| Un professeur de
droit congolais exprime ainsi son indignation à propos de ce qu'on
appelle déjà l' "affaire Yerodia".
"Qu'on
se le dise, Yerodia inculpé, c'est la vérité contrefaite avec une
parodie de justice. Ceci venant de la Belgique tombe très mal, car
c'est la Belgique précisément qui envisage de financer la
reconstruction de la justice congolaise. Avec cette affaire, le
maître belge ne saurait plus faire la leçon.
"
L'accusation avait été menée en 1998 par une femme Tutsi mariée à
un belge. Ce couple n'a jamais eu de liens matériels ou familiaux
avec la guerre de Kinshasa. Sa motivation provenait d'un opportunisme
à faire arrêter Yerodia à Bruxelles. Le dossier semble vide de
faits incriminés, mais il est plein de répercussions diplomatiques.
Toute la guerre congolaise se joue davantage sur l'image des
intervenants: les rescapés du génocide de 1994 qui déclarent leurs
craintes à en payer à nouveau le prix et les "bouffons" de
l'entourage de Kabila.
" La
manipulation de la justice belge est évidente... On nous rabat les
oreilles sur la séparation des pouvoirs et l'indépendance des juges.
Mais des magistrats zélés, endoctrinés et manipulés, cela
existe... Les plaignants bénéficient d'un puissant lobby racial qui
les autorise à étaler sans vergogne leur supériorité de taille,
leurs succès militaires au Congo et les plaies de 1994. Ils se sont
accaparé de l'immunité absolue pour leurs propres crimes et de la
crédibilité de toutes leurs récriminations et fantasmes..."
" Les
congolais devraient réagir en faisant circuler une pétition
internationale et récolter des millions de signatures en faveur de
Yerodia et à transmettre au Parquet belge.
" Des
enquêtes devraient également être menées sur la personnalité du
magistrat belge. La ficelle est trop grossière et sent l'entourloupe.
Ce monsieur pourrait bien réunir les conditions d'être récusé, ce
qui permettrait de relancer l'instruction dans des conditions
objectives. On l'a vu dans le dossier Pinochet: les groupes de
défense de "droits humains" joient à l'embrigadement de
hauts magistrats sympathisants.
" Enfin,
la justice congolaise elle-même devrait prendre les devants et se
saisir du cas et décider de l'instruire et de juger Yerodia au
Congo-même. Le mandat d'arrêt international n'aurait plus de raison
d'être, si Yerodia est, pour les besoins de la cause, inculpé des
mêmes faits au Congo-même, lieu hautement privilégié pour une
enquête sérieuse . Ceci obligerait le magistrat belge à venir à
Kinshasa avec "les preuves accablantes" ; la femme Tutsi et
son mari feraient aussi le voyage du Congo. La Cour Suprême de
Justice congolaise examinerait et trancherait le cas, une fois pour
toutes.
" De son
côté Yerodia porterait plainte pour dénonciation calomnieuse et
incitation à la haine raciale".
Propos
recueillis par
Jean
Kyalwe |