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A Kabila: " l'ambition dont on n'a pas la compétence est un crime..."

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Martin Mbuyi

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C'est l'homme dont on n'arrête de parler. Nous sommes inguérissables. Zairois, Mobutu faisait les titres des journaux et était murmuré sur toutes les lèvres. Congolais, c'est Kabila qui a pris non seulement le fauteuil , mais la responsabilité de nos malheurs. Sur toutes les lèvres. Et de plus en plus.

Bizima Karaha, le Munyamulenge rebelle déclarait la semaine dernière à Lusaka, à l'occasion de la bataille de Kisangani, que Kabila ne voulait pas la paix , car la paix revenue, il se trouverait affaibli politiquement. Déjà aveuglés par leurs alliances avec les diables rwandais et ougandais, les rebelles ne sont pas à même de décrypter la triste réalité pour tous les congolais des "zones sous contrôle gouvernemental". Kabila a déjà perdu la guerre politique. Il a rejoint Mobutu au Panthéon des dictateurs, de ceux dont on fêtera la disparition.

Voilà un homme qui a eu toutes les chances: il a ramassé un pouvoir en pleine décrépitude; il aurait pu reconstruire du neuf sur les cendres de l'ancien régime mobutien. Le peuple était prêt à le suivre dans toute aventure de reconstruction, sacrifices en sus.

Comme par miracle, les maux anciens s'étaient estompés: on ne volait plus, on avait peur de corrompre, la monnaie se stabilisait. Mais comme Hannibal, Kabila a su "vaincre mais pas profiter de la victoire". Il s'est acharné à remodeler la société congolaise à sa propre sauce, faite d'incompétence et de népotisme. Il a, poussé par un fort instinct, toujours fait les mauvais choix de politique, le mauvais choix des hommes, le mauvais choix de l'heure...

Quel gâchis.

Mon intention n'est pas de critiquer cet homme malheureux et porteur de malheur. Il faut l'appeler par son nom: c'est un incompétent qui étale chaque jour les limites de ses potions magiques qu'il essaie d'administrer au pays en agonie. Et tout ce qu'il fait,plutôt que de soulager le grand malade, il en aggrave l'état...

Réfléchissez, c'est la réalité. La triste. La vraie. Kabila est notre Mobutu des années sombres.

Parlant des guerres africaines et des responsabilités des dirigeants politiques, l'éditorialiste de Jeune Afrique terminait sur ce dicton " l'ambition dont on n'a pas la compétence est un crime..."

Voilà qui est très bien dit et qui s'applique à notre actuel Chef de l'Etat. Autoproclamé. Donc, nous le peuple, nous n'avons aucune responsabilité pour avoir choisi un mauvais chef... Comme le chasser du pouvoir nous coûte déjà très cher, le moindre malheur serait que Mr Kabila demande pardon au peuple pour avoir , peut-être, entamé un ouvrage au-delà de ses forces et au-delà de ses compétences.

Mais si , un jour, il s'avérait que Kabila a tiré profit personnel de cette aventure ou en a retribué des proches, alors il serait un véritable criminel.

Martin Mbuyi

RDC

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