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La
situation actuelle de la République Démocratique du Congo avec ses
voisins de l'Est (Rwanda, Ouganda, Burundi et aussi l'Angola) est
interprétée de différente manière par plus d'un observateur.
Beaucoup sont ceux qui attribuent à la guerre congolaise la cause de
pillage des ressources naturelles de la RDC. Mais plusieurs Congolais
nationalistes et patriotiques, en dehors de tous les débats qui se déroulent
sur Internet, insistent et cherchent à savoir surtout pourquoi Kabila et les
siens s'acharnent à larguer des bombent sur les populations civiles
de la province de l'Equateur depuis le début de la guerre, au moment
où l'ensemble de l'Est du pays (y compris son village natale) est
occupée par les armées rwandaises, ougandaises et burundaises? Même,
pendant que les Ougandais et Rwandais feignaient se battre et lançaient
des obus sur la population de Kisangani, Kabila et ses alliés n'ont
pas inquiété ses deux armées étrangères . Nous pensons de
notre part que le texte ci-dessus illustre suffisamment la situation
entre Kabila,
ses collègues chefs d'Etats voisins, les populations civiles (de
l'Est de la RDC surtout), Jean-Pierre Bemba et la position de
l'opposition interne non armée.
M'Binge Ngindu
et Branchy (de Kinshasa en RDC)
LES
CHEFS SONT COMME LA PLUIE
Vois-tu,
mon enfant, les chefs sont comme la pluie, imprévisibles
dans leurs inimitiés. Quand tu
souffres de la grande chaleur et que tes plantes, que tu as cultivées,
se dessèchent, alors, le jour qu il plaît à l
Homme du ciel, la pluie tombe sur la terre et tes plantes sont tirées
d affaire. Et de même sont les chefs. Aujourd
hui il leur plaît de devenir ennemis, et tout
de suite après tu les vois contracter alliance.
Il
se trouve que tu t es mis en route pour aller voir tel chef. Sur ces
entrefaites, comme tu pars de chez toi, voilà
qu ils se défient l un l autre. L un pense: Si
un homme à lui tombait entre mes mains, je le tuerais, pour qu il [l
autre chef] vienne et que nous nous bations, et qu on voit bien qui de
nous deux est l homme et qui la femme.
Là
où tu vas, le chef a conféré avec ses hommes et a dit: Barrons le chemin, afin qu'il [l'autre chef] s'en aperçoive,
se mette en colère et que nous nous battions.
Quand
il a ainsi parlé, un homme
s'en va et le raconte à sa
femme. Il lui dit: Nous
sommes chargés de barrer pour demain le chemin de Moschi.
Elle lui demande: comment allez-vous faire? Il
lui dit: S nous voyons un homme venant de Moschi, nous devons le tuer.
Pour qu'ils sachent que nous sommes ennemis.
La
femme pense:
Oh, il pourrait venir un homme qui a conclu un pacte de sang
avec mon père, ou bien avec mon beau-père, et il sera peut-être tué.
Elle décide: Je
vais aller couper de l'herbe au bord du chemin. Si je vois quelqu'un,
je lui dirai de faire demi-tour.
Un homme est un homme, je lui dirai en tout cas de faire
demi-tour, pour qu'il reste en
vie. Et la femme
prend ses liens d'osier et s'en va couper de l'herbe au bord du
chemin. Mais les autres sont en
embuscade avec le chef. Toi, tu marches tout guilleret, droit
devant toi, comme tu en as envie. Et tu arrives, et tu tombes sur la femme
en train de couper de l'herbe. Tu
veux passer sans t'arrêter, et tu n'es même pas disposé à la
saluer, elle lève la tête et te voit. Et elle te demande: Dis
donc, monsieur, toi qui passes, d'où es-tu, que tu ne salues
personne? D'où viens-tu donc, beau-père?
Toi, tu es pressé, et tu lui réponds vivement: Je
viens de Moschi. Mais
elle te demande: Connais-tu le récit du
pays de l'Est, pour passer ainsi ton chemin?
Quand
tu entends une pareille question, réfléchis
bien, et pense à ce que je
t'ai dit. Rebrousse chemin et fuis. Ne
suis pas la femme. Si tu la suis, tu la mets en danger d'être démasquée.
Et si tu rencontres quelqu'un
d'autre, dis-lui de faire demi-tour aussi.
Et
vois-tu, mon petit, eux, après, ils se jettent sur un autre et le
tuent, mais toi, tu es sauvé! Ensuite, quand ils se sont battus et
que l'un des deux [chefs] a été vaincu et a demandé la paix, ils se
réconcilient. Et les gens vont et viennent comme par le passé et se
rendent visite. Mais toi, tu penses: Et
voilà. Sans la femme c'est sans doute moi qui aurait été tué. Et ensuite
tout se serait arrangé comme
maintenant, et ils se
seraient réjouis de la même manière.
Voilà ce que cela
signifie quand je te dis: Ils sont pareils à la pluie.
Toi, tu serais mort, et eux, là-dessus,
auraient conclu la paix. Mais toi, tu n'existerais plus.
Tradition
orale chagga (Tanzanie, Afrique de l'Est).
Tiré
de Le
droit d'être un homme , Anthologie mondiale de la liberté, J.C.
Lattès/Unesco 1968.
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