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Mobutu, fossoyeur de la Nation Congolaise

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Philo Mwamba

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Comme je l’ai déjà dit, la méthode de pensée influe sur son contenu. Ainsi, il n’est pas étonnant, et il est même logique que Madame Schiller et autres apparentés idéologiques, puissent concevoir un ‘’père de la Nation’’ Dans leur raisonnement, n’il y a-t-il pas analogie conceptuelle entre dieu le père créateur du monde et Mobutu le père de la Nation congolaise ?

Mais, qu’en est-il de la Nation Congolaise ?
Je reprends la définition du Petit Robert : « nation : groupe humain assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun »

Tout évolue, rien ne reste égal a lui-même ainsi, en est-il de même de la nation congolaise qui n’est pas spontanée, mais le fruit de l’histoire.
Elle n’est pas née du cerveau et des actes posés par Mobutu.
Avant d’avoir à prendre conscience d’appartenir à un groupe, il faut d’abord que celui-ci existe ! 
Les prémices sont matérielles et historiques.
Les colonisateurs belges ont établi leur hégémonie sur un territoire qu’ils ont appelé CONGO
Ils l’ont organisé pour le plus grand bénéfice de leur métropole, les indigènes ne récoltant que les miettes …
Cette unité administrative et économique a permis (voies de communications) le brassage de nos différentes tribus. S’en sont suivis, de nombreux mariages inter-tribaux, des intérêts croisés etc…Et une société à deux vitesses excluant la majorité des congolais des avantages réservés à la minorité
C’est à partir de cette base matérielle, que la conscience d’appartenir à un groupe ayant des intérêts communs a pris racine et s’est développée. La conscience d’appartenir à une nation à son origine dans le système colonial. Mais, comme tout, cette conscience évolue.
Mobutu, partait du principe de « diviser pour régner » Il divisait plus qu’il n’unissait. Par exemple, sur les cartes d’identité, figurait la mention : collectivité, région d’origine.
La prise de conscience d’appartenir à une nation est antérieure à l’avènement du Putschiste Mobutu. En effet, en 1960, les nationalistes étaient plus nombreux que les tribalistes, et cela n’arrangeait pas les affaires des occidentaux qui avec leurs complices locaux (dont Mobutu) ont tué Lumumba et traqué, dévoyé, liquidé, corrompu, marginalisé les nationalistes.
Ainsi, la classe politique s’est transformée et est devenue majoritairement composée d’individus à la recherche du salut individuel.
Hier, ils ont créé les provincettes et aujourd’hui, ils s’allient avec les étrangers car ils sont devenus gourmands et le gâteau à partager s’est rétréci (grâce à Mobutu et sa gestion calamiteuse)
Notre classe politique se suffit à elle-même et est coupée du peuple et de ses aspirations et problèmes, quoi qu’ils disent.
Le dialogue inter-congolais n’est rien d’autre que le dialogue ‘inter classe politique congolaise’ Le peuple en est exclu. Voilà où nous a conduit 30 ans de mobutisme et d’évangélisation. Une classe politique corrompue, extravertie ; faisant plus confiance aux étrangers qu’aux nationaux. Accordant pour se positionner, plus d’importance à ses divergences qu’à ses convergences.
Oui, Mobutu est le premier, mais pas le seul, FOSSOYEUR de la NATION CONGOLAISE
Nombreux sont ceux que l’on retrouve dans la classe politique et dans les différentes sectes évangéliques ayant des accointances avec les USA et qui démobilisent le peuple par un discours de salut individuel, de tendre la joue droite à celui qui nous frappe sur la gauche, à aimer nos ennemis les Tutsis etc…

Philo Mwamba
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