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Plainte à charge des Présidents MUSEVENI et KAGAME, les Officiers KAZIMI, KABAREHE et consorts du Chef des crimes contre l'humanité.

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 Cojeski

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Avocats Sans frontières

en sigle "A.S.F."

International Human Rights Lawyers

Organisation Non-Gouvernementale

 

                                                                                       Kinshasa, le 28 juillet 2000

 

A Monsieur le Procureur du Roi

N  /Réf. : ASF/CP/RBRB/012/2000                                        à Bruxelles / Belgique.

Monsieur le Procureur du Roi,

Concerne : Plainte à charge des Présidents MUSEVENI et KAGAME, les Officiers KAZIMI,  

                  KABAREHE et consorts du Chef des crimes contre l'humanité.

                 Avocats Sans Frontières / R.D.C. est réquisitionné par les Organisations Membres de la Société Civile de la RDC en vertu de l'article 23 de la Résolution des Nations Unies sur les principes de base relatifs au rôle du barreau, pour porter plainte à votre office contre les Présidents Ougandais MUSEVENI et Rwandais KAGAME avec leurs Officiers KAZIMI, KABAREHE et consorts pour crime contre l'humanité et non respect du droit humanitaire sur le Territoire de la République Démocratique du Congo, pays souverain, membre des Nations Unies, à l'égard de laquelle chaque membre des Nations Unies, a l'obligation par solidarité collective de lui apporter assistance en cas de menace, rupture de paix et d'actes d'agression.

             En effet, les statistiques énoncent au bas mot que 1.700.000 Congolais ont été décimés par les armées Ougandaises et Rwandaises qui occupent le Territoire Congolais en violation de la Charte des Nations Unies, de celle de l'OUA nonobstant les résolutions 1234 et 1304 qui reconnaissent l'Ouganda et le Rwanda comme pays agresseurs du Congo et qui demandent leur retrait sans délai de ce territoire.

             Notez qu'aucun âge, aucun sexe n'a été épargné ; les prêtres, les femmes et les enfants ont été indistinctement massacrés ; les couvents, mosquées, cathédrales et différents lieux de culte ont été pillés ; des hommes émasculés comme le cas récent du Congolais NGOYI  MAYANI.

             Pour vous édifier davantage sur ces atrocités, le 3 août 1998, 138 Officiers Congolais ont été assassinés à l'aéroport de KAVUMU dans la Province du Sud-Kivu ; le 24 août 1998, 856 personnes essentiellement (des femmes et enfants) ont été massacrées à KASIKA dans le Sud-Kivu ; 600 Combattants Conglais Maï-Maï ont été brûlés à LUHUINDJA et LUINDI ; les assassinats de Congolais sont quotidiennement légion dans les territoires occupés par les armées Ougandaise et Rwandaise. Les trois livres blancs publiés par le Ministère des Droits Humains de la République Démocratique du Congo ne sont qu'un échantillon du cruel sort réservé aux populations Congolaises par ces agresseurs reconnus par les Nations Unies à travers leurs Résolutions 1234 et 1304.

             Devant l'inertie et l'apathie quasi-totales de la Communauté Internationale, Avocats Sans Frontières, ONG de droit Congolais pour la défense et la promotion des droits de l' homme se joint aux victimes pour interpeller la justice belge saisie du cas du Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur YERODIA  DOMBASI sur son impartialité pour engager des poursuites et ouvrir une information judiciaire en vue de leur jugement à charge des Présidents Ougandais MUSEVENI et Rwandais KAGAME outre les Commandants de leurs amrées James KAZIMI, James KABAREHE et consorts qui se délectent non seulement à spolier le Congo de toutes ses richesses mais également à décimer les populations civiles Congolaises. Le déluge de KISANGANI est une démonstration éloquente que les ci-devant personnalités citées, Chefs d'armées reconnues d'agression par les Résolutions 1234 et 1304 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, n'ont aucun égard à la 4ème Convention de Genève du 12 août 1949 ni à son Protocole Additionnel n° 1 titre 4 sur la protection des populations civiles en temps de guerre dont l'économie doit être comprise dans ces termes : "L'interdiction d'attaque des personnes civiles et des bienes civils implique celle de tous actes de violence, qu'ils soient commis à titre offensif ou défensif".

             Fort de la Déclaration des Nations Unies de1984 sur le droit des peuples à la paix qui stipule : "L'Assemblée Générale proclame solennellement que les peuples de la Terre ont un droit sacré à la paix ; déclare solennellement que préserver le droit des peuples à la paix et promouvoir la réalisation de ce droit, constitue une obligation fondamentale pour chaque Etat ; souligne que, pour assurer l'exercice du droit des peuples à la paix, il est indispensable que la politique des Etats tende à l'élimination des menaces de guerre, surtout de guerre nucléaire, à l'abandon du recours à la force dans les relations internationales et au règlement pacifique des différends internationaux sur la Charte des Nations Unies ; lance un appel à tous les Etats et à toutes les Organisations Internationales pour qu'ils contribuent par tous les moyens à assurer l'exercice du droit des peuples à la paix en adoptant les mesures appropriées au niveau tant national qu'international", Avocats sans frontières croit que c'est en respect de ces principes que les Nations Unies dont votre pays est membre et l'Organisation de l'Unité Africaine ont été les témoins privilégiés de la signature le 10 juillet 1999, les 15 et 31 août 1999 de l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka par les parties Congolaises et leurs alliés respectifs pour la restauration de la paix en R.D.C. en vue d'un nouvel ordre politique et de la réconciliation nationale.

             L'idéal de la paix est mise en mal au Congo par le génocide de plus ou moins 2.000.000 de Congolais par les armées d'agression dirigées par les Présidents Ougandais MUSEVENI et Rwandais KAGAME. En foi au devoir sacré que la Belgique a d'assurer aux tutsi une vie pacifique, Avocats Sans Frontières considère que le Royaume de Belgique a le même devoir sacré vis-à-vis des populations Congolaises. Il exploite à cet effet, les articles 3 du titre préliminaire du code d'instruction criminelle belge et 63 du même code pour que votre Office puisse, à l'instar de ce qu'il a fait à l'endroit du Ministre Congolais des Affaires Etrangères, Monsieur YERODIA   NDOMBASI, ouvrir une information judiciaire contre les ci-devant génocidaires du Peuple Congolais en lançant contre eux un mandat d'arrêt international.

             En dépit de la responsabilité du Conseil de Sécurité au regard de l'article 3 paragraphe 11.a de l'Accord de Lusaka qui porte : "Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, agissant conformément aux dispositions du chapitre VII de la Charte des Nations Unies et en collaboration avec l'OUA, sera appelé à constituer, faciliter et déployer une force de maintien de la paix en R.D.C. afin d'assurer la mise en oeuvre de cet Accord ; et compte tenu de la situation particulière de la R.D.C., lui confiera le mandat de poursuivre tous les groupes armés en .R.D.C." et du chapitre 8 de l'annexe A dudit Accord qui décrit le mandat de la force de maintien de la paix des Nations Unies en R.D.C.,  Avocats Sans Frontières souhaite que l'ouverture d'une information judiciaire contre les mêmes génocidaires par la Belgique soit un moyen d'arrêter l'extermination des bantous telle que programmées par les tutsis dans la région des Grands Lacs africains ainsi que le prouvent les pièces à conviction en annexe.

             Sans préjudice des dispositions de l'article 37 du statut de la Cour Internationale de Justice pour la mise en place d'un Tribunal International sur le Congo ni de celles de la Résolution 1304 des Nations Unies du 16 juin 2000 dont l'article 13 prévoit aussi un Tribunal Pénal International sur les massacres et atrocités commis sur le Territoire de la R.D.C., les Forces Vives Congolaises, les familles des victimes, les Congolais émasculés, mutilés, machettés, spoliés et enterrés vifs, espèrent que votre diligence habituelle rattrapera ces criminels de guerre qui ont semé, à l'instar des Nazis sur le Territoire Européen et tout récemment en Yougoslavie et au Rwanda, la mort de plus ou moins 2.000.000 de bantous Congolais.

             L'histoire des peuples civilisés retiendra que la Belgique, par devoir de mémoire, se sera assumée pour contribuer à restaurer la paix par une justice équitable et non discriminatoire ni sélective dans la Région des Grands Lacs Africains.

             Pour toutes ces raisons,

             Vous plaise, Monsieur le Procureur du Roi, en vertu des articles 3 du titre préliminaire, 61 bis et 63 du code d'instruction criminelle belge du 16 juin 1993 relatifs à la répression des infractions graves aux Conventions Internationales de Genève visant les crimes de génocide et les crimes contre l'humanité visés par la loi belge du 10 février 1999,

             D'ouvrir urgemment une information judiciaire et lancer un mandat d'arrêt international mutatis mutandis à charge des personnes ci-après :

 * YOWERI  KAGUTA  MUSEVENI, Président de la République Ougandaise ;  

* Paul KAGAME, Président de la République du Rwanda ;  

* James KAZIMI, Commandant des Troupes Ougandaises en R.D.C. ;  

* James KABAREHE, Commandant des Troupes Rwandaises en R.D.C. ;  

* Commandant  SEBAHIRE  MUHETO alis SHETANI, responsable des massacres de MAKOBOLA et KASIKA ;  

* Commandant TSHIAPUL, responsable des Officiers des FAC à l'Aéroport de KAVUMU ; et tous les autres commandants non autrement identifiés dans les localités où les massacres ont été perpétrés.

             Et vous ferez instamment justice.

  

                                                                                Fait à Kinshasa, le 28 juillet 2000

Pour les Victimes des Conventions Internationales de Genève relatives aux Crimes de génocide et contre l'humanité sur le Territoire de la R.D.C.,

Avocats Sans Frontières,

Maître Jean-Marie Vianney  NKWEBE WASSIS LAMIN,

Vice-Président

         Maître Richard BONDO  TSHIMBOMBO  BONTSHI,

Président

 

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