| C'est l'homme
dont on n'arrête de parler. Nous sommes inguérissables. Zairois,
Mobutu faisait les titres des journaux et était murmuré sur toutes
les lèvres. Congolais, c'est Kabila qui a pris non seulement le
fauteuil , mais la responsabilité de nos malheurs. Sur toutes les
lèvres. Et de plus en plus.
Bizima Karaha,
le Munyamulenge rebelle déclarait la semaine dernière à Lusaka, à
l'occasion de la bataille de Kisangani, que Kabila ne voulait pas la
paix , car la paix revenue, il se trouverait affaibli politiquement.
Déjà aveuglés par leurs alliances avec les diables rwandais et
ougandais, les rebelles ne sont pas à même de décrypter la triste
réalité pour tous les congolais des "zones sous contrôle
gouvernemental". Kabila a déjà perdu la guerre politique. Il a
rejoint Mobutu au Panthéon des dictateurs, de ceux dont on fêtera la
disparition.
Voilà un
homme qui a eu toutes les chances: il a ramassé un pouvoir en pleine
décrépitude; il aurait pu reconstruire du neuf sur les cendres de
l'ancien régime mobutien. Le peuple était prêt à le suivre dans
toute aventure de reconstruction, sacrifices en sus.
Comme par
miracle, les maux anciens s'étaient estompés: on ne volait plus, on
avait peur de corrompre, la monnaie se stabilisait. Mais comme
Hannibal, Kabila a su "vaincre mais pas profiter de la
victoire". Il s'est acharné à remodeler la société congolaise
à sa propre sauce, faite d'incompétence et de népotisme. Il a,
poussé par un fort instinct, toujours fait les mauvais choix de
politique, le
mauvais choix des hommes, le mauvais choix de l'heure...
Quel gâchis.
Mon intention
n'est pas de critiquer cet homme malheureux et porteur de malheur. Il
faut l'appeler par son nom: c'est un incompétent qui étale chaque
jour les limites de ses potions magiques qu'il essaie d'administrer au
pays en agonie. Et tout ce qu'il fait,plutôt que de soulager le grand
malade, il en aggrave l'état...
Réfléchissez,
c'est la réalité. La triste. La vraie. Kabila est notre Mobutu des
années sombres.
Parlant des
guerres africaines et des responsabilités des dirigeants politiques,
l'éditorialiste de Jeune Afrique terminait sur ce dicton "
l'ambition dont on n'a pas la compétence est un crime..."
Voilà qui
est très bien dit et qui s'applique à notre actuel Chef de l'Etat.
Autoproclamé. Donc, nous le peuple, nous n'avons aucune
responsabilité pour avoir choisi un mauvais chef... Comme le chasser
du pouvoir nous coûte déjà très cher, le moindre malheur serait
que Mr Kabila demande pardon au peuple pour avoir , peut-être,
entamé un ouvrage au-delà de ses forces et au-delà de ses
compétences.
Mais si , un
jour, il s'avérait que Kabila a tiré profit personnel de cette
aventure ou en a retribué des proches, alors il serait un véritable
criminel.
Martin
Mbuyi
RDC |