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De la RDC à la RFC

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Transmis par Teddy Mbuinzama

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De la République Démocratique à la République Fédérale du Congo

L’histoire de notre jeune pays, en tant que république, commence à son accession à la souveraineté en 1960. Les pères de l’indépendance avaient successivement baptisé notre pays République du Congo, et ensuite République Démocratique du Congo. Nos aînés, malgré les multiples problèmes, ont fait l’expérience de l’apprentissage de la gestion démocratique d’un pays tant convoité. La tâche n’était pas facile. Nous pouvons affirmer, en dépit de la volonté séparatiste des autorités des provinces du Katanga et du Kasaï d’une part, et les difficultés causées par la rébellion au Kuillou et dans les provinces orientales d’autre part, que le pays a vécu dans une démocratie. De ce fait, l’insertion de l’attribut démocratique pouvait être justifiée même s’il n’est pas utile de l’adjoindre au nom de notre pays, comme nous allons voir plus loin.

L’expérience démocratique pour les Congolais n’aura duré qu’une demi-décennie, Monsieur Mobutu l’ayant interrompue le 24 novembre 1965, date de son coup de force. Le pays est tombé dans la tyrannie qui dure jusqu’aujourd’hui.

Réaliste, Monsieur Mobutu, le maître du Congo-Kinshasa, change le nom du pays et enlève l’attribut démocratique. Bien qu’affirmant intempestivement dans chaque meeting le caractère démocratique de son régime, celui-ci n'en était pas une en pratique. De ce fait, il n’y avait pas de raison pour lui que le pays en garde. Pendant la deuxième république le pays porte le nom de République du Zaïre (une dictature n’a pas droit de contenir le mot démocratique, le bon sens oblige).

Quand la dictature amorce son déclin, et qu’à la Conférence Nationale Souveraine les délégués se penchent sur le nom du pays pendant la troisième république, tout le monde s’était mis d’accord pour que le pays retrouve l’appellation des années 1960. Mais reprendre le nom de la République du Congo devenait impossible du fait que le Congo-Brazza le portait déjà. Il restait le choix entre République Démocratique du Congo et une autre désignation.

S’inspirant de l’expérience pendant les premières années de pouvoir de Monsieur Mobutu, beaucoup de conférencier(e)s avaient récusé l’adjectif démocratique pour motif qu’il servait et sert d’alibi. Ils avaient stigmatisé le fait que la plupart de pays ayant adopté cet accompagnateur de nom ne l’ont pas prouvé dans l’exercice du pouvoir, l’exemple des républiques de l’Est de l’Europe en est l’illustration. En outre, le nom du pays ne doit pas revêtir la forme de son gouvernement. La majorité des conférenciers avait préféré que le nom du pays soit caractérisé par le mode de son organisation politique, laquelle sera de type fédérale quand on se réfère aux travaux de la CNS et à la volonté des Congolais (Zaïrois). Comme chacun le sait, Monsieur Mobutu et ses amis – aujourd’hui en exil - ont tout torpillé et retarder la manifestation du désir du peuple de nommer le pays République Fédérale du Congo.

L’arrivée de Monsieur Kabila et son l’AFDL au pouvoir a hypothéqué tout débat sur le nom du pays et aussi sur l’organisation de type fédérale qui avait eue la faveur des constituants à la CNS. La nomination autoritaire du pays, l’imposition de l’organisation de type unitariste du Congo nous ramènent aujourd’hui à ces questions récurrentes relatives au nom et au type d’organisation de notre Etat.

Il sied de rappeler que, hormis les sessions des premières années de l’accession du pays à l’indépendance, l’idée de l’unité de notre pays est encrée dans le chef de toutes les Congolaises et de tous les Congolais et que les différentes guerres d’agressions dont notre pays est victime se produisent dans l’organisation du pays de type unitariste. Le fédéralisme n’est ni l’origine, ni la cause des maux actuels du Congo. 

Pour nous, l’appellation République Fédérale du Congo se prête mieux pour notre pays. A la fin de la parenthèse du pouvoir Kabila, le peuple se prononcera positivement en faveur de cette appellation. Le Congo a vocation de fédérer son peuple et de servir de pool d’intégration des pays de l’Afrique centrale.

Beaucoup de compatriotes trouveront inopportun que l’on remette en scelle le débat sur le nom du pays alors que ce dernier est confronté à une dictature et une guerre odieuses. Mais, il faut savoir que le débat sur le nom du pays est capital, nous devons fourbir déjà nos arguments afin d’expliquer à la population nos motivations.

Nous aurons le temps, le moment venu, de rappeler pourquoi nous sommes convaincus que le fédéralisme reste la meilleure type d’organisation pour le Congo.

Teddy Mbuinzama

CEDAC/Genève

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