ, l’idée d’emboîter les pas de son père. Finalement, il s’était rendu compte qu’il ne pouvait pas réussir ce choix. Primo, il ne dispose pas d’une armé républicaine. Secundo, les alliés de son père ne sont pas forcement ses alliés. Ils sont sur le terrain pour ne pas perdre leur face. Mais, ils veulent tous quitter le Congo dans la dignité. Et cette dignité ne peut être acquise que par l’application des accords de Lusaka. Voilà les vulnérabilités de Kabila.

Dès lors, son entourage se pose des questions. Il faut appliquer la voie de la raison. Mais, Kabila est-il le pion soutenable au dialogue intercongolais ? ( il est militaire). Sinon, comment y aller sans perdre la face ? Quel projet de transition faut-il alors soutenir et qui puisse bénéficier de l’accord de la majorité des participants au dialogue ? C’est-à-dire, quelle solution permettrait le clan actuel de conserver le pouvoir ? ou de le partager avec les autres ? Ces questions légitimes poussent à d’autres réflexions.

Que veut dire la transition ? Qui, actuellement dispose d’une légitimité au Congo ? Quelle est la conception de partage équitable et équilibré du pouvoir au Congo ? Ceux qui exercent le pouvoir durant cette longue transition( 1990-2001) ont-ils la même conception de transition que les observateurs ? Pourquoi les Congolais ont une mémoire très courte et oublient si vite les traumatismes du passé ? Quelles sont les causes qui sont la source des failles des autres projets de société ( Conclave de Lovanium, Constitution de Luluabourg, Conférence nationale souveraine, etc.). Quelles sont les chances de réussite d’un autre projet de société qui sera mis en place au dialogue intercongolais ?

Dans ce cadre, Monsengo est sorti de son ombre. Il vient de parler. Lui et la société civile ont la ferme conviction que la transition est une transition. C’est une période courte qui permet aux citoyens de se préparer pour concevoir et asseoir les bases politiques durables. Sur ces bases se dresse alors l’ossature légitime de régulation de la vie politique et sociale du pays. Ces bases évitent le pays de basculer dans le sang et dans le recours à la violence pour accéder au pouvoir.

Si l’on se garde de tout jugement au premier abord, on peut comprendre que la transition n’est pas une période de course au pouvoir. Elle n’est pas la période où les ambitieux doivent choisir pour se hisser à la tête du pays et y demeurer par la suite, en recourant à la violence. Nous estimons, à ce sujet que la classe politique devrait, à ce sujet, éviter de céder à la panique. Elle a le devoir de dialoguer, non pas pour se partager le pouvoir, mais pour édifier le socle d’un futur régime politique solide. Ce socle doit tenir compte des paramètres qui ont été négligés dans le passé. Il s’agit de participation des minorités, de la bonne gouvernance, de relation de voisinage, de l’unité ou de fédéralisme, de la place des tributs, de la gestion du patrimoine, de l’efficacité du pouvoir judiciaire, de mode des élections adéquat : suffrage universel ou pas, de la signification des partis politiques, de la place de la société civile, du rôle de la presse, du rôle des services spécialisés et des entreprises de portefeuille de l’Etat, etc.

Blaise SARY

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