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Monsieur Ketumire Masire à Montréal.

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Alfredo Kasololo

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À Montréal, le facilitateur pour le Débat Inter Congolais, M. Ketumire Masire, ne portait que la version américano-tutsie au bout des lèvres.

Dans le cadre de la tournée visant à sensibiliser la communauté internationale à la nécessité du Débat Inter Congolais, le Facilitateur bostwanais, l'ancien président du Bostwana, M. Ketumire Masire, a été invité le mardi 03 octobre 2000, à Montréal, par le Centre de Développement et de la Promotion pour la Démocratie. À cette occasion, M. Masire a rencontré, à 19hoo, les membres de la communauté congolaise de Montréal à l'hôtel Sheraton. Dans son discours d'introduction, M.le Facilitateur semblait dispenser un cours de géographie sur le Congo-Kinshasa:

" Votre pays le Congo est très grand, il couvre beaucoup d'espace... Son sous-sol contient beaucoup des minerais et des réserves d'eau..."

Ces propos sont décrits dans le rapport géographique de la CIA sur notre pays. Nous les avons toujours entendus dans des débats auprès des organisations non-gouvernementales ici à Montréal. À force de les repéter, cela sous-entend que nous peuple congolais devons coûte que coûte admettre la politique visant à implanter les tutsi dans notre pays.

Au sujet de sa mission, M. Masire a laissé entendre qu'il était désigné par les parties signataires des accords de Lusaka et par l'Organisation de l'Unité Africaine. Depuis sa désignation, il est en contact très actif avec la rébellion armée, seul le gouvernement de Kinshasa ne veut pas "coopérer" avec lui. "Kinshasa me considère comme person non gratta", a-t-il soutenu à maintes reprises.

Dans son discours, Masire n'a à aucun moment fait allusion à la résolution 1304 de l'ONU désignant le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi comme les pays agresseurs. Il les considère, lui-même, comme des alliés de la rébellion congolaise.

Deux questions l'ont ennuyé:

- La première question portait sur le statut des Maï-Maï dans les accords de Lusaka. Aux yeux de la population les Maï-Maï constituent une force d'autodéfense combattant les forces d'agression tutsies. Mais dans les accords de Lusaka, ces jeunes gens sont perçus comme de forces négatives. La question était de connaître: comment les kivutiens auront-ils la foi en ces accords tant et aussi longtemps que les Maï-Maï sont perçus comme de forces négatives par les accords de Lusaka ? 

- La deuxième question concernait la politique d'implantation des populations rwandophones tutsies dans la localité de Kibirizi (Butembo) au Nord-Kivu: pensez-vous que la population congolaise (autochtone) sera-t-elle d'accord pour la tenue du Débat Inter Congolais, alors que les forces d'agression rwandaises occupent toujours son territoire et y établissent leur population provenant du Rwanda ? 

M. Masire a été incapable de répondre à ces questions. Tous les Congolais présents ont d,ailleurs réalisé que le Facilitateur ne connaît pas bien le dossier congolais.

En réalité,l'attitude de M. Masire laisse entrevoir celle de Mme Susan Ruce, le Chargé des Affaires africaines auprès du Département d'État américain. Au début de la guerre en 1998, Mme Susan Ruce dynamisait beaucoup plus sa démarche pour amener les alliés de Kinshasa ( le Zimbabwe, l'Angola et la Namibie) à se retirer du Congo. Quant à la présence rwandaise et ougandaise, elle restait très évasive. Connaissant bien les astuces de l'impérialisme américain, les alliés de Kin lui ont signifié un non catégorique. Au niveau de l'Afrique, c'est Masire qui prend la relève de Mme Susan Ruce.

Suivant le sujet de Mme Philo Mwamba sur les résolutions de l'ONU, Un passage faisant allusion à la Palestine indique que celui qui détient les cartes, ce n'est pas la victime de l'occupation depuis trente-trois ans. C'est la puissance qui occupe. J'ajouterais, à ce point, que l'on demande à la victime d'arrêter même la violence que lui-même subit.

Cette réalité est tout à fait similaire à l'état d'occupation de notre pays. Celui qui détient les cartes pour le Congo, c'est les maîtres (les anglo-saxons) des pays agresseurs (L'Ouganda, le Rwanda et le Burundi) depuis quatre ans maintenant. Ayant une secrétaire blanche canadienne à ses côtés, Masire montre clairement sa position, c'est-à-dire il roule pour la politique anglo-saxonne. Les accords de Lusaka sont à la désavantage de l'État victime le Congo-Kinshasa. La stratégie dissimulée dans les dits accords tend à démontrer que le problème est interne et non pas une agression. Le régime de Kagame connaît bien le jeu. C'est pourquoi ses forces d'agression implantaient déjà leur population tutsi au Nord-Kivu. En refusant d'honorer ces accords Kabila s'est attiré toutes les critiques du monde. "Celui qui ne veut pas la paix", affirme-t-on dans des chancelleries occidentales. En interprétant cette accusation gratuite, je réalise que la communauté internationale fait croire que Kinshasa cautionne tous les crimes perpétrés par les forces d'agression sur son territoire. Quelle l'hypocrisie ?????? 

L'essentiel pour nous peuple Congolais c'est de résister. Malgré le soutien sans faille que l'État fantoche d'Israël obtient aux côtés des États-Unis, il s'est rétiré des territoires du Liban après vingt et une année d'occupation. Nous devons nous inspirer du courage et de la persévérance d'autres peuples opprimés par la politique agressive de l'Oncle Sam.

Alfredo Kasololo
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