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Mines:" Quand nous rouvrirons les yeux..."(I)

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Valérien Ngoy

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MINES :" QUAND NOUS ROUVRIRONS LES YEUX"(I)
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par Valérien Ngoy


INTRODUCTION

"Le développement est le nouveau nom de la paix" peut-on entendre sur Radio Vatican. Cela est bien dit et semblerait facile à réaliser dans une R.D. Congo déchiquettée par la guerre et à propos de laquelle tout le monde s'accorde pour souhaiter le retour à la paix et au dévelopement: les Congolais eux-mêmes, MM Kabila et les rebelles, Kigali et Kampala, l'OUA, l'ONU, etc.

Certains observateurs pensent que la restauration de la paix attirera à nouveau de grandes sociétés réellement capables de réaliser des investissements coûteux et à long terme et, ainsi, de soutenir une reconstruction et un développement social et économique qui profiterait à tout le peuple congolais. Une opinion semblable a été exprimée par le 
vice-président zambien, Mr Christon Tembo( Reuters du 10/10/2000) lors d'un forum réunissant des délégués de l'Union Européenne et de la SADC en ces termes: " quoique dotée d'énormes richesses, l'Afrique n'attire que peu d'investissements directs du fait que le continent est incapable de sécuriser les grandes multinationales... Et pendant que nos pays gaspillent leurs richesses dans des conflits inutiles, des secteurs entiers de riches 
gisements miniers restent inexploités parce qu'il n' y a pas de ressources pour développer l'énergie, le transport et les télécommunications dans les régions minières.

"Mais d'autres observateurs pensent que la sécurité et la stabilité du Congo avaient été assurés aussi longtemps que les intérêts des sociétés multinationales étaient présents ou représentés et qu'ils influençaient la géo-politique des grandes puissances. Depuis sdon accession à l'Indépendance, le pays avait connu de nombreux troubles, mais la paix a 
toujours été rétablie avec rapidité et fermeté, particulièrement dans les zones minières où intervenaient les soldats américains, belges et français. 
La guerre actuelle serait donc la conséquence du retrait des multinationales qui ont, depuis, laissé la voie ouverte aux petits pays et à de petites sociétés qu'on ne peut contrôler. Mais cela est une autre histoire.

CERTAINS S'EN PLAIGNENT MAIS D'AUTRES S'EN FELICITENT

Cet article est centré sur les dernières informations livrées par des gens qui se qualifient eux-mêmes comme des investisseurs acquis à la reconstruction de la RD Congo. D'un côté, l'American Mineral Field( AMFI) et la Tenke Fungurume Corporation( TFM) déclarent que leurs projets miniers ambitieux sont" en suspens" comme tout le reste de la RD Congo, à cause de l'état de guerre. Mais d'un autre côté, le Groupe belge Forrest se vante d'avoir réalisé l' investissement" privé" le plus important depuis l'Indépendance au moyen du deuxième plus grand four" électrique" au monde et d'avoir ramené" l'espoir" au Congo, pendant que le véritable investisseur,le finlandais OMG, garde curieusement le silence. Ces attitudes et déclarations contradictoires obligent à rechercher la vérité. Toute la vérité.

LE TEMPS DES AVENTURIERS ET DES MARCHANDS DE GUERRE

Les grandes multinationales se sont retirées du Congo il y a plusieurs années, surtout depuis la fin de la guerre froide. Elles ont laissé la place à une nouvelle ère de l'économie congolaise caractérisée par des investissements et des technologies légers ainsi par la recherche de gains rapides et à court terme. Voici venue l'ère du" commerce de guerre", 
alimenté par les troubles, la violence et la loi de la jungle, davantage que par la paix, la stabilité et le développement.

Il est remarquable ue les fameux" accords de Lusaka" ne traitent d'aucune echéance sociale ou économique tels la réunification immédiate des familles, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que l'échange du courrier, des biens et des fonds à travers tout le territoire.

Le Rwanda et l'Ouganda sont des petits pays enclavés. Mais depuis qu'ils ont trouvé un voisin plus faible, ils se comportent comme s'ils étaient des puissances militaires et se permettent même de faire ce que les véritables super-puissances ont toujours évité:ils ont envahi le grand Congo et dictent son calendrier politique.

Les ambitions des nouveaux investisseurs semblent illimitées. On dit que certaines sociétés financent les belligérants des deux camps. L'une d'elles avait même acheté la future banque centrale congolaise, un objectif qu'aucune multinationale n'aurait jamais visé.

Le peuple congolais a également pris goût pour l'aventure, des gains faciles et rapides provenant de la corruption et des pillages, de la recherche et du commerce de l'or et de diamants. Personne n'a critiqué le fait qu'un diamant de 267 carat, trouvé dans le sol public 
ait été réclamé et remis à un trafiquant afin qu'il empoche pour lui-même 18 millions de dollars.

Les rebelles congolais sont manipulés par des pays plus petits et plus arriérés comme le Ruanda et l'Ouganda. Ils réclament la démocratie, mais recourrent à la violence. Ils prétendent transformer la politique, mais ils oublient que le fondement-même de l'idéologie africaine est le rejet de tout colonialisme ou néo-colonialisme de toute sorte. Les rebelles congolais ont vendu à la fois la souveraineté et les richesses naturelles du pays.

Kabila lui-même est à blâmer: il a chassé Mobutu, mais il en a repris les habits et les plus grand défauts. Il détourne sans pudeur les fonds publics pour alimenter ses propres affaires dans les secteurs bancaire (BCD et FIRST BANK), minier( SENGA MINES), de transport aérien( HEWA BORA) et agricole( LAPOFA). Les informations en provenance de Lubumbashi indiquent qu'il a entrepris la construction d'un palais luxueux, une replique de ce que Mobutu se fit construire à Gbadolite, à un moment où le peuple congolais, l'économie et les finances publiques sont dans la misère.

( A suivre)

Valérien Ngoy
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