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1. LES TROUPES DU MLC BRISENT L'OFFENSIVE SUICIDAIRE DE KABILA
Au fil des semaines, les troupes de Kabila et leurs alliés zImbabwéens se
heurtent à la farouche détermination des combattants de l'Armée de Libération du Congo qui sont décidés à défendre les territoires libérés et
assurer la protection des populations civiles. Sur l'axe de la rivière
Oubangui, après la destruction totale de leur 10eme brigade, les troupes de
Kabila se sont repliées au niveau d'lmesse. Ils tentent désespérément
d'installer une position défensive à hauteur de cette localité qui, selon
le plan de désengagement signé en date du 8 avril 2000 à Kampala. fait
partie des positions du MLC.
Aujourd'hui, Kabila continue à faire la sourde oreille. Devant cet entêtement stupide, le MLC est contraint à reprendre cette localité par
toutes voies utiles. Après de violents combats au sud de Libenge, confronté
à la débâcle de son infanterie, Kabila a ordonné le bombardement des
localités situées au sud de Libenge. Opérant à très haute altitude, les
mercenaires russes bombardent les populations civiles et provoquent l'exode
massif de dizaines de milliers de Congolais qui sont contraints à trouver
refuge dans des camps de fortune en Centrafrique et au Congo-Brazzaville.
Ces bombardements aveugles sont d'autant plus inefficace que les troupes au
sol du dictateur congolais sont en totale débandade. La destruction du
bateau MB/Lubue qui a explosé entrainnant la disparition de 800 soldats FAC
a provoqué un véritable séisme dans le moral des troupes de Kabila.
Des dizaines de milliers de munitions ont été récupérées par le MLC ainsi
qu'une quantité importante d'armes lourdes et de bombes dont la valeur est
estimée à plusieurs millions de dollars. Ces armes et le charroi automobile
capturé sur le front ont été présentées à des journalistes et des
observateurs indépendants. Sur l'axe du fleuve Congo, les troupes de Kabila
et les Zimbabwéens ont tenté là également une percée en dIrection de
Libanda au sud de Makanza. Cette offensive a été repoussée par les combattants de l'ALC (206 victimes parmi les soldats FAC) qui ont capturé
un lot important d'armes de guerre et de canons. Au niveau de
Basankusu, les troupes FAC ont tenté une progression sur les positions de
Wenga. Elles ont subi un lourd revers en perdant 22 soldats qui ont été faits
prisonniers par les combattants du MLC. Par ailleurs des mouvements de
troupes importants sont signalés à Boende en direction de Basankusu.
L'intensification des combats atteste de la volonté criminelle de Kabila et
de sa clique d'abandonner le processus de paix de Lusaka et de s'engager
dans la voie suicidaire des armes. Le courage et la bravoure des combattants de I'ALC ont raison des stratégies grossières des troupes de
Kabila qui sacrifient sans scrupules la vie de milliers de jeunes congolais
en les condamnant à une mort certaine sur les cours d'eau et le long des
berges des rivières de l'Equateur. Libenge, Kongo, Libanda, Konongo,
Mawlya, Wenga sont quelques-unes des localités victimes des bombardements
et des pilonnages des troupes de Kabila.
Tout en réaffirmant son total engagement dans les accords de Lusaka, le MLC
considère que seuls les arguments appropriés peuvent conduire à ramener
Kabila sur la voie des accords signés qui constituent le seul cadre indiqué
en vue d'une résolution de la guerre civile au Congo-Zaire.
2. UNE DELEGATION DU RCD-GOMA A GBADOLITE
Le vendredi 1 septembre, une délégation du RCD conduite par le deuxième
vice-président Me Moïse Nyarugabo, le responsable de l'Administration du
Territoire, Me Joseph Mudumbi, le responsable adjoint du département de la
Sécurité Johnny Luboya et le colonel Bondjuka, représentant du RCD à la
JMC, a atterri à Gbadolite en vue de témoigner d'une part des sentiments de
compassion et de solidarité du RCD à l'endroit des populations de l'Equateur victime des bombardements aveugles de Kabila et d'autre part des
encouragements à l'endroit du MLC qui porte le poids de l'offensive militaire du dictateur congolais et de ses alliés.
" Votre accueil chaleureux nous rassure et nous sommes convaincus que le
long déplacement que nous avons effectué n'a pas été vain " a d'emblée
déclaré Moïse Nyarugabo lors de l'ouverture des travaux. " Kabila ne
connaît qu'un seul langage, c'est celui des canons. Nous avons été rassurés
d'apprendre que vous avez brisé son offensive " a dit le deuxième vice-président du RCD qui a poursuivi en ces termes: " Nous sommes venus
faire le premier pas et donner un signal fort en relançant le processus de
Kabale entamé il y a 15 mois. Nous ne sommes pas des ennemis et iI nous
fallait mettre fin à toute équivoque, malentendu et incompréhension. Nous
devons mettre notre intelligence, nos forces ensemble afin de lutter contre
notre ennemi commun. Nos différences peuvent être harmonisées, elles
constituent notre force car nous nous retrouvons autour des valeurs
essentielles comme l'accord de Lusaka, les négociations intercongolaises et
l'offensive de Kabila " a déclaré Me Nyarugabo.
Le président du MLC, Jean-Pierre Bemba a remercié le RCD pour son soutien
et ses encouragements. " Le voyage que vous venez d'effectuer était attendu
de longue date, Il revêt un caractère essentiel vis-à-vis de nos populations respectives. Le refus de Kabila de s'impliquer dans la
recherche de la paix doit nous inciter à renforcer notre capacité à
administrer nos territoires et travailler en alliés. Nous appartenons à
différents horizons mais notre dénominateur commun demeure le bien-être de
nos populations pour lesquelles nous exigeons un nouvel ordre politique, la
liberté et la dignité " a déclaré le président du MLC qui a proposé la mise
en place de deux commissions de travail, l'une militaire et l'autre politique en vue de poursuivre le processus de Kabale et reprendre une
dynamique brisée par une série d'événements tragiques à Kisangani et
ailleurs.
Le Secrétaire Général Olivier Kamitatu et le responsable du Département de
l'intérieure du RCD, Me Mudumbi, ont présidé la commission politique,
tandis que le colonel G. Kibonge, Secrétaire National chargé des Activités
Militaires et le colonel Bondjuka, représentant du RCD a la JMC, présidaient la commission militaire. Sur le plan politique, un état de lieu
faisant la revue de l'évolution de la situation depuis le 31 janvier 2000 a
été dressé. Les deux mouvements ont réaffirmé leur attachement au programme
de gouvernement élaboré à Kyankwanzi et ont entrepris une lecture commune
des événements dramatiques de Kisangani.
Les mouvements se sont engagés à porter à l'ordre du jour des prochaines
réunions des questions ayant trait à un modèle de gouvernance, à la
délimitation des espaces territoriaux administrés par les mouvements et à
la circulation des personnes et des biens sur l'ensemble de l'espace contrôlé par les mouvements. Le MLC et le RCD ont réaffirmé la nécessité
d'établir des contacts réguliers avec l'opposition non armée et d'entreprendre une offensive diplomatique concertée, Ils ont également
encouragé les leaders du RCD/ML à se réconcilier en vue de rejoindre le
Front Commun. Ils ont esquissé les lianes d'une politique commune au regard
des initiatives de Kabila qui se pose en obstacle borné au respect des
Accords de paix Lusaka et rejette le facilitateur des négociations politiques intercongolaises.
Au bout de deux jours de discussion, avant son retour pour Goma, la délégation du RCD s'est entretenue avec une délégation de la société civile
de l'Equateur. Me Moïse Nyarugabo a répondu à toutes les questions relatives aux violations des droits de l'homme par le RCD-Goma, la
relégation de Mgr Kataliko, l'éloignement des responsables des associations
de droits de l'homme de Bukavu vers Kisangani et les risques de partition
du pays. Dans le cadre des prochaines rencontres entre les responsables des
mouvements, le président Jean-Pierre Bemba a proposé que les sociétés
civiles respectives puissent-elles aussi se rencontrer afin d'ouvrir de
nouveaux champs de liberté et d'assurer une ibtale circulation des informations et des opinions. Aussi, une délégation de la société civile de
l'Equateur se prépare-t-elle à se rendre à Goma et Bukavu.
3. RENFORCEMENT DES HUMANITAIRES DANS LE NORD DE L'EQUATEUR
La poursuite de l'offensive militaire des troupes de Kabila sur l'Equateur
a provoqué un exode massif sans précédent des populations congolaises en
direction du Centrafrique et du Congo-Brazzaville. Traumatisées par les
bombardements aveugles des antonov, mig et sukhoy de l'aviation de
Kabila, plus de 75.000 personnes sont actuellement déplacées tout le long des axes
de la rivière Ubangi ainsi que vers les zones de Makanza et Basankusu. Ces
sites sont difficilement accessibles. La communauté internationale tarde à
se mobiliser pour empêcher Kabila de poursuivre son aventure suicidaire et
criminelle.
Toutefois, parmi les organisations non gouvernementales et les humanitaires, Médecins Sans Frontières déploient de grands efforts pour
soulager les populations civiles. Si MSF/Belgique opère à partir de Gbadolite en direction de Basankusu, Lisala, Bumba, Buta et Banalia, avec
l'appui de Aviations Sans Frontières, MSF/France est également présent avec
l'arrivée de Mme Malika Saim, Coordinatrice d'urgence. Par ailleurs, à
Libenge, Copi est actif et le CICR poursuit son déploiement le long du
fleuve Congo.
Gbadolite, le 4 septembre 2000
MLCongo
SECRETARIAT GENERAL DU MLC - GBADOLITE / CONGO-ZAIRE
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