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Communiqué du RCD

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Prof. Kin-kiey Mulumba

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Goma, 31 juillet 2000
Le RCD reste serein face aux multiples "initiatives" de M. Kabila

Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, est plus que jamais décidé d'aller dans la direction de la paix au Congo et dans la région des Grands lacs africains en dépit du blocage désormais total érigé sur cette voie par M. Kabila et son régime.

"Rien ne peut nous empêcher d'aller vers la paix qui tient à coeur les Congolais de tous bords, ceux de Kinshasa, de Gbado-Lité, de Goma, de Bunia comme ceux de la diasporaª, a déclaré fin juillet le porte-parole du Mouvement, le professeur Kin-kiey Mulumba, sur les ondes de la RTNC, la Radio-télévision nationale congolaise, station de Kisangani, à l'issue d'un séjour de trois semaines à Kisangani, la capitale de la Province Orientale.

La veille du retour à Goma, siège du RCD, la délégation, conduite par le 1er Vice-Président du Mouvement et Chef du Haut-Commandement militaire de l'Armée Nationale Congolaise-RCD, le commandant Jean-Pierre Ondekane avait tenu jeudi 27 juillet un meeting populaire sur la Place de la Poste à Kisangani à l'occasion de la présentation et de la prestation de serment des nouveaux responsables politico-administratifs de la province Orientale. La journée était décrétée chômée et payée.

A l'issue des consultations populaires auxquelles ont pris part toutes les catégories socio-professionnelles de la province, notamment la société civile, les Eglises particulièrement l'Eglise catholique, musulmane, protestante et celle du Réveil, la Fédération des Entreprises du Congo, les milieux étudiants et féminins, MM. Justin Yogba et Dechuvi Gz'Kprakr et un professeur de sociologie à l'Unikis (Université de Kisangani) Bilusa Baila Boiangoli ont été nommés respectivement gouverneur de province, Vice-gouverneur en charge des Finances et Vice-gouverneur en charge de l'Administration par une décision n*001/Route/2000 du 20 juillet 2000 signée par le Commandant Jean-Pierre Ondekane au nom du président du RCD.

MM. Yogba, Gz'Kprakr et Boiangoli remplacent respectivement Théo Amisi Baruti, le Dr Lola et l'ancien journaliste à la station provinciale de la RTNC, M. Abibu appelés à d'autres fonctions au siège du Mouvement.

De même, un arrêté départemental signé le 19 juillet 2000 désignait un nouveau maire à la tête de la ville de Kisangani. Il s'agit de M. Willy Tshoko Lisungi qui sera secondé par MM. Bopenda Bona (Economie et Finances) et Pierre Bakoy (Administration.)

Les six communes de Kisangani ont vu également, du moins, pour l'essentiel, leurs responsables changer.
Ces changements étaient réclamés par la population de Kisangani elle-même après les affrontements meurtriers intolérables que venait de connaître la ville au mois de mai dernier.
Ils ont été salués par la population réunie à la Place de la Poste.

Le meeting a rassemblé 10.000 personnes notamment les agents et fonctionnaires de l'administration publique, les travailleurs des principales entreprises de Kisangani, les femmes commerçantes habillées pour la circonstance du pagne imprimé local de la Sotexki, l'une des principales entreprises congolaises du tissu imprimé, les pêcheurs Wagenia brandissant leurs pagaies et surtout les "tolékistesª, transporteurs de bicyclette, le moyen de déplacement le plus courant de Kisangani imaginé par l'ancien gouverneur mobutiste Lombeya.

Le clou du meeting a été le discours prononcé par le commandant Ondekane qui réitéra sa compassion à la ville-martyre tout en l'invitant à tourner le regard vers l'avenir. "Ce qui s'est passé à Kisangani est immonde mais laissons à l'histoire le soin de porter son jugement. Aujourd'hui, il ne s'agira pas de rechercher les responsabilités. Tous ceux qui n'ont pas pu éviter ces crimes portent une part de responsabilité. Tout en ayant une pensée à ceux qui sont tombés, ayons tous le regard tourné vers l'avenir. Donnons-nous les uns et les autres la main et disons ensemble : plus jamais ça. Que les nouvelles autorités ouvrent très grandes portes et fenêtres de leurs bureaux, que l'air pénètre dans tous les sens et qu'ils soient plus que jamais à l'écoute des habitantsª, a déclaré le commandant Ondekane sous les vivats frénétiques.

Dans son interview à la RTNC-Kisangani, le porte-parole du RCD a poursuivi que "M. Kabila a fait désormais passer ses menaces dans la phase active en attaquant sur tous les fronts : militaire, avec le grand feu mis dans la province de l'Equateur avec des bombardements intensifs et incessants des populations congolaises depuis des navires à bord desquels ont été dressés toutes les armes, notamment des missiles balistiques du type de ceux utilisés par l'armée ougandaise à Kisangani et qui tuent massivement et aveuglément et provoquent l'exode des populations ; politique avec la nomination d'un Parlement, en dehors de tout bon sens, composé d'hommes et de femmes à sa solde notamment l'une de ses épouses, la chanteuse Tshala Mwana ; diplomatique avec le mauvais sort réservé à l'Accord de Lusaka, à la Mission d'observateurs des Nations-Unies, la MONUC et au dialogue politique inter-congolais.ª

Le professeur Kin-kiey a expliqué que "Kabila est désormais le danger majeur à la paix au Congo et dans la sous-région africaine des Grands lacs. On le savait déjà mais c'est désormais plus clair. Après la mise en accusation de son ministre des Affaires étrangères qui ne peut plus se déplacer à l'étranger sans être mis aux arrêts par Interpol qui le rendra à la Justice belge, le régime de Kinshasa sait que ce n'est qu'un début. Cinq autres barons du régime dont Gaétan Kakudji, Mwenze Kongolo, Didier Mumengi, Dominique Sakombi Inongo se trouvent dans l'oeil du cyclope, avec Kabila lui-même en tête. Le régime joue le tout pour le tout et pense, à tort, que son salut se trouve dans une solution militaire. Le RCD reste serein. Nos positions défensives, pour l'instant, sont relativement calmes. Mais nos forces ont été mises en état d'alerte maximum. Malgré ses nouvelles acquisitions, Kabila connaît parfaitement notre capacité de riposte. Cependant, il faut appeler la Communauté internationale à arrêter la folie meurtrière du régime de Kinshasa en aidant notre pays à se remettre sur la voie de la paix et de la démocratie par le dialogue inter-congolais prévu par l'Accord de Lusaka.ª

Mort du gouverneur du Nord-Kivu Léonard Kanyamuhanga Kafudi 

Le gouverneur du Nord-Kivu, Léonard Kanyamuhanga Kafudi, est mort le 31 juillet dans un hôpital de Bujumbura, au Burundi, où il venait d'être admis. "La mort est intervenue à 16 heures locales. Le corps sera rapatrié le 1er août à Gomaª, a annoncé le chef du Département de l'Administration du Territoire, de la Mobilisation, Propagande, Sports et Loisirs, Me Joseph Mudumbi. 

Le gouverneur Kanyamuhanga souffrait d'un cancer de la gorge et avait depuis plusieurs mois sensiblement réduit ses activités officielles.

Depuis quelques semaines cependant, il avait semblé avoir récupéré et avait repris prudemment ses apparitions publiques.

Très populaire auprès de toutes les ethnies de sa province, notamment à Goma, ce gouverneur tutsi congolais avait fait deux récentes apparitions publiques qui resteront gravées dans la mémoire des Gomatraciens. Il s'agit d'une gigantesque marche de protestation qu'il organisa à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et siège du mouvement insurrectionnel anti-Kabila, contre l'armée ougandaise, bien avant la "guerre des six joursª à Kisangani qui mit aux prises les contingents ougandais et rwandais en R-dCongo et qui se solda par la victoire de ce dernier aux côtés duquel se battaient les forces de l'ANC- RCD. Il s'agit aussi du défilé géant du 30-juin qu'il organisa à Rutshuru, lors de la dernière fête de l'Indépendance du pays. 

L'armée ougandaise était aussi accusée d'avoir dépecé la province du Nord-Kivu et soustrait sa riche partie nord Beni-Butembo, frontalière à l'Ouganda annexée à la partie de la province Orientale cédée à la faction du RCD-ML dirigée par le professeur Ernest Wamba dia Wamba proche du régime de Kampala.

Le président du RCD, le Dr Emile Ilunga Kalambo qui se trouvait depuis une semaine à
Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu en mission d'inspection, a interrompu son séjour dès qu'il a appris la nouvelle pour regagner Goma où doivent se dérouler mercredi 1er août des obsèques officielles.

Le frère cadet du gouverneur de province du Sud-Kivu périt dans une embuscade tendue par des Interahamwe

Manegabe Kantintima, frère cadet du gouverneur du Sud-Kivu, Norbert Basengezi Kantintima a été tué le 30 juillet par un groupe d'anciens miliciens rwandais Interahamwe responsables du génocide rwandais alors qu'il se rendait à Kariba, village natal du gouverneur situé à 60 km de Bukavu. 

Au volant d'un véhicule, il a vu surgir à la localité de Nyanguze un groupe d'Interahamwe qui ont immédiatement ouvert le feu en sa direction et l'ont atteint mortellement. L'homme a cependant réussi à descendre du véhicule où ses assaillants l'ont poursuivi et achevé à coup de poignards, ont raconté des témoins.

Deux autres passagers du véhicule, un homme et une femme, blessés dans l'embuscade, ont été admis dans un hôpital. 

Le RCD a pris part en Afrique du Sud aux obsèques du général Célestin Ilunga Shamanga 

Une délégation officielle du Rassemblement Congolais pour la Démocratie a pris part en Afrique du Sud aux obsèques du général Célestin Ilunga Shamanga, mort le 15 juin à Johannesburg, en Afrique du Sud, alors qu'il y arrivait en séjour familial. Le général, dernier ministre de l'Intérieur et de la Sécurité du régime Mobutu, avait rejoint le mouvement insurrectionnel anti-Kabila un an après son déclenchement et se vit confier au Comité Exécutif la charge des Opérations militaires avant d'être appelé à la tête de la province du Kasaï avec résidence à Lusambo. 

Très volontaire, cet ancien élève de la très réputée école militaire de St-Cyr, en France fut très apprécié au sein du RCD. 

Il fut compagnon de route du général Dieudonné Mahele Lieko Bokungu, ministre de la Défense et chef d'Etat major général des ex-FAZ, tué à Kinshasa dans la nuit du 16 au 17 mai 1997 ayant précédé la prise de la ville par les forces alliées de Kabila,

La mort du général Ilunga est intervenue dès son arrivée en Afrique du Sud où résidaient sa femme et ses enfants depuis leur départ en exil.

Le général Ilunga arrivait directement en provenance du Kasaï. Sa mort fut annoncée avec émotion à Goma par le professeur Kin-kiey Mulumba, porte-parole du RCD, peu de temps après que la famille eût donné la nouvelle.

Une forte délégation fut alors constituée pour représenter le RCD aux obsèques dans laquelle on comptait les chefs des Départements de l'Administration du Territoire, Me Joseph Mudumbi, des Relations Extérieures, Dr Adolphe Onosumba qui fut l'un de ses adjoints au Kasaï, de la Sécurité et Renseignements, Dr Bizima Karaha mais aussi le chef
d'Etat- major général de l'Armée Nationale Congolaise-RCD, le commandant Ilondo Efondo Hugo Ibos.

Dans l'une de ses dernières déclarations publiées par "le Soft Internationalª, le général Ilunga disait toute sa foi en l'action entreprise par les Congolais dans leur pays. Sur "l'émiettementª, du mouvement insurrectionnel anti-Kabila, il excluait l'intervention de l'armée.

"Pourquoi toujours envisager des cas extrêmes et vouloir toujours donner un rôle peu amène à l'armée ?
Pourquoi celle-ci ne jouerait-elle pas le rôle qui consiste à rassembler les protagonistes ? Pourquoi n'entreprendrait-elle pas une action pour rapprocher deux camps antagonistes en vue de les amener à dépasser leurs différences et sauver l'essentiel?ª Il se déclarait être "un chaud partisan de l'union de toutes les forces qui combattent la dictature de Kabila. En unissant nos moyens, nous allons accélerer la chute du dictateur et entamer plus vite la
restauration de l'Etat de droit et la reconstruction du paysª ("le Soft Internationalª, n*760, 4 février 2000.)

A Kisangani, les journalistes congolais réunis en Séminaire-atelier s'engagent à mieux servir leur métierÖ en "vrais professionnelsª

Pendant quatre jours, du 18 au 22 juillet, en marge de la Journée nationale de la Presse, soixante journalistes congolais, du secteur public comme du secteur privé, de la presse écrite comme de la presse audio-visuelle, de Goma mais aussi de Bukavu et surtout de Kisangani, ont pris au siège de la FEC, la Fédération des Entreprises du Congo, l'engagement de servir leur métier, rien que leur métier. Estimant que certains d'entre eux ont failli au code d'honneur professionnel et portent une part de responsabilité dans les affrontements meurtriers de Kisangani, ils ont lancé un appel pressant au pouvoir d'Etat de les aider afin qu'ils soient plus performants dans leur métier, en réactivant l'UPC, Union de la Presse Congolaise tombée en léthargie depuis dix ans.
"Jamais, ont-ils reconnu, la corporation ne s'était réunie depuis dix ans.ª Ils ont ainsi salué "l'appui moral et matérielª que leur a apporté le Département de la Communication et de la Culture du Rassemblement Congolais pour la Démocratie lors de ce séminaire-atelier qui avait pour thème "l'avenir de la presse au Congo démocratique.ª

Dans ses "attendusª, le Séminaire note entre autres "l'ignorance et le non-respect par le journaliste des textes de lois qui régissent la presse en R-dCongo"; de même que "le non-respect des dispositions légales en matière de recrutement des journalistes et autres
professionnels des médiasª, "l'insuffisance de formation et d'encadrement des professionnels des médias en techniques d'information, la manipulation des journalistes pour des fins propagandistes sous différentes formes, le manque de sens de responsabilité et de pondération, la léthargie des activités de l'UPC, la léthargie de l'UPC-section Province Orientale, "la partialité dans la collecte, le traitement et la diffusion de l'information, l'auto-censure et les pressions de divers ordres exercées sur les journalistes, l'instauration des régimes policiers dans les rédactions, l'immixtion des pouvoirs politiques, judiciaires et militaires dans l'exercice de la profession, la rétention de l'information suite au manque de solidarité et de collaboration, les conflits de génération nés du conservatisme des aînés et anciens d'une part et du manque d'humilité des cadets et nouveaux d'autre part, etc.

Le séminaire a vivement recommandé : "que le pouvoir public accorde des facilités aux
initiatives locales de formation et d'encadrement des journalistes"; "que le pouvoir public cesse l'immixtion intempestive dans l'exercice de la profession de journaliste"; "que les autorités en place élaborent un projet de politique générale de communication en R-dCongo"; "qu'il soit convoqué dans l'immédiat l'assemblée générale élective pour la redynamisation des activités de l'UPC, Union de la Presse Congolaise"; "que le pouvoir, en collaboration avec l'UPC, envisage la possibilité de primer les meilleurs de la presse
dans tous les secteurs afin de stimuler la production"; "que la RTNC et l'ACP soient dotées des équipements modernes devant leur permettre de rentabiliser leur production";
"que les responsables des maisons de presse officielle soient désignés sur base des critères objectifs, notamment moral, intellectuel et professionnel"; "que ces derniers fassent preuve d'esprit d'initiative et de créativité"; "que le pouvoir accorde des facilités aux journalistes
dans l'exercice de leurs fonctions"; "que la loi qui régit la presse en R-dCongo couvre les
journalistes dans l'exercice de leurs fonctions"; "que la rémunération soit consistante et régulière"; "qu'une partie des recettes de la RTNC soit rétrocédée à la RENATELSAT pour son fonctionnement"; "à court terme, que le système RENATELSAT soit réhabilité dans son ensemble afin de lui permettre de jouer son rôle de support par excellence de tous les organes de presse y compris à l'Internet"; "que le pouvoir encourage l'émergence des organes de presse privée tout en veillant sur l'application de la loi en la matière"; "que les promoteurs des organes de presse privée assurent la facilité de travail aux journalistes
qu'ils emploient"; "que le pouvoir s'engage à doter la ville de Kisangani d'une imprimerie publique et à accorder des exonérations aux journaux privés"; "que les responsables des organes privés se mettent en règle vis-à-vis de l'Etat pour l'intérêt des journalistes et de la population"; "dans le cadre du partenariat, que la réquisition des organes privés par le pouvoir en place se fasse sur base de protocole d'accord." 

Dans le discours de clôture qu'il a prononcé lors de la manifestation organisée dans la grande salle de l'hôtel Congo Palace, le chef du Département de la Communication et de la Culture, le prof. Kin-kiey Mulumba, journaliste lui-même, a pris fait et cause pour les journalistes. 
Traçant les lignes de sa politique intérimaire de communication en territoire RCD, il a dit qu'elle se basait sur la toile d'araignée ci-après : "indépendance-liberté-responsabilité-profesionnalisme.ª

Ci-après, le discours in extenso :

" Chers Confrères,
Mes chers Amis,

Le fonds qui manque le moins c'est l'homme.
Ne soyez pas complexés, chers confrères.
Je viens de passer deux semaines avec vous. Je suis l'un des vôtres. Je connais le standard: vous n'avez aucun complexe à avoir ; vous n'avez pas à vous cacher le visage.
Vous avez toutes les compétences. J'en parle face à vos collègues ici présents venus de Goma et de Bukavu.

Je n'ai pas l'habitude - vous le savez - d'user de la langue de bois. Je suis même connu comme un homme à la quête constance du meilleur. Je voulais vraiment vous dire afin que les choses soient bien claires : je suis fier de vous. Je suis honoré. 

Monsieur le 1er Vice-Président du RCD et Commandant en Chef de l'Armée Nationale Congolaise,
Messieurs les Chefs de Département et Chers Collègues,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur les Vice-Gouverneurs,

Croyez-moi : la station de la RNTC-Kisangani n'est pas plus mauvaise, plus frondeuse qu'une autre. J'ai même la conviction ferme du contraire : elle est la plus positive, la mieux engagée, la plus formaliste, la plus professionnelle de toutes, de notre pays libéré.
Cette Province Orientale est bénie de Dieu. Depuis des temps immémoriaux, elle a été celle qui n'a jamais rien refusé au pays, à la Nation, au Nationalisme. Patrice Lumumba - venu du Kasaï - s'est installé ici, sans peine, bien au contraire ; Antoine Gizenga - venu du Bandundu - a trouvé bon accueil ici.
Mobutu - pour en remercier Kisangani - a doté cette ville d'un aéroport international pimpant neuf, le Bangboka, et d'une Gécamines-bis - la Sotexki - avec 600 machines qui gisent aujourd'hui comme des cadavres d'éléphants - et que l'Etat que nous représentons doit réhabiliter dans un élan de reconnaissance nationale et du volontarisme.
A contrario, le pouvoir central a-t-il toujours été digne de cette ville ? A-t-il toujours protégé et sauvegardé cette Province? Tous les affrontements possibles et impossibles, imaginables et inimaginables, naguère comme aujourd'hui, sous Kasa-vubu, avec les mercenaires ñ ces hordes d'affreux - comme sous nous-mêmes, ont eu lieu ici.
Des tapis de 6.000 bombes meurtrières qu'il ne faut jamais cesser de condamner, se sont abattues encore récemment et indûment sur Kisangani. 

Monsieur le Président,
Vous avez raison, aujourd'hui, après l'avoir conquise, de défendre bec et ongles cette ville contre toute velléité de nous défaire de notre souveraineté.

Monsieur le Président,
Ici comme ailleurs dans le territoire libéré, les journalistes ne demandent qu'une chose : sentir un froissement qui marque le début de prise en compte de leur sort par l'Etat employeur dont certes pour qui, dans leur écrasante majorité, ils oeuvrent, au titre
de fonctionnaires. 

Ils ne veulent qu'une chose : faire leur métier.
L'écrasante majorité d'entre eux ont rendu à l'Etat d'excellents et loyaux services. La grande majorité d'entre eux se trouvent au soir de leur vie.
Ce n'est pas là qu'on g‚che. 
Faire leur métier, c'est réhabiliter leur outil de travail. 
Or cette démarche pressante nécessite, face à la destruction totale de l'entreprise, de moyens colossaux que l'Etat-RCD, aujourd'hui, ne peut raisonnablement mobiliser. 
Très souvent d'ailleurs, les chaînes de fabrication ont cessé de tourner, si les marques elle-mêmes n'ont pas disparu des manuels d'offre. 
Plutôt que de réhabilitation, il faut parler d'installation complète des nouvelles unités, ce qui
suppose conception, étude de marché, financement. 
Que faire ? 
Cruciale question que ne cessent de poser les journalistes et que viennent de réactiver les Assises qui se clôturent aujourd'hui. Cruciale question à laquelle nous réfléchissons tous au Comité Exécutif comme au sein d'autres organes, telle la Cellule de Coordination de l'Information de notre Mouvement.
Question à laquelle j'ai proposé hier, dans mon exposé, des propositions de solution. 
Monsieur le Président,
Nous n'avons pas encore - vous le savez - levé les options. 
Il nous faut encore - vous le savez - faire des avancées dans l'adoption du projet de politique intérimaire de communication dans le territoire libéré élaboré par le Département de la Communication et de la Culture.
Mais, c'est vrai, jamais, Monsieur le Président, votre appui comme celui des Collègues du Comité Exécutif, ne nous a fait défaut à ce jour. 
Le sésame ouvre-toi n'est rien d'autre, vous le savez, sinon ce que voici : une ligne téléphonique commutée - non le portable succédané inventé par l'homme pour faire frimer
l'homme - jamais le portable n'a remplacé nulle part, sauf au Congo-Zaïre, le téléphone classique - à notre plus grand regret ;  une ligne fax qui permet de faire acheminer des
documents visuels et authentiques ; des sources d'information : l'abonnement à une ou deux agences de presse et à des newsletters ; l'accès au Web - le fameux supermarché Internet - non seulement pour visiter des sites mais aussi pour exposer ce que nous produisons de meilleur : je parle d'un site RCD ; - vous savez le sacro-saint principe
des R.P, les Relations Publiques : "bien faire et faire savoir"; mais bien entendu la grosse pièce de cette structure reste, de loin, une "radio ondes courtesª avec un centre de production où nous réunirions toute notre intelligence journalistique disponible dans notre pays libéré avec cependant, bien évidemment, des décrochages locaux. 

S'il est vrai que l'action médiatique n'est pas une action automatique, il est aussi vrai que l'on ne peut espérer transformer sans toucher physiquement, sans faire un impact.
Si vous n'arrivez pas dans les salons des habitants ou à la place du marché, vous ne serez pas connus, votre message restera à jamais inconnu.
Une radio du RCD arrosant Kinshasa en ondes courtes ou en Modulation de fréquence, avec au micro des voies connues des Kinois, Monsieur le Président, ce sera une nouvelle donne.

Je ne donnerai pas un mois à Kabila pour fuir Kinshasa.

Monsieur le Président,
Vous le savez, comme soldat, qu'il n'existe pas de relation directe fusil, balle, objectif. Disposer d'un fusil et d'une balle ne conduit pas forcément à toucher l'objectif.

Voilà pourquoi la démarche médiatique est un investissement à long terme.
Le planteur de café le sait : s'il veut récolter dans cinq ans, il doit le planter aujourd'hui. Ce n'est pas dans cinq ans. Mais aussi il faut chaque semaine qu'il enlève la mauvaise herhe qui pourrait étouffer les jeunes pousses. 
Mais la démarche médiatique est aussi une démarche globale, multimédia.
Les Chefs militaires le savent.
S'ils veulent prendre une forteresse, ils doivent faire appel à toutes les forces : aériennes,
terrestres, fluviales, et même les forces spéciales. 
Cela ne servirait à rien de déployer l'aviation si elle ne peut être soutenue au sol par l'infanterie.
L'art de la communication s'apparente à l'art de la guerre : le premier emprunte au second jusqu'à la terminologie : attaque, impact, déploiement, etc. 

Monsieur le Président,
Notre Mouvement a pour nom : Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
Le mot Démocratie est certainement notre mot-culte.
Le projet de Démocratie est un projet fédérateur.
Aussi, plus que jamais et sans atermoiement, devons-nous envoyer le signal fort à nos concitoyens et au monde.
Le domaine qui nous occupe est un domaine sensible. 
En l'espèce, Monsieur le Président,
La recette qui marche est la suivante : indépendance face à tous les pouvoirs - y compris
celui qui est pour les journalistes le plus ignoble de tous car le plus insidieux, à savoir le pouvoir de l'argent ; indépendance conduit à liberté ; mais liberté ne s'entend pas sans responsabilité, surtout dans ce métier où il s'agit de marcher sur les oeufs ; responsabilité implique professionnalisme.
D'où la toile d'araignée : indépendance-liberté-responsabilité-profesionnalisme.
Monsieur le Président, 
Messieurs les Chefs de Département et Chers Collègues,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur les Vice-Gouverneurs,

Le professionnalisme est dans ce métier l'antidote des dérives qui ne sont que du ressort de l'amateurisme. 
Le professionnel sait jusqu'où il peut aller trop loin.
Le professionnel est un responsable. 
Il sait ce qu'implique son métier. Il en connaît les lois et les règles, l'éthique et la déontologie.
Il sait que le fait de prononcer ou d'écrire tel mot peut vouloir dire la prison pour lui-même ou la mort pour la personne désignée. 
Le professionnel sait s'arrêter là où commence la dérive ou la délation.
Dès qu'il a jugé qu'un fait est socialement intéressant et/ou utile, le professionnel s'engage
alors à le rendre professionnellement valide, en le faisant passer au traitement et au retraitement : ce sont les trois ou sept questions de Laswell : qui a dit quoi ? quand ? où ? avec qui ? avec quel impact ?

Il me reste à féliciter l'initiative de la presse boyomaise qui a décidé de se réunir en
séminaire-atelier.
Car l'initiative est venue de la corporation elle-même, même si elle a rencontré mes attentes. Pour le reste, le Département n'a fait que remplir sa mission : assurer les appuis nécessaires et possibles.

Le fait que la presse elle-même ait pensé devoir s'incliner sur son métier est signe d'engagement militant bien compris pour la profession mais aussi pour le changement intégral dans notre pays pour lequel le RCD a pris les armes.

Tous ont dit la nausée qu'ils ont éprouvée lors des derniers échanges de tirs d'artillerie lourde entre leurs différentes radios, qui demandent d'ailleurs, dans certains cas à se mettre en règle face à la loi en vigueur, pour leur bien et pour le bien des journalistes et de la Collectivité.
Injures publiques, attaques personnelles, humiliations immondes. Tout est passé. Tout a volé.
Tous ont dit : plus jamais ça !
Nous voudrions les croire.
Mais nous restons vigilants : nous jugerons sur pièce.ª

Mise en place des cadres et agents de la RTNC-Kisangani

Le Chef du Département de la Communication et de la Culture, le professeur Kin-kiey Mulumba a signé à Kisangani en date du 26 juillet une série d'arrêtés portant notamment organigramme de la RTNC-territoire libéré, réforme du contenu des programmes des stations provinciales de la RTNC, nomination et mise en place des cadres de l'audio-visuel public. 

Au terme de l'un de ces arrêtés, M. Benoît Kuda Pombwa a été nommé directeur provincial de la RTNC-province Orientale alors que MM. Folo Bilambo, Betua Lofo wa
Bombolo, Alimassi Mayanga et André Kenge Sefu Ensongo ont été nommés respectivement sous-directeurs en charge de l'Administration, de l'Audio-visuel, du
Commercial et de la Technique. 

Par ailleurs, faisant immédiatement siennes les recommandations du Séminaire-atelier ayant réuni à Kisangani du 18 au 22 juillet une soixantaine de journalistes congolais qui ont appelé à l'embauche d'une cinquantaine d'intérimaires qui prestaient leurs services au sein de la RTNC-Kisangani, certains depuis cinq ans sans être régularisés, le chef du Département a procédé à la nomination d'une vingtaine d'entre eux après les avoir reçus pendant de longues séances de travail et fait subir un test en temps réel.

Goma, 31 juillet 2000
CABINET DU CHEF DU CHEF DU DEPARTEMENT DE LA COMMUNICATION ET DE LA CULTURE DU RASSEMBLEMENT CONGOLAIS POUR LA DEMOCRATIE, RCD.


Prof. Kin-kiey Mulumba,
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