Cher Monsieur Kin Mulumba,
Votre communique appelle de ma part les reactions suivantes:
1. En tant que congolais, vous ne pouvez tolerer que les ruandais et les
ougandais, indistinctement, se battent sur notre sol et tuent cyniquement nos
parents, membres de famille et amis a Kisangani, sans aucune reaction de
votre part, ni meme des menaces de la part de vos forces militaires, qui
pouvaient d'ailleurs s'interposer entre les deux armees.
2. La condamnation de la seule armee ougandaise dont vous faites etat dans
votre communique semble qualifier l'armee ruandaise pour ce combat maccabre
alors que toutes les deux armees ont ete condamnees par le Conseil de Securite qui ne trouve aucune explication a cet acte ignominieux. Donc, en
vous rangeant du cote ruandais, vous cautionnez leur participation a ce
combat, qui a coute la vie a plus de deux cents personnes, et a fait plus de
700 blesses recenses.
3. En tant qu'originaire de Bandundu, vous n'auriez surement pas accepte que
ces massacres prennent place dans votre region d'origine mais puisqu'il
s'agit de la Province Orientale dont presqu'aucun d'entre vous n'est ressortissant, vous avez prefere laisser faire et contempler la scene alors
que les forces ruandaises pretendent defendre la cause de votre rebellion
dont les objectifs certes nobles, sont devies maintenant vers des actions
criminelles.
4. Le discredit que vous tirez de cette complicite coupable est evident tant
au plan national qu'a celui de la Communaute Internationale, car le nombre de
victimes innocentes de cette guerre, soit 1.700.000, represente plus du
triple du genocide ruandais de 1964, provoque par ailleurs par le bombardement inutile de l'avion du President Habyarimana et de son collegue
burundais, tous hutu.
5. En consequence, le regime de Kagame qui s'est venge a Kisangani de ce
genocide alors que ce probleme est interne au Ruanda, car au Congo ou au
Zaire, les tribus ne se haissent guere, au contraire, elles forment des
alliances et facilitent des unions maritales, ce regime dis-Je, devra payer
tot ou tard un lourd tribut de ces barbaries qu'il vient de perpetrer dans ma
ville natale.
6. L' Histoire a deja inscrit sur ses annales sombres cette hecatombe.
Ambassadeur Adeito N. Bagbeni |