| Doc. REC/ 23/ 00
Secrétariat Réseau
Européen Congo (REC)
c/o 11.11.11. (ex-NCOS).
Rue de la Linière 11
1060 BRUXELLES. Belgique.
T. 32-2-536.11.38 - GSM
0479-275023
Fax: 32-2-536.19.06 //
E-mail: rec@11.be
Mission au Congo (RDC)
avec des membres du Parlement
européen du 30 octobre
au 7 novembre 2000 (rapport
par le secrétariat du REC)
NB Ce rapport de mission a
été élaboré par le secrétaire du REC qui n'engage que lui-même.
Les membres du Parlement
européen avaient convenu de ne pas écrire un long rapport que leurs
collègues risquaient de ne pas lire.
Ils ont préféré mettre par
écrit quelques conclusions générales communes présentées à la
presse congolaise, et qu'ils communiqueront à leurs collègues du
Parlement Européen (PE), en néerlandais, en français et en anglais.
Ces conclusions des
parlementaires ayant participé à la mission sont reprises dans le
présent rapport, au chapitre 4, pp. 5 - 8.
1. Objectif et nature de la
mission:
L'objectif de la mission
était d'abord de comprendre le conflit en RDC dans son contexte
congolais et régional, et d'étudier les voies et moyens pour
contribuer, au niveau du Parlement européen, à l'avènement de la
paix au Congo et dans la région, ainsi que de formuler quelques
conclusions en ce qui concerne la coopération de l'Union européenne
au Congo et dans la région .
La mission n'était pas une
mission officielle du Parlement européen, mais une initiative du REC
et de quelques membres individuels du Parlement européen; les frais
de voyage et de séjour étaient à leur charge. Les membres du PE ont
toutefois entrepris cette mission dans leur qualité de membres du PE.
2. Participants:
1. Madame Nelly MAES (Volksunie,
Belgique ; vice-présidente du groupe des Verts au PE)
2. Mr Bob van den BOS (D66,
Pays-Bas ; groupe libéral ELDR au PE)
3. Mr Jan-Kees WIEBENGA (VVV,
Pays-Bas ; groupe libéral ELDR ; vice-président du PE).
Les trois parlementaires font
tous partie de la Commission du Développement et de la Coopération
du PE, ainsi que de l'Assemblée paritaire conjointe ACP-UE.
4. Jules DEVOS (secrétaire
du REC) a accompagné les parlementaires durant toute la durée de la
mission.
Devait également participer
à la mission, mais fut empêché en dernière minute par un frère en
danger de mort, ainsi que par l'avion Sabena du 1/11/00 qui a eu des
ennuis techniques et qui n'est pas arrivé à Kinshasa) :
- Mr Johan VAN HECKE (CVP,
Belgique ; PPE au PE, Commission des Affaires Etrangères).
S'étaient engagés
antérieurement à participer à la mission, mais avaient dû y
renoncer pour des raisons diverses au cours des semaines précédant
la mission:
- Mme Marie-Arlette CARLOTTI
(SPE, France)
- Général Philippe MORILLON
(PPE, France)
- Mme Caroline LUCAS (Verts,
Grande Bretagne)
- Mr Richard HOWITT (SPE,
Grande Bretagne)
- Mr John Alexander CORRIE
(PPE, Grande Bretagne)
- Mme Francisca SAUQUILLO
Perez del Arco (SPE, Espagne)
- Mme Luiza MORGANTINI (GUE,
Italie).
Une dizaine d'autres
parlementaires avaient auparavant également indiqué leur intérêt,
mais ne pouvaient s'engager à cause des dates déjà prises.
Il y a lieu de rappeler
également que l'intention du REC, jusque début octobre, avait été
d'organiser deux missions simultanées mais séparées, l'une à
Kinshasa-Kisangani et l'autre au Kivu (Butembo, Goma et Bukavu, via
Kampala ). Ce dernier projet avait été abandonné par les
parlementaires concernés à cause du nombre insuffisant de
participants pour le Kivu.
Il n'est pas exclu que le REC
(possiblement avec la CCAC-Glan) tente d'organiser une nouvelle fois
cette mission au Kivu (et au Rwanda et l'Ouganda) dans le courant de
l'année 2001, s'il y a de l'intérêt chez certains membres du PE.
3. Programme
1. Quelques documents
préparatoires avaient au préalable été remis aux participants par
le secrétariat du REC:
- Quelques hypothèses
pouvant être vérifiées durant la mission (5 pp.)
- Des éléments de contenu
pour le lobbying au sein du REC (17/09/00; 4 pp.)
- Pour une politique
européenne en Afrique centrale: 12 propositions (à l'occasion de la
présidence française en juin 2000) à la France et à ses
partenaires de l'Union Européenne (par la CCAC/Glan dont la plupart
des organisations membres sont aussi membres du REC).
- Attitude de l'Union
européenne vis-à-vis des pays impliqués dans la guerre en RDC (7
pp. + tableaux), synthèse d'une étude par deux chercheurs de l'UFSIA/Anvers
réalisée en mai 2000 à la demande du REC.
- War and peace in the
Democratic Republic of the Congo, Prof. Herbert Weiss (Columbia
University). 28 pp.
- Forum national des ONG
congolaises des droits de l'homme (Kinshasa, août 2000): Etat de lieu
de la situation des droits de l'homme en RDC, de janvier 98 à juillet
2000 (à partir des rapports séparés et détaillés des principales
ONG congolaises des droits de l'homme). 20 pp.
- Rapport de mission au Sud
et au Nord-Kivu (17 mai - 2 juin 1999) par 4 membres du REC. 14 pp.
- Cartes du Congo et de
Kinshasa.
- Democratic Republic of
Congo: some political and economic data (14 pp.)
- Accord de Lusaka pour un
cessez-le-feu en RDC.
- Résolution 1304 sur le
retrait des troupes étrangères du territoire de la RDC.
- Résolution 1291 sur
l'envoi des 5.537 casques bleus en RDC et prorogation du mandat de la
Monuc.
2. Le programme à Kinshasa a
été élaboré conjointement par le secrétariat du REC et par
certains représentants à Kinshasa d'organisations membres du REC,
principalement :
- 11.11.11./ NCOS (Belgique),
Johan VANDERLINDEN.
- Christian Aid, Jacques
MIAGLI et Germain (Grande Bretagne).
- Cordaid : Annie LEFEVRE
(Pays-Bas).
- Solidarité Socialiste :
Valérie VANDERVECKEN (Belgique).
- Oxfam-GB : Antoine ....
(Grande Bretagne).
- GRET : Marc RODRIGUEZ
(France).
- Médecins du Monde :
Stéphane.... (Belgique)
- le Père Rigobert MINANI (Rodhecic).
Les représentants de
Diakonia (Suède) et de Save the Children Fund (Grande Bretagne) n'ont
pas pu participer pleinement à la préparation à cause d'autres
engagements urgents.
Il est à noter que Oxfam-GB
a mis une Landrover et chauffeur à la disposition de la mission
durant toute sa durée. Catholic Relief Service et surtout Christian
Aid ont aidé à boucher les trous quant au transport.
Le Protocole d'Etat
(Ministère de l'Intérieur) a mis 2 Mercedes à la disposition de la
mission durant toute sa durée dont il a été fait usage pour les
déplacements plus ou moins officiels en ville, et de et vers
l'aéroport.
Le Délégué de l'UE, Mr
SPRIETSMA et ses collaborateurs, ont pris en charge l'organisation de
toutes les rencontres avec le gouvernement, avec les milieux
diplomatiques et avec les NU.
3. Programme détaillé
Lundi 30 octobre : vol Sabena
Bruxelles - Kinshasa. Installation à l'hotel Memling.
Mardi 31 octobre
- Présentation du programme
définitif par J. Devos, et introduction à l'Accord de Lusaka, par le
P. MINANI.
- Rencontre avec le ministre
des Affaires Etrangères, Mr YERODIA Abdoulaye Ndombasi.
- Visite et repas à l'ONG
FEMMES PLUS (travail avec les victimes du Sida), dans la commune de
Ngiri-Ngiri.
- Rencontre avec le
vice-ministre de la Coopération internationale, Mr THASSINDA UBA.
- Echange avec des leaders
des ONG de développement, au CNONGD.
- Echange avec une dizaine
des militants des DROITS de l'HOMME, à l'ECC.
Mercredi 1 novembre
- Déjeuner de Mme Nelly Maes
avec l'ambassadeur belge, Mr Franck De Coninck.
- Echange avec le Dr SONDJI
(Front Patriotique, ancien ministre de la Santé après la prise de
pouvoir de Kabila).
- Rencontre avec le ministre
d'Etat et de l'Intérieur, Mr Gaëtan KAKUDJI.
- Echange avec un large
groupe de leaders de GROUPEMENTS FEMININS, au siège de la Campagne
nationale pour la Paix Durable en RDC.
- Echange avec une vingtaine
de représentants d'organisations membres de la Campagne pour la Paix
(CNDPD) et de la SOCIETE CIVILE, dont les syndicats et groupes de
jeunes, au Secrétariat Technique de la Société civile.
- Rencontre prolongée avec
une trentaine de représentants d'ONG INTERNATIONALES à Kinshasa
(européennes et nord-américaines).
Jeudi 2 novembre
- Rencontre avec le Cardinal
ETSOU, archevêque catholique de Kinshasa et président de la
Conférence épiscopale catholique du Congo, et avec son collaborateur
l'abbé LUYEYE.
- Rencontre avec Mgr MARINI
Bodho (président de l'Eglise du Christ au Congo - coupole des
églises protestantes) et avec les représentants de l'église
kimbanguiste, de l'église orthodoxe et de la communauté islamique du
Congo qui ont tous organisé la Consultation nationale sur la paix au
Congo, en février 2000).
- Déjeuner avec
l'ambassadeur de Belgique, Mr DE CONINCK.
- Rencontre avec le
vice-ministre des Affaires parlementaires.
- Visite aux quartiers
populaires de N'DJILI et de KIMBANSEKE, à l'Est de Kinshasa, et
visite de quelques projets de développement. Avec le Gret.
Vendredi 3 novembre
- Rencontre ratée avec le
président de l'Assemblée Constitutive- Parlement de Transition, Mr
Tshamala (pris dans une autre réunion)
- Echange avec Mr MORJANE
KEMAL, chef de la MONUC (Mission des NU au Congo).
- Echange avec l'ambassadeur
des Etats-Unis, Mr William SWING.
- Déjeuner chez le
Délégué de l'UE, Mr Henry SPRIETSMA, en compagnie des ambassadeurs
de la France, de la Belgique et des Pays-Bas.
- Rencontre avec Mr BOBOLIKO
(PDSC)
- Rencontre avec Me MUKENDI
(UDPS)
- Rencontre avec Mr LUTUNDULA
(mouvement politique - ancien vice-président de la Conférence
Nationale Souveraine).
- Soirée avec les
organisateurs du programme (représentants membres du REC), en
compagnie du directeur de OCHA, Mr Michel KASSA, et de Mr Sprietsma
(Délégué de l'UE).
Samedi 1 novembre
Il était prévu de partir,
à 6 h du matin, pour KISANGANI, à bord d'un vol OCHA (Coordination
des Affaires Humanitaires des NU) avec une cargaison alimentaire pour
le compte du PAM. Les autorités congolaises et OCHA avaient fourni
les autorisations nécessaires. Toutefois, vendredi fin de
l'après-midi, Mr Mudumbi (nouvellement au 'département des affaires
étrangères' du RCD-Goma) exigeait - pour la première fois depuis
les combats entre Rwandais et Ougandais à Kisangani en juin dernier -
que l'avion passe d'abord à Goma, avant de se rendre à Kisangani. Il
savait pertinemment bien que cela n'était matériellement pas
possible. Malgré de longues négociations de la part du directeur d'OCHA
avec le RCD-Goma (Rwanda), les parlementaires n'ont donc pas pu
voyager à Kisangani. Malgré la 'démilitarisation' et la présence
de la MONUC à Kisangani, suite à la fin des combats entre troupes
rwandaises et ougandaises, le pouvoir réel à Kisangani est donc bien
entre les mains du RCD-Goma (et du Rwanda).
Il était trop tard pour
encore mettre en oeuvre le programme alternatif pour Boma, au
Bas-Congo (pas de réservation d'avion).
Un programme de rechange a
été rapidement mis en place, prévoyant de sortir quand-même de la
ville de Kinshasa :
- Visite de quelques CAMPS de
DEPLACES INTERNES (provenant de l'Equateur, de la Province Orientale,
et du Soudan), à KINKOLE et à NSELE, en compagnie du Commissaire du
gouvernement pour la Réinsertion des Déplacés de Guerre.
- Visite et bref repos, au
bord du fleuve, à MALUKU, à 70 km du centre de Kinshasa.
- Soirée à MATONGE, en
compagnie de quelques leaders de la société civile congolaise.
Dimanche 5 novembre
- Participation à la
première messe (rite congolais) à la PAROISSE catholique de
SAINT-PIERRE (anciennes cités, commune de Kinshasa) ; interpellation
spontanée et émouvante sur la guerre, à la sortie de l'église, de
la part de plusieurs fidèles en larmes et en colère.
- Echange avec des
REPRESENTANTS de la société civile de tous les TERRITOIRES OCCUPES
(à l'exception de l'Equateur, sous contrôle MLC).
- Visite guidée de Kinshasa
avec le Père Léon de SAINT MOULIN (jésuite, historien, démographe,
ancien recteur de l'Université de Kinshasa) ; marche d'environ 8 km
à travers les 'nouvelles' cités (construites dans les années '70 et
'80) de SELEMBAO, BUMBU et NGABA. Visite du campus de l'université de
Kinshasa.
- Formulation de quelques
conclusions communes par les parlementaires.
Lundi 6 novembre
- Long échange avec les
responsables des principaux programmes de l'UE en RDC : ECHO (aide
humanitaire), Programme d'Appui aux Droits Humains (PADH), Programme
d'Appui Transitoire à la Santé (PATS) et le Programme d'Appui à la
Réhabilitation (PAR).
- Déjeuner offert par Mr
l'ambassadeur des Pays-Bas, en compagnie du Délégué de l'UE.
- CONFERENCE DE PRESSE par
les parlementaires pour la presse nationale principalement (il n'y a
guère de correspondants de la presse internationale présents à
Kinshasa).
- Rencontre avec le ministre
des Droits Humains, Mr SHE OKITUNDU.
- Préparation pour le
départ.
- Interview de Nelly Maes
avec un correspondant de Associated Press.
- Départ à l'aéroport. Vol
de nuit vers Bruxelles, en passant par Douala.
Le programme fut (trop ?)
chargé, très intense et bien diversifié et a demandé des efforts
considérables de la part des membres du Parlement européen.
A part l'empêchement par le
RCD-Goma entraînant la suppression de la visite importante à
Kisangani, la mission s'est déroulée dans des conditions optimales
et a fait une grande impression sur les participants, les motivant
pour entreprendre certaines démarches en faveur de la paix et du
bien-être des populations congolaises.
La visite a suscité un
intérêt certain de la part du gouvernement congolais, ainsi que des
medias locaux; les discussions avec les ministres rencontrés étaient
franches.
Un intérêt semblable a
été manifesté tout au long des rencontres avec la société civile,
les églises et la population qui, toutes, ont exprimé vivement mais
dignement leur déception et révolte face à l' " abandon des
Congolais par la communauté internationale ".
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4. Conclusions par les
membres du Parlement européen
Mission au Congo par des
membres du Parlement européen
(Conclusions par Nelly Maes,
Bob van den BOS, Jan-Kees WIEBENGA)
(30 Octobre - 7 Novembre
2000)
Une vision critique de Lusaka
et le refus d'abandonner 60 millions de Congolais
La guerre au Congo occupe à
peine une place sur l'agenda politique européen et international. Le
ministre belge des Affaires Etrangères, Louis Michel, avait pourtant
annoncé avec beaucoup de bruit que la Belgique allait de nouveau
jouer un rôle significatif en Afrique. Les pays de l'Union
européenne, actuellement sous la présidence de la France, se sont
engagés verbalement à déployer des efforts pour la paix dans la
région des Grands Lacs.
La guerre au Congo reste
néanmoins une guerre oubliée.
La visite-éclair, dans la
2ème semaine de novembre 2000, à sept pays africains de la
secrétaire d'Etat et Envoyée spéciale belge, Mme Annemie Neyts, ne
peut rien y changer; 60 millions de Congolais en sont les victimes. Il
y a maintenant déjà 1,5 millions de morts, des centaines de milliers
de Congolais sont chassés de leurs maisons et de leur terres, 28
millions de Congolais vivent sous occupation militaire étrangère;
ils sont pillés, violés, dominés.
La communauté internationale
attend l'application des accords de Lusaka. Cette attitude attentiste
est néfaste.
Les accords de Lusaka sont en
effet contestés par le gouvernement de Kabila qui les trouve
inacceptables parce que
les troupes étrangères du Rwanda et de l'Ouganda occupent le pays.
On peut toutefois se demander
si le gouvernement de Kabila n'a pas tout à gagner non plus de la
poursuite de la guerre en termes de maintien au pouvoir. La guerre
constitue en effet l'alibi pour une politique défaillante, pour le
report du dialogue intercongolais, et pour l'absence de tout partage
du pouvoir. L'état d'urgence est une excuse pour l'absence de
liberté de presse, d'une justice objective, etc.
Mais le président Kabila
n'est certainement pas seul avec sa critique des accords de Lusaka.
Cela est apparu clairement au cours des nombreuses conversations que
nous avons eues pendant notre séjour d'une semaine à Kinshasa.
La société civile, les
églises, l'opposition, et tous les Congolais veulent la paix. Tous
veulent que les occupants étrangers quittent le pays. Mais beaucoup
d'entre eux nous ont montré que les accords de Lusaka sont non
seulement humiliants pour les Congolais, mais sont en outre
difficilement applicables.
Critique des accords de
Lusaka
D'une manière générale,
les Congolais ne comprennent pas que le Rwanda et l'Ouganda ne soient
pas condamnés en tant qu'agresseurs.
Les églises (catholique,
protestante, kimbanguiste, orthoxe) et la communauté islamique ont
organisé en février dernier une consultation nationale pour
déterminer leur attitude par rapport aux causes de la guerre.
Elles demandent une révision
des accords de Lusaka, une possibilité qui, à cause des lacunes
qu'ils contiennent, est d'ailleurs prévue par les accords eux-mêmes
(voir: Actes de la Consultation nationale, Masiala Ma Solo -red.) :
- à cause de la confusion
qu'elles contiennent entre problèmes inter-Congolais et problèmes
entre états;
- à cause de
l'impossibilité pour les belligérants - à qui les Accords confient
pourtant cette tâche - de désarmer les milices armées et les forces
qui se sont rendues coupables de génocide;
- à cause de la partition du
pays qui découle du maintien de la ligne de front après le
cessez-le-feu;
- à cause de la
non-reconnaissance d'autres forces au Congo au moment de la signature
de l'Accord, telles que l'opposition non armée et la société
civile;
- à cause du fait que le
Burundi n'y est pas mentionné en tant que partie dans le conflit;
- à cause du manque de
sanctions dans le cas de non respect des dispositions de l'Accord;
- enfin, la présence de
troupes étrangères sur le territoire du Congo constitue un obstacle
pour l'organisation du dialogue intercongolais.
Une nouvelle piste avec le
nouveau ministère congolais des Affaires Etrangères ?
Le ministre Yerodia - qui, au
moment de notre visite était encore responsable pour les Affaires
Etrangères - démolissait entièrement les Accords de Lusaka.
Kabila semble néanmoins en
train d'effectuer un virage, comme le montre l'assurance donnée par
le gouvernement congolais à la force internationale de la paix MONUC
comme quoi celle-ci bénéficierait dorénavant de totale liberté de
ses mouvements.
De même, le remplacement de
Mr Yerodia aux Affaires Etrangères par le ministre des droits
humains, She Okitundu, va dans le même sens.
A la fin de notre séjour à
Kinshasa, nous avions également une conversation avec ce dernier.
La conversation avec le
ministre Okitundu
Pour lui, en finir avec la
guerre constituait une priorité, et cela non seulement pour mettre
fin aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité, mais aussi
parce qu'il ne peut y avoir de développement sans paix.
Il plaidait pour une
coopération dans un contexte de paix, et il considérait que la
communauté internationale avait le devoir d'être solidaire du Congo
après l'agression par les pays voisins; il dénonçait le fait que la
communauté internationale considère les Accords de Lusaka comme une
question régionale.
Il plaidait pour une fin à
l'impasse actuelle et qualifiait les Accords de non-efficaces e.a.
parce que les violations du cessez-le-feu ne sont pas sanctionnées.
Il nous demandait d'insister
auprès du Parlement européen, auprès du gouvernement français et
britannique, et auprès du Conseil de Sécurité pour qu'ils adoptent
une attitude active et pour qu'ils reconnaissent l'agression.
Il mettait en garde contre
une dégradation croissante de la situation qui déboucherait sur une
explosion de violence.
Pour lui, les Accords de
Lusaka devraient être reconsidérés, comme une composante du
processus de paix.
Il attirait l'attention sur
les violations du cessez-le-feu et les bombardements de Kisangani.
Il plaidait pour que les
problèmes internes et externes soient séparés; il trouvait que la
communauté internationale était hypocrite lorsqu'elle acceptait
l'agression par le Rwanda et l'Ouganda au nom de la sécurisation de
leurs frontières.
La démocratisation
Nous sommes bien conscients
que la voie de la démocratie n'est pas facile dans un pays très
pauvre tel que le Congo qui, en plus, se trouve en état de guerre.
Mais, à notre avis, il est
justement d'une grande importance dans cette situation difficile de
rassembler les forces congolaises et de rechercher autant que possible
un consensus national.
C'est pourquoi, le processus
de démocratisation devrait recevoir une nouvelle et forte impulsion.
En premier lieu, il est de la
plus grand importance que toutes les libertés politiques soient
garanties. Un gouvernement fort et effectif a toujours besoin d'une
forte opposition effective.
La loi sur les partis
politiques devrait être modifiée de sorte que l'opposition ait une
réelle possiblité de se manifester.
De plus, d'une manière
générale, la liberté d'expression est dans un état piteux. Les
medias nationaux sont toujours entièrement monopolisés par le
gouvernement.
Nous aussi, nous estimons que
la Cour d'Ordre Militaire ne devrait plus s'occuper d'affaires
civiles.
L'Assemblée Constitutive et
Législative - Parlement de Transition (ACL-PT) n'est pas composée de
députés du peuple librement élus; elle ne peut donc pas être
considérée comme un remplacement valable d'un véritable parlement.
Si le gouvernement congolais
souhaite bénéficier d'une aide accrue de la part de la communauté
internationale, et donc aussi de l'Europe, ce pays devra réaliser des
progrès substantiels dans le processus de démocratisation.
Une pauvreté
"inadmissible"
Durant sa mission, notre
délégation de membres du Parlement européen a été confrontée à
une pauvreté interpellante. Le Congo est l'un des pays les plus
pauvres du monde. Mais même avec cette donnée dans notre tête, nous
avons dû reconnaître que la situation est plus que révoltante. Le
chômage n'est pas enregistré mais atteint certainement dans les 80
%. La population tente de survivre tant soit peu via l'économie
informelle. Un de nos interlocuteurs qualifiait cette situation à
juste titre d'"inadmissible".
A ce sujet, la délégation
constate un paradoxe: le Congo est un pays riche en termes de
ressources humaines et de richesses naturelles. Nous avons rencontré
beaucoup de gens qui aimeraient s'impliquer dans un emploi normal et
qui sont bien formés. En même temps, un pays avec des richesses
minérales telles que le diamant, le cuivre, le cobalt, l'or et
d'autres minerais devrait, dans des circonstances normales, être
capable d'atteindre un niveau de prospérité raisonnable. Notre
délégation a cependant trouvé un pays exsangue, sans aucune
perspective d'amélioration à court terme.
Depuis son indépendance en
1960, le Congo a été attiré dans une spirale négative presque
continue de guerre civile, d'autres conflits internes, de pillage des
riches minérales, de despotisme, de mégestion économique et
d'exploitation.
En ce moment, cette situation
pitoyable est surtout imputée à la guerre panafricaine qui est
menée sur le territoire congolais, et où à côté de chefs de
guerre congolais, six puissances étrangères sont impliquées.
Notre délégation peut très
bien s'imaginer que cette guerre est une cause de la pauvreté
rencontrée. D'autre part, elle estime qu'il ne suffit pas de tout
imputer à la guerre.
Notre délégation a dû
constater que les autorités et l'état sont pratiquement absents,
càd. qu'ils ne sont pas en mesure d'exécuter leurs tâches
principales. Les salaires des fonctionnaires sont à peine payés, ce
qui cause p.ex. le dysfonctionnement de l'enseignement public. Le
secteur de la santé lui aussi s'est pratiquement écroulé. Dans
l'immense arrière-pays, il n'y a guère de médicaments, les
hôpitaux ont d'énormes problèmes, etc. Les infrastructures
générales ne sont pas entretenues depuis des années.
L'approvisionnement en carburant stagne, ce qui handicape le transport
de nourriture vers les villes. La paupérisation continue de la
société ne vient toutefois pas de la seule guerre, mais aussi de
l'incapacité de l'état.
La délégation n'a pas pu
acquérir une compréhension minimale des finances publiques. Elle
estime que la mise en oeuvre d'une politique financière et monétaire
intelligente est urgente. Il est nécessaire que le gouvernement
conclue un accord avec le FMI, le plus vite possible. A côté de
l'assainissement des finances publiques, la lutte contre la corruption
est une voie importante pour la promotion d'une bonne gouvernance,
sans laquelle un avenir raisonnable du pays restera illusoire.
Nous tenons à souligner ici
que les observations et recommandations faites s'appliquent non
seulement au gouvernement congolais, mais aussi aux rebelles congolais
et à leurs parrains étrangers.
Conclusion
Les membres du Parlement
européen qui ont participé à la mission à Kinshasa vont s'efforcer
de mettre ce conflit trop oublié haut sur l'agenda politique en
Europe, et dans la communauté internationale plus largement.
Pour 60 millions de Congolais
l'arrêt rapide de la guerre est la toute première priorité. Les
accords de Lusaka peuvent constituer une base pour un véritable
processus de paix mais alors il faut que la paix devienne, pour tous
les belligérants, plus intéressante que la guerre.
C'est cela que la communauté
internationale peut aider à garantir.
En attendant, la population
congolaise ne peut pas être sacrifiée. La reprise d'une aide
structurelle bien ciblée au Congo est très indiquée à cet effet,
e.a. par l'UE. C'est ce que nous avons défendu au Parlement
européen, le 20 novembre dans la Commission de Développement et de
Coopération. La réponse de la Commission européenne indiquait qu'à
ce sujet, des décisions seront prises dans les semaines à venir.
Bruxelles, le 30 novembre
2000
Nelly MAES, Jan Kees WIEBENGA
et Bob van den BOS, membres du Parlement européen.
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5. Compte-rendu de quelques
rencontres spécifiques (notes prises par le secrétaire du REC)
5.1. Gouvernement congolais
* D'après le ministre des
AE, Mr Yerodia, le Rwanda et l'Ouganda avaient reçu une grande somme
de la part du gouvernement congolais pour leurs services rendus, juste
avant le début de la 2ème guerre.
Un fait nouveau après Lusaka
est que la résolution 1304 du Conseil de Sécurité reconnaît
pleinement l' "agression du Congo par le Rwanda, l'Ouganda et le
Burundi ". Cela a plus de poids que l'Accord de Lusaka qui doit
être relu en fonction de ce constat. D'ailleurs, de plus en plus de
pays africains commencent à appuyer l'exigence du gouvernement
congolais pour le départ inconditionnel des troupes étrangères.
Le gouvernement congolais
propose maintenant des négociations bilatérales directes avec les
agresseurs sur la sécurité aux frontières et sur les milices. Il
faut également des négociations directes avec les rebelles. On n'a
pas besoin d'un 'complicateur' comme Mr Masire pour cela. Il n'était
pas neutre, ne comprenait pas le français et s'est comporté comme
'gouverneur général de la RDC', en prenant des décisions sans
aucune consultation et n'informant personne de ce qu'il faisait ou
plannifiait.
Le gouvernement s'est engagé
à organiser des élections dans un délai de 2 ans, mais il faut
créer une nouvelle culture politique sans les partis 'alimentaires'.
Les partis sont autorisés mais ils doivent se faire enrégistrer, ce
que la plupart ne veulent pas.
Le Parlement de transition
n'est pas définitif, et ne peut même pas voter des lois. Il est
consultatif et prépare une constitution à soumettre au réferendum.
* Pour le ministre Kakudji de
l'Intérieur, ce n'est pas le gouvernement congolais qui a parlé de
'révision' de l'Accord de Lusaka : le gouvernement parle d'une
'relecture-enrichissement'. C'est au contraire Koffi Annan qui vient
de mentionner la nécessité d' "une révision du processus de
paix de Lusaka " , dans une lettre au Conseil de Sécurité. Pour
le Congo, il faut d'abord appliquer la résolution 1304 et mettre une
force d'interposition des NU aux frontières, et non pas sur la ligne
de front.
5.2. Eglises et société
civile : les opinions sont quelque peu partagées, sauf en ce qui
concerne la nécessité primordiale pour les troupes des pays
agresseurs de partir. Voici les lignes directrices des opinions:
- Toute la population veut la
fin de la guerre et le dé part des troupes des pays agresseurs (la
délégation a entendu ce message partout et par toutes les couches de
la population sans exception, comme un cri massif et désespéré du
peuple).
La communauté internationale
doit faire respecter la Charte des NU et doit donc, au besoin,
'imposer la paix' moyennant une 'peacekeeping force' selon le chap.
VII. Si l'ONU s'imposait, les Congolais se réveilleraient, et les
rebelles ne résisteraient pas ; la pression sur Kabila pour qu'il
démocratise augmenterait également.
On ne comprend pas pourquoi
les Européens ne s'acharnent pas plus à défendre le droit
international dans le cas du Congo. A cause du régime rwandais et
ougandais, cette guerre au Congo a déjà fait plus que trois fois le
nombre présumé des victimes du génocide au Rwanda, et personne ne
s'en émeut ! Même si, après le génocide des Hutus au Congo, ce
même régime rwandais organise le massacre des Congolais dans les
territoires occupés.
- Les parties belligérantes
sont animées de mauvaise foi, c'est pourquoi il faut exercer une
forte pression sur elles, tant sur les pays agresseurs pour qu'ils se
retirent (rien ne peut justifier l'occupation) que sur le gouvernement
congolais pour qu'il organise le Dialogue intercongolais qui doit
aboutir à un nouvel ordre politique, aux élections, et à davantage
de démocratie et de controle par le peuple. La revendication du
gouvernement pour un autre facilitateur, n'est qu'un alibi pour ne pas
s'engager dans ce dialogue. Pour le gouvernement, la guerre procure un
alibi pour ne pas s'engager dans le dialogue, et pour ne pas opérer
une gestion transparente. La bonne gouvernance est difficile sans un
minimum de démocratie.
- Ce Dialogue doit clairement
avoir lieu après le départ des troupes étrangères, car il ne peut
y avoir de vrai dialogue entre fils et filles du pays avec la
présence de ces troupes qui ne laisseront pas libres les rebelles
(mais entre seuls Congolais, il ne devrait pas y avoir de problèmes
majeurs pour arriver à un consensus minimal). Les étrangers peuvent
assister comme observateurs mais c'est aux Congolais de dialoguer. Il
y a donc lieu de relire l'Accord de Lusaka à la lumière de la
Résolution 1304 du Conseil de Sécurité.
C'est également l'avis du
Cardinal Etsou (président de la conférence épiscopale du Congo) et
de Mgr Marini (président de l'Eglise du Christ au Congo -
protestants) qui - constatant que l'Accord ne s'applique pas -
proposent que les signataires de Lusaka se remettent autour de la
table pour négocier le point capital du retrait rapide des troupes
étrangères.
- En attendant la fin de la
guerre, il faut quand-même aider à remettre en place un Etat de
droit.
La Cour d'Ordre Militaire
(COM) doit être supprimée pour les affaires civiles et
l'impartialité de la Justice devrait être restaurée, e.a. moyennant
la paie des magistrats. En ce moment, il y a une 'caporalisation de la
Justice', les magistrats devant présenter leurs jugements au Ministre
de la Justice qui peut les envoyer en prison si leur jugement ne lui
plaît pas.
- Il manque des leaders
politiques crédibles qui puissent reprendre les actions du peuple. Ce
n'est pas la hiérarchie de l'Eglise catholique qui doit mener des
manifestations. Cela incombe aux laics.
5.3. MONUC - Kemal Morjane
- L'Accord de Lusaka qui
n'est qu'un accord de cessez-le-feu a tenu plus ou moins. La ligne de
front n'a presque pas beaucoup bougé depuis le cessez-le-feu en 1999,
même si en Equateur et au Nord-Katanga, il y a eu quelques avances,
puis des reculs. Les Commissions Politique et Militaire Mixte se
réunissent, et il y a eu le plan de désengagement de Kampala, où
les parties se sont engagées à ramener leurs troupes sur 15 km dans
des cantonnements précis (accord non encore appliqué).
- Demander la révision de
l'Accord de Lusaka est la meilleure façon de le tuer.
Mais la plus grande erreur
des NU par rapport à Lusaka, c'est qu'on a laissé les belligérants
se disputer entre eux et qu'on a séparé le volet militaire du volet
politique. Les NU auraient dû avoir une stratégie propre, et ne pas
suivre aveuglément les belligérants à Lusaka. Ainsi, le mandat
actuel de la Monuc se limite au seul aspect du cessez-le-feu militaire
; la Monuc n'a aucun mandat politique et ne sait donc rien faire par
rapport au Dialogue intercongolais et Masire, par rapport aux divers
groupes rebelles...
- Personne ne peut gagner
cette guerre. L'armée gouvernementale n'est pas une véritable armée
(voir l'état du reste de l'appareil de l'Etat) ; on recrute, on
achète des armes, mais on ne créé pas une armée en temps de
guerre. D'autre part, si le MLC et les Ougandais descendent jusqu'à
Kinshasa, les Rwandais ne vont pas se laisser faire non plus.
Mais il est vrai qu'on essaie
de se renforcer de part et d'autre. La Monuc n'a pas de mandat pour
arrêter le renforcement des armées.
- Les NU ne vont sans doute
pas plier bagage au début décembre, lorsque la prorogation actuelle
du mandat de 2 mois prend fin. Peut-être y aura-t-il un gel
temporaire. Mais, si les conditions de sécurité, de liberté de
mouvement et de cessez-le-feu ne sont pas réunies, il faudra bien
revoir le mandat actuel.
- Sur terrain, la présence
de la Monuc (jusqu'ici sans aucune arme ! - il n'est donc pas possible
d'envoyer des observateurs non armés au Kivu) suscite un espoir
exagéré au sein des populations. Sur les 13 sites où des
observateurs sont déployés actuellement, il n'y a aucun problème de
sécurité et les rapports avec la population sont excellents. Un
problème, c'est vrai, c'est qu'il s'agit surtout d'observateurs
anglophones qui ne connaissent pas le français. Cela est regrettable,
mais les candidats ne sont pas nombreux, et sont pour la plupart des
Africains. Ils reçoient une brève formation qui traite également du
contexte congolais.
Pour la 2ème phase (5000
militaires pour protéger les observateurs) 4 bataillons étaient
prévus : 1 marocain, 1 sénégalais et 2 pakistanais ; il restait
encore quelques problèmes sur le plan logistique et technique, mais
ils étaient prêts à être déployés à brève échéance. Est-ce
encore le cas actuellement ?
- Dans aucun pays, il
n'existe de la part de la classe dirigeante une telle méfiance
vis-à-vis des Nations Unies qu'au Congo. Cette méfiance est
absolument sincère et provient du début des années '60, lorsque les
NU sont supposées avoir aidé à la liquidation de Lumumba et à
l'écrasement des rébellions contre le pouvoir central.
5.4. ONG internationales
(réunion avec une trentaine de représentants d'ONG européennes et
nord-américaines)
- Pour les Congolais, la
priorité absolue est la fin de la guerre et le départ des troupes
étrangères ; puis viennent les problèmes de survie quotidienne, et
enfin il y a la nécessité d'une démocratisation.
Comme il ne s'agit pas d'une
guerre congolaise, mais d'une guerre imposée de l'extérieur, la
solution, elle, doit donc également venir de l'extérieur et ne peut
être purement congolaise.
Il faut une pression
internationale beaucoup plus forte sur tous les belligérants, car
tous les peuples d'Afrique centrale sont en train de 'crever'.
Il est nécessaire de
continuer à parler en Occident, y compris au Parlement européen, du
drame du Congo. Cela constitue un encouragement pour les populations
congolaises.
- Cela fait presque 10 ans
que le Congo est sous embargo international quant à l'aide
structurelle ! Etant donné qu'on connaît au Congo une situation d'
" urgence chronique " dans presque tous les domaines, la
distinction entre l'humanitaire et le structurel est assez
artificielle (sauf quant à la rigidité des procédures qui font que
les dossiers humanitaires ne dépassent normalement pas 6 mois).
Il y a très bien moyen de
faire du structurel sans que l'argent ne passe par le gouvernement. Et
même avec certains ministères (Santé, Droits Humains, Justice...)
il y a très bien moyen de coopérer, mais cela dépend bien sûr de
l'attitude des responsables concrets ; il faut rester souple, car en
cas de changement des responsables, on peut être contraint d'arrêter
la coopération avec ces instances étatiques. Et puis, on peut aussi
coopérer avec certaines entités administratives décentralisées
(mairies, provinces, territoires) et les canaux indirects (ONG,
églises, entrepreneurs, coopératives, mutuelles...)
Si on ne veut pas punir
pendant des décennies les populations dans un cas comme le Congo, il
faut faire preuve de créativité et de souplesse dans l'aide.
5.5. Programmes de
coopération de l'UE en RDC (programmes sous le label 'humanitaire'
interprété au sens large , depuis le milieu des années '90) - Tous
ces programmes sont gérés via des expatriés dépendant de la
Délégation à Kinshasa.
* ECHO (agence humanitaire) :
couvre tout le Congo, l'antenne de Goma dépendant de Kinshasa
(signification politique). En 1999, il y avait un budget de 20
millions d'Euro. Pour l'exercice 2000, il y a aura entre 30 à 35
millions d'Euro, les besoins humanitaires s'étant fortement accrus.
ECHO dispose d'une enveloppe
budgétaire annuelle sur base de grandes orientations. La
plannification concrète est faite avec les ONG internationales,
parfois avec l'assistance du Bureau régional de Nairobi.
Le Bureau de Kinshasa (qui
dépend donc de la Délégation) envoie des recommandations concrètes
à Bruxelles où la directrice d'ECHO et les états-membres décident,
via le Comité Humanitaire, sur base des objectifs du programme. Les
fonds peuvent être débloqués rapidement.
En ce moment, il y a
davantage de programmes humanitaires à l'Est qu'à l'Ouest. ECHO
soutient surtout une centaine de zones de santé en médicaments, sous
la responsabalité directe d'ONG telles que Memisa, Médecins du
Monde, MSF, Fometro qui travaillent avec des structures locales...
tout le long de la ligne de front (cfr critère de l'urgence), en
s'appuyant donc indirectement sur le système congolais existant des
zones de santé.
Il existe des problèmes avec
le Ministère de l'Intérieur qui doit fournir les autorisations pour
aller à l'intérieur. De la part du MLC et du RCD, l'accessiblité
est bonne. ECHO a également prévu des stocks de médicaments en cas
d'épidémies. Pour certains déplacés (il y en a actuellement 1,8
millions au total) on a prévu également des casseroles, shittings,
semences....).
Il faudrait beaucoup plus de
fonds de la part des donateurs (ainsi, l'appel consolidé de l'ONU
pour le Congo n'est pas du tout couvert !) ; c'est comme si le monde
occidental a oublié le Congo. Il faut se rendre compte que
l'assistance au Congo coûte proportionnellement cher à cause du
délabrement des infrastructures. Heureusement, la population est
incroyablement débrouillarde.
Enfin, il y a l'assistance
aux réfugiés : les réfugiés angolais arrivés nouvellement au
Bas-Congo et au Bandundu ; les réfugiés congolais rentrant de Zambie
(Pweto, Kasenga...), et les 100.000 réfugiés congolais (zaïrois) en
Centrafrique, et surtout au Congo-Brazzaville où l'accès est
difficile, e.a. à cause du banditisme militaire.
* PADH (Programme
d'Assistance aux Droits de l'Homme)
Après une mission
d'identification en mai 1998, il a été décidé de renforcer le
domaine des droits de l'homme, de commencer la réhabilitation de
l'appareil judiciaire (via l'ONG 'Réseau des Citoyens Network') et de
fournir un soutien à la société civile congolaise dans le domaine
des droits de l'homme, de la démocratisation et de l'éducation
civique.
L'UE ne fait donc pas du
monitoring, qui est fait par ailleurs par les NU et par les ONG
congolaises.
Ce programme dépend
directement de la CE, l'Unité Droits de l'Homme, du service
géographique et de la Délégation à Kinshasa.
Dix projets sont actuellement
en cours ou dans le pipe-line, dont la réhabilitation physique de
courts et tribunaux, la formation de magistrats et la fourniture d'une
documentation juridique, en collaboration directe avec le Ministère
de la Justice. Il y a des projets avec des enfants de la rue, les
victimes du Sida, etc. Le projet de soutien à la société civile
congolaise se fera avec le COSI-Lyon co-piloté avec quelques membres
du REC ; il s'agit d'une ancienne proposition du COSI-REC qui avait
été mise au frigo à la suite de la mission d'identification qui,
elle, avait proposé que la Délégation se charge directement de ce
volet; la CE a fini par ressortir la première proposition du COSI-REC.
* PATS (Programme Transitoire
d'Appuis à la Santé)
PATS I (94-97/ 45 millions
Euro) devait permettre aux zones de santé qui fonctionnaient encore
de reprendre, tandis que PATS (II (98-... / 59,5 millions Euro) doit
pérenniser les acquis de PATS I. Plus de 85 % des projets - qui
doivent être exécutés par des ONG et asbl - vont aux zones de
santé; le reste est destiné au renforcement des coordinations
provinciales et du Ministère de la Santé.
Les deux guerres ont
empêché de couvrir le Grand Kivu (Nord et Sud, et Maniema) comme
prévu ; mais au Katanga qui devait remplacer le Kivu, il n'y a
toujours pas de PATS parce que le gouvernement n'a toujours pas
accordé de permis de séjour à l'expatrié responsable. Le PATS se
limite donc en pratique à Kinshasa, au Bas-Congo, au Bandundu et aux
deux Kasaïs (où les premiers projets ont seulement été signés en
septembre, à cause des problèmes avec les permis miniers).
La RDC était un des leaders
mondiaux pour les soins de santé primaires. Les ressources humaines
sont bien formées mais ne sont pas payées, les infrastructures sont
toujours là, mais en état de délabrement. En outre, même le
système d'approvisionnement en médicaments qui était performant
n'existe plus, faute de moyens élémentaires.
50 % des formations
médicales sont gérées par l'église catholique et 25% par les
protestants - ce sont celles qui fonctionnent encore. Les 25 % restant
sont des structures de l'Etat qui ne fonctionnent guère.
Malheureusement, le système
PATS ne permet pas d'aider l'enseignement médical, ce qui est
pourtant absolument nécessaire si l'on veut une base médicale aussi
solide que par le passé.
L'absence totale de l'Etat
donne souvent des résultats assez faibles, car il faut quand-même un
minimum de coordination par l'Etat. C'est pourquoi, PATS avait prévu
une prime mensuelle de 30 USD pour les médecins. Mais cela n'est pas
suffissant.
* PAR (Programme d'Appui à
la Réhabilitation) : tout comme pour le PATS, l'argent du PAR
provient du FED.
La 1ère phase du PAR a
débuté en mars 1996 et se concentrait sur le 'Grand Kinshasa'
(Bas-Congo, Bandundu et la ville de Kinshasa) : infrastructures de
base (routes de desserte agricole), certaines infrastructures sociales
(livres scolaires, produits chimiques pour la Regideso...) et l'appui
à la commercialisation. Ce dernier volet a été supprimé à
Bruxelles. La 2ème phase allait inclure le Kivu et les deux Kasaïs,
mais n'a pas encore vu le jour.
A côté de la
réhabilitation légère d'une partie de la route vers Matadi et un
tronçon sur la route vers Kikwit, 1400 km de pistes agricoels ont
été refaites au Bandundu où ces pistes débouchent sur les fleuves
Kwilu, Kasaï et Congo (les routes vers Kinshasa étant quasiment
impraticables) et 200 km au Bas-Congo.
L'entretien de ces pistes
était prévu via les surplus de la production et commercialisation
agricoles, mais ce projet a été supprimé !
Pour entretenir minimalement
les routes de desserte agricole au Congo, il faudrait 5 millions
USD/mois pour payer 100 USD par cantonnier. Cela équivaut à 60 à
80% des recettes totales de l'Etat congolais actuellement !
Conclusion par les
responsables des programmes : en attendant qu'un jour - lorsque la
paix sera revenue - des investissements considérables soient faits
dans l'économie congolaise permettant un accroissement du pouvoir
d'achat global des populations, il faut continuer et étendre les
programmes existants, à cheval sur l'humanitaire et le structurel,
nécessitant une certaine souplesse de la part des bailleurs.
6. Suite de la mission
1. Le 8 novembre, Mme Nelly
MAES et le secrétaire du REC ont rencontré, à l'initiative de
11.11.11 (NCOS)., Mme Annemie NEYTS, nouvellement nommé secrétaire
d'Etat belge (joint au Ministre des Affaires Etrangères et de la
Coopération) pour le Commerce extérieur et les affaires européennes
et Envoyée spéciale de la Belgique en Afrique centrale. Etaient
également présents à la rencontre : le chef de cabinet de Mme Neyts,
Mr Johan VERBEKE, et le responsable pour l'Afrique centrale, Mr Pascal
DUBOIS.
Mme Maes et le secrétaire du
REC ont rencontré Mme NEYTS en sa qualité d'Envoyée spéciale de la
Belgique pour l'Afrique centrale.
Avant d'entreprendre quelques
jours plus tard son premier périple en Afrique centrale (7 capitales
en 8 jours), Mme Neyts a attentivement écouté les conclusions et
recommandations des parlementaires. Le secrétaire du REC a explicité
l'incohérence de l'aide européenne aux pays impliqués dans la
guerre en RDC et leur a envoyé l'étude du REC portant sur le même
sujet.
2. Le 8 novembre dans
l'après-midi, les journalistes belges spécialisés étaient invités
par Mme Maes et par 11.11.11., au Parlement européen, au sujet des
conclusions de la mission. Seul Mr Guy Poppe (VRT, radio) était
présent. Trois autres journalistes s'étaient excusés et ont eu un
interview à un moment ultérieur.
3. L'absence des deux autres
parlementaires à ces deux événements était due à des occupations
incontournables comme vice-président du PE, pour Mr WIEBENGA.
Toutefois, Mr Wiebenga a écrit un 'journal' durant la mission au
Congo, pour le compte de NRC-Handelsblad .
D'autre part, Mr Bob van den
BOS était appelé ce même 8/11 à La Haye pour participer en tant
que spécialiste des questions de coopération à un débat important
au parlement néerlandais portant sur l'aide néerlandaise à
l'Afrique centrale, et en particulier au Rwanda. Il y a présenté les
principales conclusions de la mission.
4. Mme MAES et Mr van den BOS
ont posé des questions urgentes à la Commission européenne lors
d'une session de la Commission du Développement et de la Coopération
du PE, le 20 novembre.
session plénière du 20
novembre 2000.
Interpellations de Mme MAES
et de Mr van den BOS, à la suite de leur mission au Congo à
l'initiative du REC (30/10 - 6/11/00) :
"During our visit to the
DRC we witnessed the disastrous consequences of the war and the
occupation of large parts of the country. The retreat of the occupying
troops, the start of the intracongolese dialogue and the revision of
the Lusaka agreement is urgent.
Structural help is not
possible for the 28 million Congolese people in occupied territories ;
the occupying countries Uganda and Rwanda on the other hand receive
structural aid.
a. What is the EU doing to
end the Congolese war that victimises 60 million people, a war that
led 1,5 million people from their grounds and killed hundreds of
thousands ?
b. Does the Commission
consider to restart the structural aid programmes for Congo, in so far
as the government perfomance allows this ?
c. How does the Commission
justify the different policies towards the countries involved in the
conflict ?
d. Is the Commission aware of
the shortcomings of humanitarian aid to the victims of the war ?
".
1. Réponse écrite de ECHO :
" - Aucun autre acteur
est aussi bien placé pour apprécier l'impact de l'assistance
humanitaire en RDC; en effet, à travers l'Office Humanitaire (ECHO),
la Communauté est de très loin le bailleur le plus important dans le
pays.
- Les experts d'ECHO qui sont
basés en permanence sur le terrain, aussi bien du côté
gouvernemental que du côté rebelle, sillonnent l'ensemble du
territoire pour suivre les projets financés par la Communauté et
pour analyser l'évolution des besoins.
- Cette approche volontariste
a permis de développer depuis deux ans un programme ambitieux qui -
à titre d'exemple - prend actuellement en charge les soins de santé
primaire dans le tiers du pays le plus touché par le conflit.
- Ainsi, la Commission a
approuvé en juin 2000 un montant de 20 millions d'euros pour
l'assistance humanitaire aux populations congolaises ; ce montant
devrait être engagé à près de 100% d'ici la fin de l'exercice en
cours.
- Le plan d'intervention d'ECHO
pour 2001 est actuellement en voie de préparation, en consultation
avec les Etats Membres et les autres bailleurs principaux, notamment
les Etats Unis. L'enveloppe financière globale à prévoir devrait
rester au moins au même niveau.
- Cependant, la Commission
est d'avis que l'aide humanitaire communautaire atteint ses limites en
termes des montants qui peuvent être engagés de façon responsable
et cohérente. D'une part, face à l'étendu de ce vaste pays et
l'échelle de la souffrance, la liste des partenaires compétents et
professionnels n'est pas sans fin. D'autre part, l'accès de ces
partenaires aux plus nécessiteux est systématiquement limité par
des contraintes sécuritaires et administratives.
- Dans ce contexte, la
Commission rappellerait que l'humanitaire seule n'est pas en mesure de
résoudre des problèmes qui sont d'ordre politique et militaire,
certes, mais qui relèvent également de décennies de mauvaise
gouvernance. "
2. Réponse de Mr GATTA (desk
Congo) pour la Commission Européenne (CE) :
" - La CE soutient les
initiatives africaines à travers le Représentant spécial pour les
Grand Lacs, Mr Ayello, dont le mandat expire en décembre mais qui
sera renouvellé.
Dans le même sens, la CE
appuie la Commission Militaire Mixte et le travail du Facilitateur
Masire.
- Mais la CE veut aussi
s'attaquer aux racines du conflit, à savoir la pauvreté ; elle
s'attelle à reprendre la coopération structurelle avec la RDC
suspendue depuis 1992. Cela est en conformité avec le souhait du
Conseil des Ministres du 22/5/00 de préparer la reprise de cette
coopération structurelle avec la RDC. Le Comité FED a fini par
donner son feu vert au 'Document de Stratégie' de la CE qui constitue
la base pour des négociations avec le gouvernement congolais. Un
éventuel nouveau Programme Indicatif National (PIN) serait financé
à partir du 6e, 7e et 8e FED.
Toutefois, la situation est
actuellement plus compliquée qu'au mois de mai du fait du blocage du
processus de paix de Lusaka.
- Par rapport aux
différences dans les politiques d'aide aux différents pays
impliqués dans la guerre en RDC, il faut arriver à concilier les
aspirations sécuritaires du Rwanda et de l'Ouganda avec les droits
des Congolais à et dans un Etat souverain. Il faudra aussi tenir
compte de la résolution récente (COM 240) du Parlement européen
concernant la communication de la CE relative à l'aide aux pays ACP
en conflit. Cette résolution doit encore être discutée par le
Conseil des Ministres.
- Sur le plan de l'aide
humanitaire, ECHO et le bailleur le plus important au Congo avec un
appui en médicaments à 1/3 de toutes les zones de santé du pays,
sur la ligne de front (entre 15 à 20 millions Euro en 1998, en 1198,
et en 2000, et davantage est prévu pour 2001). Mais l'aide
humanitaire a atteint ses limites à cause de la capacité
d'absorption et certaines contraintes de la part des autorités.
"
* Mme MAES demande que ces
explications lui soient remises écrites. Elle fait également les
remarques critiques suivantes :
" La situation au Congo
est vraiment dramatique avec 28 millions de Congolais qui vivent sous
occcupation rwandaise et ougandaise, qui est totalement rejetée par
eux. Comment peut-on accepter que la sécurité du Rwanda se trouve à
plus de 1000 km de ses propres frontières ?
Le niveau de pauvreté
partout au Congo est vraiment inacceptable. ECHO doit être
félicitée pour son travail mais on ne peut pas être d'accord que
les limites de l'humanitaire seraient atteintes.
Mme Maes ne veut pas
défendre le gouvernement de Kabila, mais elle veurt se faire le
porte-parole de 60 millions de Congolais qui veulent la paix tout de
suite et qui veulent unanimement le retrait immédiat des troupes
d'agression.. En effet, seule la paix peut redonner une chance à
l'économie qui, seule, peut donner des perspectives d'amélioration.
Pourquoi l'UE a-t-elle une
politique de deux poids, deux mesures ? On ne peut pas être d'accord
que le Rwanda et l'Ouganda continuent à recevoir des aides énormes
sans conditions, qui peuvent être utilisées aussi pour faire la
guerre en RDC ? Il faut plaider pour une reprise de l'aide
structurelle au Congo, et il est heureux que l'Allemagne et la Grande
Bretagne levé leur objections. "
Mr Bob van den BOS est "
totalement d'accord avec Mme Maes, littéralement et
émotionnellement. Tous les Congolais estiment que l'UE se sent
beaucoup trop peu concernée par le drame qui se joue au Congo. Il
n'est pas possible que l'aide humanitaire ait atteint son plafond ! Il
est étonnant que le Rwanda continue à bénéficier de l'aide
financière européenne qui peut l'aider à financer son occupation du
Congo. Dans les circonstances actuelles, la seule aide possible au
Rwanda est l'aide non budgétaire dont l'utilisation est bien
spécifiée pour des buts de lutte contre la pauvreté et dont il est
sûr qu'elle ne peut pas être déviée à des fins militaires,
directement et indirectement. "
Enfin, les deux
parlementaires ont l'impression que Mr Ayello n'est pas vraiment
bienvenu au Congo (parce qu'il serait trop favorable au Rwanda) ; son
mandat n'est-il pas plutôt un échec ?
* Mr GATTA essaie de
répondre à ces 'questions lourdes' : " La question de 2 poids,
2 mesures en relation avec l'aide au Rwanda doit être reposée dans
le contexte de situations bien différentes. L'aide europénne au
Rwanda est bien ciblée et ne finance pas la politique militaire du
Rwanda, mais appuie la lutte contre la pauvreté, la construction de
l'Etat de droit (réforme du système judiciaire avec des solutions
adaptées).
En ce qui concerne la
capacité d'absorption présente au Congo, celle-ci s'applique surtout
à l'aide humanitaire et n'égale pas les besoins du pays. Sur ce
plan, il n'est pas possible de faire beaucoup plus. En outre, il faut
tenir compte des problèmes économiques très graves liés à la
situation de guerre et liés aux choix de politique économique du
gouvernement congolais. C'est pourquoi, la CE veut maintenant entamer
le dialogue avec le gouvernement en vue d'une aide structurelle
prudente.
Enfin, Mr Ayello est supposé
supporter les initiatives africaines ; il n'y a pas lieu de le
retirer. Son mandat passera dorénavant par le budget du Conseil, et
non plus de la CE. " (Notes prises par le secrétaire du REC)
5. Les trois parlementaires
ont aussi l'intention de demander une rencontre tant avec le
Commissaire européen pour la Coopération et le Développement, Mr
Pol NIELSON, ainsi qu'avec le Commissaire européen pour les Affaires
extérieures, Mr PATTEN.
Bruxelles, le 30 novembre
2000
Jules Devos,
secrétaire du REC |