| Ne rien faire en
attendant les actions concrètes
Ou participer
au débat pour nfluencer le cours des événements
Cher M. Danny,
Vous êtes
certainement un compatriote de bonne foi. Au travers de vos écrits,
on sent que vous aimez votre pays et que vous voulez comme tout
congolais, en finir au plus vite avec la guerre qui défigure notre
pays. Vous voulez des propositions concrètes pour pouvoir agir. Je
suis d'accord avec vous et je vous dis, les propositions concrètes
existent : Il n'y a rien aujourd'hui de plus concret et de plus
rassurant que les accords de Lusaka et le dialogue inter congolais
dont vous ne voulez pas entendre parler.
Si à votre
propre niveau ou au niveau de vos organisations politiques,
religieuses et sociales, vous commenciez à envisager d'appuyer
d'abord le processus déjà en cours, ce serait un pas en avant. Vous
semblez être bloqué par le fait que les organisations démocratiques
qui représentent les forces vives de la nation n'aient pas été
associées à la signature de ces accords, mais c'est justement pour
cela qu'il faut prendre les signataires au mot pour vérifier leur
bonne foi et leur volonté à en finir avec la guerre.
Des
empêchements à l'application de ces accords prouvent bien qu'ils les
ont signés à contre cSur. Parce que la guerre permet de justifier
toute sorte d'insuffisance et de comportement délinquant pour se
maintenir au pouvoir par la force, malgré les supplications, les
pleurs et les larmes du peuple.
Vous proposez
que les discussions des intervenants à ce forum que vous avez pris
soin d'identifier, portent sur les stratégies visant à arrêter et
chasser les Agresseurs ruandais, ougandais et burundais&.
Frère Danny,
loin de moi l'idée de vous faire dire des choses auxquelles vous ne
pensez sans doute pas. Mais si vous faites allusion aux stratégies
militaires, vous seriez bien avisé de faire un petit recul dans le
temps et vous constaterez avec amertume combien il est difficile pour
la majorité des congolais de croire aux chances d'une victoire
militaire.
Il faut noter
que l'armée nationale congolaise dans sa forme actuelle ressemble à
son ancêtre la DSP, une police de répression et de protection
personnelle du chef de l'état, plutôt qu'à une armée de combat. La
preuve est que depuis le début de cette guerre, notre armée n'a pas
été en mesure de reprendre un seul village occupé par des intrus.
Par contre,
elle a été parfaitement capable de remplir les prisons avec des
citoyens de toutes les classes sociales, des hommes politiques, des
journalistes, des activistes des droits de la personne, et même des
ministres, au point qu'on en vient à se demander avec qui le chef de
l'état gouverne-t-il, et s'il se rend bien compte de la gravité de
la situation dans la quelle se trouve le pays !
Ceux qui,
dans cette armée voudraient bien défendre le pays, se trouvent
souvent contrariés et découragés par l'allure générale de
l'évolution politique nationale qui leur enlève toute envie de
continuer à se sacrifier dans un conflit aux objectifs imprécis, où
ils ont l'impression de travailler pour le seul bénéfice de quelque
clan égoïste et autoritaire ; ou mieux encore, pour le compte des
assaillants. Si vous étiez soldat, que feriez-vous face aux ruandais,
devant la valse de Kabila et son principal allié Paul Kagame. Moi je
me poserai bien des questions
Dans un
échange très constructif entre nos compatriotes Joseph Mankena et
Assani à ce même Forum, ce dernier nous a démontré dans son
adresse du 19 juin 00, par A plus B, avec des dates précises et des
chiffres en terme des pertes subies, que la crise actuelle de notre
pays, ne pouvait être résolue par un coup d'état militaire ni par
une nouvelle rébellion ; Alors cher frère que nous reste-t-il
d'autre à part des initiatives pacifiques telles que les accords de
Lusaka et le dialogue inter congolais, avec toutes leurs faiblesses,
pour bouter dehors les envahisseurs de notre pays. Et Vous-même cher
frère, avez-vous une proposition concrète pour prendre le taureau
par les cornes comme vous le dites si bien, et qui nous éviterait de
discuter des accords de Syrtre, de Lusaka, de Kenya, et bien d'autres
encore. Pourquoi donc la retenir pour vous seul ? Partagez la, avec
d'autres membres du Forum.
Pour suivre,
je demande ici votre aide pour comprendre ce que vous voulez dire aux
intervenants de ce forum. Je lis " Vos discussions
scientifiques on n'en a pas besoin sur le net. Il y a des endroits
appropries pour cela. Le net c'est pour tout congolais intellectuel ou
pas".
Commençons
par la fin, vous dites que le net est pour tout congolais intellectuel
ou pas. Mais alors, où est le problème ? À quelle place mettez-vous
ces congolais qui discutent sur le net ? Est-il pensable qu'ils
fassent également partie de l'une ou l'autre de ces catégories si
peu définie ? Au fait cher frère, êtes vous pour ou contre la
liberté d'expression ?
Ensuite, vous
dites que le net, n'est pas un endroit approprié pour développer ce
genre de discussion. Quel endroit suggérez-vous ? La RDC peut-être
où on emprisonne sous deds fausses accusations pour un oui ou pour un
non. Kamitatu croupis en prison pour avoir fait une déclaration à la
presse internationale ; François Lumumba a passé deux semaines en
prison pour avoir reçu des amis venus lui rendre visite chez lui,
soupçonné d'avoir parlé politique; Olenga Nkoy a visité la prison
à plusieurs reprises pour son franc parlé ; Plus d'une centaine de
journalistes sont actuellement détenus pour avoir tenté d'informer
le peuple comme l'exige leur profession, et la liste peut encore
s'allonger.
Quelle
tribune trouvez-vous appropriée pour des échanges sur la RDC ? À
Houston où vous êtes, avez-vous déjà compté le nombre de fois que
les journalistes américains ont couvert une manifestation congolaise
? Est-il facile de passer un message comme le vôtre dans un journal
américain ? Si votre réponse est oui, alors je dois vous dire que
tel n'est pas le cas partout ; Le Net est pour ces lieux, l'instrument
de communication par excellence, car légalement accessible à tous,
peu importe qui on est : congolais ou ruandais, Kabila ou Kagame,
riche ou pauvre.
Souffrez
frère, que je vous dise un dernier mot en terminant, N'essayer
surtout pas de frustrer vos compatriotes qui s'expriment sur des
tribunes comme ce Forum. Ce sont des gens qui refusent de fermer les
yeux sur la médiocrité et les injustices. Ils les dénoncent et
proposent les pistes des solutions. Elles ne sont pas toutes bonnes
j'en conviens, mais en le faisant, ils refusent de subir des
événements et choisissent d'en parler afin de se préparer à les
appréhender à temps pour être en mesure de les orienter dans le
sens favorable à leurs attentes.
La discussion
ne devrait pas nous faire peur. Nous sommes les héritiers de la
palabre, et vous savez ce qu'en ont fait d'autres nations. : ils ont
monté des institutions immenses pour lui permettre de se développer
afin de pouvoir gérer leurs sociétés : des parlements, des
congrès, des chambres des représentants, etc. , ils continuent
d'avancer dans tous les domaines. Et nous, nous sommes restés là,
stationnaires, à paniquer à chaque fois que l'on parle de
discussion, échange d'information, concertation ou dialogue. Nous
sommes restés là stationnaires, à inventer tout sortes d'alibi pour
éviter la palabre qui autrefois était pourtant un des aspects les
plus fondamentaux de notre culture. Nous sommes restés là à
éventrer nos femmes et nos enfants avec nos machettes rouées, alors
que les autres ne jurent plus que par des prouesses technologiques et
l'avancement.
La discussion
qui se développe dans un contexte de guerre comme le nôtre, permet
de comprendre pourquoi l'on se bat et pourquoi devrait-on négocier ;
qui est notre véritable ennemie et qui est notre ami. Passer aux
actes concrets c'est le souhait de tout le monde, et le plus vite sera
le mieux, mais la discussion doit nous accompagner à toutes les
étapes pour être bien sûres de la validité des solutions qui
seront acceptées pour le règlement de la crise actuelle dans notre
pays, afin que cesse l'exil et l'errance de nos compatriotes, parents
et amis.
Théophile
Zamba,
csd..ck@videotron.ca |