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FORCES
NOVATRICES POUR L'UNION ET LA SOLIDARITE
FONUS
CABINET
DU PRESIDENT NATIONAL
Kinshasa,
le 19 octobre 2000
N/Réf.
: 085/PDT/FONUS/2000
A Son Excellence Monsieur
le
Président de la République
Démocratique
du Congo
à
Kinshasa/Gombe
Excellence
Monsieur le Président de la République,
De
prime abord, nous tenons à nous acquitter d'un devoir de plus élémentaire,
celui de préciser à votre Excellence que tout en étant votre
opposant, vous êtes notre chef de l'Etat et que si jamais cette
lettre venait à être portée à la connaissance du peuple, ce n'est
vraiment pas par manque de l'éthique ou du respect dû à votre rang
de par les hautes fonctions que vous occupez mais c'est parce que nous
sommes un Parti de masse qui se doit en toute transparence tenir
informé cette même masse et aussi faute des structures rassurantes
qui puissent donner des garanties que la présente vous parviendra en
considération des obstacles de tout genre érigé dans votre "périphérie".
En
effet, lorsque l'ancienne dictature s'était écroulée comme un château
de cartes, il y a plus de trois ans, le peuple congolais qui a mené
avec nous une lutte héroïque était rempli d'une espérance
exaltante, celle de voir les politiciens se mettre tous ensemble pour
donner au grand Congo une place digne de mérite dans le concert des
Nations.
Cependant,
cette évidence s'est vite estompée. La République Démocratique du
Congo est entrain d'effectuer un grand saut dans l'inconnue. Aussi
aucun citoyen ne peut demeurer, de manière perpétuelle, indifférent
face au tableau sombre que peut aisément dresser tout observateur
averti sur la situation extrêmement grave que traverse le pays.
Mais
malgré tout ce qui peut diviser les Congolais, nous ne pouvons, au
sein des Forces Novatrices pour l'Union et la Solidarité "FONUS",
nous complaire dans une irresponsabilité maladive de nature à
laisser la patrie brûler à petit feu. C'est pourquoi, la profondeur
de notre conscience nous interpelle aujourd'hui pour pouvoir accomplir
un devoir sacré en tant que leader qui conduit une génération qui
s'accroche à des valeurs sûres vers des destinées meilleures.
Cela
étant, les quelques idées que nous nous proposons de partager avec
vous sont la conséquence de la constance qui nous a toujours caractérisé
dans l'inlassable lutte entreprise de longue date et de
l'enrichissante expérience qui en est résulté. Toute cette expérience
acquise nous a permis de comprendre avec pertinence qu'à la suite
d'une erreur que peut commettre un homme, ce qui paraît prioritaire
pour lui, c'est de se ressaisir et de la corriger plutôt que de
persister de manière diabolique dans cette erreur. De même, l'expérience
de la vie est la somme des erreurs du passé. L'on peut être déçu,
très déçu même, mais l'essentiel et le plus important est de ne
pas décevoir.
C'est
cela notre conviction en politique au regard de diverses circonstances
qui se déroulent dans notre pays ou à travers le monde, un monde
dont le temps est marqué
par une brutalité assez rare des événements à l'instar de ceux qui
se déroulent au Proche Orient en ce moment et partout ailleurs.
En
République Démocratique du Congo plus particulièrement, nous nous
rendons à l'évidence que le sort du peuple est incertain et que le
pays risque d'être jeté dans les oubliettes de l'histoire. Pour
sortir de cet état des choses, il faut se mettre ensemble pour autant
que la détermination et moins encore la volonté d'un seul individu
ou groupe d'individu ne peut suffire. Un individu, géni soit-
il, ne peut faire cavalier seul à la tête du pays ou prétendre
apporter le bonheur au peuple outre qu'un pays comme le nôtre ne peut
s'isoler aveuglement dans un contexte de mondialisation marqué par
une sorte de "souveraineté" limitée et au-dessus de
laquelle se trouve l'organisation des Nations Unies et l'Organisation
de l'Unité africaine qui jouent un rôle non moins important pour le
maintien de la paix.
Partant,
le sort du pays dépendra de nous tous de par l'expérience que nous
avions acquise par le passé pour relever le défi et ainsi renvoyer
à leurs études d'autres nations et peuples qui éprouvent une
satisfaction et se sentent heureux à voir le grand Congo sombrer pour
toujours. Aussi longtemps que nous disposerons d'un souffle de vie, la
solution pour un avenir radieux du Congo sera entre nos mains. Certes,
ce souffle de vie si gracieusement donnée par le Seigneur nous sera
inévitablement arraché un jour dans la mesure où nous sommes tous
des "passagers" sur cette terre des hommes. Dès à présent,
chacun doit se rendre à l'évidence que quoique tout le monde
passera, le Congo demeurera et il importe que tous ensemble nous
apportions le bonheur au peuple congolais pour que les historiens en
rende compte aux générations avenir.
Pour
toutes ces raisons, nous devons ensemble implorer la grâce divine
pour que la liberté nous soit donnée ensemble en vue de mener le
combat en étant tous ensemble. C'est vraiment ensemble que nous
marcherons vers la démocratie, rempart par excellence de la dignité
humaine. Au surplus, l'intégrité de notre territoire et sa
souveraineté seront défendues ensemble au travers d'un cri que nous
lancerons tous ensemble à la face du monde pour sauver le Congo qui
sombre dans une longue nuit d'injustice.
Dès
lors, nous devons ensemble mettre fin à nos divergences pour apprécier
opportunément le solide fondement d'une éventuelle unité à recréer.
Ensemble donc, nous serons capables de sauver le pays dans la mesure où
nous avons en commun le même pays et il importe de
convenir des idées à mettre ensemble
en taisant nos divergences. Ce faisant, ensemble nous devons
accéder aux médias d'Etat pour que nous puissions dire ensemble au
peuple ce qu'il doit faire pour assurer son avenir dans un élan
nationaliste pour traduire dans le concret notre vocation des
nationalistes que nous sommes ensemble, certes, à une différence près,
qu'en ce qui nous concerne particulièrement, nous sommes des
nationalistes progressistes à vocation africaine et mondiale.
Pour
ce faire, nos réflexions et nos pensées politiques doivent être
inscrites dans la logique d'ensemble et il vous revient, Excellence
Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à une
sorte de ségrégation politique que connaît le pays aujourd'hui.
Par
ailleurs, il appert clairement que l'absence de cette volonté commune
de vivre ensemble est à l'origine de peu de considération que
d'autres pays ont pour le nôtre. Ceux là imaginent que les Congolais
sont incapables de s'unir fortement pour s'assumer ensemble et dire à
l'unisson un mot qui permettra de résoudre nos problèmes par des
solutions réfléchies en étant tous ensemble.
Excellence
Monsieur le Président de la République, nous pensons que le temps
est propice pour votre entourage de prendre conscience de l'extrême
gravité de la situation pour vous inciter à tendre la main à
d'autres congolais de l'opposition politique et pacifique, de
l'opposition armée, des forces vives de la nation, à ceux qui vous
aiment ou ne vous aiment pas pour qu'ensemble nous marchions vers
cette paix tant souhaitée. Car l'histoire relativement récente de
notre pays a montré à plus d'un titre que tout est possible quand on
est ensemble. C'est justement en se mettant ensemble que la paix
pourra être longue en lieu et place d'une guerre prédite longue au détriment
du bonheur des congolais ; ce peuple héroïque dont tous les droits
sont assassinés, notamment le droit à la parole, le droit d'aller et
de venir, le droit à la vie, le droit à l'alimentation, etc. mais
aussi condamné à circuler à pied à longueur des journées.
L'impossible n'est pas congolais et pour qu'un jour les enfants des
gouvernants et des gouvernés accèdent à tous ces droits, il faudra
que nous nous mettions tous ensemble pour y parvenir.
Il
y a incontestablement autour de vous des compatriotes qui vous
appellent avec révérence Mzee, certes, non pas par amour mais pour
vous flatter à longueur des journées alors qu'ils demeurent à vos côtés
sans conviction. Toutefois, il est vrai que le jour où vous
comprendrez que vous êtes le Président de plus ou moins 55 millions
des congolais, tout marchera comme sur les roulettes.
En
ce qui nous concerne, nous nous retrouvons comme politique dans
l'ensemble des congolais pacifiques, lesquels sont dépourvu d'armée
ou des milices disponibles pour ouvrir un front et vous faire entendre
leur voix. Heureusement que les Congolais que nous sommes avec des
Partis Politiques ont été bénis du très Haut qui les a doté de la
seule force que constitue l'écrit et la
parole que nous utilisons constamment pour vous dire la vérité.
Nous avons aussi une intime conviction que la meilleure des choses pour vous aurait été d'accorder à vos frères
et sœurs congolaises la moindre considération nonobstant la diversité
de pensée et d'idées propres à un pays qui connaît une situation
qui ne serait pas arrivée si jamais vous aviez saisi à temps les
signaux venus de toute part et vous demandant d'être tous ensemble.
Hélas
malheureusement, nous constatons avec regret que vos compatriotes qui
ont eu le courage de vous le demander et bien d'autres encore vivent
dans notre propre pays comme s'ils étaient en terre d'asile dans
laquelle ils sont tous ensemble privés du droit d'exercice des libertés
politiques et privées. Cela est vraiment inadmissible et révolte la
pensée de Patrice Emery LUMUMBA qui avait dit avec pertinence que la
liberté est l'idéal pour lequel, de tout temps, les hommes ont su
lutter et combattre jusqu'au sacrifice Suprême. Pour notre part, nous
ne cesserons jamais de soutenir que mourir n'est rien mais vivre dans
l'oppression, c'est mourir tous les jours. Il en résulte de la
profondeur de cette pensée que vous ne pouvez réduire au silence
l'ensemble des congolais jusqu'à leur priver de tous les droits
qu'ils doivent assumer vis à vis de la patrie, lesquels droits sont
inspirés aussi de la bible et du coran avec une exhortation divine de
ne prêcher que la vérité.
A
ce jour, il est bien fort dommage de constater que les personnes qui
accèdent au bonheur s'obstinent à ne pas faire une lecture lucide du
passé. Vous conviendrez d'abord avec nous que c'est ensemble que nous
avons vaincu la dictature Mobutienne et qu'ensemble, aux premières
heures de la victoire, nous avons sablé du champagne et pour tout
dire, vous conviendrez qu'ensemble nous utilisions la puissante arme
de la parole pour que la dictature soit vaincue ou noyée. Nous vous
avons aimé au temps où vous ne disposiez pas du pouvoir et moins
encore de l'argent à distribuer. Vous conviendrez également avec
nous que l'amour dont question est demeuré intact et qu'à plus forte
raison nous ne pouvons apparaître aujourd'hui à vos yeux comme
ennemis tout simplement parce que vous possédez la puissance publique
et que nous vous disons haut et fort ce que les autres pensent tout
bas.
Nous pensons en tout cas que des attitudes négatives,
notamment le tribalisme, le despotisme, l'injustice, l'amateurisme,
l'insouciance caractéristiques et perceptibles jusqu'à présent
peuvent être enterrées pour que nous relevions ensemble le Congo qui
doit conquérir son destin d'un Etat fort et qu'ensemble nous
puissions "detribaliser" les services de la sécurité, de
la police, de l'armée, etc.
Excellence
Monsieur le Président, dans l'histoire de certaines nations,
notamment celle du Congo pour autant que la charité bien ordonnée
commence par soit même dit- on, vous remarquerez que la démocratie
n'a jamais été supprimée en
dépit des divergences qui pouvaient opposer les politiciens. Au plus
fort moment de la crise congolaise des années soixante, Patrice Emery
LUMUMBA aux prises avec ses adversaires politiques n'avait pensé un
seul instant supprimer la démocratie malgré ses fortes assises
populaires, bien au contraire il se battra pour faire triompher les
vertus démocratiques jusqu'à sa mort. Un autre exemple non de
moindre est celui d'une figure de proue de l'histoire africaine,
NKUAME KRUMAH qui, au temps tumultueux de sa lutte pour le
panafricanisme demeurera constant dans ses aspirations vers la démocratie
outre que malgré le respect quasi religieux lui voué par son peuple
et qui pouvait le tenter pour régner en absolue, il ne pensera pas un
seul instant à supprimer la démocratie. Et plus récemment encore,
une autre figure emblématique de l'histoire, Nelson MANDELA, après
avoir passé une grande partie de sa vie en prison au triste temps de
l'apartheid, retrouvera la liberté et l'estime de son peuple pour le
conduire vers la démocratie en appelant même les minorités pour
composer ensemble avec lui en dépit de l'écrasante majorité afin de
construire la puissante Afrique du Sud.
Qu'importe
donc le temps et les circonstances, même au pire des événements, la
démocratie est une valeur ultime qui ne peut nullement être supprimée.
Plus proche de nous, de l'autre côté de la rive, le Congo voisin a
connu en peu temps des événements d'une extrême brutalité, mais en
peu de temps aussi ce peuple a réussi à remettre sur le rail le
processus démocratique qui a toutes les chances d'aboutir à ce jour.
Et que dire de l'Angola en guerre depuis presque un quart de siècle
et qui ne s'est pas empêché d'organiser des élections démocratiques
avec un prestigieux dirigeant qui caresse toujours ce rêve qu'il se
refuse de supprimer malgré sa suprématie sur la rébellion opposée
à son régime. Aussi, le régime Zimbabwen qui passe actuellement
pour un des plus contesté n'a pas supprimé la démocratie en dépit
de la force militaire et autres milices dont il dispose et qui
pouvaient le déterminer sur la voie de la suppression de la démocratie.
Enfin outre mer, notre ancienne puissance colonisatrice a survécu aux
conflits entre wallons et flamand pour construire la Belgique dans une
tradition démocratique.
Ces
exemples éloquents et bien d'autres attestent amplement que rien ne
peut être imposé par la force et que tout ce qui peut l'être sera
de même enlevé par la même force. C'est là la conviction profonde
des peuples à travers le monde comme pour dire aussi que: " qui
tue par l'épée périra par l'épée ". Vous comprendrez dès
lors, Excellence Monsieur le Président, que vous ne pouvez et moins
encore ceux qui s'opposent à vous décider de l'avenir de toute une
nation. Cette décision est entre les mains du peuple congolais dans
son ensemble, ce peuple généreux, certes, mais qui n'est pas naïf
qu'on peut le croire et tenons- le pour une évidence qui s'impose à
tous : nous pouvons tromper une personne ou deux mais il est difficile
de tromper si longtemps un peuple.
Ainsi,
face à ces évidences concluantes, vous ne pouvez éternellement
demeurer contestataire. La qualité d'homme d'Etat ne vous l'autorise
nullement. Mais une triste réalité de votre règne au sommet de l'Etat
démontre que vous l'êtes à plus d'un titre et que vous contestez
tout. D'abord, vous contestez à vos compatriotes congolais tous leurs
droits jusqu'à les considérer seulement comme congolais de nom et
sur papier mais en réalité sans droits. Car privés de l'exercice
des droits civils, politiques et autres libertés sous des fallacieux
prétextes pour leur arracher tout. Ensuite, vos contestations excèdent
la sphère étatique s'il faut prendre en compte vos positions face
aux résolutions de l'ONU, de l'OUA, de la SADC et autres issues des
arrangements régionaux au sujet de la guerre. Vous contestez
absolument tout, y compris le facilitateur désigné et accepté par
toutes les parties, et même l'accord de Lusaka librement signé par
vous est fortement contesté.
Avouez, Excellence Monsieur le Président, que pareille
attitude de contestation sans lucidité est dangereuse dans la
conduite d'un Etat. Le moment n'est- il pas venu pour vous de se
mettre ensemble avec tous vos compatriotes pour prendre des décisions
qui puissent apparaître comme l'anti- dérive d'un Congo en désarroi
et que l'ensemble des congolais se doivent de sauver par amour à leur
patrie.
Et faute pour nous de le faire maintenant, la postérité ne
nous le pardonnera jamais. Nous ne pouvons de toute évidence demeurer
impuissant face à la situation de nos frères et sœurs qui meurent
au jour le jour dans le sud Kivu, le Nord Kivu, le Katanga, le Maniema,
les deux Kasaï, l'Equateur,
le Bandundu, le Bas- Congo, dans la province orientale et à kinshasa.
Il faut qu'ensemble que nous donnions la dignité à ce peuple,
qu'ensemble nous marchions vers ce peuple pour l'attirer vers nous,
ensemble aussi nous garantiront la paix aux pays frontaliers desquels
nous exigerons autant en retour ; ensemble également l'osmose de vie
sera agréable.
La valeur d'une nation repose sur la valeur des hommes qui la
compose. Ce faisant, nous
devons sincèrement déplorer les incommensurables pertes en vies
humaines des congolais consécutives à la guerre. Tout en rendant un
hommage à toutes les victimes, quelques pertes en particulier
interpellent nos consciences.
Nous avons souvenance que lors de la marche de la défunte AFDL
vers Kinshasa avec l'aide des armées étrangères, Monseigneur
Christophe MUZERIHIWA, Archevêque de Bukavu avait trouvé la mort, lâchement
abattu. Le même vent a encore fortement secoué le pays et nous
venons de perdre Monseigneur Emmanuel KATALIKO qui avait succédé au
premier à l'Archevêché de Bukavu et Dieu seul sait la cause de sa
mort parce que ses voies sont insondables. Nous devons en être
interpellé ensemble pour qu'une troisième perte ne soit occasionnée.
Aux nombres de pertes des valeurs humaines, nous déplorons
aussi les décès, du fait de la guerre et de règlement des comptes,
d'éminents officiers militaires formés dans les meilleures académies
du monde. Et bien plus grave, un autre danger guette la nation au
regard du taux très élevé des enfants non scolarisés et face à
une jeunesse plus qu'exposée au virus du SIDA (VIH) propagé à
grande échelle du fait de la présence des soldats des pays impliqués
dans la guerre et réputés champions dans la propagation de ce virus.
Ainsi la relève est compromise, voir hypothéquée dans un Etat où
les étudiants sur lesquels repose l'avenir de la nation se trouvent
essoufflés et écrasés par le poids de la pauvreté qui ne leur
permet plus de s'assurer une formation dans les meilleures conditions.
De grâce, Excellence Monsieur le Président, ne vous laissez
pas bercer d'illusions que vous vendent certains chefs des confessions
religieux qui crient haut et fort leur attachement à votre personne
alors qu'il n'en est rien, tout n'est que mensonge et tromperies dans
la mesure où vous apparaissez à leurs yeux comme un berceau d'or et
de diamant. Trêve d'illusions donc, ils seront les premiers à crier
au sorcier, à vous pointer du doigt comme étant l'homme qui a
ensorcelé le Congo et par qui le malheur est arrivé. Et ainsi pourra
sonner les glas pour vous au regard de l'étrange répétition de
l'histoire que le peuple est entrain d'observer de la même manière
que nous qui avons vécu la fin du règne de votre prédécesseur.
En conséquence, c'est ensemble avec nous sans exclusion que
cette tragique répétition de l'histoire pourra être évitée. Vous
avez rencontré tous les protagonistes de cette crise, mais le Président
du Congo que vous êtes refuse de rencontrer les Congolais dans la
dignité alors que, de toute les manières, c'est ensemble que nous
reconstruirons le Congo. Et même l'accord de Lusaka dont vous
demandez la révision ne peut l'être qu'ensemble, quoique révisé ou
pas il demeure incontestable mais qu'ensemble nous pouvons vous
maintenir au pouvoir et ensemble
nous pouvons aussi vous décharger à l'issue du dialogue
intercongolais prévu par cet accord et devenu de plus en plus
incontournable.
Et même alors en vous disant toutes les vérités, nous ne
sommes pas forcement vos ennemis. Puissiez- vous constater avec nous
que la vérité en cette fin d'un millénaire est révélatrice de
l'Unité des nations à travers le monde et ce, pour un développement
durable. Mais ce n'est malheureusement pas le cas en Afrique et nous
pensons que dans un contexte de la mondialisation, l'Afrique ne peut
que se construire au
pluriel. Ce faisant, nous rendons un hommage mérité à NKWAME KRUMA
et à Patrice Emery LUMUMBA qui l'ont compris à temps pour prêcher
le panafricanisme que vous aviez aussi relayé au début de votre
prise de pouvoir. Ce bon sentiment prouve à suffisance que l'Afrique
et le Congo ont un destin commun et inévitablement lié.
La République Démocratique du Congo se doit de saisir
l'opportunité pour ses filles et fils de se mettre ensemble pour
quitter la zone rouge qui
la place dans la situation d'un pays qui a franchi la ligne fatale
pour s'engager irrémédiablement vers une disparition pure et simple,
et plus grave même, jusqu'à être confondue à un seul congolais de
plus en plus mis à l'avant scène au regard des effigies placées à
tout coin de rue en bafouant les valeurs qui fondent la patrie. Nous
pensons également qu'en étant ensemble, seul le Congo sera mis en
vedette sur nos artères pour ainsi annuler nos personnes.
Notre pays connaît une crise aiguë jamais connue dans
l'histoire à ne prendre en exemple que ses multiples facettes,
notamment les incessantes et pénibles marches à pied du peuple dans les plus grandes villes du pays. Pour mettre
fin à ce spectacle qui n'honore pas un grand peuple, nous devons être
ensemble afin de protéger les Congolais pour que le pire ne leur
arrive.
De tout ce qui précède, nous ne pouvons aucunement nous
complaire dans un silence complice. L'avenir de notre pays est sombre
et l'hécatombe pointe à l'horizon. C'est face à cette situation que
nous avons fait appel aux références fondamentales et autres vertus
que nous incarnons comme chrétien pour pouvoir aimer nos semblables.
En tant que politique, nous avons horreur de voir le châtiment de
l'histoire frapper sans pitié nos semblables entêtés en politique.
En ce qui nous concerne, nous ne pouvons nous entêter en
demeurant observateur de cette situation désastreuse.
En tout état de cause, nous devons agir ensemble pour que
notre pays soit effectivement la République Démocratique du Congo
pour autant qu'en ce moment plus d'un observateur se moque de nous
pour avoir triché avec l'histoire en se déclarant comme par ironie
Etat Démocratique alors qu'en réalité le pays aurait dû s'appeler,
sous votre bannière, République Dictatoriale du Congo. De même, l'AFDL-
CPP a substitué à l'ancienne devise du pays une autre : Justice,
Unité, Démocratie mais qu'en réalité, la justice n'est pas
garantie, l'unité dont question est mise à rude épreuve et que la démocratie
est assassinée. Pour traduire cette devise dans la réalité et concrétiser
toute sa quintessence, nous devons nous mettre ensemble comme du reste
pour démocratiser le pays. Les gouvernants, l'armée, la police, les
médias d'Etat et privés, l'AFDL- CPP doivent arrêter d'être des
haut- parleurs qui couvrent la voix des congolais pour qu'ensemble
nous ayons une seule voix pour une seule nation afin de servir un seul
peuple.
Il est plus que temps, Excellence Monsieur le Président de la
République, d'appeler l'ensemble de vos frères et sœurs de l'Est et
de l'Ouest, du Nord et du Sud, même ceux dont vous supposez ne pas
vous porter dans leurs cœurs et ce, en toute considération et dignité
sans pour autant faire d'eux ce que vous n'aimeriez pas qu'on fasse de
vous, pour qu'ensemble une solution soit trouvée, cette solution qui
est entre les mains de l'ensemble des congolais.
La
présente lettre, pensons- nous, est la réponse de Dieu, le Père
tout puisant, aux multiples prières de son peuple à travers les
Forces Novatrices pour l'Union et la Solidarité "FONUS"
pour qu'enfin dans sa miséricorde le mal de nos incompréhensions
s'arrête à tout jamais pour qu'ensemble nous puissions dresser nos
fronts longtemps courbés pour bâtir un pays plus beau qu'avant.
Veuillez
agréer, Excellence Monsieur le Président de la République,
l'expression de notre parfaite considération.
Tout
pour le peuple, rien que pour le peuple
Joseph
Olenghankoy
Président
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