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RDC: Yerodia coupable d'incitation au génocide? Et nos millions de morts de cette guerre imposée?

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Jacques Kitenge

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L'affaire Yerodia,le turbulent ministre congolais des affaires étrangères, est proprement scandaleuse.

Rappelons le contexte en trois volets.

Les responsables du sentiment anti-Tutsi , à Kinshasa

Jusqu'à l'éclatement de la guerre de 1998, le régime de Kabila était accusé d'être pro-Tutsis. Tshisekedi, Olengankoy et consorts menaient depuis 1996 une véritable campagne d'incitation à la haine raciale. Il faut le rappeler ici, la chasse aux Tutsis de Kinshasa avait eu lieu en 1996 et du haut du podium du Parlement de Transition. Ils ont inventé les "zairwas", les gens à la "nationalité douteuse".

Dès le début, Thisekedi avait rejeté le régime Kabila parce qu'il comptait des "étrangers". Les journaux de l'opposition excellaient en caricatures "racistes" et anti-tutsis, poussant les lecteurs à éclater de rire à cause de leurs intonations vocales. C'était odieux.

Lorsque la commission constitutionnelle de 1998 avait, dans son premier jet, projetté d'accorder plus largement la nationalité aux ressortissants des familles installées avant 1960 , au lieu de 1885, l'opposition à Kabila et leurs journaux avaient crié à la "trahison".

La manipulation médiatique a été telle que dans les chancelleries occidentales, on reprochait à Kabila d'avoir refusé d'accorder la nationalité aux Banyamulenge. Mais il l'avait fait. Suite à la guerre, Kabila est revenu à 1885.

Cette même "culture raciste" a été remise à jour, à l'occasion des Concertations Nationales. Il a été proposé d'éloigner du gouvernement les "personnes à nationalité douteuse" ou n'étant "pas congolais de père et de mère". Cette proposition visait particulièrement Yerodia qui est de père Sénégalais et de mère Kongo.

Et c'est cette personne victime de l'exclusion "raciste" congolaise que le lobby Tutsi extirpe du lot comme "le boucher des Tutsis"?

2. - L'invasion par les Tutsis les identifiait comme "ennemis à combattre" à Kinshasa

En août 1998, Kinshasa apprend avec torpeur que le Rwanda a établi un pont aérien pour investir la base militaire de Kitona, à 2000 km, et de là progresser par Boma, Matadi et capturer la capitale. Le Rwanda nie la présence de ses troupes: les envahisseurs sont des guerriers Tutsis Banyamulenge, désormais identifiés comme "ennemis".

Yerodia, alors directeur de cabinet de Kabila, passe à la télévision et ne cache pas la rage que nous partagions tous. Il exhorte la population à défendre le territoire national et à "écraser l'ennemi".

Ce faisant, le héraut de la "résistance armée" contre l'envahisseur venu de loin, ne prolongeait pas le discours racial et raciste des Tshisekedi, Olenga Nkoy et consorts. Davantage, son discours de rage ne pouvait être assimilé à la propagande de "radio mille collines", elle-même résultant d'un plan de génocide décidé par l'élite politique hutue. Il n' y a jamais eu de plan d'exterminer qui que ce soit et les gens de Kabila passaient pour des "amis" des Tutsis.

L'amalgame ne résiste pas à l'analyse.

3- La plainte comme nouvelle arme de guerre

En décembre 1998, Kabila fait une tournée européenne en pestiféré: Rome, Bruxelles et Paris. Les Tutsis se mobilisent et déposent des plaintes pour "génocide". On s'attend à ce que les parquets belge et français interpellent le dirigeant d'un Congo en guerre et ses proches collaborateurs. Pinochet venait d'être inculpé à Londres. Kabila et Yerodia ne feraient pas le poids. Mais ils n'ont pas été inquiétés.

A cette époque, le Rwanda niait fermement toute implication dans la guerre congolaise. Et les plaintes pour génocide étaient une prolongation de la guerre sur le terrain médiatique.

4. Mais les choses ont changé depuis 1998

Le Rwanda a fini par avouer , au point de s'en vanter, son entreprise militaire et mercantile.

On découvre que Kagame a commandité l'abattage de l'avion de Habyarimana et la mort de deux chefs d'Etat ( le rwandais et le burundais) et allumé la mèche de la poudrière génocidaire.

L'équité commande la reprise de l'enquête sur le génocide des Hutus en 1996 et1997 dans les forêts congolaises.

La rébellion de 1998 se vantait d'être le soulèvement des Tutsis Banyamulenge. Dans le Kivu? D'accord. Mais à 2000 km et aux portes de Kinshasa était inacceptable. Par quels termes "soft" devait-on qualifier cette guerre qui n'a jamais été recherchée et dont nous continuons à payer le plus fort prix, dans nos ventres affamés, nos familles décimées et séparées?

Une étude récente évalue à près d'un million de morts directs ou indirects de cette guerre, et uniquement dans les territoires occupés?

Qui donc doit répondre de ce million de morts congolaises?

Je n'ai pas de sympathie particulière pour Yerodia .

Il paye le prix de ses propres turpitudes: en bon diplomate, il aurait, depuis deux années, capitalisé une bonne image internationale de lui-même et du Pays et ne pas servir de prétexte "néocolonialiste" pour plaire aux Tutsis et se trouver victime d'une machination qui remue dans nos âmes de "populations occupées" la douleur des humiliations et fera germer de véritables haines.

Qu'on condamne Yerodia, et l'on gagnera une génération de haine viscérale anti-Tutsi.

Allez-y messieurs les Belges, les congolais victimes n'existent pas.

Jacques Kitenge,

RDC

Qui en a donc besoin? Personne, sauf peut-être la fierté d'appartenir à une race supérieure. Et dans kles Grands lacs, il n' y a plus qu'une race qui a droit d'exister?

On doit arrêter cette marche infernale.

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