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RdCongo - processus de paix-parlement de transition de Kabila

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Prof. Kin-kiey Mulumba

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Goma, 4 juillet 2000
Informations RCD - Rassemblement Congolais pour la Démocratie

Le RCD qualifie de "coup d'Etat porté aux Accords de paix de Lusaka" la nomination unilatérale par M. Kabila d'un Parlement de transition et dit ne pas le reconnaître. 

Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, a critiqué fermement la nomination unilatérale par le président Laurent-Désiré Kabila d'un parlement de transition qualifiant celui-ci de "nouvelle violation des Accords de paix de Lusaka", a déclaré le porte-parole du RCD, le prof. Kin-kiey Mulumba qui a ajouté que le principal mouvement armé anti-Kabila ne reconnaît nullement cette "assemblée constituante et législative."
"M. Kabila ne pouvait en aucune façon créer la moindre nouvelle institution en République Démocratique du Congo dès lors que lui-même et les autres parties congolaises signataires des Accords de paix de Lusaka ont pris l'engagement d'aller aux négociations politiques, dans le cadre du dialogue inter-congolais en vue de créer un nouvel ordre politique congolais qui donnera lieu à la mise en place d'institutions démocratiques légitimes. C'est cette conférence, qui doit réunir tous les protagonistes congolais, le gouvernement de Kinshasa, les mouvements politico-militaires RCD et MLC mais aussi l'opposition politique interne et les forces vives du Congo,  prévue par les Accords de paix de Lusaka, qui est seule habilitée à déterminer aujourd'hui le type d'institutions que le pays aura pendant la période de transition qu'ouvre le cessez-le feu. Ce travail ne relève d'aucune autre partie au dialogue de manière unilatérale mais du dialogue lui-même", a ajouté le porte-parole du RCD le 3 juillet au lendemain de l'annonce par le président Kabila de la désignation d'un parlement de transition dont la majorité des membres, à savoir 240 ont été "cooptés" le régime de Kinshasa et 60 autres sont à nommés par décret présidentiel.
L'annonce en a été faite par M. Kabila de son fief, Lubumbashi, au Shaba-Katanga.
"Au terme de la lettre et de l'esprit des Accords de paix Lusaka, à partir du moment où ces Accords ont été signés, le facilitateur sinon l'animateur de la vie politique congolaise est d'office le médiateur choisi de commun accord par les protagonistes congolais et désigné par l'Organisation de l'Unité Africaine, OUA, à savoir l'ancien président botswanais Sir Ketumile Masire", a ajouté le prof. Kin-kiey Mulumba, citant l'article 19 des Accords de paix signés en juillet et août 1999 à Lusaka, capitale zambienne.
"Kabila agit par coup d'Etat permanent face aux Accords de Lusaka. Il s'agit d'une attitude désinvolte vis-à-vis de l'OUA et du Conseil de Sécurité qui appuient le processus de paix de Lusaka à commencer par la phase initiée au niveau du Comité politique et de la JMC (Joint Military Commission) ainsi que le travail de la MONUC", a déclaré, de son côté, le président du RCD, le Dr Emile Ilunga Kalambo, qui a ajouté que "les Accords de Lusaka prévoient que le dialogue inter-congolais se déroule parallèlement à la mise en application du processus de Lusaka. Toute autre initiative entrave gravement l'évolution du
processus. Il s'agit d'un coup porté aux institutions mises en place par Lusaka."
Une deuxième réunion préparatoire de ces Accords convoquée le 3 juillet à Gaborone, au Botswana, n'a pu se tenir, la précédente rencontre réunie à Cotonou, le mois dernier, avait déjà souffert de manque de quorum.
Si l'opposition armée y était présente, de même que les représentants des partis politiques et de la société civile installés dans la partie Est du pays sous contrôle de la rébellion anti-Kabila, en revanche, le gouvernement de Kinshasa n'avait pas envoyé ses délégués et avait empêché les membres des partis politiques congolais et de la société civile basés à Kinshasa de quitter la capitale, après qu'il eût confisqué leurs passeports et titres de voyage.
Kinshasa, rappelle-t-on, a dénoncé Ketumile Masire l'accusant de manquer de neutralité et avait mis les scellés devant ses bureaux, après qu'il en eût chassé ses conseillers.
L'OUA, le Conseil de Sécurité et les Etats-Unis d'Amérique ont unanimement condamné ces entraves à la tenue du dialogue politique inter-congolais.
Le RCD aussi bien que le MLC, tous les partis politiques d'opposition et la société civile ont renouvelé leur confiance à Ketumile Masire. 

RdCongo-Belgique-Kivu-processus de paix
Rencontre à Kisangani entre M. Louis Michel et une délégation du RCD

M. Louis Michel, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères belge a rencontré le 29 juin à Kisangani une délégation du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD.
C'est la première fois qu'une rencontre avait lieu à un tel niveau entre des responsables du principal mouvement politico-militaire anti-Kabila et un membre d'un gouvernement européen.
L'homme d'Etat belge s'était rendu en RdCongo à l'occasion des 40 ans d'indépendance de l'ancienne colonie belge où il avait assisté le 30 juin à Kinshasa à un défilé sur le boulevard Triomphal aux côtés du président congolais Laurent-Désiré Kabila avant de se rendre dans la soirée à Bujumbura au Burundi pour une visite similaire.
Le ministre des Affaires étrangères belge avait fait un aller-retour entre Kinshasa et Kisangani, ville qui avait été deux semaines auparavant le théâtre des combats meurtriers entre troupes armées anti-Kabila.
M. Louis Michel, qui avait été précédé à Kisangani par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, l'ambassadeur tunisien Kamel Morjane, avait apporté 20 tonnes d'aide médicale et alimentaire destinée à la population de Kisangani.
Il avait été salué à son arrivée comme à son départ à l'aéroport international Bangboka par une délégation du RCD composée de Me Moïse Nyarugabo, 2ème Vice-président du RCD, du prof. Kin-kiey Mulumba, Chef du Département de la Communication et de la Culture et porte-parole du RCD, de M. Johnny Luboya, chef-adjoint au Département de la Sécurité et Renseignements et de M. Théo Baruti Amisi, gouverneur de la province
Orientale.
La rencontre entre M. Louis Michel et les responsables du RCD a eu lieu dans la salle du restaurant de l'hôtel Palm Beach. Le ministre belge avait à ses côtés ses principaux collaborateurs alors que la délégation du RCD était composée de Me Moïse Nyarugabo, du prof. Kin-kiey Mulumba, de M. Johnny Luboya et du gouverneur de la province Orientale.
Me Nyarugabo et sa délégation ont remercié le ministre Michel d'être intervenu à Kisangani "en tant que gouvernement sans chercher faussement à se cacher derrière des ONG" et expliqué que c'est là un "début pour la communauté internationale de prendre ses
responsabilités sans chercher à requérir l'autorisation de Kinshasa pour apporter l'aide requise à la population congolaise de l'Est du pays." 
La délégation du RCD a réaffirmé l'engagement du principal mouvement d'opposition armée anti-Kabila à appliquer pleinement et entièrement les Accords de paix de Lusaka que le RCD n'a jamais violés aucune fois et qui s'est présenté à tous les rendez-vous, notamment le 8 avril à Kampala et le mois dernier à Cotonou lors de la réunion préparatoire du dialogue politique inter-congolais boycottée par le régime de Kinshasa. Les responsables du RCD ont regretté les entraves maintes fois dressées par le régime Kabila sur la route de la paix au Congo, notamment la récusation et les humiliations répétées du médiateur, l'ancien président botswanais Ketumile Masire, choisi de commun accord par les belligérants eux-mêmes, après le rejet par Kinshasa de la candidature de l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela.
Ils ont regretté le report sine die de la deuxième réunion préparatoire du dialogue convoquée le 3 juillet à Gaborone au Botswana du fait du refus de M. Kabila de se présenter et de son refus de laisser sortir de Kinshasa les opposants internes et les
membres de la société civile. 
Le RCD qui a renouvelé sa confiance au médiateur botswanais a demandé à la Belgique, ancien colonisateur, de faire pression sur le régime de Kinshasa pour la tenue sans préalable du dialogue inter-congolais.
La délégation a expliqué l'importance que représente la région du Kivu dans le retour de la paix au Congo.
"Le RCD n'a pas choisi le plus facile. Au Kivu, il y a les FDD, les Maï-Maï, les Interahamwe, les ex-FAR, les Mongols, etc. Dans le Kivu, des Congolaises tuent d'autres Congolais pour des raisons tribales. Il s'ensuit un cycle de violences. C'est une situation que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Le RCD s'est investi dans ces défis de la cohabitation
inter-ethnique. Si l'on arrive à les régler, on a remis pour l'essentiel le pays sur la voie de la
paix", a déclaré au ministre belge la délégation du RCD.
L'homme d'Etat belge a expliqué les fondements de la politique belge au Congo qui reposent sur une "neutralité positive." Il a souligné l'engagement de son pays dans la voie du dialogue inter-congolais prévu par les Accords de Lusaka et s'est dit prêt à pousser, de manière volontariste, les Congolais à se retrouver et à parler de manière franche et sincère
entre eux de leur pays.
Il a dit n'avoir aucun agenda caché au Congo et expliqué que la politique de la Belgique dans son ancienne colonie ne repose sur aucune vision mercantiliste mais sur des convictions eurafricaines éthiques.
D'autres responsables du RCD, notamment le Chef du département de l'Education nationale, le prof. Essisso Asia Amany, ainsi que celui de la Santé, Affaires sociales et Famille, le Dr Vincent Kininga avaient fait le déplacement de Kisangani.
Avant son départ pour Kinshasa en fin de journée, le ministre belge a répondu à des questions de la RTNC-Goma.

RdCongo-ONU-Kisangani-processus de paix
Nouvelle réunion à Goma entre le Rassemblement Congolais pour la Démocratie et la Mission d'observation des Nations Unies pour le Congo sur le statut de Kisangani

Des responsables de la MONUC, Mission d'observation des Nations Unies pour le Congo et ceux du RCD, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, ont eu samedi 1er juillet une nouvelle réunion à Goma dans le cadre des consultations portant sur les modalités d'application de la résolution 1304 du Conseil de Sécurité votée le 16 juin dernier à New York sur la démilitarisation de la ville de Kisangani qui a été le mois dernier le théâtre des combats meurtriers. Cette réunion fait suite à une autre qui avait eu lieu
le 24 juin dernier à Goma. Si la délégation de la MONUC était conduite le 24 juin par son Commandant des forces, le général sénégalais Mountaga Diallo, celle du 1er juillet l'était par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, l'ambassadeur tunisien Kamel Morjane mais comptait aussi en son sein le général Diallo.
La délégation du RCD était conduite par le Président du Mouvement, le Dr Emile Ilunga Kalambo entouré du 1er Vice-Président, le Commandant Jean-Pierre Ondekane par ailleurs Chef du Haut Commandement de l'Armée Nationale Congolaise, le bras armé du RCD, de Me Moïse Nyarugabo, 2ème Vice-président du Mouvement ainsi que des membres d'une commission ad hoc mise en place lors de la toute récente réunion de Hauts cadres du Mouvement, dont les membres du Comité Exécutif suivants :
- le Chef de département a.i aux Relations Extérieures, Me Ruberwa Azarias,
- le Chef de Département à la Communication et Culture, le prof. Kin-kiey Mulumba,
- l'Avocat général Mandaka Ngoy, Directeur de cabinet adjoint à la Présidence du Mouvement,
- M. Banza Mukalayi Nsungu, conseiller à la Présidence du Mouvement,
- M. Selemani Ngoy, directeur de cabinet au Département des TPAT, 
- Et de Monsieur le Directeur de Cabinet à la Présidence, Denis Ntare Semadwinga. 
Toutes les parties ont reconnu et reconfirmé le fait que Kisangani est une ville libérée par le RCD, qu'elle appartient au RCD et qu'elle doit l'être ainsi, et que cela est indiscutable. 
L'administration de la ville, les services de police et de sécurité sont du ressort et du seul ressort du Rassemblement Congolais pour la Démocratie. 
La délégation du RCD a confirmé son engagement du 24 juin dernier, à savoir la volonté du Mouvement d'appliquer la résolution 1304 du Conseil de sécurité des Nations Unies, même si celle-ci a été prise dans un contexte qui a, de notoriété publique, sensiblement
évolué.
A cet effet, le RCD a pris l'engagement de redéployer, au plus tard dans les quinze jours, l'essentiel de son dispositif militaire hors de la ville de Kisangani, dans des positions qui ont été communiquées à la délégation de la MONUC. Ces positions permettent à l'ANC-RCD de défendre la ville en cas d'attaque extérieure.
Pour des raisons évidentes, le RCD maintiendra des unités armées sur les deux aéroports de Kisangani, Bangboka et Simi-Simi.
Le RCD a fait valoir à la délégation de la MONUC ses préoccupations légitimes en rapport avec la sécurité de la ville que la MONUC a reconnues par ailleurs et qui seront reexaminées au cours d'une prochaine réunion qui aura lieu au lendemain du sommet de l'OUA qui se tient le 10 juillet à Lomé, au Togo où la question congolaise sera débattue.
En attendant, le RCD va entreprendre une démarche auprès du Secrétariat général des Nations Unies et du Conseil de Sécurité pour faire valoir ses droits.

RdCongo-fête de l'indépendance-processus de paix 
A l'occasion de la fête de l'Indépendance, le Dr Emile Ilunga appelle les Congolais à ne pas se laisser guider par la peur mais par l'espoir

Le Dr Emile Ilunga Kalambo, président du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, a appelé ses concitoyens à ne pas se laisser guider par la peur mais à choisir l'espoir, de même qu'à opter pour une vision d'un monde meilleur plutôt que de se résigner
devant "le monde tel qu'il est." 
Recevant le 29 juillet un groupe de jeunes en sa résidence à Goma à la veille de la fête de
l'indépendance, il a déclaré, s'adressant à la population congolaise : "le RCD vous invite à ne pas vous laisser mener par vos peurs mais à vous laisser guider par vos espoirs et à prendre vos responsabilités pour participer à la construction d'un avenir meilleur dans un pays où le rêve de chacun peut devenir réalité, où ceux qui travaillent dur peuvent réussir, où des êtres d'opinions et d'héritages différents peuvent non seulement vivre ensemble mais prospérer ; un pays où, en responsabilités, nous devrons remporter les médailles d'or de liberté et de démocratie."
Lumumbiste de souche, le président du RCD qui a cité Patrice Emery Lumumba, le Premier ministre assassiné pour qui "l'indépendance ne se donne pas, elle s'arrache", a stigmatisé la "dictature mobutiste" avant d'expliquer le sens du combat du RCD qui
rassemble, a-t-il déclaré, "des filles et des fils de la République Démocratique du Congo qui refusent qu'un autre Congolais ou un groupe de Congolais s'approprie l'Etat, le privatise pour assouvir sa soif du pouvoir et maintienne notre peuple dans l'obscurantisme."
Il a ajouté : "Ce n'est pas un combat des postes ou une simple course au pouvoir. C'est un combat qui a pour but de transformer notre collectivité nationale en société respectueuse des droits humains, des libertés, de cohabitation pacifique entre toutes les ethnies du Congo, entre la République Démocratique du Congo et tous ses voisins. C'est un combat de la restauration de notre dignité d'homme libre et de grande Nation au cœur de l'Afrique. C'est un combat pour la Démocratie."
Le RCD combat Kabila, "non pour ce qu'il est - car c'est encore un secret de Dieu - mais pour ce qu'il fait et inspire à d'autres de faire", a déclaré le président du RCD, citant François Mauriac dans ses "Mémoires Intérieurs."
Le président du RCD s'est dit convaincu "qu'à elles seules, les armes ne peuvent tout régler." C'est ainsi, a-t-il poursuivi, que le RCD a signé l'Accord de paix de Lusaka qui prévoit notamment le dialogue inter-congolais devant aboutir à la mise sur pied d'un
nouvel ordre politique et d'une nouvelle armée. Cet accord prévoit aussi le calendrier du retrait de toutes les forces étrangères se trouvant actuellement sur notre sol. 
"Le RCD est résolument engagé à la réalisation de cet Accord. Voilà pourquoi il a toujours répondu présent à toutes les Assises organisées dans le cadre de cet
Accord de paix."
Le président du RCD a jugé "les derniers affrontements armés" de la ville de Kisangani de "tragédie incommensurable qui nous affecte profondément, que nous déplorons, que nous assumons, mais qui n'est pas de notre fait. Elle nous a été imposée par un ex-allié dont le comportement hégémonique est désormais évident."
Si le RCD s'est battu à Kisangani "au prix que l'on sait ", c'est, a poursuivi le Dr Emile Ilunga Kalambo, "dans le souci de sauvegarder la souveraineté nationale, l'intégrité du territoire, l'indépendance de notre pays et la liberté de notre peuple." 

Cabinet du Chef du Département de la Communication et de la Culture du Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
Goma, RdCongo, 4 juillet 2000

Prof. Kin-kiey Mulumba,
Copyright Afriqu'Info asbl.