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Communiqué du RCD

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Prof. Kin-kiey Mulumba

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Goma, 21 juin 2000

Le RCD fait le point de la guerre de Kisangani et estime que "le dialogue inter-congolais est devant une impasse"

Les membres du Comité Exécutif du Rassemblement Congolais pour la Démocratie ont examiné au cours de leur réunion du 21 juin dernier les suites de la guerre absurde du début du mois à Kisangani, qui a fait entre 400 et 500 morts au moins et 2000 blessés.
Les Chefs des Départements et leurs Adjoints ont étudié les conséquences de la victoire remportée par l'ANC-RCD à la lumière d'un rapport exhaustif dressé par le 2ème Vice-président du Mouvement, Me Moïse Nyarugabo, de retour d'une mission de dix jours dans la capitale de la Province Orientale, à la tête d'une délégation de hauts Cadres du Mouvement. "La responsabilité ougandaise dans cette guerre a été formellement établie, unanimement reconnue, même par les observateurs neutres, tant qu'elle est claire
comme l'eau de roche", a déclaré le porte-parole du Mouvement, le prof. Kin-kiey Mulumba. Les membres du Comité ont noté que le processus de paix de Lusaka connaît des graves ratés, du fait d'entraves dressées par le régime de Kinshasa et par son chef Kabila, qui a récusé le médiateur désigné par l'OUA, Sir Ketumile Masire, qui a fermé le bureau de celui-ci dans la capitale et en a chassé les conseillers. "Tout cela au nez et à la barbe de la Communauté internationale. Tout cela après que Kabila eut fait mettre à sac les bureaux de la MONUC. Le dialogue inter-congolais connaît véritablement une mauvaise passe ; il est devant une impasse et rien n'indique que la deuxième réunion préparatoire de ce dialogue prévue à Gaborone au Botswana le 3 juillet, aura lieu", a poursuivi le prof. Kin-kiey Mulumba. Ci-après le texte intégral. 

COMPTE-RENDU RADIO-TELEVISE DE LA REUNION DU COMITE
EXECUTIF DU 21 JUIN 2000. 

Messieurs & Mesdames,
Je vous donne lecture du compte-rendu d'une réunion extraordinaire du Comité Exécutif que le président du RCD, le Dr Emile Ilunga Kalambo, a présidée mercredi 21 juin au siège du Mouvement, à Goma, Himbi. 

Le Président du Mouvement, Président du Bureau Politique et du Comité Exécutif, assisté du 2ème Vice-Président du Mouvement, du Bureau Politique et du Comité Exécutif, Me Moïse Nyarugabo, a présidé mercredi 21 juin à Himbi, siège du Mouvement, une réunion extraordinaire du Comité Exécutif.

Les Chefs des Départements et leurs Adjoints présents à Goma se sont réunis, longuement, de 11 à 16 heures, pour se pencher sur les combats de Kisangani, faire l'évaluation de cette guerre absurde et de la victoire remportée par les forces de l'Armée Nationale Congolaise-RCD et leurs alliés de l'Armée Patriotique Rwandaise, APR.

Les Chefs des Départements et leurs Adjoints ont étudié les répercussions, les conséquences de cette victoire à la lumière d'un rapport exhaustif dressé par le 2ème Vice-président du Mouvement, Me Moïse Nyarugabo, de retour d'une mission de dix jours dans la capitale de la Province Orientale, à la tête d'une délégation de hauts Cadres du Mouvement.

La responsabilité ougandaise dans cette guerre a été formellement établie, unanimement reconnue, même par les observateurs neutres, tant qu'elle est claire comme l'eau de roche.

Cette guerre a été préparée, par l'armée ougandaise qui a mis feu, elle-même, sur l'une des jeeps de son escorte, après qu'elle eût pris soin de faire sortir préalablement du véhicule ses deux occupants. 

Aucune trace de roquette, aucune moindre trace quelconque de coup de feu, n'a été vue, par personne, sur ce véhicule calciné que tout visiteur en provenance de l'aéroport Bangboka peut vérifier. 
Aucune roquette tirée sur ce véhicule ne l'aurait laissée dans la position où la carcasse de la jeep se trouve présentement et aucun être n'aurait survécu puisque le véhicule aurait flambé instantanément, si une roquette avait touché la jeep, comme il avait été dit précédemment, ce qui aurait justifié le courroux des Ougandais et l'attaque de la ville. 

Peu avant cette diabolique mascarade, l'armée ougandaise avait décidé de traverser la ville, triomphalement, en la traversant bien dans son cœur, la colonne motorisée brandissant des banderoles rouge-sang, les soldats chantant des cris de guerre. 

C'était, déjà, bien curieux.

"Radio Liberté", la radio ougandaise qui ressemble à la trop célèbre génocidaire Radio des Mille Collines, déversait déjà sur la ville ses éditoriaux au vitriole et ses appels à la population invitée à vider la ville et à se jeter dans la brousse toute proche. 

L'artillerie lourde, dont les fameuses orgues de Staline, se sont mises à parler aussitôt après ce vrai faux incident de la jeep.
La vitesse d'exécution - moins d'une demi-heure après - en dit long sur la programmation minutieuse de cette guerre.

Le bilan humain de cette guerre absurde est atroce.
Les chiffres vont de 400 à 500 morts. 

A quoi, l'on doit ajouter 2000 blessés qui requièrent des soins urgents et même des évacuations à l'étranger. Le bilan matériel est de 500 maisons détruites ou endommagées.

Messieurs, Mesdames, 
il faut dire que jamais, jamais, dans l'histoire de notre pays, on n'avait connu une telle guerre : six jours de bombardements intensifs, sans arrêt : on n'avait jamais vu ça nulle part, au Congo. 
Parfois, cinq bombes à la minute…On a compté jusqu'à 6.000 bombes au moins déversées sur la ville.
Une famille miraculée a reçu contre son mur 39 obus…

C'est à croire que dans sa folle volonté de prendre la ville, coûte que coûte, l'armée ougandaise, si elle n'avait pas très vite connu la déroute, était décidée de raser Kisangani et de réduire le dernier être vivant. 

Les membres du Comité Exécutif ont fait état du formidable élan de solidarité fraternelle qui s'est manifesté, partout, au sein de la population dans notre pays libéré.

Les premiers secours humanitaires à arriver, en personnel médical, en médicaments, en nourriture, sont bien venus de Goma, du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, dès le lendemain de l'arrêt des combats. 

Le Président du RCD, on le sait, avait alors conduit une délégation de hauts cadres du Mouvement.

Plus tard, l'aide s'est mise en route et, peu à peu, Kisangani s'est remise à vivre, après que la ville eût enterré ses morts, avec la délégation du Rassemblement, qui avait décrété un deuil de trois jours et assisté à des offices religieux.

Au plan militaire, le dernier soldat rwandais a bien quitté Kisangani samedi dernier mais les Ougandais, forts de plus de 7 bataillons, avaient encore le pied lourd. Les positions de l'Armée Nationale Congolaise-RCD déployées le long de la rivière Tshopo, signalaient cependant, aux dernières nouvelles, que le corps expéditionnaire ougandais avait brûlé ses derniers sheetings, signe d'un début de mouvement de redéploiement. Touchons du bois :
Kisangani est peut-être hors de danger…

Le Rassemblement, comme il se doit, contribue et va contribuer encore plus, à faire revivre la ville sinistrée. Un train de mesures a été préconisé à cet effet, qui vise à faire de Kisangani une priorité absolue.

Messieurs, Mesdames,
le Mouvement a ses priorités politiques, sa stratégie diplomatique, les prises de position extérieures ne sauraient profondément modifier ses choix. 

A ce propos, une mission au niveau le plus élevé du Mouvement se met en route pour Kisangani en vue d'assurer la relève de l'équipe conduite par Me Moïse Nyarugabo. 

Elle a pour mission d'apporter des réponses de qualité à la population congolaise de Kisangani.

Après ce dossier important de Kisangani, les Chefs des départements et leurs Adjoints en sont arrivés au volet diplomatique avec l'audition de trois autres rapports de mission : 
1. sur Cotonou où le RCD s'est rendu à la réunion préparatoire du dialogue inter-congolais, rapport fait par Me Joseph Mudumbi, chef du Département de l'Administration du Territoire, Mobilisation, Propagande, Jeunesse, Sports et Loisir, 
2. sur Lusaka où notre Mouvement a pris part à la réunion de la JMC, la Joint Military Commission, la Commission Militaire Mixte, rapport fait par M. Théo Pambuka, chef-adjoint au Département de la Justice et Droits humains et,
3. sur New York où le RCD a pris part à une réunion du Comité Politique après avoir participé au débat au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le projet de résolution 1304 présenté par la France et qui a fait couler beaucoup d'encre, comme tout le monde le sait.
Rapport fait par Me Ruberwa Azarias, chef Adjoint au Département des Relations Extérieures.

Tout cela dans le cadre de recherche de la paix dans le cadre de Lusaka.

Des débats et délibérations qui s'en sont suivis, on retient que le processus de Lusaka connaît des graves ratés, du fait des barrières érigées par le régime de Kinshasa et par son chef Kabila, qui a récusé le médiateur désigné par l'OUA, Sir Ketumile Masire, qui a fermé le bureau de celui-ci dans la capitale et en a chassé les conseillers. 

Tout cela au nez et à la barbe de la Communauté internationale.

Tout cela après que Kabila eut fait mettre à sac les bureaux de la MONUC.

Le dialogue inter-congolais connaît véritablement une mauvaise passe ; il est devant une impasse et rien n'indique que la deuxième réunion préparatoire de ce dialogue prévue à Gaborone au Botswana le 3 juillet, aura lieu.

Le Mouvement a l'obligation de le faire savoir haut et fort et de prendre à témoin la Communauté Internationale.

Le RCD a renouvelé sa confiance pleine et entière au processus de Lusaka et à son médiateur Sir Ketumile Masire.

Il a pris acte du fait que toutes les autres composantes au dialogue, à part Kabila, ont fait de même.

Messieurs et Mesdames,

Deux rendez-vous cette semaine à l'agenda du Mouvement:

1. Jeudi 22 juin après midi, réunion de hauts cadres du Mouvement - la réunion des Coordonnateurs des Entreprises publiques et des régies financières étant postposée,
2. Samedi 24 juin prochain, nouvelle réunion du Comité Exécutif avec pour ordre du jour la poursuite de l'examen du texte de loi régissant les entreprises publiques et les régies financières. 

Je vous remercie.

Prof. Kin-kiey Mulumba,
Chef du Département de la Communication et de la
Culture,
Porte-parole du RCD
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