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Journal du Forum National des ONGDH de la RDC (Kinshasa/ Août 2000)

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 Cojeski

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Journal du Forum

Quotidien édité par le Forum national des Ongs congolaises des droits de l'homme

 

N°00 ______________________ jeudi 24 août 2000

Deuxième journée des travaux du Forum

Les partenaires relisent le fonctionnement des ONGDH congolaises

Réservée à un échange entre les organisations non gouvernementales congolaises des droits de l'homme et quelques-uns de leurs partenaires ainsi que des personnes - ressources, la deuxième journée des travaux du Forum national des ONG Congolaises des Droits de l'homme, mercredi 23 août 2000, a été à la hauteur de toutes les attentes : les partenaires ont en effet conduit une relecture-critique de l'état des relations avec ces associations, fournie des idées sur les limites des ONGDH et proposé des pistes susceptibles de renforcer les capacités de ces dernières pour intervenir sur terrain. Se sont ainsi exprimés M. Jean-Marie Rusimbuka, chargé des projets au Bureau sur terrain en RDC du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Maître Mulenda, conseiller du Ministre Congolais des Droits Humains, M. Nestor Bazeye, coordonnateur du Réseau d'Education Civique au Congo (RECIC), M. Gérard Balanda, professeur ordinaire à l'Université de Kinshasa, et Mme Anne-Laurence Lacroix, directrice adjointe de l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) ayant son siège en Suisse.

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Prolifération des associations, peu d'impact sur terrain

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Après avoir circonscrit l'environnement dans lequel ont été crées le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme et son Bureau sur terrain en RDC, tout en n'oubliant pas de décrire leurs missions respectives, M. Jean-Marie Rusimbuka s'est particulièrement étendu sur un train de constats identifiés au sein du mouvement national des ONGDH : prolifération non expliquée des associations, exploitation des mêmes secteurs, faible prise de conscience de l'essence des ONGDH, structuration peu rigide, faible niveau de formation des animateurs, peu d'impact sur terrain, faible ouverture à l'extérieur. il n'a pas manqué de rappeler que le Bureau sur terrain en RDC reste en mesure de fournir un appui en termes de professionnalisation des ONGDH, d'assistance technique, de cadre de référence et de facilitation, d'échange d'informations et de mémoire du système.

Pour sa part, Me Mulenda, conseiller du Ministre Congolais des Drois Humains, a présenté le Plan d'Action National de Promotion des Droits de l'Homme en RDC. Après avoir donné les éléments-clés de l'historique du projet, ses objectifs spécifiques et son contenu, M. Mulenda a tenu à souligner que cet instrument, qui est actuellement soumis à la sanction du Président de la République, est "un jalon important pour la prise en compte des Droits de l'homme" en RDC. Il est un "outil de lutte contre la pauvreté pour le développement durable et est appelé à s'intégrer à d'autres plans sectoriels". Pour son application efficiente, il est prévu la mise sur pied des structures d'exécution, de suivi et de contrôle ainsi qu'une forte implication de la Société Civile Congolaise.

A son tour, M. Nestor Bazeye, coordonnateur du RECIC, a évoqué le partenariat entre les ONGDH et les forces sociales. Se basant sur une solide expérience de terrain, il a d'entrée de jeu souligné que ces associations ne peuvent pas s'investir seulement dans la dénonciation, mais se muer davantage en acteur d'éducation pour la démocratie et les droits de l'homme. Elle se doivent d'amener les autres composantes de la société à réfléchir sur leur environnement et leur devenir, et non se substituer à ces groupes, moins encore devenir des noyaux de subversion.

Il sied de noter qu'il n'a pas oublié d'épingler un certain nombre et tares qui inhibent le fonctionnement de certaines associations : un mode d'organisation peu démocratique, la non-existence d'un programme d'action rigide, le manque d'un personnel qualifié et des liens suspects avec des partis politiques.

Le Professeur Balanda a, quant à lui et sur un ton magistral, fourni plusieurs idées sur un thème très attendu : "l'impunité en RDC". Tout en reconnaissant le "caractère universel de ce fléau", il a indiqué qu'il a suivi une démarche pragmatique "l'impunité est un phénomène complexe".

Partant du fait que ce concept doit être entendu "dans une acceptation très large", le Professeur Balanda s'est longuement étendu sur les mécanismes constitutifs de l'impunité et ses conséquences. Il a relevé des éléments relatifs au droit pénal, au droit privé, en matière de justice administrative ou constitutionnelle ainsi qu'au regard des circonstances diverses relevant d'une Gouvernance inappropriée.

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Créer un front commun contre la culture de l'impunité

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Quant aux conséquences, elles peuvent se traduire en un défi à l'autorité de la loi et à son application, en une sorte de prime d'encouragement indirecte à la désobéissance à la loi, à la non-érection d'un Etat de droit. Il n'a pas manqué de proposer des stratégies de lutte contre la culture de l'impunité : la mise sur pied d'un front commun par la Société Civile et la puissance publique, la lutte contre la culture de l'impunité et la propension aux interventions, le besoin pour tout citoyen de connaître ses droits et d'avoir le courage de les revendiquer. Dans tout cela, la Société Civile a un important rôle éducatif à jouer.

Enfin, Mme Anne-Laurence Lacroix, dans une communication brève mais fort suivie, a tenu à donner des pistes sur le mode de partenariat que l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), par le canal de son réseau SOS-Torture qui compte 240 associations réparties sur tous les cinq continents, peut entretenir avec les ONGDH congolaises.

Elle a basé son intervention sur trois remarques entendues lors des débats et ateliers de ces premiers jours eu égard aux ONGDH de la RDC :

* Absence d'un cadre de concertation des ONG de défense des droits de l'homme ;

* Ouverture au monde extérieur ;

* Nécessité de la formation des animateurs des ONG de défense des droits de l'homme.

Ces trois remarques ont amené à formuler trois types de partage et partenariat :

* Partage d'expérience - le réseau SOS-Torture ;

* Partage de l'information et son suivi - transmission de l'information aux mécanismes et procédures des Nations Unies pertinents ;

* Partage d'expérience - la formation.

Il faut noter que des échanges, bien riches en argumentaires ont ponctué ces différentes interventions. Cette journée, par ailleurs très soutenue, s'est clôturée par des travaux en ateliers pour la "matérialisation du Plan National de Promotion et de Protection des Droits de l'Homme en RDC".

Le Secrétariat du Forum

Rien, du côté de l'Est de la République ...

Les Délégués des Provines sous occupation de la Rébellion-Agression n'ont pas pu atteindre Kinshasa hier. Alors que les Autorités du Ministère de l'Intérieur avaient accordé leur "goahead", les responsables de Goma sont restés aphones. Cependant, d'autres animateurs des ONG, venus de ces Pronvinces pour des missions de service, ont été cooptés et participent activement aux travaux, qui ont bien un caractère national.

BILLET : Se jeter à l'eau

 

Le présent support, que nous avons en mains, s'ajoute à d'autres canaux de communication que le Comité organisateur du Forum National a mis à la portée des participants. Ces derniers doivent ainsi se l'approprier en l'enrichissant, aussi bien au niveau de la forme que du contenu. Les expériences de terrain sont nombreuses et il faut les partager.

La Rédaction

Bandundu : des vérités, pour mieux rebondir

Les ONGDH œuvrant dans la Province du Bandundu sont quotidiennement confrontées à de nombreuses difficultés, et pas des moindres.

Nous citerons :

* L'insuffisance de la documentation spécialisée sur le fonctionnement et la conduite de ce type d'ONG. Cette carence est à l'origine de certains tâtonnements et imperfections;

* L'insuffisance d'encadrement technique des animateurs des ONGDH obligés de se "débrouiller", les animateurs courent le risque de cheminer selon leur intuition plutôt que selon les principes acceptés ;

* La modicité de nos moyens financiers et matériels qui handicape souvent l'exercice des activités ;

* Le manque de moyens de transport et de communication pouvant nous permettre de couvrir efficacement et rapidement toute l'étendue de notre Province ;

* Une insuffisance de collaboration entre les ONGDH de Kinshasa et celles de la Province, d'une part, et entre celles de kinshasa et les ONGDH de la Province d'autre part ;

* L'absence des canaux appropriés d'information ;

* Une certaine méfiance des Autorités vis-à-vis des ONGDH.

De l'évaluation du degré d'application des résolutions des Forums antérieurs dans la Province.

En ce qui concerne les résolutions du Forum de Juin 1996, nous nous déclarons incapables d'en évaluer le degré d'application pour la simple raison que ces résolutions n'avaient hélas, pas été vulgarisées aux ONGDH du Bandundu.

Quand à ce qui concerne les Résolutions du Forum de décembre 1997, nous faisons la synthèse suivante :

* La frontière nord de notre Province a été sécurisée, grâce aux efforts de notre Gouvernement. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas pour la frontière sud ;

* Le journal officiel est rare en Province, et cela empêche la population d'être informée sur des décisions importantes ;

* Les enfants continuent à être mobilisés dans l'armée et leur réinsertion dans la société pose des problèmes ;

* Les juridictions d'exception (ex. la Cour d'Ordre Militaire) exercent toujours leurs activités dans notre Province ;

* Les ONGDH, comme on le sait, n'ont pas de représentants dans l'Assemblée Constituante et Législative ;

* Enfin, jusqu'à ce jour, la professionnalisation des ONGDH n'est pas effective. On assiste encore à des chevauchements de compétences qui créent parfois des malaises.

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