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Pour la paix en RDC

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Clément Petelo

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UNION DES DEMOCRATES SOCIALISTES
U D S

Pour la paix en République Démocratique du Congo

L’humanité est une symbiose de la vie et de l’intelligence que l’homme se doit de gouverner avec humilité. C’est une mission sublime.

Dans un pays organisé :

- la conquête du pouvoir doit se faire par des moyens légaux et équitables ;
- le combat politique doit reposer sur des valeurs humaines, promouvoir le développement national et régional ;
- la vigilance contre toute tendance à la dictature doit être constante ;
- le peuple doit être attaché à l’intégrité nationale et veiller à la promotion des libertés, au respect des droits et à l’accomplissement des devoirs.

Ainsi, les symboles : drapeau – hymne – armoiries – fête nationale – monnaie – langues, doivent avoir pour vocation de rassembler le peuple et de porter les valeurs de la République.

Par ailleurs, l’autorité de l’Etat doit être partagée entre :
- le Pouvoir Législatif qui examine et vote les lois ;
- le Pouvoir Exécutif qui a la charge de faire appliquer et respecter les lois ;
- le Pouvoir Judiciaire qui a la responsabilité de juger et de sanctionner les écarts aux lois.

Le non-respect, sinon l’absence des institutions, ainsi que la dévalorisation des symboles républicains dans notre pays, a conduit à la situation que nous connaissons aujourd’hui avec sa cohorte de crises : déliquescence de l’appareil de l’Etat, débâcle économique, crise et rupture sociale, détérioration des valeurs morales et culturelles.

Aujourd’hui encore, au lieu de s’atteler à la reconstruction nationale, les Congolais se livrent à une guerre fratricide. Pourquoi ?

Selon l’opinion couramment admise, les rebelles se battraient pour le pouvoir, rien que pour le pouvoir. Leurs dissensions internes en seraient la démonstration.

Chez le président Kabila, il est difficile de faire la part des choses entre l’intérêt national et sa logique de guerre. Dans ses dires et actes n’apparaît pas d’orientation démocratique. Notamment, plus de deux ans de pouvoir sans cadre juridique, culte de la personnalité, mise en place d’une milice (corps des pouvoirs populaires - CPP) entravant l’exercice de l’autorité territoriale, ne sont pas de bon augure pour la démocratie. Or, il n’y aura pas de paix sans la démocratie, pas de développement sans la paix.

La République Démocratique du Congo est actuellement un pays occupé, comme si les Congolais n’étaient pas à même de s’organiser et de s’assumer dignement. C’est toute la question de la souveraineté nationale qui se trouve ici posée. 


Par quelles forces étrangères le territoire congolais se trouve-t-il investi ?

On ne saurait répondre objectivement à cette question fondamentale sans faire un léger recul sur les événements. Résumons :

L’alliance entre Laurent-Désiré Kabila, Ruandais et Ougandais pour une lutte jugée juste par le peuple et l’opinion générale a suscité des enjeux qui ont échappé à l’attention des observateurs, et d’où l’on pourrait extraire les causes mêmes de cette guerre.

Le peuple avait hâte d’être libéré de la dictature en place. « Même un chien, capable de réaliser cette libération, serait le bienvenu, quitte à le remettre à sa place après coup » disait-on. Cela explique l’accueil spontané manifesté à l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (Afdl) et à ses alliés Ruandais et Ougandais à travers le pays. Si alors, le renouvellement de l’expérience du passé avait été pressenti par le peuple, aurait-il montré une telle adhésion ?

Hélas, les accords occultes passés entre Laurent-Désiré Kabila et ses alliés, ont abouti à une présence militaire étrangère hostile aux intérêts du pays. Par la suite, les règlements de comptes entre anciens alliés ont déclenché les hostilités dont le peuple paie encore un lourd tribut.

Surpris, les Congolais se sont fait berner par le pyromane criant à l’incendie. Pourtant, la situation serait soldée en renvoyant l’Afdl et ses alliés régler leurs comptes ailleurs. Le peuple subit les conséquences d’un conflit d’intérêts entre anciens amis ; le pays est sous occupation des forces étrangères, de surcroît, toutes invitées les unes après les autres par le Président Kabila, en fonction de ses intérêts et de son ambition pour le pouvoir.

Aujourd’hui, cette situation doit inciter à une prise de conscience qui aille au-delà des ambitions égoïstes, en vue de réconcilier les Congolais. Une fois isolées par la réconciliation des Congolais, les forces étrangères de tous bords n’auront plus de prétexte pour justifier leur présence sur notre territoire. Il appartient aux Congolais de régler leurs conflits internes ; il leur faut montrer leur volonté et leur maturité politiques. Nous ne protestons contre l’ingérence de M. Mongabe dans les affaires intérieures de notre pays, concernant particulièrement l’organisation des élections. 

Nous pensons que l’accord de Lusaka constitue une base de discussion pour la réconciliation nationale en vue d’un nouvel ordre politique en République Démocratique du Congo. Toute tentative de déviation fait obstacle à une paix durable dans l’ensemble des pays de la région.

Ainsi, les rares ressources disponibles pourront servir à relancer une économie en régression et à atténuer la grande misère caractérisant la société congolaise actuelle. Le processus démocratique doit aider le peuple à accomplir ses devoirs et à exercer pleinement ses droits et libertés fondamentaux, sans lesquels, point d’épanouissement individuel, point de développement national. 


S’il y a des domaines où le consensus doit être observé, c’est bien ceux qui concernent l’éveil des consciences, et la définition d’un projet mobilisateur des intelligences créatrices de développement. 
De ce fait, l’homme politique doit se sentir directement concerné par les espoirs et les joies, les tristesses et les angoisses de son peuple. Il doit s’employer à développer la tolérance, le dialogue, le respect, et la solidarité, pour la réalisation d’une société juste et humaine. 

L’homme doit donc avoir une perception claire de la vie et gouverner la matière avec intelligence pour ne pas trahir le caractère souverain de sa nature même. Or, le peuple congolais, sous occupation des forces étrangères, ne peut s’épanouir.

Pour obliger les frères ennemis congolais à assumer entièrement leurs responsabilités, nous exigeons l’application de l’accord de Lusaka, devant aboutir à la tenue d’une vraie table ronde au lieu d’une série des consultations animées par des miliciens d’un Président de la République à la quête d’un plébiscite.

Le problème de la République Démocratique du Congo est entier ;il ne peut être résolu par quelques personnes acquises à l’un ou l’autre des protagonistes. Nous avons eu à le dire en d’autres circonstances, et nous ne pouvons nous empêcher de la souligner ici, l’arme qui assure la victoire définitive, c’est celle qui ne tue pas et empêche l’autre de tuer. Elle s’appelle la PAIX.

Le peuple congolais ne doit pas payer pour le règlement de compte des amitiés rompues.
Le Président Kabila règle aujourd’hui la facture ruando-ougandaise avec le sang des Congolais. Avec quoi va-t-il demain, régler les factures angolaise, zimbabwéenne, namibienne et tchadienne ? 

L’accord de Lusaka, pour ne pas nous répéter, n’est pas, certes, globalement parfait, néanmoins, il ouvre pour les Congolais qui aiment leur pays, une chance de réconciliation et de reconsidérer une fois pour toutes, les alliances avec des amis douteux. 

Les Congolais, aujourd’hui humiliés, ne sauraient vaincre la honte que réconciliés. Nous en appelons donc à la conscience des belligérants.

Clément Petelo
20 mars 2000
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