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Monsieur Jeff Mbombo

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Clement Malou

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A Mr. Jeff Mbombo,

Dans le respect de ce qu'on peut appeler "la liberté d'opinion", permettez que je vous dise que vous refusez systematiquement d'affronter les questions reelles du conflit dans les grands avec un peu de "bon sens".

Vous confondez tellement les choses que l'on a du mal a vous suivre dans vos raisonnements.
Dans une des vos interventions a propos de la reaction que vous pouviez adopter si "quelqu'un entrait chez vous et violer femme et enfants", vous aviez repondu comme si vous viviez sur une planete differente de la terre. Les critiques que nous faisons aux differents acteurs politiques supposent aussi une certaine responsabilité de notre part. 

Vous affirmez que les refugiés Rwandais n'ont pas posé des problèmes au Congo. Mais vous soutenez que ce sont les milices Randaises qui posent problème. Remontant pas plus loin qu'en 1994, c'est la communauté internationale qui controlait les camps de refugiés et a ce moment-là, il y avait dejá des problemes. Lesquels problèmes sont anterieurs a l'actuel gouvernement. En plus, on ne savait pas distinguer qui est "milicien" et qui ne l'est pas. Ceux qui avaient abordé ce problème dans certaines instances, savent ce que cela supposait à l'époque. En plus de ce probleme de securité, il y eut des tensions entre les autochtones et les refugiés (ce que vous ignorez dans vos analyses).
La convivence etait rendue difficile par cet afflux des refugiés au milieu d'une population qui n'était pas préparée a recevoir autant de personnes à la fois. Je ne dis pas que de l'hypocrisie que ne pas reconnaitre cela, mais cela m'etonne que celui qui simplifie tant les realités vecues puisse facilement avoir une vision realiste des solutions a des problèmes qui se posent et qui se poseront dans l'avenir. La grande discussion sur la nationalité au HCR-PT n'etait-ce pas a la base des conflits que les differents mouvements des refugiés et inmigrés avaient provoqué dans le Kivu? Pourquoi les dernières elections legislatives et municipales de 1986, ont été annulées dans certaines zones du Kivu? Retenez une chose Mr. Mbombo, lorsque vous ecrivez, faites un effort pour rester dans les faits sont on parle. Votre interpretation peut venir après. 

En vous suivant, peut-on conclure que les milices Rwandaises cohabitent avec les forces armées Rwandaises dans le même espace temporel et geographique. Mais les forces armées Rwandaises n'arrivent pas a les deloger. Vous qui connaissez bien ces milices et qui semblaient aussi dominer certains paramètres, pourquoi les affectés par ces milices n'ont pas voulu resoudre ce problème par les voies du droit international?

Mr. Jeff Mbombo, j'aurai pu m'attarder davantage sur les differents aspects de cette question, mais je me suis rendu compte que nous avions echangé vous et moi sur la question et que votre habilité à esquiver les paramètres reels des problèmes, comme c'est le cas maintenant ou vous pretendez que les refugiés n'ont pas posé des problèmes, m'empeche de vous considerer comme un interlocutaire responsable. Même les simples
emigrés posent des problêmes nouveaux dans les pays qui les recoivent, et a fortiori une arrivée massive, et cela en peu de temps.

Pour terminer Mr. Jeff Mbombo, la situation de notre pays me preoccupe. Les politiciens nous ont pris en otage avec chacun sa vision du pays. Je dis bien les politiciens, je n'ai pas un seul politicien. Nous nous trouvons dans un etau ou les interets des uns et des autres nous empechent de sortir tete haute. Pendant ce temps la misere ne fait qu'augmenter.
Que de temps perdu avec tous ces discours de bonne intention.
Pour arracher une parcelle de pouvoir (ou le conserver pour ceux qui l'ont), ils sont capables de tout. Ajouter à cela les analystes intentionnés qui refusent de regarder la realité de la situation, en UN MOT COMME EN MILLE: NOUS SOMMES PERDUS.

PERDUS, PERDUS, Mr. Mbombo, dans un monde ou ce qui compte ce sont les interets et les interets seulement.

Comme la derniere fois, lorsque vous aurez l'amabilité de rechercher des solutions et non de vous limiter a l'etape des accusations sans des propositions, peut-etre nous pourrons discuter. Puis-je vous rappeler que pour dialoguer il faut qu'il y ait au moins deux, sinon c'est un monologue.

Merci!

Clement Malou
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