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Nouvelles du Mouvement de Libération du Congo: semaine du 16 au 22 juin 2000

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NOUVELLES DU MOUVEMENT DE LIBÉRATION DU CONGO SEMAINE DU 16 AU 22 JUIN 2000

1. LES POPULATIONS DES TERRITOIRES CONTROLES PAR LE MLC S'ASSOCIENT A LA DOULEUR DES HABITANTS DE KISANGANI

Le 17juin 2000, à la demande des autorités du MLC, les populations des territoires libérés ont participé en masse aux offices religieux célébrés à la mémoire de toutes les victimes du conflit et particulièrement les innocents tombés à Kisangani lors des récents événements au cours desquels des centaines de Congolais ont perdu la vie. Par ce geste, ainsi que la mise à disposition de 100 lits pour l'hôpital de référence de Kisangani, le MLC affiche une totale solidarité avec toutes les familles frappées par la guerre.

A ce titre, le Mouvement soutient les efforts de la MONUC en vue d'une cessation rapide des hostilités, du désengagement des troupes rwandaises et ougandaises de Kisangani et du retrait ordonné de toutes les troupes étrangères du territoire congolais. Le MLC a proposé au RCD une gestion commune de la ville de Kisangani qui devrait favoriser la mise en place d'une police bien encadrée et d'une administration publique efficace.

Le Mouvement appelle à l'organisation d'élections locales en vue de l'élection du gouverneur, de deux vice-gouverneurs, du maire de Kisangani et des membres de l'assemblée locale. Faute d'une solution politique congolaise, la troisième ville du pays risque d'être tôt ou tard l'enjeu de toutes les convoitises.

2. NOMINATION DES MEMBRES DU BUREAU DE LA REPRESENTATION DU MLC EN BELGIQUE ET D'UN CHARGE DE MISSION AU CABINET DU PRESIDENT.

Par l'acte O23/PrésJMLC/2000 du 17 juin 2000, le président Jean-Pierre Bemba a nommé monsieur ADRIEN DAMBANA en qualité de Chargé de Mission au sein de son cabinet. 

En vue d'assurer une représentation dynamique et efficace auprès de la communauté congolaise de Belgique et des autorités du royaume de Belgique, Jean-Pierre Bemba a procédé à la nomination des membres du bureau de la représentation du MLC en Belgique.

L'acte n° O24/Prés/MLC/2000 du 17 juin 2000 confirme les nominations de Jean-Luc NGOIE KAZADI en qualité de Représentant Adjoint. L'équipe du MLC en Belgique est composée de messieurs Vicky ALANGA, Secrétaire, Gérard TUMBA, Responsable de la Prospective, Thomas MANGARIBI, Conseiller chargé des questions politiques et institutionnelles, Barthelemy FUNGA FUNGA, Conseiller chargé des questions économiques et financières, Jean-Michel ANZWANZA, Conseiller chargé des questions stratégiques, et Georges OMEONGA, Guilain MUDILA KAIKO et Nick MINGABO, Conseillers.

3. MISSIONS HUMANITAIRES DES NATIONS-UNIES A GBADOLITE

Du 20 au 21 juin 2000, M. Charles Petrie, Senior Humanitarian Advisor, Coordinateur des agences humanitaires des Nations Unies pour l'Est du Congo, a effectué un séjour de deux jours à Gbadolite. Accompagné d'un représentant des bailleurs de fonds, M. Petrie a évoqué la situation humanitaire à Kisangani ainsi que les perspectives de développement des actions humanitaires dans les territoires administrés par le MLC.

Accueillie par le Secrétaire Général, Olivier Kamitatu, la délégation a été reçue par le Président Jean-Pierre Bemba qui a tenu à exprimer toute sa préoccupation concernant la situation humanitaire dramatique de Kisangani.
Dans le souci d'apaiser la population de Kisangani, Jean-Pierre Bemba a rappelé aux humanitaires la volonté affichée du MLC de respecter les accords de paix réaffirmés à Kampala le 8 avril dernier. Le MLC est disposé à totalement s'investir dans une solution négociée avec le RCD en vue d'assurer la paix et la tranquillité des habitants de Kisangani. Parmi les centaines de victimes et les milliers de blessés, un nombre important d'entre eux sont des sympathisants du MLC. 

Le Président Bemba a tenu à faire part à M. Petrie de toute sa détermination à trouver une solution politique globale dans le cadre des accords de Lusaka. Le président du MLC a également traduit à la délégation la demande insistante des populations de Banalia de pouvoir disposer du soutien et de l'assistance des humanitaires. Les milliers de réfugiés ayant quitté Kisangani en vue de trouver un hypothétique refuge à Banalia et sur la route de Buta ont accentué la situation humanitaire catastrophique des populations locales. 

Enfin, Jean-Pierre Bemba a une nouvelle fois reformulé aux humanitaires le souci des populations de l'Equateur victimes des bombardements meurtriers des troupes gouvernementales. Oubliées depuis le début du conflit, ces populations se sentent toujours abandonnées par les humanitaires qui disposent de moyens insuffisants pour faire face à l'immensité de leur tâche

4. DOMINIQUE KANKU ET VALENTIN SENGA A NEW-YORK.

Le Secrétaire National chargé des Relations Extérieures et Porte-Parole du MLC, Dominique Kanku, et le Secrétaire National chargé des Commissaires Politiques, Valentin Senga, représentant du Mouvement au sein de la Commission Militaire Mixte à Lusaka, composaient la délégation du MLC à New York.

A l'invitation du Conseil de Sécurité, présidé par la France, le Comité Politique de Lusaka qui regroupe toutes les parties en conflit s'est rendue au siège des Nations Unies en vue d'expliquer aux membres du conseil les évolutions récentes de la situation au Congo-Zaïre.

Les membres de la délégation du MLC ont pu développer précisément la position du MLC concernant les événements de Kisangani ainsi que les provocations répétées des autorités de Kinshasa à l'endroit du Mouvement. A cette occasion, le Secrétaire National chargé des Relations Extérieures a eu plusieurs contacts avec des responsables onusiens, des académiques ainsi que la presse internationale.

Lors d'une interview remarquée en direct sur CNN, Dominique Kanku a donné un exposé remarquable relevant la vision et les réalisations du Mouvement ainsi que la nature réelle des obstacles à une paix durable au Congo-Zaire.

5. DEUX PETITS PORTEURS PRIVES S'ECRASENT AU DECOLLAGE A AKETI

Le dimanche 18 juin 2000, un petit porteur affrété par une compagnie privée centrafricaine ayant à son bord 6 personnes s'est écrasé au décollage à Aketi. Deux passagers ont trouvé la mort dans cet accident. 

Le lundi 19 juin 2000, un second petit porteur dépêché à la rescousse des blessés s'est lui aussi écrasé au décollage. Ce second accident n'a occasionné aucune victime, Il s'avère que les deux crashes s'expliquent par la surcharge de poids des deux avions au décollage.

Des efforts ont été déployés par les autorités du MLC ainsi que des proches de victimes afin que les secours puissent rapidement se diriger vers Aketi/Province Orientale.

6. LES RENCONTRES NOCTURNES DU PRESIDENT KAGAME ET DE KABILA

A la suite de l'adoption de la résolution 1304 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Mouvement de Libération du Congo invite toutes les parties engagées dans les accords de Lusaka à s'investir réellement dans la poursuite du processus qui doit conduire au retrait de toutes les troupes étrangères et à la mise en place d'un nouvel ordre politique au
Congo-Zaïre. 

Le Mouvement de Libération du Congo déplore les manoeuvres du Rwanda et de monsieur Kabila, qui tous deux, refusent de s'engager dans le processus de paix de Lusaka. Il apparaît clairement aujourd'hui que le Rwanda est plus que jamais décidé à controler le Congo-Zaire tout en maintenant sa marionnette, monsieur Kabila, à la tête du pays. En reprenant le chemin de Kigali, monsieur Kabila s'est résolu au compromis de la honte en acceptant de vendre au Rwanda le Kivu et les mines de diamants du Kasaï en échange de son maintien au pouvoir. Il confirme ainsi son immense mépris à l'endroit du peuple congolais. Après les accords Lemera, l'arrangement d'Eldoret consacre un second bradage du territoire national par monsieur Kabila qui est prêt à tout pour sa survie et son maintien au pouvoir.

La lecture des événements tragiques de Kisangani au cours desquels plusieurs dizaines de Congolais ont perdu la vie doit se lire à travers le prisme du compromis Kabila-Kagame et de l'irréductible volonté des deux hommes de s'assurer pour leur compte le partage du Congo. Par ses multiples tentatives de jeter la responsabilité des événements de Kisangani sur l'Ouganda, le Rwanda masque difficilement ses ambitions territoriales sur le Congo-Zaïre. Le contrôle effectif de Kisangani par le Rwanda annonce en réalité une offensive des troupes rwandaise en direction de Buta, dans le Bas-Uele, et de Bumba, dans l'Equateur. 
Cette stratégie qui s'inscrit dans le cadre de la nouvelle alliance entre le Rwanda et le régime Kabila vise à tenir le MLC en tenaille. L'ultimatum des autorités de Kinshasa au MLC résulte du mariage d'intérêt entre les deux parties - Kinshasa et Kigali - qui n'ont d'autre intérêt que de poursuivre la guerre pour éviter la poursuite du processus de paix qui doit aboutir à l'installation d'un Etat de Droit et de la Démocratie au Congo.

" Le MLC se refusera toujours à brader l'intégrité territoriale du Congo-Zaïre et à hypothéquer l'unité du pays. Le Mouvement est décidé à s'investir totalement, sous la facilitation du président Masire, dans la réussite du Dialogue National, la seule voie indiquée vers la réconciliation nationale et une paix durable au Congo-Zaïre" . - Gbadolite,
le 19 juin 2000 Jean-Pierre BEMBA Président -

7. FERMETURE DU BUREAU DU FACILITATEUR MASIRE A KINSHASA : KABILA PERSISTE DANS LE REFUS DE LA PAIX.

Le Mouvement de Libération du Congo condamne énergiquement la fermeture, à Kinshasa, par la police de monsieur Kabila du Bureau du Facilitateur du Dialogue Intercongolais ainsi que l'expulsion de ses collaborateurs. Ce geste irresponsable confirme l'entetement criminel du dictateur congolais qui redoute la tenue d'un dialogue franc, sincère et constructif devant conduire à la réconciliation nationale et à la mise en place du nouvel ordre politique au Congo zaïre.

En rejetant le facilitateur du Dialogue Intercongolais, monsieur Kabila confirme son profond mépris et toute la désinvolture de son gouvernement à l'endroit du processus de paix de Lusaka. Le dictateur congolais jette un nouveau défi à la Communauté Internationale et, particulièrement aux Nations Unies dont la résolution n 1304 adoptée le 16juin 2000 constitue, particulièrement dans son point 9, un soutien affirmé au facilitateur et aux négociations politiques intercongolaises. 

Le MLC déplore le refus de Kabila de s'engager dans les Accords de Cessez-le-feu de Lusaka qui constituent la seule voie indiquée en vue d'une solution de paix au Congo-Zaïre. En optant délibérément pour la poursuite de la guerre, monsieur Kabila prolonge inutilement les souffrances de la population. Le dictateur congolais incarne désormais le principal obstacle à une solution de paix durable au Congo-Zaïre. Tout en réaffirmant son soutien aux accords de Lusaka et à la personne du facilitateur du Dialogue
Intercongolais, Ketumile Masire, le MLC demande, une fois de plus, à la Communauté Internationale de renforcer ses pressions sur le dictateur congolais afin de poursuivre le processus de Lusaka qui doit conduire à la paix et à la stabilité du Congo-Zaïre.

" Il est établi aujourd'hui que monsieur Kabila représente un frein majeur à la réconciliation nationale qui doit favoriser la mise en place des nouvelles institutions démocratiques et la tenue des élections générales qui permettront à tous les Congolais de choisir leurs dirigeants. Le MLC invite donc l'Organisation de l'Unité Africaine, les Nations Unies, et
l'ensemble de la Communauté Internationale, à tirer toutes les conséquences des provocations et du mépris affiché par monsieur Kabila à l'endroit du peuple congolais." - Gbadolite, le 21 juin 2000 Jean-Pierre BEMBA, Président. -

Gbadolite, le 22 Juin 2000

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