Lettre ouverte à Mme Colette Braeckman |
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Pius Kiwele |
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Chère Madame,
Je lis toujours avec beaucoup d'intérêt vos écrits sur le Congo.Vous êtes
non seulement une spécialiste réputée de ce pays, mais aussi l'un des
derniers journalistes internationaux à s'y intéresser.
C'est donc avec stupéfaction que je viens de lire votre reportage au Katanga. Vous y êtes-vous vraiment rendue? Car si l'objectivité katangaise
devrait réfléter celle de tous vos reportages, je devrais arrêter de vous
lire à l'avenir...
Présenter un aventurier comme le sauveur de ce pays et ignorer que du temps
de la splendeur de l'Union Minière, ces gens ne méritaient même pas une
place à l'ombre. Voilà qui est surprenant.
Pour ce qui est de Kabila, il n'a jamais quitté Lubumbashi pour se rendre à
Libreville. Qui vous a dit cela. Il se trouvait tranquillement à Kinshasa le
fameux 30 novembre où il a reçu l'ancien directeur du cabinet de Mobutu, Mr
Mvunduawe Te Pemako.
Pourquoi donc Kabila n'a pas assisté à l'inauguration de l'usine de Lubumbashi? Il s'est arrangé pour ne pas être à Lubumbashi. Les explications
sont évidentes et il ne faut pas aller chercher trop loin.
L'hisoire congolaise démontre que les "dictateurs" ne se laissent pas mener
par le bout du nez. Mobutu n'avait pas daigné assister à l'inauguration de
la grandiose ligne électrique Inga-Shaba, ni à celle du building SGM, devenu
SOZACOM à Kinshasa. C'étaient tous de fausses performances pour la Nation.
Kabila doit avoir eu des informations sur la portée réelle du montage de la
nouvelle usine. Pourquoi ne dites-vous pas la vérité? Les congolais devraient-ils vraiment se réjouir d'être réduit à exporter du cobalt à 15%,
alors que la Gecamines a toujours produit le précieux métal à 99%.
Pour ma part, ce 30 novembre était un jour de honte nationale.
Je n'admire pas particulièrement Kabila, mais là il a vu clair.
Pius Kiwele |
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