Communiqué de
l'Armée Nationale Congolaise- RCD à la suite de la fin de la guerre
à Kisangani |
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Prof. Kin-kiey
Mulumba |
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Goma, 11 juin 2000
La guerre est terminée à Kisangani une semaine après le début des affrontements.
L’Armée Nationale Congolaise du Rassemblement Congolais pour la Démocratie et son alliée,
l’Armée Patriotique Rwandaise, ont mis en déroute les soldats ougandais de l’UPDF, Uganda’s people defence Forces et
les ont chassés hors de la ville, loin du pont sur la rivière Tshopo.
Les armes, qui ont parlé sans arrêt, depuis lundi, se sont tues samedi 10 juin dans la soirée, faute de
combattants en face. Dimanche 11 juin, la ville de Kisangani était calme,
sur toute son étendue.
L’Armée Nationale Congolaise s’est battue avec bravoure. Le sacrifice humain de ses vaillants soldats
est cependant lourd.
L’armée regrette aussi que des civils aient perdu la vie dans ces combats.
L’armement saisi sur l’ennemi, lors des combats au corps à corps ou abandonné par
celui-ci dans son sauve-qui-peut à la nage, à la pirogue, à pied sur le pont de la Tshopo, est
impressionnant :
- d’innombrables mortiers, des mitrailleuses, des armes automatiques légères, des stocks de munitions,
- mais surtout deux missiles balistiques appelés aussi BM ou «orgues de Staline» de 40 et 12 tubes ayant une
portée de 24 km.
Ce sont ces deux armes redoutables, postées sur une montagne, qui ont semé la mort et la désolation, une
semaine durant, dans la ville de Kisangani.
Ce sont elles qui ont détruit des infrastructures dont la centrale hydro-électrique de la Tshopo qui alimente
Kisangani en électricité, des immeubles publics, la Cathédrale, une école baptiste, l’Institut Lisanga et
des habitations privées.
L’Armée Nationale Congolaise et son alliée, l’Armée Patriotique Rwandaise, ont fait plusieurs prisonniers
de guerre ougandais qui vont être traités selon la législation internationale.
Dimanche, des patrouilles de l’Armée Nationale Congolaise et de son alliée étaient engagées dans des
opérations de ratissage afin de débusquer et de désarmer d’éventuels tireurs isolés.
Ces opérations se déroulaient normalement. D’autres contingents sont engagés dans des actions de
mobilisation afin de faire revenir à la ville ou à la maison la population qui l’avait désertée.
Les enfants bloqués dans des abris de fortune ont été ramenés à la maison et ont retrouvé leurs parents,
grâce aux équipes de soldats.
L’Armée Nationale Congolaise du Rassemblement congolais pour la Démocratie lance un
appel à la communauté internationale pour qu’elle fasse pression sur le président ougandais Yoweri
Museveni afin que celui-ci stoppe la marche vers Kisangani de ses six bataillons armés envoyés en
renfort depuis Buta, Banalia, Bumba, Bafwasende et Aketi.
Maintenant que le calme est revenu à Kisangani et que le Rwanda a annoncé son départ de la capitale de la
province Orientale conformément aux accords de désengagement conclus le 21 mai avec la MONUC, la
Mission des Nations Unies pour le Congo, l’Armée du Rassemblement congolais pour la Démocratie reste à
Kisangani.
Comme armée congolaise, elle continuera sa mission de protéger la population ainsi que ses biens.
Dès lors, l’accord signé en date du 22 mai à Goma entre le Chef d’Etat Major général de l’ANC-RCD, le
commandant Ilondo Efondo Hugo Ibos d’une part et le Commandant de la MONUC, le général-major sénégalais
Diallo et le président a.i de la JMC, le général de
Brigade zambien, Kazembe, d’autre part, est déclaré caduc.
Il n’est plus question pour l’armée congolaise du RCD de laisser la ville de Kisangani et sa population à la
MONUC qui n’a pas été en mesure d’empêcher les combats atroces et absurdes de la capitale de la province
Orientale.
Il faut rappeler que Kisangani a été libérée au mois de septembre 1998 par les forces congolaises de
l’ANC-RCD, appuyée par leur alliée, l’APR. L’armée ougandaise n’y est venue que plus tard en avion, à
l’appel de l’ANC et de l’APR.
C’est au prix du sang que l’armée a conquis cette ville contre les forces de Kabila.
A l’époque, le MLC, Mouvement de libération du Congo, n’existait pas.
Il est absurde que la MONUC ait demandé à notre Mouvement, formé de Congolais, de quitter Kisangani.
Pour aller où ? Si le Chef d’Etat Major général de l’ANC-RCD a signé malgré tout un plan de désengagement
de la ville de Kisangani, en acceptant que l’ANC-RCD se mette à 100 km de la ville, c’était simplement pour
donner une chance à la paix que recherchent les Congolais de tous bords.
Maintenant que la menace armée ougandaise sur Kisangani a été écartée et que les forces de l’ANC-RCD
contrôlent toute la ville, la situation redevient normale.
Kisangani redevient une ville comme toute autre de notre territoire libéré.
L’Armée Nationale Congolaise s’est battue pour défendre la ville et sa population.
Dès le pilonnage de Kisangani par l’armée ougandaise, qui a fait sauter elle-même sa fameuse camionnette,
pour prendre prétexte d’une attaque ennemie, nos bataillons ont réussi à stopper l’avance ougandaise,
ont repoussé les soldats de l’UPDF jusqu’au pont de la rivière Tshopo.
C’est ici hors de la ville que les combats se sont déroulés véritablement.
Lors des bombardements ougandais, l’ANC et son alliée, l’APR étaient dans la ville ensemble avec la
population.
Les soldats ougandais ont évité la bataille frontale dans laquelle ils n’excellent pas, préférant l’usage
de l’artillerie lourde.
Ils ont fait usage massivement de fameuses «orgues de Staline», à plusieurs kilomètres de là, détruisant,
les yeux fermés, Kisangani et tuant aveuglément sa population civile.
Ils ne visaient pas la cible militaire.
Ils ont ainsi détruit, avant de décrocher, la centrale hydro-électrique de la Tshopo et plongé Kisangani dans
le noir, avec des conséquences sanitaires et humanitaires atroces, surtout dans les hôpitaux.
L’Armée Nationale Congolaise condamne la tuerie aveugle de la population civile et la destruction de
la ville.
La catastrophe humanitaire est énorme à Kisangani.
La ville de Kisangani doit retrouver sa vie normale, très vite.
L’ANC lance un appel aux organismes humanitaires nationaux et internationaux à établir un pont aérien
humanitaire afin de venir en aide à cette population martyre.
L’ANC annonce que les aéroports de Bangboka et Simi-Simi vont être rouverts au cours des toutes
prochaines heures.
Elle garantit la sécurité sur ces aéroports.
Fait à Goma, le 11 juin 00
Ilondo Efondo Hugo Ibos,
Chef d’Etat Major Général de l’ANC-RCD.
Commandant.
Prof. Kin-kiey Mulumba,
Chef du Département de la Communication et de la
Culture,
Porte-parole du RCD |
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