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J'étais étonné d'entendre, hier, à T.V 5 nos compatriotes Congolais " des sans-papiers" en Belgique dire que les Belges sont des " NOKO ", c'est-à-dire nos oncles !
Une jeune Congolaise a même laissé entendre qu'à l'époque coloniale le Congolais avaient la nationalité belge. Une autre a dit, dans un français bien articulé, que son père était un ancien combattant et qu'il avait combattu pour la Belgique. Elle considère par conséquent les belges comme ses NOKO (ses oncles). C'est pourquoi elle est venue s'installer en Belgique jusqu'à ce que la sécurité soit établie au Congo.
En faisant allusion à notre histoire, j'ai réalisé que le missionnaire-colonialiste a bien réussi sa mission d'évangélisation.
Quand on pense à la chicotte que nos arrière-grands-parents recevaient le matin et le soir, quand on pense à toutes sortes des railleries, des moqueries; quand on se souvient du mot "MACAQUE", seul l'homme congolais trouve plaisir à nommer son bourreau " NOKO".
Comment appellerons-nous demain les Tutsi qui nous humilient et nous colonisent aujourd'hui ? Des " NOKO " aussi ?
À Bukavu, dans les années 70, on a joué une pièce de théâtre intitulé "L'ÉVOLUÉ MUNDEKE". Dans cette pièce, le vieux MUNDEKE se promenait partout en exhibant sa carte de mérité civique : une carte attribuée à certains congolais ayant rempli des critères de "civilisation occidentale". À l'indépendance, Pendant la période de Lumumba, le vieux MUNDEKE n'a plus exhibé sa carte de méritié civique, il la cachait. Il s'est rendu compte qu'il était noir, et s'est reconnu dans sa peau du Congolais, résume la pièce du théâtre.
C'est triste de constater que, malgré le rôle sinistre que la Belgique joue contre notre pays depuis l'indépendance, les Congolais se laissent berner par l'histoire.
Si j'étais ministre de l'enseignement ou chargé de la propagande pour un gouvernement légitime, je suggérerais au parlement que tout citoyen Congolais apprenne par coeur le discours prononcé par Lumumba lors de notre indépendance en 1960.
Ainsi, comme disait notre compatriote Philo Mwamba, l'évangélisation continue à faire de ravage dans les cerveaux des Congolais.
Alfredo Kasololo
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