Oui, nous sommes tous des "rebelles"... |
 |
Kasongo
Martin |
 |
|
Les médias ont remué le couteau dans la plaie en rappelant que la RDC entrait dans sa "troisième année de guerre". Celle contre Kabila.
Je connais une épouse en zone libre qui est privée de son époux depuis deux années. Nous portons tous profondément des fortes douleurs en ce jour d'anniversaire.
Mais si l'on compte les années de guerre contre Mobutu par Kabila et celles des années de transition, et celles des années 80 qui virent la naissance de l'UDPS, les Shaba I et II, la rébellion muléliste, etc... cela fait
décidément beaucoup.
Toute notre histoire de jeune nation a été émaillée de faits de guerre. Avons-nous seulement eu le temps et l'occasion de vivre comme Nation?
L'essentiel est ce qu'exprime J.Kitenge: l'échec de Kabila va au-delà des affrontements militaires. Il n'est plus le libérateur qui s'annonçait il y a à peine trois années. Le message politique des Banyamulenge, pour entrer en rébellion reste pertinent: dictature,corruption,népotisme.
Il faut , certes dénoncer, les compromissions extérieures. Et avant toute chose, le recours aux armes comme moyen de changements politiques.
Nul n'a le droit de faire couler le sang, de déstabiliser totalement la RDC, de faire déplacer les populations, bref de faire reculer le pays et ce qui lui reste de plus précieux: l'espoir en l'avenir et le respect de ses droits fondamentaux, à savoir le manger, le boire et le vivre tout simplement.
Quel que soit le bilan incontestablement négatif de Kabila, nul ne devrait recourir à la rébellion armée. La preuve de l'échec des rébellions armées est faite publiquement en ce 2 août 2000. La rébellion n'a fait tomber ni Kabila, ni le masque de Kabila.
L'insurrection de 1998 et les compromissions extérieures ont aggravé ce que les rebelles dénonçaient
il ya deux années, à savoir la dictature, la corruption et le népotisme. Bien au contraire, la liste des "maux" s'est allongée de beaucoup.
Il est devenu courant de paraphraser que si l'homme a su aller sur la Lune et inventer internet, l'homme congolais devrait trouver des solutions rapides à ses problèmes totalement hypothéqués par le régime Kabila.
En effet, notre problème numéro 1 est que, au propre comme au figuré, nous sommes les otages de Kabila. Les rebelles luttent contre Kabila, Tshisekedi est l'opposant de Kabila et nous sommes le "peuple" de Kabila... Tout commence et finit par Kabila...
Le résultat de ces raccourcis est que , aujourd'hui, exprimer les ravages de Kabila, l'échec de Kabila, le besoin de changement équivaudrait à être traité de "rebelle".
Soyons fiers de nons convictions, nous le Peuple, désireux d'espoir et de progrès et, conscients de l'échec du régime en place qui ne tient et ne porte aucune de ses promesses, proclamons quer " nous sommes tous des rebelles".
Kasongo
Martin |
|