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Montréal, le 14 juillet 2000
Mme Mary Robinson
Commission des droits
de l'homme
Palais de nations
Ch.1211
Genève, 10 Suisse
Objet: Lettre dénonçant le Prix Martin Ennals
attribué à Mme Immaculée Birhaheka.
Madame,
Étant originaire du Congo-Kinshasa, ressortissant du Kivu (territoire occupé), au nom du peuple Congolais, je me permets de dénoncer le Prix Martin Ennals attribué à mme Immaculée Birhaeka.
Les raisons vous incitant à lui attribuer ce Prix ne sont pas réellement valables à l'endroit de tout citoyen Congolais, car aucun membre de la société civile ne peut s'exprimer, ni exercer librement ses activités dans les territoires occupés du Congo-Kinshasa. Le cas de l'archevêque de Bukavu, Emmanuel Kataliko, en est l'illustre exemple.
Ce prélat a alerté la communauté internationale sur les massacres des populations perpétrées, à tout moment, par les forces d'occupation tutsi. En plus de cela, il a dénoncé vertement, dans son message de Noël 1999 adressé à ses fidèles, le pillage des ressources congolaise (minerais, ivoires, café,thé,bois) que les forces d'occupation acheminent vers le Rwanda. Craignant toute agitation populaire, ces forces l'ont relégué dans sa ville natale à Butembo, le privant ainsi de tout contact avec l'extérieur.
Dans sa démarche visant à promouvoir les initiatives féminines, Mme Birhaheka, elle, s'est toujours abstenue de dénoncer les violations massives des droits de la personne dont sont responsables les envahisseurs tutsi. Je vous présente ci-contre son article intitulé "le fardeau des femmes congolaises" écrit, en date du 4 au 10 mars 1999, dans un journal de l'organisme ALTERNATIVES à Montréal. dans cet article, Mme Birhaheka laisse entendre que les femmes Congolais sont livrées aux caprices des hommes Congolais. C'est-à-dire le droit à la vie, à une vie de dignité leur est catégoriquement refusé. Cependant, l'article ne revèle aucun cas des sevices exercés par les forces d'occupation tutsi sur ces dernières. Pourtant, l'on sait que devant les envahisseurs, les femmes Congolaises sont assujetties à des traitements humiliants: elles sont violées, brûlées vives, torturées, battues, tuées ou enterrées vivantes.
En affirmant que les femmes Congolaises vivent sous le poids de la tradition, elles n'ont aucun pouvoir décisionnel et elles n'obtiennent pas du tout l'audience auprès de nos chefs coutumiers, Mme Birhaheka joue le jeu de certaines organisations non-gouvernementales qui alimentent les journaux et les médias en quête des images négatives, montrant que nos coutumes sont sauvages et que le salut du continent africain viendra de l'Occident.
Ces organisations, pour la plupart occidentales, interprètent le drame congolais à la manière de leurs gouvernements comme un problème interne du Congo. Mme Birhaheka a toujours obtenu l'audience de leur part parce qu'elle tient un langage dissimulant l'état d'occupation et d'humiliation que connaît notre population à l'endroit des envahisseurs tutsi. Son attitude lâche lui évite des pépins avec ces envahisseurs et lui accorde même tout le mérité en Occident. C'est la raison pour laquelle elle obtient le Prix Martin Ennals.
En le lui attribuant, vous, Madame Mary Robinson, vous montrez à quel point vous travaillez aussi pour la politique d'extermination des Congolais. Nous peuple Congolais ne sommes pas bêtes. Nous savons que l'Occident principalement les États-Unis et l'Angleterre nous font la guerre par l'entremise des régimes totalitaires, expansionnistes, minoritaires tutsi (Ouganda, Rwanda et Burundi). La lettre de nos archevêques adressée tout recemment à l'Union Européenne, à l'ONU et à l'OUA exprime clairement le complot de l'Occident contre nous, peuple Congolais.
Malgré cela, nous allons surmonter cette rude épreuve et nous allons établir un État de droit où chaque citoyen se sentira libre d'exercer paisiblement ses activités.
Alfredo Kasololo
Faite à Montréal, le 14 juillet 2000
C.I:
- Léonard She Okitundu, ministre de Droits humains de la RDC
- Guillaume Ngefa-Atondoko, président de l'ASADHO
- Marie-Ange Loukiana, présidente de l'Union Nationale des Femmes Congolaises, Kinshasa
-Leila Zerrougui, Commission des droits de l'hoome de l'ONU, Genève (Suisse)
- Amnitie Internationale, Londres
- Mme Immaculée Birhaheka, PAIF/Goma, RDC
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