Mr. RUSHINDABIGWI: Maï-Maï n'est pas Interhamwe
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Pr. Zambo wa Zambo |
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Pour ceux qui ne le savent pas, Mr RUSHINDABIGWI (Nom difficile à prononcer...!) est - semble-t-il - journaliste indépendant du Rwanda. J'ai suivi ce lundi 10 avril 2000 dans la matinée un débat animé par Ferdinand FERRELA de la VOA entre trois journalistes : Modeste MUTINGA de "Le Potentiel" de Kinshasa, Nicaise KIBEL de "Les Coulisses" paraissant à Goma, et Mr RUSHINDABIGWI du Rwanda. Sujet du jour : la sécurité du Rwanda au regard du cessez-le-feu qui vient d'être signé pour la Nième fois à Kampala.
Il m'a semblé dans cette discussion que le journaliste "indépendant" du Rwanda soutenait plutôt la politique des autorités de son pays soit : pas de retrait des troupes rwandaises au Congo-Kinshasa tant que les Maï-Maï et les Interhamwe ne seront pas mis hors d'état de nuire... De la part d'un journaliste qui se veut "indépendant", je trouve une telle prise de position relevant de la fourberie... Je m'explique :
1. Les Mayi-Mayi ne sont pas à confondre avec les Interhamwe. Ceux-ci ne poursuivent qu'un objectif, libérer leur pays de la domination tutsi-rwandaise. Les Mayi-Mayi n'ont aucune vélléité des conquêtes comme les Tutsi du Rwanda et leurs assimilés Banyamulenge. Ils n'ont rien de "conquistadores" tutsi-rwandais et assimilés que chante si bien KIN KIESSE WA MULUMBA. Si les troupes rwandaises quittaient notre pays avec leurs assimilés, on verrait le mouvement Mayi-Mayi s'arrêter de lui-même car nous les Congolais, nous n'avons pas de temps à consacrer à des génocides comme ce fut le cas au Rwanda en 1994. Avez-vous déjà entendu parler des tueries ethniques au Congo-Kinshasa avant l'ère Banyamulenge ? Ces traditions-là ne sont pas congolaises. Notre pays a accusé beaucoup de retards dans sa reconstruction et tous les Congolais sont impatients de retrouver vite la paix afin de se remettre au travail.
2. Prétendre occuper le Kasaï, l'Equateur et le Katanga qui se trouves à des milliers de kilomètres sous prétexte de protéger sa frontière, c'est prendre des gens pour des naïfs. C'est même une injure en consodérant ceux à qui on s'adresse comme des imbéciles. Les motivations sont autres et c'est ce que ne dit pas notre journaliste "indépendant" du Rwanda". Les Banyargwanda ont découvert que le Congo est un pays juteux... Les gesticulations qu'ils y font couvrent plutôt leur pillage des ressources naturelles. Les Rwandais sont en fait des "voleurs".
3. Les Interhamwe qui se battent contre les "conquistadores" tutsi-rwandais au Congo ne sont pas une menace pour le Rwanda pour la simple raison qu'ils ne constituent plus une force organisée. Leur nombre, malgré le gonflement que le Rwanda et les médias internationaux à leur solde en font, s'est considérablement réduit. C'est donc une fourberie que de vouloir toujours brandir pour tromper, la menace d'une force qui n'existe plus. Et puis parlons franchemment : les Interhamwe sont un problème réel parce que les autorités tutsi du Rwanda ne leur donnent pas une autre alternative. Pour ces autorités, les Interhamwe sont des gens à massacrer. Et comme ils ne veulent pas l'être, ils cristallisent leur vision de survie en devenant des "desesperedos". Tous les Interhamwe savent qu'ils sont des condamnés à mort et qu'on ne leur donne pas une autre voie. Autant pour eux - se disent-ils - mourir les armes à la main.
Et si le Rwanda faisait comme l'Afrique du Sud ???...
Avec une commission "Vérité et réconciliation nationale" les Interhamwe seraient exorcisés, demanderaient pardon et dédommageraient leurs victimes, et s'intégreraient dans une société exorcisée prête à vivre une nouvelle ère.
Mais biensûr, au nom de la vengeance et du désir de domination ethnique et raciste, une telle idée ne peut pas venir de Kagamé et des extrêmistes tutsi qui gouvernent aujourd'hui le Rwanda.
Avec les gesticulations et les crispations du nouvel "Akazu" du Rwanda actuel réuni autour de Kagamé, ce pays-là est entrain de râter son histoire...
Pr. Zambo wa Zambo
Montréal, le 10 avril 2000
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