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Avons-nous des dirigeants capables de gérer le pays en des circonstances normales? Ceux qui trônent à Kinshasa ont-ils les capacités surhumaines de faire face à la crise multiforme qui ronge le grand Congo?
Du temps de Mobutu, toute la problématique zairoise était ramenée à l'homme à la toque de léopard. Nous croyions tous que ce grand pays allait décoller , telle une fusée lunaire, une fois qu'on aurait mis fin à trente années de dictature. La même chanson recommence. Maintenant que c'est Kabila qui a
l'impérium, tous nos malheurs sont automatiquement
incarnés par lui et les solutions sont subordonnées à son élimination. Disent les rebelles.
Mais avancer sur la même pensée signifierait-il qu'on pactiose avec le diable de Kigali et de Kampala? Et le Congo dans tout cela?
Kabila avait driblé Masire en ne participant pas à la rencontre de Cotonou et en retenant à Kinshasa les délégations de l'opposition non armée et de la société civile. Peut-être. Peu après, le même homme n'a pas été au sommet des chefs d'Etat de l'OUA à Lomé alors que ses homologues envisageaient de débattre de notre pays, en marge de cette importante rencontre. Une nouvelle initiative a été manquée à Windhoek, en Namibie, où tous les gens de la SADC attendaient Kabila pour parler du Congo. Mais l'homme ne s'est pas pointé.
Certains pourraient penser que toutes ces initiatives pour parler du Congo seraient autant de complots néo-impérialistes pour nous imposer des solutions... On l'a vu nettement à Lusaka où Kabila a été isolé. Cela ne signifie pas que l'unanimité contre Kinshasa avait raison. Cela ne signifie pas non plus qu'il suffit de s'obstiner seul contre tous pour détenir la vérité...
Mais à toutes ces rencontres, c'est de "solutions" qu'il s'agit. Un jour ou l'autre ce pays devra bien revenir à la paix et à la sécurité des personnes et des biens. Il est un élément incontestable que LE MONDE SE PREOCCUPE DE LA RDC.
Lorsqu'on sait que la guerre actuelle dure depuis deux ans. Le nombre de sommets, de réunions ministérielles et autres rencontres qui se sont penchées sur la question montre clairement que jamais peut être il y a eu autant d'initiatives internationales ( essentiellement au niveau africain) dans aussi peu de temps pour arrêter un conflit. C'est qu'on s'intéresse néanmoins au sort de la RDC. Malgré les hypocrisies, malgré les pesanteurs diverses.
Quelle meilleure tribune pour notre pays et sa cause que l'actuel sommet de 150 chefs d'Etat et de gouvernement à l'ONU? Sorti du maquis, quel genre d'homme aurait refusé de passer à l'histoire et d'être sur la photo de famille de tous les dirigeants de ce monde?
Mais Kabila reste enregistré aux abonnés absents.
La question est d'importance. Ce monsieur est-il conscient de lui-même et qu'il représente, qu'il doit représenter le grand Congo?
Louis Ngoy
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