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Lettre de Monsieur Joseph OLENGHANKOY, Président National des FONUS, adressée au Président Laurent Désiré Kabila en date du 19 octobre 2000.

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Joseph Olenghankoy

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FORCES NOVATRICES POUR L'UNION ET LA SOLIDARITE

FONUS

CABINET DU PRESIDENT NATIONAL

Kinshasa, le  19 octobre 2000

N/Réf. : 085/PDT/FONUS/2000    

       A Son Excellence Monsieur

le Président de la République  Démocratique du Congo

à Kinshasa/Gombe

        Excellence Monsieur le Président de la République,

        De prime abord, nous tenons à nous acquitter d'un devoir de plus élémentaire, celui de préciser à votre Excellence que tout en étant votre opposant, vous êtes notre chef de l'Etat et que si jamais cette lettre venait à être portée à la connaissance du peuple, ce n'est vraiment pas par manque de l'éthique ou du respect dû à votre rang de par les hautes fonctions que vous occupez mais c'est parce que nous sommes un Parti de masse qui se doit en toute transparence tenir informé cette même masse et aussi faute des structures rassurantes qui puissent donner des garanties que la présente vous parviendra en considération des obstacles de tout genre érigé dans votre "périphérie".

        En effet, lorsque l'ancienne dictature s'était écroulée comme un château de cartes, il y a plus de trois ans, le peuple congolais qui a mené avec nous une lutte héroïque était rempli d'une espérance exaltante, celle de voir les politiciens se mettre tous ensemble pour donner au grand Congo une place digne de mérite dans le concert des Nations.

        Cependant, cette évidence s'est vite estompée. La République Démocratique du Congo est entrain d'effectuer un grand saut dans l'inconnue. Aussi aucun citoyen ne peut demeurer, de manière perpétuelle, indifférent face au tableau sombre que peut aisément dresser tout observateur averti sur la situation extrêmement grave que traverse le pays.

        Mais malgré tout ce qui peut diviser les Congolais, nous ne pouvons, au sein des Forces Novatrices pour l'Union et la Solidarité "FONUS", nous complaire dans une irresponsabilité maladive de nature à laisser la patrie brûler à petit feu. C'est pourquoi, la profondeur de notre conscience nous interpelle aujourd'hui pour pouvoir accomplir un devoir sacré en tant que leader qui conduit une génération qui s'accroche à des valeurs sûres vers des destinées meilleures.

        Cela étant, les quelques idées que nous nous proposons de partager avec vous sont la conséquence de la constance qui nous a toujours caractérisé dans l'inlassable lutte entreprise de longue date et de l'enrichissante expérience qui en est résulté. Toute cette expérience acquise nous a permis de comprendre avec pertinence qu'à la suite d'une erreur que peut commettre un homme, ce qui paraît prioritaire pour lui, c'est de se ressaisir et de la corriger plutôt que de persister de manière diabolique dans cette erreur. De même, l'expérience de la vie est la somme des erreurs du passé. L'on peut être déçu, très déçu même, mais l'essentiel et le plus important est de ne pas décevoir. 

        C'est cela notre conviction en politique au regard de diverses circonstances qui se déroulent dans notre pays ou à travers le monde, un monde dont le temps  est marqué par une brutalité assez rare des événements à l'instar de ceux qui se déroulent au Proche Orient en ce moment et partout ailleurs.

        En République Démocratique du Congo plus particulièrement, nous nous rendons à l'évidence que le sort du peuple est incertain et que le pays risque d'être jeté dans les oubliettes de l'histoire. Pour sortir de cet état des choses, il faut se mettre ensemble pour autant que la détermination et moins encore la volonté d'un seul individu  ou groupe d'individu ne peut suffire. Un individu, géni soit- il, ne peut faire cavalier seul à la tête du pays ou prétendre apporter le bonheur au peuple outre qu'un pays comme le nôtre ne peut s'isoler aveuglement dans un contexte de mondialisation marqué par une sorte de "souveraineté" limitée et au-dessus de laquelle se trouve l'organisation des Nations Unies et l'Organisation de l'Unité africaine qui jouent un rôle non moins important pour le maintien de la paix.

        Partant, le sort du pays dépendra de nous tous de par l'expérience que nous avions acquise par le passé pour relever le défi et ainsi renvoyer à leurs études d'autres nations et peuples qui éprouvent une satisfaction et se sentent heureux à voir le grand Congo sombrer pour toujours. Aussi longtemps que nous disposerons d'un souffle de vie, la solution pour un avenir radieux du Congo sera entre nos mains. Certes, ce souffle de vie si gracieusement donnée par le Seigneur nous sera inévitablement arraché un jour dans la mesure où nous sommes tous des "passagers" sur cette terre des hommes. Dès à présent, chacun doit se rendre à l'évidence que quoique tout le monde passera, le Congo demeurera et il importe que tous ensemble nous apportions le bonheur au peuple congolais pour que les historiens en rende compte aux générations avenir.

        Pour toutes ces raisons, nous devons ensemble implorer la grâce divine pour que la liberté nous soit donnée ensemble en vue de mener le combat en étant tous ensemble. C'est vraiment ensemble que nous marcherons vers la démocratie, rempart par excellence de la dignité humaine. Au surplus, l'intégrité de notre territoire et sa souveraineté seront défendues ensemble au travers d'un cri que nous lancerons tous ensemble à la face du monde pour sauver le Congo qui sombre dans une longue nuit d'injustice.

        Dès lors, nous devons ensemble mettre fin à nos divergences pour apprécier opportunément le solide fondement d'une éventuelle unité à recréer. Ensemble donc, nous serons capables de sauver le pays dans la mesure où nous avons en commun le même pays et il importe de  convenir des idées à mettre ensemble  en taisant nos divergences. Ce faisant, ensemble nous devons accéder aux médias d'Etat pour que nous puissions dire ensemble au peuple ce qu'il doit faire pour assurer son avenir dans un élan nationaliste pour traduire dans le concret notre vocation des nationalistes que nous sommes ensemble, certes, à une différence près, qu'en ce qui nous concerne particulièrement, nous sommes des nationalistes progressistes à vocation africaine et mondiale.

        Pour ce faire, nos réflexions et nos pensées politiques doivent être inscrites dans la logique d'ensemble et il vous revient, Excellence Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à une sorte de ségrégation politique que connaît le pays aujourd'hui.

        Par ailleurs, il appert clairement que l'absence de cette volonté commune de vivre ensemble est à l'origine de peu de considération que d'autres pays ont pour le nôtre. Ceux là imaginent que les Congolais sont incapables de s'unir fortement pour s'assumer ensemble et dire à l'unisson un mot qui permettra de résoudre nos problèmes par des solutions réfléchies en étant tous ensemble.

        Excellence Monsieur le Président de la République, nous pensons que le temps est propice pour votre entourage de prendre conscience de l'extrême gravité de la situation pour vous inciter à tendre la main à d'autres congolais de l'opposition politique et pacifique, de l'opposition armée, des forces vives de la nation, à ceux qui vous aiment ou ne vous aiment pas pour qu'ensemble nous marchions vers cette paix tant souhaitée. Car l'histoire relativement récente de notre pays a montré à plus d'un titre que tout est possible quand on est ensemble. C'est justement en se mettant ensemble que la paix pourra être longue en lieu et place d'une guerre prédite longue au détriment du bonheur des congolais ; ce peuple héroïque dont tous les droits sont assassinés, notamment le droit à la parole, le droit d'aller et de venir, le droit à la vie, le droit à l'alimentation, etc. mais aussi condamné à circuler à pied à longueur des journées. L'impossible n'est pas congolais et pour qu'un jour les enfants des gouvernants et des gouvernés accèdent à tous ces droits, il faudra que nous nous mettions tous ensemble pour y parvenir. 

        Il y a incontestablement autour de vous des compatriotes qui vous appellent avec révérence Mzee, certes, non pas par amour mais pour vous flatter à longueur des journées alors qu'ils demeurent à vos côtés sans conviction. Toutefois, il est vrai que le jour où vous comprendrez que vous êtes le Président de plus ou moins 55 millions des congolais, tout marchera comme sur les roulettes.

        En ce qui nous concerne, nous nous retrouvons comme politique dans l'ensemble des congolais pacifiques, lesquels sont dépourvu d'armée ou des milices disponibles pour ouvrir un front et vous faire entendre leur voix. Heureusement que les Congolais que nous sommes avec des Partis Politiques ont été bénis du très Haut qui les a doté de la seule force que constitue l'écrit et la  parole que nous utilisons constamment pour vous dire la vérité.

              Nous avons aussi une intime conviction que la meilleure  des choses pour vous aurait été d'accorder à vos frères et sœurs congolaises la moindre considération nonobstant la diversité de pensée et d'idées propres à un pays qui connaît une situation qui ne serait pas arrivée si jamais vous aviez saisi à temps les signaux venus de toute part et vous demandant d'être tous ensemble.

        Hélas malheureusement, nous constatons avec regret que vos compatriotes qui ont eu le courage de vous le demander et bien d'autres encore vivent dans notre propre pays comme s'ils étaient en terre d'asile dans laquelle ils sont tous ensemble privés du droit d'exercice des libertés politiques et privées. Cela est vraiment inadmissible et révolte la pensée de Patrice Emery LUMUMBA qui avait dit avec pertinence que la liberté est l'idéal pour lequel, de tout temps, les hommes ont su lutter et combattre jusqu'au sacrifice Suprême. Pour notre part, nous ne cesserons jamais de soutenir que mourir n'est rien mais vivre dans l'oppression, c'est mourir tous les jours. Il en résulte de la profondeur de cette pensée que vous ne pouvez réduire au silence l'ensemble des congolais jusqu'à leur priver de tous les droits qu'ils doivent assumer vis à vis de la patrie, lesquels droits sont inspirés aussi de la bible et du coran avec une exhortation divine de ne prêcher que la vérité.

        A ce jour, il est bien fort dommage de constater que les personnes qui accèdent au bonheur s'obstinent à ne pas faire une lecture lucide du passé. Vous conviendrez d'abord avec nous que c'est ensemble que nous avons vaincu la dictature Mobutienne et qu'ensemble, aux premières heures de la victoire, nous avons sablé du champagne et pour tout dire, vous conviendrez qu'ensemble nous utilisions la puissante arme de la parole pour que la dictature soit vaincue ou noyée. Nous vous avons aimé au temps où vous ne disposiez pas du pouvoir et moins encore de l'argent à distribuer. Vous conviendrez également avec nous que l'amour dont question est demeuré intact et qu'à plus forte raison nous ne pouvons apparaître aujourd'hui à vos yeux comme ennemis tout simplement parce que vous possédez la puissance publique et que nous vous disons haut et fort ce que les autres pensent tout bas.

        Nous pensons en tout cas que des attitudes négatives, notamment le tribalisme, le despotisme, l'injustice, l'amateurisme, l'insouciance caractéristiques et perceptibles jusqu'à présent peuvent être enterrées pour que nous relevions ensemble le Congo qui doit conquérir son destin d'un Etat fort et qu'ensemble nous puissions "detribaliser" les services de la sécurité, de la police, de l'armée, etc.

        Excellence Monsieur le Président, dans l'histoire de certaines nations, notamment celle du Congo pour autant que la charité bien ordonnée commence par soit même dit- on, vous remarquerez que la démocratie n'a jamais été supprimée  en dépit des divergences qui pouvaient opposer les politiciens. Au plus fort moment de la crise congolaise des années soixante, Patrice Emery LUMUMBA aux prises avec ses adversaires politiques n'avait pensé un seul instant supprimer la démocratie malgré ses fortes assises populaires, bien au contraire il se battra pour faire triompher les vertus démocratiques jusqu'à sa mort. Un autre exemple non de moindre est celui d'une figure de proue de l'histoire africaine, NKUAME KRUMAH qui, au temps tumultueux de sa lutte pour le panafricanisme demeurera constant dans ses aspirations vers la démocratie outre que malgré le respect quasi religieux lui voué par son peuple et qui pouvait le tenter pour régner en absolue, il ne pensera pas un seul instant à supprimer la démocratie. Et plus récemment encore, une autre figure emblématique de l'histoire, Nelson MANDELA, après avoir passé une grande partie de sa vie en prison au triste temps de l'apartheid, retrouvera la liberté et l'estime de son peuple pour le conduire vers la démocratie en appelant même les minorités pour composer ensemble avec lui en dépit de l'écrasante majorité afin de construire la puissante Afrique du Sud. 

        Qu'importe donc le temps et les circonstances, même au pire des événements, la démocratie est une valeur ultime qui ne peut nullement être supprimée. Plus proche de nous, de l'autre côté de la rive, le Congo voisin a connu en peu temps des événements d'une extrême brutalité, mais en peu de temps aussi ce peuple a réussi à remettre sur le rail le processus démocratique qui a toutes les chances d'aboutir à ce jour. Et que dire de l'Angola en guerre depuis presque un quart de siècle et qui ne s'est pas empêché d'organiser des élections démocratiques avec un prestigieux dirigeant qui caresse toujours ce rêve qu'il se refuse de supprimer malgré sa suprématie sur la rébellion opposée à son régime. Aussi, le régime Zimbabwen qui passe actuellement pour un des plus contesté n'a pas supprimé la démocratie en dépit de la force militaire et autres milices dont il dispose et qui pouvaient le déterminer sur la voie de la suppression de la démocratie. Enfin outre mer, notre ancienne puissance colonisatrice a survécu aux conflits entre wallons et flamand pour construire la Belgique dans une tradition démocratique.  

        Ces exemples éloquents et bien d'autres attestent amplement que rien ne peut être imposé par la force et que tout ce qui peut l'être sera de même enlevé par la même force. C'est là la conviction profonde des peuples à travers le monde comme pour dire aussi que: " qui tue par l'épée périra par l'épée ". Vous comprendrez dès lors, Excellence Monsieur le Président, que vous ne pouvez et moins encore ceux qui s'opposent à vous décider de l'avenir de toute une nation. Cette décision est entre les mains du peuple congolais dans son ensemble, ce peuple généreux, certes, mais qui n'est pas naïf qu'on peut le croire et tenons- le pour une évidence qui s'impose à tous : nous pouvons tromper une personne ou deux mais il est difficile de tromper si longtemps un peuple.

        Ainsi, face à ces évidences concluantes, vous ne pouvez éternellement demeurer contestataire. La qualité d'homme d'Etat ne vous l'autorise nullement. Mais une triste réalité de votre règne au sommet de l'Etat démontre que vous l'êtes à plus d'un titre et que vous contestez tout. D'abord, vous contestez à vos compatriotes congolais tous leurs droits jusqu'à les considérer seulement comme congolais de nom et sur papier mais en réalité sans droits. Car privés de l'exercice des droits civils, politiques et autres libertés sous des fallacieux prétextes pour leur arracher tout. Ensuite, vos contestations excèdent la sphère étatique s'il faut prendre en compte vos positions face aux résolutions de l'ONU, de l'OUA, de la SADC et autres issues des arrangements régionaux au sujet de la guerre. Vous contestez absolument tout, y compris le facilitateur désigné et accepté par toutes les parties, et même l'accord de Lusaka librement signé par vous est fortement contesté.

      Avouez, Excellence Monsieur le Président, que pareille attitude de contestation sans lucidité est dangereuse dans la conduite d'un Etat. Le moment n'est- il pas venu pour vous de se mettre ensemble avec tous vos compatriotes pour prendre des décisions qui puissent apparaître comme l'anti- dérive d'un Congo en désarroi et que l'ensemble des congolais se doivent de sauver par amour à leur patrie.

      Et faute pour nous de le faire maintenant, la postérité ne nous le pardonnera jamais. Nous ne pouvons de toute évidence demeurer impuissant face à la situation de nos frères et sœurs qui meurent au jour le jour dans le sud Kivu, le Nord Kivu, le Katanga, le Maniema, les deux  Kasaï, l'Equateur, le Bandundu, le Bas- Congo, dans la province orientale et à kinshasa. Il faut qu'ensemble que nous donnions la dignité à ce peuple, qu'ensemble nous marchions vers ce peuple pour l'attirer vers nous, ensemble aussi nous garantiront la paix aux pays frontaliers desquels nous exigerons autant en retour ; ensemble également l'osmose de vie sera agréable.  

      La valeur d'une nation repose sur la valeur des hommes qui la compose. Ce  faisant, nous devons sincèrement déplorer les incommensurables pertes en vies humaines des congolais consécutives à la guerre. Tout en rendant un hommage à toutes les victimes, quelques pertes en particulier interpellent nos consciences.

      Nous avons souvenance que lors de la marche de la défunte AFDL vers Kinshasa avec l'aide des armées étrangères, Monseigneur Christophe MUZERIHIWA, Archevêque de Bukavu avait trouvé la mort, lâchement abattu. Le même vent a encore fortement secoué le pays et nous venons de perdre Monseigneur Emmanuel KATALIKO qui avait succédé au premier à l'Archevêché de Bukavu et Dieu seul sait la cause de sa mort parce que ses voies sont insondables. Nous devons en être interpellé ensemble pour qu'une troisième perte ne soit occasionnée.

      Aux nombres de pertes des valeurs humaines, nous déplorons aussi les décès, du fait de la guerre et de règlement des comptes, d'éminents officiers militaires formés dans les meilleures académies du monde. Et bien plus grave, un autre danger guette la nation au regard du taux très élevé des enfants non scolarisés et face à une jeunesse plus qu'exposée au virus du SIDA (VIH) propagé à grande échelle du fait de la présence des soldats des pays impliqués dans la guerre et réputés champions dans la propagation de ce virus. Ainsi la relève est compromise, voir hypothéquée dans un Etat où les étudiants sur lesquels repose l'avenir de la nation se trouvent essoufflés et écrasés par le poids de la pauvreté qui ne leur permet plus de s'assurer une formation dans les meilleures conditions.            

      De grâce, Excellence Monsieur le Président, ne vous laissez pas bercer d'illusions que vous vendent certains chefs des confessions religieux qui crient haut et fort leur attachement à votre personne alors qu'il n'en est rien, tout n'est que mensonge et tromperies dans la mesure où vous apparaissez à leurs yeux comme un berceau d'or et de diamant. Trêve d'illusions donc, ils seront les premiers à crier au sorcier, à vous pointer du doigt comme étant l'homme qui a ensorcelé le Congo et par qui le malheur est arrivé. Et ainsi pourra sonner les glas pour vous au regard de l'étrange répétition de l'histoire que le peuple est entrain d'observer de la même manière que nous qui avons vécu la fin du règne de votre prédécesseur.

      En conséquence, c'est ensemble avec nous sans exclusion que cette tragique répétition de l'histoire pourra être évitée. Vous avez rencontré tous les protagonistes de cette crise, mais le Président du Congo que vous êtes refuse de rencontrer les Congolais dans la dignité alors que, de toute les manières, c'est ensemble que nous reconstruirons le Congo. Et même l'accord de Lusaka dont vous demandez la révision ne peut l'être qu'ensemble, quoique révisé ou pas il demeure incontestable mais qu'ensemble nous pouvons vous maintenir au pouvoir et  ensemble nous pouvons aussi vous décharger à l'issue du dialogue intercongolais prévu par cet accord et devenu de plus en plus incontournable.

      Et même alors en vous disant toutes les vérités, nous ne sommes pas forcement vos ennemis. Puissiez- vous constater avec nous que la vérité en cette fin d'un millénaire est révélatrice de l'Unité des nations à travers le monde et ce, pour un développement durable. Mais ce n'est malheureusement pas le cas en Afrique et nous pensons que dans un contexte de la mondialisation, l'Afrique ne peut que  se construire au pluriel. Ce faisant, nous rendons un hommage mérité à NKWAME KRUMA et à Patrice Emery LUMUMBA qui l'ont compris à temps pour prêcher le panafricanisme que vous aviez aussi relayé au début de votre prise de pouvoir. Ce bon sentiment prouve à suffisance que l'Afrique et le Congo ont un destin commun et inévitablement lié.

      La République Démocratique du Congo se doit de saisir l'opportunité pour ses filles et fils de se mettre ensemble pour quitter  la zone rouge qui la place dans la situation d'un pays qui a franchi la ligne fatale pour s'engager irrémédiablement vers une disparition pure et simple, et plus grave même, jusqu'à être confondue à un seul congolais de plus en plus mis à l'avant scène au regard des effigies placées à tout coin de rue en bafouant les valeurs qui fondent la patrie. Nous pensons également qu'en étant ensemble, seul le Congo sera mis en vedette sur nos artères pour ainsi annuler nos personnes.

      Notre pays connaît une crise aiguë jamais connue dans l'histoire à ne prendre en exemple que ses multiples facettes, notamment les incessantes et pénibles marches à pied  du peuple dans les plus grandes villes du pays. Pour mettre fin à ce spectacle qui n'honore pas un grand peuple, nous devons être ensemble afin de protéger les Congolais pour que le pire ne leur arrive.    

      De tout ce qui précède, nous ne pouvons aucunement nous complaire dans un silence complice. L'avenir de notre pays est sombre et l'hécatombe pointe à l'horizon. C'est face à cette situation que nous avons fait appel aux références fondamentales et autres vertus que nous incarnons comme chrétien pour pouvoir aimer nos semblables. En tant que politique, nous avons horreur de voir le châtiment de l'histoire frapper sans pitié nos semblables entêtés en politique.  En ce qui nous concerne, nous ne pouvons nous entêter en demeurant observateur de cette situation désastreuse. 

      En tout état de cause, nous devons agir ensemble pour que notre pays soit effectivement la République Démocratique du Congo pour autant qu'en ce moment plus d'un observateur se moque de nous pour avoir triché avec l'histoire en se déclarant comme par ironie Etat Démocratique alors qu'en réalité le pays aurait dû s'appeler, sous votre bannière, République Dictatoriale du Congo. De même, l'AFDL- CPP a substitué à l'ancienne devise du pays une autre : Justice, Unité, Démocratie mais qu'en réalité, la justice n'est pas garantie, l'unité dont question est mise à rude épreuve et que la démocratie est assassinée. Pour traduire cette devise dans la réalité et concrétiser toute sa quintessence, nous devons nous mettre ensemble comme du reste pour démocratiser le pays. Les gouvernants, l'armée, la police, les médias d'Etat et privés, l'AFDL- CPP doivent arrêter d'être des haut- parleurs qui couvrent la voix des congolais pour qu'ensemble nous ayons une seule voix pour une seule nation afin de servir un seul peuple.   

      Il est plus que temps, Excellence Monsieur le Président de la République, d'appeler l'ensemble de vos frères et sœurs de l'Est et de l'Ouest, du Nord et du Sud, même ceux dont vous supposez ne pas vous porter dans leurs cœurs et ce, en toute considération et dignité sans pour autant faire d'eux ce que vous n'aimeriez pas qu'on fasse de vous, pour qu'ensemble une solution soit trouvée, cette solution qui est entre les mains de l'ensemble des congolais.

        La présente lettre, pensons- nous, est la réponse de Dieu, le Père tout puisant, aux multiples prières de son peuple à travers les Forces Novatrices pour l'Union et la Solidarité "FONUS" pour qu'enfin dans sa miséricorde le mal de nos incompréhensions s'arrête à tout jamais pour qu'ensemble nous puissions dresser nos fronts longtemps courbés pour bâtir un pays plus beau qu'avant.

        Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de notre parfaite considération.

Tout pour le peuple, rien que pour le peuple

Joseph Olenghankoy

Président National
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