Au sujet du Zimbabwe |
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Alfredo Kasololo |
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Point de vue sur les
élections législatives au Zimbabwe.
L'Occident attendait la victoire de Morgan Tsvanguinrai, leader du mouvement pour le changement démocratique, c'est Mugabé et le ZANU-PF qui l'ont enfin remporté.
Le président Robert Mugabé et le ZANU-PF ont gagné les éléctions législatives, organisées en date du 24 au 25 juin,avec 62 sièges sur 120 contre 57 du Mouvement pour le changement démocratique.
Les préparatifs de ces éléctions ont fait coulé beaucoup d'encre dans les médias et la presse occidentale. La polique de réforme agraire prônée par Mugabé, avait suscité l'indignation partout en Occident, parce qu'une minorité blanche de souche anglo-saxonne risque de perdre ses privilèges. Au lieu de chercher à connaître pourquoi une minorité des fermiers blancs détiennent 70 % des terres au détriment de la population noire, majoritairement rurale, les médias occidentaux laissaient entendre que Mugabé cherchait à attirer la sympathie de cette population afin de gagner les éléctions.
En avaçant pareils propos, les médias occidentaux oublient que, selon l'histoire du Zimbabwe, ces blancs exploitent les terres que leur arrière-grand-parents avaient spoliées à la population noire. En accédant à l'indépendance, en 1980, Mugabé a attendu leur volonté à partager les terres avec la population noire. Mais ils ne l'ont pas fait. Vingt ans après.
Par contre, depuis l'indépendance, ils investissent beaucoup plus à l'étranger et leurs enfants étudiant en Occident, ne retournent jamais travailler pour le Zimbabwe. Vingt milles d'entre eux possèdent des passeports britanniques. D'ailleurs,le problème des terres ne concernent pas seulement le Zimbabwe. Cette situation sévit aussi en Afrique du Sud, en Namibie, En Australie, au Mexique (Le Chiapas, chez le commandant Marcos) et partout où les conquérants blancs ont usurpé le pouvoir des peuples autochtones par la force, la violence, la ruse et dans une moindre mesure par des traités bidons.
En obervant bien ce problème n'est pas synoyme de conflit racial comme le laissent entendre certains milieux occidentaux. Il s'agit tout simplement pour la communauté blanche de partager le patrimoine national avec la population noire. Mais les fermiers blancs qui constituent une minorité de la minorité se cabrent au moindre changement. Une moindre réforme agraire suscite en eux la peur de perdre leurs privilèges. Leur attitude remonte, en 1979, lors des accords de Lancaster House, en Angleterre. le journal Jeune Afrique de cette époque rapporte en ce sens que:
" C'est à l'issue d'une réunion secrète, tenue 16 octobre avec Kinman Brewster, représentant des États-Unis, et son conseiller chargé des affaires africaines, que le chef de la diplomatie britannique, Lord Carrington, fut en mesure de présenter, le lendemain, à Joshua Nkomo et Robert Mugabe, des propositions "acceptables" sur le problème des terres".
Et malgré ces propositions, l'Angleterre n'a jamais honoré ses engagements en tant que puissance coloniale.
Les chantages qu'exercent les médias occidentaux autour de Mugabé, montrent à quel point l'Occident perçoit mal tout dirigeant nationaliste défendant les intérêts de son pays. Durant la lutte de l'indépendance du Zimbabwe, les médias présentaient Mugabe comme "le diable marxiste", "le bourreau et le tortionnaire" par le fait qu'il combattait le régime minoritaire et raciste de Ian Smith. le temps où Londres et Washington soutenaient le régime de l'apartheid, Mugabé combattait ce système de honte d'une façon véhémente au sein du Commonwealth et des pays membres de la Ligne de Front. En vue de sauvergarder l'indépendance africaine, ce dauphin de Kwame Krumah combattait la RENAMO, soutenue par l'Afrique du Sud raciste, au Mozambique. Le Zimbabwe subissait en représailles des raids aériens par le régime raciste de Prétoria.
Récemment, les intitutions financières d'instance internationale, entre autres, le FMI et la Banque Mondiale ont à leur tour exercé des chantages à l'endroit du Zimbabwe. Avant d'accorder un crédit financier à ce pays, ces institutions dominées par les anglo-américains ont voulu connaître les coûts de son implication militaire au Congo-Kinshasa. Il est reconnu que les États-Unis et l'Angleterre voient mal l'intervention zimbabwéenne au Congo-Kinshasa. En y intervenant, Mugabe a porté un coup sévère à leur politique raciste et déstabilisatrice. Ces deux pays anglo-saxons avaient comme intention d'implanter, par le biais des populations minoritaires tutsi, un régime similaire à celui de l'apartheid en Afrique centrale. Les armées de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi occupent l'Est du Congo pour cela. Connaissant leurs astuces de l'impérialisme, Mugabe, à titre de grand leader africain, a envoyé ses troupes pour les empêcher d'accaparer le pouvoir au pays de Patrice Lumumba.
Concernant le problème des terres, les mêmes médias s'inquiètent de l'attitude du président sud-africain,Thabo Mbeki, qui n'exercent pas des pressions obligeant Mugabe à renoncer à la politique de réforme agraire.
Pourquoi évoquent-ils l'intervention de Thabo Mbeki ?
Question pertinente, lorsque l'on sait que l'Afrique du Sud de l'ère Mandela entretient de bons rapports avec les anglo-saxons. Mandela tout comme son dauphin Thabo mbeki laissent l'économie sud-africaine aux mains de multinationales anglo-américaines. Sur le plan politique, l'Occident et ses médias les présentent comme des sages, capables de résoudre les conflits en Afrique. Malgré tout, comme au Zimbabwe, la communauté blanche conserve ses privilèges et ne manifeste aucune volonté à partager la richesse du pays avec la population noire. À cet effet, les propos de Abel parus dans le journal jeune Afrique Magasin-numéro 127- mai 2000, illustrent clairement le problème existant entre les deux communautés:
" Les blancs demandent à être sud-africains. Pourtant, ils n'ont pas même mis 1 % de leur rihesse pour tendre la main à ceux qu'ils ont opprimés hier. Entre eux et nous voilà le seul et véritable problème".
Quand il s'agira d'élaborer des politiques de développement socio-économiques pour la population noire, les médias occidentaux qualifieront sans doute Mandela et Thabo Mbeki des dictateurs.
Ainsi, le cas du Zimbabwe montre comment devant leurs intérêts les Occidentaux constituent partout un noeud de solidarité au détriment du bien-être des autres peuples. Les propos de Abel laissent beaucoup à refléchir.
Alfredo Kasololo
N.B
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