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Par rapport à votre réponse: question d'efficacité.
Madame,
Non! Il ne s'agit pas de leur accorder trop d'importance. C'est pour nous peuple congolais une question de dignité, d'honneur perdu. Ma vision relativement à la situation dramatique de notre pays reste enracinée dans son passé, son histoire. Quant à vous, il semble que vous ignorez l'ampleur que comporte le terme "banyamulenge" sur le plan international. La population du Kivu, comme telle, n'a jamais accordé aucune importance à ces gens-là (les tutsi confondus). C'est la communauté internationale et certains de nos concitoyens congolais, assoiffés du pouvoir, qui, en raison de leurs propres intétêts, leur accordent trop d'importance.
je vous transcris ici les différentes circonstances qui poussent nos concitoyens à leurs accordent trop d'importance.
Pour le cas de Mobutu, je préfère vous décrire les citations de Colette brackman:
"Parallèlement aux métis, le président accorda longtemps ses faveurs à des rwandais, souvent d'origine tutsi, comme Bisengimana Rwema. Ces préférences s'expliquent comme dans le cas de métis, par le fait que, ne disposant pas de base populaire, ces "individus à nationalité douteuse", comme devait les appeler plus tard un mémorandum des Affaires étrangères, ne pouvaient se poser en successeurs potentiels du guide"
À propos de la politique de l'implantation tutsi au Kivu, colette Brackman laissent entendre:
"les Rwandais, s'ils n'omettaient pas de s'enrichir grâce au système, veillaient aussi aux intérêts de leur groupe: ils achetaient d'immenses domaines au Kivu, dans les régions voisines du rwanda, où veanaient s'installer leurs compatriotes à l'étroit dans le "pays des mille collines" surpeuplé" (Colette braeckman, le Dinosaure, Librairie Arthène Fayard, 1992, p.186-187)
C'est ne pas pour rien que Mobutu dira plus tard lors de la première guerre d'agression:
" Ils ont attendu que je sois terrassé par la maladie pour me poignarder dans le dos."
Il s'est rendu compte des faveurs qu'il les attribuait. Mais, il était surpris au crépuscule de sa vie de leur attitude lâche.
Concernant Kabila, celui-ci a préféré marcher sur les cadavres des réfugiés Rwandais hutu et des populations Congolaises. Les tutsi confondus de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi constituaient le principale noyau des troupes qui l'ont amené au pouvoir. ces troupes étaient renforcées par des mercenaires venus de la Somalie, de l'Erythrée, et de l'Éthiopie. Kabila accordé aussi trop d'importance aux tutsi. En janvier 1998, en revenant de l'Ouganda, il a prononcé en swahili un discours musculé, menaçant les Maï-Maï, qui se disent nationalistes. Dans son discours, il disait beaucoup de bien des "Banyamulenge" à tel point que la population s'est sentie trahie, blessée dans son for intérieur.
Pour ce qui est des membres des RCD, ces opportunistes n'ont jamais travaillé ensemble. Ils forment, comme l'AFDL, une alliance hétéroclite contre l'individu Kabila. Le souci d'accéder au pouvoir les pousse
à fermer les yeux devant les crimes perpétrés par leurs parrains tutsi à l'endroit de notre population.
Comme je l'ai mentionné au début: chaque partie accorde à ces gens-là de l'importance en raison de ses propres intérêts.
La communauté internationale, dominée par les États-Unis et l'Angleterre, soutient bel et bien les tutsi dans la région. En faisant allusion à la communauté internationale, je vous parlerai de l'attitude des médias et des organisations non-gouvernementales. Comme vous le savez l'intérêt que les médias occidentaux ont porté à la question des "banyamulenge" est révélateur.
Lors de la première guerre d'agression, les médias ont placé les "Banyamulenge" au centre de toutes les péripéties du début de la guerre. Les médias laissaient entendre que les "banyamulenge" mènent une guerre de libération contre la dictature de Mobutu. Les reportages leur attribuaient le qualificatif de vaillants combattants, disciplinés, tenant à leur objectif le "départ de Mobutu".
De leur part, les ONG occidentales soutenaient dans des débats que Mobutu leur refuse le droit de nationalité. C'est pourquoi ils décident d'en découdre. Au regard de la population qui les reprochait d'être des complices d'une agression extérieure, ces ONG faisaient croire que la population est jalouse de leur réussite économique. Pourtant, avec le mobutisme, aucune institution (économique, sociale, politique) n'était viable. Au-delà de ces allégations mensongères, la stratégie était de présenter l'agression sous l'aspect d'un conflit interne,ethnique. On le sait,le même vocable la "rébellion Banyamulenge" a été utilisé au début de cette deuxième guerre.
Il est en tout cas nécessaire de parler des démarches des ONG parce qu'elles obtenaient les directives de leurs gouvernements. Leur mission était d'amener à tout prix notre population à accepter les tutsi dans notre pays. À cet effet, chaque ONG misait beaucoup plus sur la réconciliation et l'intégration de cette population.
Ainsi, en date du 8 août 1997, l'organisme Synergie Africa, basé à Genève et Indépendant Médiation Service of South Africa (IMSSA), basé à Johannesbourg ont organisé un seminaire sous le thème de "Redéfinir la nationalité et la citoyenneté et aller vers l'intégration". les extraits du document final était intitulé "Vers une citoyenneté transfrontalière dans la région des grands lacs".
D'après certains analystes: "Il s'agissait d'une véritable intégration impliquant des engagements contraignants entre les États et de souveraineté de leur part".
Cela est vrai d'autant plus que nous avions déjà une armée transfrontalière dont le chef d'état-major n'était nul autre qu'un certain tutsi james Kabare. Dans le cadre de l'intégration économique, le secrétaire d'État américain, Mme Albragth disait que les richesses du Congo vont aider les pays voisins (Ouganda, Rwanda et Burundi) à se développer. Ces pays pillent aujourd'hui nos ressources parce que leur mission d'intégration a avorté.
À Montréal, les ONG québecoises ne sont pas restées indifférentes face à la dragédie en cours dans la région. les organisations non-gouvernementale telles que le CECI, l'OXFAM Qc, l'Altenartives, le Développement et paix, l'Entraide missionnaire élaboraient des projets allant dans le sens de réconciliation et d'intégration des populations dans la région.
Quand, dans des débats, nous avançions des propos allant à l'encontre de leur point de vue, leurs représentants nous traitaient des xénophobes, des nationalités outrés. Parfois, ils n'hésitaient pas à nous demander: pourquoi vous n'aimez pas les tutsi ?
Nous avons compris par-là que le même cas s'est passé pour la population hutu du Rwanda.
Selon leur stratégie, les lobbies tutsi ont infiltré différents institutions internationales en usant les mensonges comme art de persuasion. Partout, ils présentaient l'image de tutsi comme un peuple minoritaire, innocent, menacé, victime de l'atrocité hutu. Les femmes tutsi, épouses ou vivant en concubinage avec des Blancs qui travaillent pour des institutions de l'ONU et des organismes de développement ont exercé un grand rôle à cet effet. Cette stratégie visant à discréditer tout celui qui contredit leur point de vue était aussi adoptée à notre égard.
Quelle était la position de notre population devant ce vaste complot international ?
Normalement, la population s'exprime partout par la voix de son élite. Malheureusement pour nous peuple Congolais, notre élite semble entretenir une vision bornée devant la complixité géopolitique autour de notre pays.
L'élite religieuse exprime quand même le point de vue de la population. Au Kivu, nous avons eu le regretté Mgr Christophe Munzihirwa, et ensuite L'archevêque Emmanuel Kataliko. Ces deux prélats ont toujours dénoncé l'attitude barbare du Rwanda de Kagame et l'incapacité de la communauté internationale à assumer ses responsabilités face à l'état de guerre dans la région.
Avant la première guerre d'agression, Mgr Munzihirwa informait la communauté internationale sur les risques d'une implosion à la suite de l'afflux de refugiés hutu Rwandais au Kivu. Malgré tout, ses intervention restaient sans écho.
je vous présente quelques extraits de ses correspondances avant qu'il soit assassiné par les mêmes tutsi.
Bukavu, 3 mai 1996 (Source: Centre d'information de Presse)
Mgr Christophe Munzihirwa, archevêque de Bukavu, a écrit à l'ambassadeur des États-Unis à Kinshasa pour l'informer du double drame que vit la population de Bukavu du fait de la présence massive des réfugiés rwandais et de celle des militaires zaïrois.
En janvier 1995, Munzihirwa a déjà interpellé le cardinal Danneels, président de Pax Christ International, et Mgr delaporte, président de la commission française Justice et Paix sur le sort des réfugiés rwandais hutu du Zaïre. En mai 1995, il avertissait le secrétaire général de l'ONU puis, en octobre dernier, le haut -Commissaire aux réfugiés à Genève, des risques d'une implosion dans la région des Grands Lacs du fait de la présence de ces réfugiés. En Janvier dernier, il dénonçait dans une lettre à l'ancien président américain Jimmy Carter le risque d'une "purification ethnique" des hutu et de leurs intellectuels.
Dans sa lettre au président des États-Unis à Kinshasa, l'archevêque constate à propos de la présence des réfugiés que la communauté internationale "entérine une situation de fait": certains gouvernements occidentaux ont décidé d'apporter un soutien financier,et, pour certains, une aide militaire à Kigali; par ailleurs, "un large consensus semble se dessiner au sein des grandes puissances, qui s'accordent à dire que les réfugiés pourraient bien s'intégrer au Zaïre". Or les Zaïrois "souhaitent vivement" le départ des réfugiés, dont la présence massive dans une région surpeuplée a aggravé la misère, écrit Mgr Munzihirwa.
Qu'est-ce que ce prélat constate par rapport à l'agression ?
" Nous constatons que le Rwanda et le Burundi agressent le Zaïre juste après la levée par le Conseil de sécurité de l'ONU de l'embargo sur les armes destinées au rwanda", et "nous , les nombreuses et diverses tribus qui avons toujours cohabité dans la paix et l'harmonie au Kivu, nous nous trouvons menacés par une guerre imposée par les étrangers qui ont armé des mercenaires pour s'assurer une hégémonie dans notre région."
Au sujet du conflit entre les hutu et les tutsi, Munzihirwa tenait ce langage:
" Nous demandons à Kigali et Bujumbura de régler leurs problèmes internes chez eux, nous demandons aux tutsi du Rwanda que nous avons maintes fois accueillis comme réfugiés de ne pas cracher dans le puits où ils ont bu, nous demandons à leurs lobbies de cesser la désinformation, nous demandons à l'ONU de revoir la levée de l'embargo sur les armes pour le Rwanda"
En ce qui concerne les soi-disants "banyamulenge", Munzihirwa disait:
"Des tutsi accueillis comme réfugiés "sont partis du zaïre pour prndre le pouvoir au rwanda" et ils utilisent maintenant "les Banyamulenge pour prendre le pouvoir au Zaïre",accusait Mgr Munzihirwa dans un texte du Mouvement pour la défense du Kivu.
L'archevêque Munzihirwa est la première victime, lors de la première agression, à avoir tombé sous les balles de tutsi.
Ainsi, Mme Schiller, en observant bien ce que je vous décris, vous réaliserez sans doute que le problème n'est pas Mobutu ou Kabila. Le complot contre notre pays, de dominer notre peuple, se situe au plus haut niveau. Soyons conscients!
Salut!
Alfredo Kasololo
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