Mr. Jeff: je tire la conclusion |
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Clement Malou |
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Mr. Jeff,
Selon votre analyse, il n'existe pas de probleme de nationalité qui soit motif de soulever un peuple ou une partie de celle contre
les autres peuples avec lesquels il partage la vie quotidienne.
Ayant balayé d'un geste de mains le problème de nationalité de Banyamulenge
après l'independance, on peut entendre que la CNS s'était payé le lux de
créer un problème qui existait seulement dans l'imagination des conferenciers.
Dès lors, les Rwandais et burundais venus au Congo après 1960 n'ont pas la nationalité
congolaise. Le problème reste de savoir qui sont-ils?
Les accords de Lusaka n'ont pas resolu ni reconnu la nationalité congolaise Banyamulenge.
A mon avis, je ne vois aucun texte qui definit cela de la manière que vous l'entendez (à
moins que repetiez les dires des certains politiciens). Selon ceux-ci, le fait d'avoir accepter
de negocier avec le RCD dont l'une des revendications etait la eventuelle
disparution des Banyamulenge, LUSAKA a reconnu en ces derniers la nationalité congolaise. S'il
est logique de penser de cette manière, il est aussi logique que quelle que soit le niveau
ou setrouveraient les accords de Lusaka sur le cas de Banyamulenge, cela
devra être ratifié par les institutions de la République democratique du Congo. Pour cela, il nous faut
des institutions qui revetent d'une large legitimité. L'unique manière est
de faire participer le peuple a la designation de ses representants aux dites-institutions.
Malheureusement, ce n'est ni le voeux immediat de nos acteurs politiques. Certains parlent d'un
Etat de droit, mais ne reconnaissent pas au peuple le droit de participer
a construire cet Etat de droit.
Par contre, je considère que le problème Banyamulenge existe bel et bien, malgré votre
obsession a l'ignorer. Car ignorer un problème ne le fait pas disparaître
d'un coup de pouce. Il y a eu plusieurs vagues de migration, même sous la présidence de Kasa
Vubu. S'il a existé des legislations en cette matière, notamment les arrêtés de 1975 quand Mobutu n'était pas
menacé dans son pouvoir, c'est parce qu'il existait un problème. Je n'ignore pas l'habilité
de Mr. Bisengamana a faire octroyer à tous les siens la nationalité congolaise. Le reconnaitre est une expression d'un courage
qui nous permettra de l'aborder avec beaucoup de tact. C'est quand on l'ignore et que l'on
veut l'effacer d'un tour de mains que l'on defend ni les banyamulenge d'avant 1960, encore
moins les autres peuples qui vivent au Kivu.
En plus, dans vos differentes interventions, qui ont l'aire d'un requisitoire envers votre Condamné qui est
l'actuel Président, vous ne vous interessez pas au sort des refugiés Rwandais, que la communauté internationale nous a imposé en 1994 et qu'elle
avait abandonné a leur propre sort. Il est plus facile d'accuser le manque
de vigilance de la part des hommes de Mobutu, mais il serait interessant de se demander
s'il n'avait pas une certaine complicité hors des territoires du Zaire d'alors. Voici pourquoi,
le doight accusateur porté a l'endroit de l'actuel gouvernement, peut aussi être
pointé en direction de ceux qui avaient dans le passé assumaient des responsabilités a des differents echelons. Vous conviendrez avec moi, que peut-être, le fait que votre
actuel condamné a été très prudent en ne voulant pas exiger des comptes a ceux qui étaient venus avec lui. Mais que les differents discours teintés
d'extremisme a l'endroit de ces mêmes personnes de la part de la classe politique, n'ont pas non
plus facilité les choses.
Quand au probleme de double nationalité, mon opinion est qu'il est logique que les gens puissent avoir la double
nationalité. Mais qu'elles respectent les lois des pays ou ils resident. Si par exemple, le parlement votait
que pour être elu à un certain echelon de la politique il faut la nationalité congolaise, que ceux qui ont la double
nationalité la respecte. Je te rappelle que même Tshisekedi s'est rencontré avec le problème
de nationalité dans son cabinet, en la personne de Kirharahumu qui était contesté dans les milieux du Kivu. Donc,
ce n'est pas la première fois que ce problème se pose.
Enfin, je me demande si quand vous condamnez la division de nos politiciens, vous le dites en âme
et conscience ou bien par oubli? Comment esperez-vous en finir avec la division si vous avez dejá classifié
des gens en DES BONS, ceux qui adoptent vos positions et DES MUVAIS, ceux qui s'opposent à votre
façon de voir. En plus, ou avez-vous vu des gens aller a une table de negociation avec
la firme conviction qu'ils sont les seuls detenteurs de la verité?
Il ne me reste plus qu'à constater que:
1) Pour vous le probleme BANYAMULENGE n'existe pas, donc pas de strategie
a mettre en place puisque il n'y a pas de probleme.
2) Que Lusaka est la solution ( mais solution à quoi);
3) Tous les malheurs c'est MOBUTU, c'est KABILA; donc tu declares que les
RCDs, les Rwandais, les Ougandais, n'ont aucune responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui
au Congo. Ce qui correspond a une absolution comme du temps des Peres confessionnaires. En droit, cela signifie
que les pertes occasionnées pendant ces guerres doivent être a charge du Congo. (Remarquez que cette fois-la
on ne parlera pas de Kabila, mais de Congo, comme on parle de la dette du Congo et non de Mobutu. Matière a reflexion...)
4)Tous ceux qui ne pensent pas comme vous ne pensent pas du tout, parce qu'ils sont AUTOMATIQUEMENT
du côté du pouvoir.
Et voila!
Clement Malou |
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