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La communauté congolaise de la RFA n'a pas eu droit à l'adresse du Chef de l'Etat

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I. Indongo- Imbanda

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Surfant, comme à l'accoutumée, sur Internet, je suis tombé, le mercredi 04.04.2001, sur un article publié par « l'Avenir », un quotidien de Kinshasa, article qui portait sur la visite du Président Joseph Kabila à Berlin (République Fédérale d'Allemagne).

« ... Un comité composé des compatriotes habitant l'Allemagne est à pied d'ouvre pour donner à cette visite un caractère exceptionnel... », y lit-on, entres autres.

Un jour avant l'arrivée du Président de la République, aucun Congolais vivant à Berlin n'était informé de l'existence de ce comité, moins de la teneur du programme du séjour présidentiel, pour le moins celui en rapport avec la communauté congolaise de la RFA.

A mon humble avis, pour qu'un comité, censé représenter les Congolaises et les Congolais de la RFA, se constitue, ne faut-il pas, au préalable, que ces derniers existent, fonctionnent comme un groupe structuré et délèguent, ensuite, à leurs élus le pouvoir de parler en leur nom, comme cela se doit dans un Etat de droit et où la pensée unique est bannie ?

Pour la petite histoire, vraiment la toute petite : les Congolaises et les Congolais de la RFA ont toujours constitué et continuent à constituer un groupe informe. Je le dis en connaissance de cause pour avoir pris part, dans le passé, à de multiples tentatives de regroupement de ces derniers sous le label d'une structure organisationnelle.

En un mot, le comité dont il est question ci-haut - en plus du fait que certains de ses membres ne vivent plus en RFA et d'autres attribuent leur présence en son sein à leur appartenance à la défunte AFDL que le Président assassiné, Laurent-Désiré Kabila, avait qualifiée de « conglomérat d'aventuriers » au moment de sa dissolution -, n'avait existé que dans la fantaisie de ses géniteurs et, en conséquence, n'était pas représentatif des Congolaises et des Congolais de la RFA. Il s'est agi, tout simplement, d'un quarteron qui, feignant d'ignorer la maxime « autres temps, autres mours » - credo en vigueur, dans notre pays, depuis la prise du pouvoir par le Président Joseph Kabila -, s'était autoproclamé ès qualités. Qui plus est. Pour afficher un militantisme facétieux à leur raison d'être, le « comité d'accueil autoproclamé » n'avait pas hésité à semer la confusion. Ce, en se livrant à des conjectures et en propageant de faux bruits sur une pseudo « grande manifestation en masse » qui serait en préparation contre le Président congolais, lors de son séjour dans la capitale de l'Allemagne réunifiée. Ce qui s'était révélé faux dans la mesure où l'on avait observé dans le hall de l'hôtel où était descendue la délégation présidentielle les membres des partis politiques de l'opposition démocratique de Berlin échanger paisiblement avec d'autres compatriotes ?

L'amalgame ne manque pas, ici, d'hardiesse ... et tant d'acharnement obsessionnel déconcerte.

De là à dire que le but inavoué de l'action de sape de ce « comité » était, d'une part, d'exclure les autres Congolaises et Congolais des préparatifs en rapport avec l'accueil présidentiel et d'obtenir, de l'autre, des faveurs des Autorités congolaises, il n'y a qu'un pas que les données factuelles avaient suggéré à plus d'un observateur de franchir par petites touches répétitives.

Comme il fallait s'y attendre, le comité autoproclamé a été incapable de « donner », contrairement à ce qui est indiqué dans « l'Avenir », un caractère exceptionnel à la visite du Chef de l'Etat congolais. Sous ses yeux, 15 minutes seulement avaient été réservées à la « rencontre-Chef de l'Etat-communauté congolaise de la RFA » sans qu'il prenne une quelconque initiative dans le sens de l'élargissement de ce court temps imparti à l'audience que le Chef de l'Etat devait accorder à la colonie congolaise de la RFA. Ceci avait poussé un compatriote de la Suisse, selon ses propres dires, membre de la mission ad hoc pour la visite présidentielle du 29 au 31 mars en Suisse et envoyé à Berlin pour seconder « les Congolais de la RFA » qui s'étaient attribué la charge d'organiser l'accueil présidentiel -, à parler de dysfonctionnement qui avait caractérisé la coordination et la mobilisation des Congolais de la RFA...

Empêché pour raison de fatigue - ce qui est compréhensible au regard de ses intenses activités diplomatiques des deux derniers mois - le Président Joseph Kabila s'était excusé et avait délégué son Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale pour s'entretenir avec la colonie congolaise de la RFA, présente dans la salle...

Il y a quelques jours, Monsieur El Mahoya Kiwonghi décrivant, dans le Forum de Congonline, le climat dans lequel avait eu lieu la rencontre entre Monsieur Léonard Okitundu, représentant le Chef de l'Etat empêché, et la communauté congolaise présente à Stockholm avait stigmatisé l'arrogance de plus en plus progressive du Ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Même son de cloche de la part de nombreux compatriotes qui comparant « She » connu en Suisse - c'est-à-dire à l'époque où il ne ménageait aucun effort pour prêter secours aux compatriotes en difficulté, neige d'antan, dirait-on... -, et « She », le Ministre, n'ont de cesse de clamer haut et fort leur étonnement. Son comportement actuel qui contraste de manière absolue avec son abnégation de jadis est-il le résultat, le fait de la corruption dont le pouvoir serait, selon la légende, porteur ? Pour ce qui me concerne, je me dois d'ajouter, tout d'une haleine, que j'ai eu, jusqu'à la rencontre ratée du jeudi dernier, toujours en bonne mémoire Monsieur She Okitundu pour avoir eu à conjuguer nos efforts dans le cadre de notre combat commun contre la dictature mobutienne.

En tout et pour tout, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale n'avait que 4 minutes, selon le compatriote de la Suisse, cité ci-haut, qui avait chronométré l'événement, pour s'entretenir avec les Congolaises et les Congolais de la RFA dont certains avaient fait un long voyage - ce qui devait, sûrement, grever leurs finances en charges lourdes -, dans la seule intention de s'informer directement sur la situation actuelle de notre pays tant meurtri. Le contenu de sa courte adresse n'avait rien de nouveau. Il s'était contenté de répéter ce que tout le monde avait déjà appris à travers les médias. Faute de temps, le protocole oblige, il ne s'était pas soumis au « jeu de questions - réponses » avec la communauté congolaise, présente dans la salle...

Des informations pour le moins incroyables, selon une source qui était restée jusqu'au petit matin dans le hall de l'hôtel - mais non autrement identifiée, font état d'une rencontre entre Monsieur le Ministre She Okitundu et les « gens-de-la-bouche-du-village ». Cependant, un coup d'oeil sur « La Référence Plus » du 5.04.2001 et du 7.04.2001 offre au curieux, entre autres, une information sur la nomination dans les ambassades de la RD du Congo à l'étranger, nomination effectuée, par le Chef de la Diplomatie congolaise, sur une base clientéliste - osons le mot - et tribaliste, c'est-à-dire en dehors d'honorabilité. Ceci n'est pas sans confirmer la propension, dénoncée longtemps, de Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale à privilégier « les gens-de-la-bouche-du-village ». N'avait-on pas, à l'époque où il coiffait le Ministère chargé des droits humains, parlé du trop plein, du surnombre de mes « oncles », la tradition anamongo oblige, dans son cabinet ministériel ?

De la lecture de ce qui précède se dégage la question suivante : à côté de la « République des copains et des maffieux » sur laquelle avait tiré « le Phare » du 5.04.2001, existerait-il une « République des gens-de-la-bouche-du-village » ?

Recevant la communauté congolaise de la Belgique, lors de son second séjour à Bruxelles, le Chef de l'Etat congolais avait déclaré - je le cite de mémoire -, le Congo appartient à toutes les Congolaises et à tous les Congolais... Une façon de convier les Congolaises et les Congolais à s'impliquer dans la marche du Congo vers la paix, la démocratie et le développement. Eu égard à sa situation géographique, la rencontre avec le Chef de l'Etat ou avec l'un ou l'autre de ses représentants à Berlin avait constitué pour la communauté congolaise de la RFA l'unique occasion de s'affirmer en ce moment où notre pays est en danger.

Pourquoi n'avait-on pas mis à la disposition de la communauté congolaise de la RFA l'un ou l'autre des collaborateurs soit du Chef de l'Etat ou d'un des Ministres présents à Berlin ? Pourquoi n'avait-on pas fixé l'heure de la rencontre entre le Chef de l'Etat et la colonie congolaise de la RFA après son entretien avec les Parlementaires allemands ? Le Président de la République n'avait-il pas reçu les compatriotes de la Belgique en audience après 21 heures ? La communauté congolaise de la RFA est-elle composée des sous-Congolais ?

Peut-être le comité qui s'était attribué la charge « de donner un caractère exceptionnel à la visite du Chef de l'Etat à Berlin » se donnera-t-il la peine de répondre aux interrogations ci-dessus ! Ce dont j doute fort du fait de son caractère circonstanciel...

Au risque de me répéter : à chaque époque correspond (...) une démarche. Le courant dans lequel s'inscrit, actuellement, le peuple congolais est celui en faveur du changement qui représente la seule constance de l'histoire. Autrement dit, les événements dans leur turbulence comportent des scènes toujours en mouvement. Nier cette vérité de l'histoire, c'est naviguer, dans un monde en mouvement, à contre-courant de la formidable poussée populaire en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme. Le Président Joseph Kabila l'a compris, et c'est ce qui explique le secret du succès de son action...

 

I. Indongo-Imbanda

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