| Introduction:
Genève, le 29
novembre 2000, Madame BISIMWA NABINTU Venantie , invité par
OCHA à l'occasion d'appel inter institution Nations Unies sur les
femmes et la guerre " , "The Consolidated Inter-Agency
appeals for year 2001 "avait fait un exposé sur les femmes et la
guerre.
Exposé poignant
qui démontre le lourd prix payer par les femmes congolaises. Elles
sont violées, battues et lâchement tuées par les différentes force
d'occupation. Cette situation dramatique a poussé quelques femmes à
s'organiser, pour pouvoir sensibiliser l'opinion nationale
internationale.
Les femmes
congolaises font des propositions concrètes auprès des Nations Unies
et autres instances internationales, pour une meilleure résolution du
conflit dans la sous-région des Grands Lacs.
Elles ont aussi,
tendues la main a leurs consœurs du Burundi, Ouganda et Rwanda, pour
qu'ensemble, elles se battent pour la paix.
Je vous livre
ci-contre, l'expose de Madame BISIMWA NABINTU Venantie, membre
du Réseau des femmes pour la défense des Droits et la Paix,
République Démocratique du Congo.
Mme MULEGWA
Kinja
A.F.O.A / GENEVE
EXPOSE A L’OCCASION
D’APPEL INTER-INSTITUTION COMMUN D’URGENCE DES NATIONS UNIES SUR
LES FEMMES ET LA GUERRE.
29 novembre 2000
Par Madame
BISIMWA NABINTU Venantie.
Réseau des
Femmes pour la Défense des Droits et la Paix, (R.F.D.P.) République
Démocratique du Congo (RDC)
Mesdames,
Messieurs,
C’est un
honneur pour moi de pourvoir me présenter devant vous a cette
occasion.
Le choix porté
sur ma personne se justifie par ma contribution aux initiatives de
paix entreprises par les organisations de femmes a pied d’œuvre a l’Est
de la République Démocratique du Congo. Je n’aimerais pas entrer
dans le vif du sujet sans remercier OCHA de m’offrir cette
opportunité de m’exprimer sur la protection des femmes telle que
pratiqué en RDC en ce temps de conflits armé.
1.- NATURE DU
CONFLIT ARME EN RDC.
Le conflit en
RDC présente plusieurs dimensions, certaines a caractère
international et d’autres a caractère nationale.
Ce conflit met
en présence plusieurs acteurs armés aux motivations et intérêts
diversifiés.
Tous ces
éléments armés ont leur position dans l’arrière pays, dans les
forêts, les carrés miniers, et dans les villages à côté des
populations civiles.
2.- LES EFFETS
DE CETTE PRESENCE DES DIFFERENTES FORCES SUR LES POPULATIONS CIVILES
Les populations
voient passer à tour de rôle les différentes forces dans leur
village. Les unes disant rechercher les autres. A chaque passage, la
scène est la même : pillage du cheptel, pillage et destructions de
petits stocks de vivres, enlèvements des filles et jeunes femmes,
viols des femmes et souvent avec des abjects pointus, tueries des
femmes et hommes.
Chaque fois
quand une de ces forces arrive ou s’approche d’un village, les
populations quittent le village non seulement par peur de mauvais
traitements de celle-ci mais aussi par peur de représailles des
forces opposées. Ces représailles se traduisent dans la plupart des
cas en incendies des maisons et en massacres des civils sans
distinction d’âge ni de sexe, en destruction des infrastructures de
santé, des écoles et des églises. Dans ces circonstances, des
traitements horribles sont infligés aux femmes sous prétexte qu’elles
préparent des fétiches pour soutenir moralement les groupes de
résistance locale, appelés * mai -mai*
C’est dans de
telles circonstances que certaines ont été immergées dans des puits
d’eau pendant de longues heures, d’autres enterrées vivantes, d’autres
amputées et d’autres encore se sont vues tirées de balles dans des
organes génitaux.
Les femmes
enceintes ne sont pas épargnées.
3.- QUID DELA
PROTECTION DELA FEMME DANS CONFLIT ARME EN RDC
Dans ce conflit,
les belligérants ne respectent pas les instruments juridiques
internationaux NOTAMMENT le droit humanitaire international qui
protége les femmes.
Les femmes sont
très vulnérables dans ce conflit . Dans leurs déplacements pour des
raisons de commerce ou pour aller aux champs, elles subissent une
série de violence allant des attouchement au viol systématique de la
part des agents d’immigration et des militaires.
Les
conséquences de tout ces violences sont incalculables sur la santé
des femmes et leurs relations sociales, etc. En plus , la femme n e
bénéficie pas non plus de la protection de sa famille ni de sa
communauté. Même violée en présence de son mari, celui se refuse
à cohabiter avec elle et l’abandonne, lui privant ainsi de tout
réconfort moral.
Aussi le
contexte de pauvreté généralisé pousse des femmes à la
prostitution. C’est le cas à Kisangani où les marchés de
prostitution communément appelée " marché Kampala " et
" marché Kigali " entretenus par les militaires ougandais
et rwandais exposent les femmes au SIDA
Nous venons de
montrer que la guerre détruit tous les tissus économiques, social
etc. Une série d’activités lucratives on non permettait auparavant
aux femmes de subvenir aux besoins vitaux de leur famille. Plus de 80%
des femmes congolaises sont rurales et s’occupent des activités
agricoles :
Même en ville,
peu sont des femmes qui ne s’occupent que de leur ménage. La
majorité en RDC des femmes rapportent des revenus dans les familles
à partir des activités du petit commerce, de l’artisanat et du
transport à dos.
Le conflit
EMPECHE aujourd’hui les femmes ou limite leur possibilité de
poursuivre normalement l’exercice de toutes ces activités.
Ainsi les
besoins alimentaires, de santé et de scolarité sont de moins
satisfaits au niveau de familles. Même là où les écoles
fonctionnent dans les villes, les parents ne sont pas en mesure de
payer les frais scolaires pour leurs multiples enfants
4.- LE ROLE DES
FEMMES DANS LA RESOLUTIOON DES CONFLITS.
Cet état de
vulnérabilité de la femme dans le conflit lui donne la raison et la
force de refuser la guerre et de chercher à intervenir dans sa
résolution.
Dès le 2 août
1998, les femmes du Kivu par où la guerre a commencé en RDC ont dit
non à la guerre, quel que soit le motif évoqué.
Les actions
suivantes ont été menées par les femmes dans le cadre de la
recherche de la solution pacifique de ce conflit :
- Elles ont
écrit et signé des mémorandums qu’elles ont adressées aux
autorités du RCD pour demander l’arrêt de la guerre,
- Les
organisations des femmes ont participé à la mobilisation de femmes
pour réussite des journées Ville morte de fin janvier 2000 et qui
était une manifestation contre la majoration des taxes à Bukavu.
- Elles ont
organisé à l’occasion du 8 mars 2000, journée consacrée par les
Nations Unies à la femme et à la paix une Journée de la femme sans
femme, pour dénoncer la pauvreté et les violences qu’elles
subissent et qui sont aggravées par la guerre.
- Elles s’organisent
en associations de défense des droits humains, convaincue que seul l’avènement
d’un Etat de droit peut asseoir des conditions d’une paix durable.
C’est le cas du Sud Kivu du Réseau des femmes pour la Défense des
Droits et la paix (R.F.D.P.)
- Pour se
protéger davantage et protéger les femmes membres du R.F.D.P,
celui-ci s’est associé avec d’autres organisations de droits
humains dans un réseau provincial dénommé " Radhoski ou
Réseau des Associations de Droits de l’Homme au Sud Kivu ".
Ainsi le cas de
violations des droits et des violences sont portés à la connaissance
des unes et des autres et sont dénoncés au niveau local et au niveau
international.
Ces
organisations des droits humains collaborent avec le bureau sur
terrain des Nations Unies sur les droits Humains.
Ce bureau a
déjà dispensé une formation sur les principes et mécanismes de
protection des droits humains au bénéfice d’une trentaine d’organisations
de droits de la Personne du Nord et Sud Kivu, du Manièma et de la
Province Orientale.
La résolution
à l’issue de la formation était de permettre à chaque association
participante de répercuter la même formation dans son rayon d’action
à l’aide du financement du Bureau sur terrain des Nations Unies sur
les droits humains.
Une dizaine de
femmes avait bénéficié de la formation.
Beaucoup d’ONGs
féminines d’appui aux initiatives des femmes ont également
intégré la question de la paix dans leurs activités.
Beaucoup parmi
elles ont des programmes d’éducation à la paix et ceux de
formation aux droits humains. Dans cet environnement de répression
politique d’une part et d’insuffisance des moyens financiers d’autres
part, elles ont senti le besoin de se constituer en grand collectif
pour se soutenir mutuellement et réussir les actions de lobbying.
Ainsi au Nord
Kivu, le collectif des associations féminines pour le développement (CAFED)
et la Plate forme des femmes du Nord Kivu (PFND) ont vu le jour
tandis qu’au Sud Kivu, la Coordination Provinciale des ONGs et
associations féminines du Sud-Kivu (la COPRONAF) mobilise un
grand nombre de femmes.
Grâce à l’existence
de ces collectifs, le dialogue avec les rwandaises et burundaises a pu
être établi.
Ensemble, les
femmes de ces différents pays en conflit ont échangé sur leur
situation respective et ont formué des revendications communes à
côté de leurs revendications nationales. Mobilisée derrière le
slogan " Agir pour la Paix " les femmes de la sous-région
sont guidées par six principes de base, notamment :
1. Le respect de
l’intégrité des territoires.
2. La poursuite
des génocidaires qui qu’ils soient et partout où ils se trouvent
par des voie non militaires.
3. La lutte
contre l’impunité.
4. Le respect
des droits humains.
5. La poursuite
du processus démocratique.
6. Le respect du
droit à la paix.
Se conformant à
ces principes elles ont alors formué des revendications ci-après à
leurs communautés, à leurs Etats et à la
Communauté
internationale :
1.- Mettre en
place des mécanismes de prévention des conflits et d’identification
des réseaux de commercialisation des armes
à feu. Aux pays
qui se cachent derrière leurs intérêts économiques pour mettre à
feu et à sang la sous-région des Grands- Lacs Africains, elles
disent " STOP " !
2.- Mettre en
place des mécanismes adéquats pour condamner et punir tous les
crimes commis dans la sous-région des Grands Lacs Africains,
3.- Soutenir les
efforts de l’auto-développement des femmes de la Sous-région des
Grands Lacs Africains,
4.- Faire de la
lutte contre le SIDA une priorité des priorités dans la sous-région
des Grands Lacs Africains.
Ces
revendications contenues dans un document de plaidoyer était
localement présenté au Gouvernement des pays qui occupent la RDC,
aux organisations de développement et des droits humains œuvrant au
Sud Kivu de recevoir les femmes dans et certaines au Rwanda.
Le refus par le
pouvoir du Sud Kivu de recevoir les femmes dans le cadre de leurs
activités de la Marche Mondiale des femmes en l’an 2000 n’a pas
donné l’occasion aux femmes de présenter leurs revendications
audit pourvoir.
Ce document
était également utilisé par les femmes déléguées de notre
concertation à la Marche Mondiale des femmes à N.Y.
La concertation
des femmes de la Sous-région des Grands Lacs a permis ces effets
positifs celui d’avoir permis aux femmes de L’Est de la RDC de
faire entendre leurs voix.
Les différents
collectifs concernés aujourd’hui par la concertation ont en
perspective d’élargir celle ci (sur toute la RDC d’abord) et de
réfléchir sur des projets communs qui puissent les rapprocher.
.5. LES
CONTRAINTES
Dans leurs
efforts, les femmes rencontrent une série des difficultés qui les
limitent.
1. Les refus par
des autorités de les considérer comme des actrices politiques à
comme résultat leur marginalisation dans les affaires politiques et
notamment dans la résolution des conflits au niveau local, national
et international. Par exemple aucune femme n’a participé aux
négociations de l’accord de paix de Lusaka.
2. Une autre
limite est que la situation de conflit par les belligérants qui ne se
sentent pas lies par des instruments juridiques internationaux, laisse
de la place a des restrictions des libertés, d’association, de
réunion et d’expression. Cela a des répercussions sur les
activités de paix des organisations des femmes. Les requetés pour l’organisation
de certaines activités sont généralement rejetées.
3. Les femmes,
comme les hommes sont d’abord les membres de leur groupe que ce soit
ethnique ou national et sont tenues de défendre les intérêts de ce
dernier. Ainsi les ethniques ou national et sont tenues de défendre
les intérêts de ce dernier. Ainsi les suspicions et les pressions de
la part de différents groupes ont retardé le rapprochement entre les
femmes dont les pays sont en conflit… Ces conflits ont hypothèque
le climat de confiance entre les groupes de femmes. Si le dialogue est
plus franc entre les Congolaises, les Ougandaises et le Burundaises ,
il l’est moins avec les Rwandaises.
4. Les manque
des moyens financiers limite tous les efforts des femmes congolaises
dans les activités de paix et de résolution de paix.
6. LES
PROPOSITIONS D’ACTIONS
FINALEMENT
Comme
proposition d’action , je voudrais demander avec insistance, auprès
des Nations Unies , de disponibilité les moyens financiers,
matériels et techniques au bénéfice des organisations des femmes
pour leur permettre de renforcer leur structure, de dynamiser leurs
efforts de résolutions de conflits et AUSSI rendre leurs actions dans
ce domaine plus visibles.
Je tiens à
insister sur la nécessité d’une collaboration agissante entre les
agences onusiennes sur place et les organisations féminines qui
travaillent dans le domaine de la paix.
Un soutien des
Nations Unies s’avère également nécessaire pour requérir d’une
part l’accès des associations de femmes aux autorités nationales
et internationales et d’autre part aux mécanismes de prise de
décision et pour la résolution de conflits dans la sous-région.
Les Nations
Unies doivent appuyer les organisations féminines travaillant pour la
paix dans la région, mais elles doivent faire PLUS ; utiliser tous
les mécanismes possibles pour trouver une solution politique durable
aux conflits dans la sous-région des grands lacs. |