| Quelqu'un nous
annonçait ici l'imminence d'une enquête sur les ressources minières
de notre Pays en rapport avec la guerre d'agression que nous font
subir les Rwandais, les Burundais et les Ugandais.
Le Conseil de
sécurité a effectivement, et à l'unanimité des 15 votants,
autorisé cette enquête.
C'est ce
moment que, comme par hasard, surgissent des informations qui mènent
toutes aux gros enjeux miniers liés au diamant du Kasai et au cobalt
du Katanga.
L'enquête de
l'ONU pourra très bien déboucher sur le "pillage interne",
la mauvaise affectation des ressources minières, extension qui
n'épargnerait pas Kinshasa.
Les
hélicoptères saisis par la Belgique
On nous
avait annoncé les changements à la direction de la Gecamines (
mamelle de la Patrie et pourvoyeuse traditionnelle des devises )comme
une nécessité pour alimenter la machine de guerre de Kabila. Il dira
, contribuer à la défense de la mèrev patrie. Le PDG belge actuel
nommé à la tête de la Gécamines, il y a près de six mois, serait
au propre comme au figuré ce marchand de canons.
Le cobalt de
la Gécamines aura été utilisé pour l'acquisition des quatre
hélicoptères d'occasion qui viennent d'être saisis part les
autorités belges.
Il s'agit de
trois Alouette français et d'un Agusta A109 britannique présentés
comme une acquisition de la compagnie aérienne Air Katanga. La
Belgique soupçonne que cet achat ne viole un embargo en cours depuis
1993 sur les livraisons d'armes à la RDC.
L'homme
d'affaires belge avait déjà été mêlé à l'aviation par la
société Shabair, mais également au domaine d'hélicoptères
lorsqu'il opérait dans le diamant de l'Unita avec les dignitaires du
régime de Mobutu.
Mais
l'opinion publique est également informée de ce que cet homme
d'affaires affecte les ressources minières aux besoins personnels de
Kabila. N'est-il pas en train de lui ériger un super palais avec
héliport (encore une affaire d'hélicoptères) dans les faubourgs de
Lubumbashi, la capitale du cuivre?
L'ONU
pourrait se pencher sur de pareils cas, cela revenant au même : avec
Rwandais, Ugandais ou Kabila, les ressources minières n'iraient pas
au bien être du peuple. La propagande anti Kabila adore de telles
affaires.
Le fils du
ministre des mines abandonné
L'arrestation
du Ministre des Mines tombe également à point pour perturber
l'enquête du Conseil de Sécurité. C'est en effet l'homme qui
détient les statistiques minières et certains secrets d'Etat.
Tous ces
ministres arrêtés ne font jamais longtemps derrière les barreaux.
Mais leur absence met parfois en lumière certaines pratiques du
pouvoir. Il sera intéressant de savoir comment les exploitations
minières pirates fonctionneront pendant l'éclipse du Ministre des
Mines. Voici trois mois, il avait envoyé son propre fils prendre de
force un gisement de cobalt au Katanga. La presse avait évoqué cette
affaire rocambolesque. Que fera donc le fils , sans le père?
Le diamant
zimbabwéen
Harare ne
cache pas son jeu. La société Oryx sera une association entre la
zimbabwéenne "Osleg" et la congolaise "Comiex"
pour exploiter le diamant du Kasai. Dette de guerre oblige. Le
problème est que la partie congolaise ne sera pas en odeur de
sainteté avec des enquêteurs internationaux.
Les hommes au
pouvoir à Kinshasa n'ont jamais justifié ce qu'était la Comiex.
Cette firme ne figure pas parmi les entreprises du Portefeuille. Une
fois de plus, l'enquête du Conseil de Sécurité risque de soulever
bien de vagues.
Victor
Ngoy, rdc |