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Je
suis un président d'une république en guerre, dans un pays au bord
de l'implosion. Mon pays est envahi par deux pays étrangers et
voisins immédiats, armés par les puissances occidentales. Je me débats
de mon mieux pour pouvoir me sortir de ce bourbier sans trop de casse.
Mais
seulement voilà !...
1.
Je n'ai pas d'armée capable de chasser les envahisseurs. Je suis
d'ailleurs obligé de recourir aux "amis" pour défendre mon
territoire moyennant une exploitation honteuse de mes ressources minérales.
Ces "amis" ont stoppé l'invasion mais la guerre est
toujours présente. Mon armée étant incapable de récupérer les
territoires occupés, j'assiste impuissant à la balkanisationde mon
pays...
2.
Mon équipe ministérielle est surtout composée d' "amis"
de la vieille époque où, aidé par les mêmes envahisseurs, j'avais
chassé l'ancien "dictateur" (Ndlr : je ne pensais pas que
j'allais le devenir d'ailleurs). Mes "amis" les ministres
ont une seule constance : ils sont soulards ou presque, affichent un
comportement arriviste, passent leur temps à la jouissance et gèrent
l'Etat (Ndlr : Etat ? Existe-t-il encore ?) comme un camp des scouts.
Ce sont eux qui me durcissent dans mes prises de position
"virevoltantes", avec comme conséquences : c'est moi qui reçois
toutes les tomates pourries de la communauté internationale. A cause
de leur "incopétence !
3.
Dans ma lutte contre l'impérialisme de mes voisins, je manque d'arme
diplomatique. Mon "ministre" soulard des affaires étrangères
est vraiment "étranger" à une diplomatie offensive. Pour
lui, sa définition de cette diplomatie consiste à lancer des
"injures" contre les pays avec lesquels je ne partage pas la
même façon de voir les choses. Même si nous ne sommes pas des
ennemis. Avec comme conséquences, je deviens la cible de tout le
monde...
4.
Tenez : ma dernière bévue est celle de refuser de participer au
Sommet du Millénaire. 150 Chefs d'Etats et des Gouvernements se sont
réunis à New-York pour parler des affaires du monde, dont les miens.
Mes "amis" les ministres, surtout mon "étrange"
ministre des affaires étrangères m'ont déconseillé d'y aller. Pour
eux, il semble que la politique de la chaise vide paye toujours.
Malheureusement, c'est toujours "en monnaie de singe". Et
effectivement, on y a parlé de mon pays... sans moi ! Un président
d'un pays envahisseur a également parlé de moi et de mon pays devant
les journalistes. Je ne sais pas ce qu'il leur a dit, mais ils l'ont
cru et ont diffusé leur mensonge au profit de mon antagoniste et au détriment
de mon image. Moi je n'étais pas là et mes ministres sont incapables
de défendre mon image. Bien au contraire, ils passent leur temps à
élucubrer des plans pour que je sois sali davantage devant le monde
et pour que je sois isolé davantage... Je ne sais pas ce que cela
veut dire, mais savent-ils que l'hypocrisie est une arme rédoutable
dans la politique internationale ?
Je
sais qu'aujourd'hui je paye le prix de m'être mis au dos toute la
communauté internationale parce que je ne sais pas jouer à l'hypocrise
avec eux, même si je le fais très brillament avec mon peuple... Que
faire ?
5.
Entretemps, c'est mon peuple qui souffre. Quand je suis venu chasser
le dictateur (Ndlr : que j'ai remplacé), j'ai amené avec moi un thème
accrocheur : LA RECONSTRUCTION NATIONALE. Et tout le monde m'a suivi
parce que je disais vrai. Après quelques mois, on a vu des signes.
Nous étions dans la bonne voie. Mais la guerre est venue. Seulement
la guerre ? Non ! Mes "amis" ministres ayant perdu la tête,
nous nous sommes mis à l'école de la démagogie : les CPP, le
Parlement dont les membres ne sont pas élus, les discours
incendiaires pour susciter un nationalisme égoiste, c'est-à-dire
celui dont je suis le centre, une diabolisation de l'opposition
interne non-armée et le blocage de tout processus de démocratisation...
Finalement
qui suis-je ?
Finalement,
qu'est-ce que je veux ?
Je
suis malheureux parce que
-
je suis très faible avec mes ministres ;
-
je suis maladroit avec la communauté internationale ;
-
je n'écoute pas (Ndlr : d'ailleurs je n'en ai pas le temps)
-
je refuse de regarder
-
je ne sais pas combattre avec des armes autres que celles de l'époque
où j'étais maquisard (Ndlr : et encore ! l'étais-je vraiment avec
toutes mes affaires en Tanzanie ?)
Que
me conseillez-vous chers compatriotes ?
Moi
votre Président malheureux
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Voici donc ce que pourraient être
les confidences d'un président. Devinez lequel
Zambo wa Zambo
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