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Ketumile Masire et son rôle comme médiateur

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Marcel Kabundi

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Chers amis,

Je ne vais pas vous parler de la religion ni de la philosophie et encore moins du débat continu, techniquement et politiquement sensible autour de la nationalité. Nous avons déjà eu à d'autres occasions à débattre de cette question. Je ne crois pas qu'on viderait cette question et toutes les autres questions sérieuses s'il n'existe pas de paix véritable sur tout le territoire de la république démocratique du Congo et un véritable état de droit, garant des droits fondamentaux des citoyens.

Dans une discussion à bâtons rompus sur des sujets touchant le continent africain, un de mes étudiants qui, en passant, n'est pas originaire du continent africain mais qui est, tout de même, intéressé, sensibilisé et sensible à tout ce qui déroule sur le continent africain dans le cadre de ses recherches académiques, me demandera pourquoi certains Congolais refusent la médiation pour trouver une solution acceptable aux problèmes très sérieux que connaît ce pays, la rdcongo, potentiellement très riche et où le taux d,alphabétisation frôle les 80% alors que certains pays de l'Afrique de l'Ouest n'arrivent même pas à 50%.

En cogitant ensemble, nous avons recensé une série de raisons qui expliquent les fluctuations dans les positions des uns et des autres. Nous avons constaté dans l'ensemble que des intérêts politiques égoïstes expliquent en grande partie la peur des uns et des autres pour un dialogue intercongolais.

Mon interlocuteur me rappelera pourtant que ce n'était pas la première fois que les Congolais s'adonnaient à cet exercice. Il me citera pêle-mêle la Table Ronde de Bruxelles, le Conclave de Coquilthaville, la conférence de Lovanium, la conférence nationale souveraine, etc. Toutes ces rencontres auraient permis aux parties de se regarder en face et de dialoguer directement.

Or cette fois-ci, il s'agit du dialogue intercongolais suite aux Accords de Lusaka, avec Ketumile Masire,du Botswane, comme médiateur. Et il me demandera ce que je pense du rôle de M. Masire. Je partage avec vous les trois points suivants:

1) La définition de la médiation
2) L'utilité de la médiation
3) Les avantages de la médiation

1) Définition de la médiation

Selon moi, la médiation est un processus qui permet aux parties de résoudre leurs différends avec l'aide d'un tiers impartial. La médiation n'a pas pour but de déterminer qui a tort et qui a raison. Bien au contraire, elle permet d'en arriver à une solution mutuellement satisfaisante aux griefs en litige. Le médiateur va aider les parties à trouver des solutions innovatrices acceptables et applicables. À l'issue de la médiation, les parties signent un protocole contenant les détails du règlement.

2) Utilité de la médiation

Comme je viens de le souligner ci-haut, la médiation permet aux parties de règler leurs différends, conflits et les causes profondes de la crise en appliquant une solution qu'elles ont créée et qui leur appartient. Le médiateur aide les parties car il a une perception désintéressée du différend du fait qu'il n'y est pas mêlé.

Grâce à son impartialité, les parties vont évaluer leurs positions respectives de façon plus réaliste. Le médiateur peut re-orienter et recentrer les discussions de façon à amener les parties à abandonner leurs positions très arrêtées et à considérer leurs intérêts respectifs dans le conflit ou la crise. Le médiateur leur permet de discuter des enjeux qui sous-tendent le conflit ou le différenc qui autrement ne seraient jamais abordés.

La médiation permet aux parties de ventiler leur colère et d'exprimer leurs frustrations de sorte qu'elles ont le sentiment d'avoir été entendues. Le processus de médiation est un moment suscitant de vives émotions.

3) Avantages de la médiation

La médiation permet avant tout aux parties de s,entendre sur l'issue du conflit. Le règlement mutuellement convenu et trouvé par elles, répond à leurs besoins et à leurs intérêts respectifs. C'est leur décision et non celle d'un arbitre qui impose sa décsion.

En encourageant les parties à dialoguer ouvertement au cours de la médiation,c elles-ci en arrivent souvent à mieux se comprendre et à améliorer leurs relations.

Sur le plan éducatif, la médiation permet aux parties d'apprendre les techniques et les habiletés appliquées par le médiateur pour régler les différends.

De façon générale et pratique, la médiation prend moins de temps que l'arbitrage, par exemple, qui est une expérience décevante.

Conclusion

Pour qu'il y ait médiation, il faut que les parties gardent un esprit, soient sincères et ouvertes à la discussion pour trouver des solutions efficaces à leur conflit. Sinon, la médiation serait futile et une perte de temps. Il faut retenir que la médiation n'est pas une panacée à tout. Mais dans le cas des grands lacs, je ne vois pas d'autres alternatives. Pour terminer, croyez-vous quelles sont les forces et les faiblesses du médiateur dans le conflit congolais?

J'y reviendrai prochainement !

Au bon lecteur, salut !

Pr. Marcel Kabundi
Juriste - Criminologue
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