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Prof Kabundi et le médiateur "Masire"

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Victor Ngoy

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Les problèmes de la RDC sont tellement multiples et aigus qu'on en perd vite le fil conducteur.

Ainsi du fameux "médiateur" Masire.

Tout a commencé par des rencontres africaines qui avaient abouti à suggérer des solutions pacifiques à la guerre congolaise. Le Rwanda et l'Uganda n'arrêtaient pas de proclamer que la guerre était avant tout congolaise et qu'il fallait une solution congolaise. Kinshasa recherchait, par priorité la reconnaissance d'une guerre d'agression. Les rebelles et les opposants dits pacifiques voulaient s'assurer un tremplin pour accéder au pouvoir par la table de négociatiations.

On arriva néanmoins à sugggérer la formule qui mit fin au conflit sanglant mozambicain, à savoir la médiation de la Communauté de San Edigio.

L'idée a fait rapidempent son chemin et tous les protagonistes ont accepté cette médiation qui tomba bien à propos dans le cadre d'application de la résolution des accords de Lusaka, prônant une solution intercongolaise pour mettre en place les nouvelles institutions pôlitiques de manière distincte aux solutions militaires.

L'homme qui fit tout basculer fut l'ambassadeur américain Richard Holbrooke. Il fit un voyage préparatoire de son fameux "mois de l'Afrique" à l'ONU qui devait avoir lieu en janvier 2000. Sa tournée des capitales impliquées dans la guerre congolaise fut tintée de discours évolutifs. C'est ainsi qu'il avança l'idée d'un "facilitateur" pour le dialogue intercongolais. Un changement de vocabulaire, mais pas de fonction. La "facilitation" n'était autre que la "médiation" et le médiateur existait déjà: c'était San Edigio.

Dans la plus totale discrétion, une partie de la délégation Holbrooke s'envola pour Addis Abeba pour obtenir de l'OUA la désignation inattendue de l'ancien président botswanais, Mr K. Masire , déjà président de la Commission d'enquête spéciale sur le génocide rwandais de 1994.

Mr Holbrooke arriva à Kigali avec cette "nomination" en poche. A l'escale de Kampala, les leaders des trois groupes rebelles ( les deux RDC et le MLC) acceptèrent d'emblée la désignation de Masire. Tshisekedi émit une lettre largement diffusée pour agréer le "facilitateur". Kinshasa a suivi sans réfléchir.

En conclusion, le problème de Masire n'est pas lié au principe d'une médiation , mais aux circonstances de la désignation opportuniste et irresponsable de Mr Masire. En effet, les mêmes américains qui ont parrainé cette désignation ne l'ont plus jamais soutenu matériellement, en l'abandonnant aux frais de son pays le Botswana.

S'il faut blâmer quelqu'un, c'est l'inconséquence de nos politiciens qui ont accepté Masire sans conditions, alors que San Edigio était prête. C'est aussi la légèreté de la politique africaine des USA qui est faite de bric et de broc, sans dessein ni moyens --- et ils en ont, des moyens---

Victor Ngoy

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