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Message de M. Etienne Tshisekedi au Peuple congolais à l'occasion du 40 ème anniversaire de l'indépendance du Congo

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Etienne Tshisekedi wa Mulumba

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UNION POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES SOCIAL
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REPRESENTATION AU BELUX
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Bien Cher Compatriotes,

A l'occasion du 40ème anniversaire de l'indépendance de notre pays, le Congo, je tiens 
d'abord à vous rappeler le chemin que nous avons parcouru ensemble dans notre 
combat pacifique et héroïque pour bâtir, au coeur de l'Afrique, un Etat de droit 
souverain, démocratique et prospère. Ce combat nous a amenés à la tenue de la 
Conférence Nationale Souveraine en 1991-1992, qui aura été, jusqu'à ce jour, le plus 
grand forum de concertations, de dialogue et de négociations dans l'histoire du Congo. 
Pendant seize mois, les 2985 délégués issus de toutes les couches, catégories et 
tendances politiques, idéologiques, intellectuelles et confessionnelles ont diagnostiqué 
la cause profonde de la crise congolaise et balisé notre avenir en posant les fondements 
dune société démocratique pluraliste, respectueuse des libertés politiques et civiles 
ainsi que des droits fondamentaux de la personne humaine. 

Parmi les obstacles qui se sont érigés sur notre chemin et qui se sont opposés à la 
réalisation de cette volonté de la majorité clairement exprimée à travers les Actes 
historiques de la Conférence Nationale Souveraine, il y a eu principalement le manque 
de culture politique de la classe politique, M. Mobutu hier et M. Kabila aujourd'hui. 
Ces deux compatriotes ont recouru aux armes, à la force, à la répression et à la violence 
pour s'emparer du pouvoir politique. Ils ont identifié leurs personnes à l'Etat et leurs 
volonté arbitraire à la Loi. Ils ont transformé le Congo en une jungle, une foire, une 
propriété privée, une entreprise commerciale et financière pour leur enrichissement 
personnel. Ils ont imposé la dictature et la pensée unique; violé les libertés politiques et 
civiles ainsi que les droits fondamentaux de notre peuple chosifié; plongé la population 
dans une misère extrême. Ils ont ainsi bloqué la dynamique et l'évolution de notre 
société et retardé inutilement l'insertion du Congo dans le concert des nations libres, 
démocratiques, civilisées et prospères. 

Pire encore, la gestion chaotique du pouvoir politique par M. Kabila, dune part envers 
le patrimoine patriotique et démocratique qu'il a trouvé sur place acquis par nous au 
prix du sang et contenu dans les Résolutions de la Conférence Nationale Souveraine, et 
d'autre part envers ses alliés congolais et étrangers notamment en sombrant dans le 
tribalisme, dans la concentration de tous les pouvoirs de l'Etat entre ses seules mains, 
nous a conduits à une véritable tragédie. Une rébellion armée a éclaté le 2 août 1998 et 
le Congo se trouve jusqu'aujourd'hui occupé par plusieurs troupes et milices armées 
étrangères. M. Kabila et les rebelles se comportent en chefs de guerre et de faction qui 
contrôlent, chacun et avec laide militaire des parrains étrangers, un lopin du territoire 
congolais, sans projet de société viable ni vision politique à moyen et long termes. Dans 
chacun de ces camps, il n'y a ni un début de démocratie, ni de gestion saine et 
transparente, ni d'administration efficace. Les populations civiles sont abandonnées à 
elles-mêmes, soumises à des atrocités indescriptibles, plongées dans une misère extrême 
et tuées, et les infrastructures détruites M. Kabila, les rebelles et leurs parrains 
étrangers ont créé des sociétés-écrans à travers lesquelles ils pillent les richesses 
nationales. 

Je me réjouis de constater que la réconciliation politique nationale scellée autour du 
projet de société démocratique ainsi que l'unité nationale forgée tout au long de notre 
combat et cimentée par la Conférence Nationale Souveraine n'ont été ni ébranlées ni 
affectées par la nouvelle dictature et les atrocités de la guerre. 

Grâce à notre combat et à la pression de la Communauté internationale, tous les 
belligérants ont signé le 10 juillet et le 31 août 1999 l'Accord de Lusaka. Cet Accord 
exige le cessez-le-feu, la tenue du dialogue intercongolais d'où sortira un nouvel ordre 
politique pour le Congo, une nouvelle armée nationale forte et républicaine ainsi que le 
retrait de toutes les troupes et milices armées étrangères du Congo. Il est clair que le 
nouvel ordre politique prévu par l'Accord de Lusaka signifie pour nous la poursuite du 
processus démocratique initié par la Conférence Nationale Souveraine. Les belligérants 
ont fait de la guerre actuelle et de ses atrocités sur notre population un fond de 
commerce et ne souhaitent ni la paix ni la démocratisation du Congo. 

Bien Chers Compatriotes, 

Un peuple qui lutte pour sortir de l'esclavage et d'un état primitif na pas de choix sil 
veut que sa dignité humaine soit respectée. Et le respect des libertés politiques et civiles 
et des droits fondamentaux de la personne humaine, qui sont en fait des facultés 
naturelles de l'homme, constitue la reconnaissance minimale de cette dignité en 
dessous de laquelle on n'est plus considéré comme un être humain, mais comme un 
esclave, un animal ou un objet. L'article 37 de l'Acte de Transition et l'article 7 du 
Projet de constitution issus de la Conférence Nationale Souveraine nous imposent un 
devoir constitutionnel de combattre tout celui qui s'érige en obstacle contre 
l'instauration d'un Etat de droit souverain, démocratique et prospère au Congo.

Le voyage qui ma conduit en Afrique du Sud, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, 
en Hollande, en France, en Italie, en Norvège, au Canada et aux Etats-Unis, en tant que 
votre porte-parole légitime et crédible, ma permis de faire connaître, de vive voix, à 
plusieurs décideurs politiques de la Communauté internationale, votre aspiration 
légitime et profonde à la paix et à la démocratie ainsi que votre approche de la grave 
crise actuelle qui ravage notre pays. Une identité de vue s'est dégagée entre eux tous et 
moi sur cette approche et sur l'application de l'Accord de Lusaka dont M. Kabila 
constitue à présent le principal obstacle. Tous nos partenaires sont déterminés à 
intensifier des pressions sur les belligérants pour obtenir deux l'application stricte de 
l'Accord de Lusaka. Eux comme nous, ne nous laissons pas distraire par des 
gesticulations et des ballons d'essai de M. Kabila pour retarder la paix et la poursuite du 
processus démocratique. 

Chers Compatriotes,

M. Mobutu avait réussi à nous imposer sa volonté arbitraire et piller les richesses 
nationales pendant plus de trois décennies à cause de notre manque de culture et de 
maturité politiques. La Conférence Nationale Souveraine nous a rendus mûrs et 
capables de nous assumer nous-mêmes et de nous prendre en charge. Et cette fois-ci, 
toute la Communauté internationale est avec nous pour obtenir des belligérants 
l'application de l'Accord de Lusaka. A l'instar de la Communauté internationale, nous 
devons à notre tour forcer les belligérants à respecter cet Accord qu'ils ont signé non 
par leur volonté politique spontanée mais par contrainte. Nos pressions peuvent 
s'exprimer par la désobéissance civique sur les territoires contrôlés par M. Kabila et les 
rebelles, les manifestations politiques, les opérations «villes mortes», les grèves, les 
conférences, les colloques, les écrits dans la presse .

Aujourd'hui, nous commémorons le 40 ème anniversaire de l'accession de notre pays à 
la souveraineté internationale, mais quel sens donnons nous à cet événement.

A titre d'exemple, je citerai quelques indicateurs sociaux-économiques de base:

- la croissance annuelle, à deux chiffres, est négative;
- l'inflation annuelle est à trois chiffres;
- plus de 70% de la population n'a pas accès à l'eau potable et vit au-dessus du seuil de pauvreté;
- plus de 60% de la population n'a pas accès aux services de santé.

Malgré ce tableau macabre de notre pays, auquel j'ajouterai les massacres de Kisangani, 
de Makobola et de Ndjili, nous sommes devenus, après 40 ans d'indépendance et 20 ans 
de lutte de libération, majeurs. Donc, nous sommes devenus capables de nous prendre 
nous mêmes en charge et nous devons, à l'instar des autres peuples, continuer à lutter 
pour libérer notre beau et riche pays car personne d'autre ne le fera à notre place. Après 
cette ultime phase de lutte de libération, nous entrerons dans la phase de réalisation de 
notre projet de société ancré essentiellement vers le progrès social.

Biens Chers Compatriotes,

Nous sommes presqu'au bout du tunnel et pour montrer notre détermination à la mise en 
place d'un Etat de droit démocratique, je vous invite, à l'occasion du 40 ème 
anniversaire de l'indépendance de notre pays, à la méditation et au recueillement dans 
vos maisons, dans les églises, dans les hôpitaux, dans les cimetières 

Que Dieu bénisse notre peuple et notre pays.

Ainsi fait à Bruxelles, le 28 juin 2000. 

Etienne Tshisekedi wa Mulumba
Président National de l'UDPS et 
Chef de File de l'Opposition non-violente

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8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél.32-16-259781, GSM 075-932302
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16A Rue de Moscou, 1060 Bruxelles, Tél.32-2-5390536
- Directeur du Cabinet : Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba
48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La-Neuve, Tél.32-10-452212
- Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi
Fax 32-16-563670, M 32-477-680877,
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