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Quand Kabila emprisonne les "occidentaux"

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Kazimoto Pontien

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L'émoi a été grand ce week-end à Kinshaha où l'on apprenait l'arrestation de l'administrateur délégué d'une grande brasserie et de son directeur financier.

Il leur était reproché de n'avoir pas fixé comme il fallait le prix de leurs boissons.

La capitale congolaise est secouée depuis deux mois par des vagues d'arrestation de personnalités haut placées: ministres, mandataires de l'Etat, etc. Mais tous ces personnages payaient de leur témérité pour avoir accepté de fréquenter les couloirs du régime. Les derniers frappés ont été les plus proches de Kabila: son officier d'ordonnance et son chef de sécurité. Personne n'a été ému par ce qui leur arrivait.

Mais cette affaire des brasseurs a été plus que indicative: ce sont des hommes d'affaires aux prises avec une spéculation monétaire rendue nécessaire pour à la fois sauver leurs entreprises et fournir leurs clientèles. Le précédent ministre de l'Economie avait instauré des mécanismes de "dialogue" où les crêtes du marché des changes officiel étaient adoucies par de la tolérance administrative.

Mais plus que tous, c'est la nationalité des arrêtés: un Français et un Belge. Non pas que ces gens-là ont droit à l'immunité. Mais tout de même: Kabila aurait oublié que les excès sur les étrangers coûtent toujours plus cher? La France préside l'Union Européenne et la Belgique essaie de mettre une sourdine sur les retombées de l'affaire Yerodia. Ces gens vont-ils encore plaider la cause de Kinshasa?

La question se pose avec autant d'acuité qu'on oublierait presque que ces arrestations sont tombées à la veille de la "commémoration" de la rébellion de 1998 et dont nous payons toujours le prix fort par manque de respect et de sympathie de la part des Occidentaux.

Kazimoto Pontien
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