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La Révolte Populaire, Plus Efficace Que l'Opposition Politique

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Mme Schiller, Libambu M.

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La  fin  spectaculaire  du  régime  dictatorial  de  Slobodan  Milosevic le  5 Octobre  dernier est  l’un  des  rares cas où la lutte non-armée  a  jeté  un  dictateur dans la poubelle  de  l’Histoire. Mais  cela,   grâce  aux négociations secrètes entre les Politiciens et  les Généraux rendues possibles  par  la  présence d’un  ex-Général dans l’Opposition.  “Choisissez  le  bon côté”,  écrira  Vuk  Obradovic  à  son ancien  collègue le  Gl Nebojsa  Pavkovic deux  jours  avant  le  jour  J, “Choisissez  le  côté du  Peuple”.

Tout pousse à  croire  que  des arrangements  ont  été  faits et des  garanties échangées. En  Roumanie,  en  1989, le  renversement du  dictateur  Nicolai Caecescou fut  le  fruit d’une   révolte  populaire  réprimée dans  le  sang  avant que  des  soldats envoyés pour anéantir ces  émeutes  généralisées se décident  à ne plus  tirer  sur  la  foule.  Le  macabre bilan:  au  moins   1.500 morts.

Il  serait  injuste de  méconnaître le  rôle  catalyseur  de l’Opposition  Politique. Le  dictateur Serbe, comme  tout  autre  dictateur d’ailleurs, profitait des tiraillements pour se  maintenir  au  pouvoir et  se  moquait  éperdument de ses Opposants non-armés en  se  croyant   en  sécurité sur les  casques des Généraux.

Lorsque  l’opposition  a   réussi à  faire comprendre au Peuple que Milosevic manipulait  le  sentiment  nationaliste pour se maintenir  au  pouvoir, que c’était  lui la  cause de la  misère  noire qui  s’abattait sur la  Nation, et  qu’au lieu  de  se  rallier à  lui contre  la  Communauté Internationale, il fallait se  débarrassser de  ce  leader bruyamment contesté,  celui-ci  s’est  mobilisé contre son tortionnaire cagoulé. 

Ne  s’étant  pas  rendu compte du  revirement de la  position  chez  un  Peuple désillusionné,  Milosevic  a  essayé  de  recourir aux “élections  des dictateurs”,  principal outil  de  machination  des  régimes  répressifs. Erreur  fatale,  ces  élections  ont  scellé  son sort. Ce  n’était  plus   que les  Politiciens,  toutes les  forces vives de cette   Nation  ne  voulaient plus de ce  nationaliste manipulateur. Et l’Armée, laquelle peut  en  un clin d’oeil transformer une  lutte  non-armée en des confrontations  sanglantes  d’une  durée  variable entre sympathisants  du dictateur  et sympathisants  du  Peuple, n’a  pas  bronché. 

La  détermination des  Mineurs de  la  mine de Kolubara  à une  soixantaine  de  kilomètres  de Belgrade les  a  transformés du jour   au  lendemain en  des Héros  de  la  Révolution Serbe. Ayant  compris que la Police  et  l’Armée n’avaient pas l’humeur à protéger le Pouvoir de Milosevic après  un  semblant d’”intervention  musclée”, ces Mineurs,   qui ont pris  le  chemin de la  capitale  à  pieds, se  sont  comportés en  véritable poumon  de  la Révolution.  Ils  venaient de  jurer qu’ils n’arrêteraient   leur action que  quand  la   tête du  dictateur masqué disparaîtrait  pour  laisser  la  place  à  celle du  Président  élu Vojislav  Kostunica.

La Révolte  Populaire, c’est  bien   différent  de  l’Opposition  Politique. Et lorsque l’Armée finit  par  vouloir ce que  veut le  Peuple, la  lutte non-armée  Populaire réalise  en quelques jours  ce  que  la  lutte  non-armée  Politique n’a pas pu réaliser .pendant  plusieurs  années. En Afrique, la  Côte  d’Ivoire est  le  deuxième pays,  après  le  Mali, qui  vient  de  mettre ce  schéma en  action.. 

(Mme) Libambu  M.  Schiller 

Paru dans  Bulletin de  l’AZEA  Vol. 5 No. 29 de  Sept/Oct 2000
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