Mines: Nos yeux rouverts sur ... le tapis de peau de léopard
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Valérien Ngoy |
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NOS YEUX ROUVERTS SUR ... LE TAPIS DE PEAU DE LEOPARD (II)
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Par Valérien Ngoy
RESUME: Dans cette suite à" QUAND NOUS ROUVRIRONS LES YEUX", on évoque le scandale géologique du Katanga minier et son
corrolaire... Car sans tranport, un pays riche peut se trouver sans valeur,
avait dit Stanley.
LE POINT TOURNANT DE LA GUERRE DE L'ANGOLA
Voici un quart de siècle que les rebelles de l'UNITA, soutenus par les USA, ont coupé le chemin de fer de Lobito, qui était la
voie la plus" naturelle" et aussi la plus efficiente et la plus rentable."
La guerre civile angolaise a marqué le grand tournant dans l'histoire
minière du Katanga" raconte Jean Kyalwe, un journaliste congolais d'investigation." Désormais privés de l'accès maritime angolais, tous les
métaux katangais ont dû être détournés et exportés par des voies plus
longues et plus coûteuses. Désormais, les métaux traditionnellement lourds
et volumineux ont cessé d'être rentables."
" L'exemple le plus frappant est apporté par le manganèse dont le Katanga a été l'un des plus grands producteurs mondiaux. Ce métal
n'a plus jamais trouvé d'acquéreur, même pour des livraisons gratuites, à
cause des coûts plus élevés de transport. Même l'usine locale de batteries
de Kinshasa a été approvisionnée en manganèse importé, au moment où des
centaines de milliers de tonnes du métal local étaient stockés dans la
localité de Kisenge, frontalière de l'Angola.
" Et ce n'est pas non plus par hasard si les deux multinationales qui aient jamais obtenu des droits miniers, le conglomérat
international SMTF et la japonaise SODIMIZA avaient mis fin à leurs projets
et activités, à cause essentiellement de cette coupure de la voie
ferroviaire." Il faut préciser qu'avant que la guerre civile n'éclate en
Angola en 1975, seule la moitié des cargaisons de cuivre empruntaient la
voie de Lobito. Les autres convois étaient dirigés de préférence sur la"
voie nationale", malgré son coût plus élevé à cause, notamment, de multiples
transbordements-- rail, rivière et fleuve, puis de nouveau rail-- avant
d'atteindre le port maritime de Lobito. Les coûts additionnels de la" voie
nationale" étaient le prix à payer pour les politiques de Mobutu de"
prestige national" et de" indépendance nationale". Le pays était, heureusement, suffisamment riche pour se le permettre. Il faut noter aussi
que les sur-coûts de la voie de Matadi étaient compensés, en partie, par les
droits que la Zambie payait pour le transit de ses propres minerais à
travers le Katanga jusqu'au port de Lobito".
La coupure permanente du chemin de fer de l'Angola oblige actuellement à faire transporter du cobalt par avion et du cuivre par
camions routiers. Et ce sont là d'importantes parties des bénéfices qui sont
absorbés par le transport, et qui sont perdus.
Une autre conséquence est la réduction des capacités-mêmes de transport pour des convois lourds. Le Katanga-- même s'il
en était de nouveau capable-- ne saurait plus exporter les métaux produits
dans les grandes quantités de jadis. Seul le cobalt permet de faire face à
ces restrictions de transport grâce à son prix plus élevé pour un poids
moindre.
WASHINGTON DEVRA PAYER UN JOUR
Jean Kyalwe raconte aussi que" la fermeture du chemin de fer angolais avait été délibérément ordonnée par le gouvernement américain.
Washington apportait son soutien aux rebelles pro-occidentaux de l'UNITA qui
contrôlaient le rail et luttaient contre les marxistes du MPLA qui dirigeant
l'Angola à partir de sa capitale Luanda. L'objectif de la politique américaine était la destruction de l'économie angolaise marxiste et de
l'infrastructure ferroviaire.
Mobutu fut ainsi utilisé pour soutenir Savimbi, mais sans aucune compensation financière pour la contre-productivité de l'industrie
minière katangaise. Toute l'économie congolaise, encore basée sur les métaux
du Katanga, fut mortellement touchée.
Chaque nuit et pendant près de 20 ans, des avions cargos américains décollaient d'une base militaire du Katanga et transportaient aux
rebelles de l'UNITA en Angola, des armes, des munitions et d'autres fournitures. Pendant ce temps, ce furent des millions de tonnes de cuivre et
de cobalt qui ont dû être détournés vers des voies de transport plus
coûteuses et subir des délais de payement plus longs. Le pays a perdu des
milliards de dollar et a manqué de soutenir son propre développement. "
Pourtant, la diplomatie secrète américaine fut différente dans le Sud. Le chemin de fer reliant le Katanga aux ports sud
africains (Durban et Port Elisabeth), à travers le territoire de la Rhodésie/Zimbabwe,
n'avait jamais été saboté. Il y avait comme une" entente" ou des" directives" pour assurer la sécurité du transport, en sorte que, en quinze
années de guerre de libération du Zimbabwe, seul un convoi congolais a été
détruit... "
Si une telle sécurité de transport a été possible au milieu de marxistes zimbabwéens, il est évident qu'elle aurait pu être
assurée par Savimbi, l'homme des américains. L'Amérique est responsable des
méfaits de la rébellion de l'UNITA sur l'économie congolaise.En particulier,
les conséquences de la coupure du chemin de fer de Lobito. Un jour, il
faudra bien qu'un gouvernement congolais responsable demande des comptes à
Washington, et lui réclame des dédommagements."
(A suivre)
Valérien Ngoy |
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